Japon: Fukuoka – Nagasaki

Dimanche 11 novembre 2018

Ce matin, j’envoie ma grande valise à Tokyo et je prends le train avec la petite pour de nouvelles aventures. J’arrive bien trop tôt à la gare où j’essaie de patienter sans trop m’ennuyer, en prenant comme souvent quelques photos. Le trajet vers Nagasaki prend un peu moins de deux heures mais cela me semble long, avec d’innombrables arrêts. Je me trouve aussi du mauvais côté pour admirer le paysage côtier. Au final, je somnole pas mal.

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Mon hôtel est relié à la gare de Nagasaki mais il est bien trop pour obtenir ma chambre. J’y dépose cependant ma valise, puis achète un ticket à la journée pour le tram. La météo est radieuse aujourd’hui et les prévisions pour demain pluvieuses. Je change donc mes plans initiaux et décide de visiter en premier les Glover Gardens.

Le premier tram est bondé et je le laisse passer – c’est dimanche et de nombreux touristes locaux en profitent. Le second est presque aussi rempli mais je ne vais pas rester sur le quai toute la journée. Je change après quelques arrêts pour prendre une autre ligne jusqu’à son terminus. Là, j’emprunte un immense ascenseur qui me conduit bien haut sur la colline. Nagasaki est en effet une ville portuaire située dans une cuvette entourée de hauteurs. Le panorama est magnifique et je peux voir au loin, gardant toujours dans un coin de ma tête la destruction par la bombe atomique.

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Je prends le chemin qui se présente à moi, descends des escaliers, me retrouve à visiter une vieille maison coloniale, puis un cimetière, rencontrant au passage des chats pas farouches du tout se dorant au soleil. Un de ceux-ci, un roux, a quasi foncé sur moi en quête de caresses.

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La mécréante que je suis décide de ne pas payer pour visiter la cathédrale d’Oura, ce qui ne m’empêche pas de la prendre en photo dans le plus pur contre-jour. A vrai dire, ce n’est pas une question de religion: je n’étais juste pas intéressée par son contenu.

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Je me dirige plutôt vers les Glover Gardens qui possèdent un petit côté « Bokrijk » (reconstitution du passé). En effet, plusieurs maisons anciennes ayant appartenu à des notables européens ont été déménagées et reconstruites là, dans un grand jardin en terrasses qui prend un peu la forme d’un parc d’attractions. Il y a de la musique partout, en général des airs de flûte irlandaise ou des chansons, mais si on fait abstraction de ça (et du monde), c’est tout simplement superbe et je ne regrette absolument pas de les avoir visités. Je me rends compte que j’aime déjà la ville et que mon séjour y sera trop court.

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Je visite les diverses maisons, me surprend à rêver à la vie des colons, m’imagine en crinoline et chapeau. Un des édifices a un petit côté Autant en emporte le vent, d’autres ressemblent plus à des cottages anglais. Les vues sur le port se multiplient. Le jardin est fleuri, et même un sakura est déjà en fleur.

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Je me dirige ensuite vers le Dutch Slope, une des nombreuses ruelles en pente de la ville, où se trouvent trois demeures anciennes abritant un petit musée de la photographie qui regorge de vieilles images de la ville.

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Je vois d’en haut un temple confucéen que je contourne par la suite mais j’ai faim. Heureusement, il y a un 7-11 pas trop loin et je m’installe dans un parc pour manger mon egg sandwich. Rassasiée, je repars vers le Dutch Slope mais du côté opposé, admirant au passage d’autres maisons coloniales.

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Cela monte fort et j’avance plus qu’à mon aise. La signalisation de la ville est excellente et je consulte quasi pas ma google map. Elle me pousse à emprunter une ruelle piétonne, avec des escaliers, qui me mène à Chinatown. Je me revois à Blankenese près de Hambourg – c’était le même type d’ambiance et de météo, à des milliers de kilomètres de distance. Je me retrouve au milieu de la vie quotidienne des locaux. Certains décorent leurs maison d’un pot de fleur, d’autre de menus objets.

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Chinatown est de taille réduite et je ne m’y attarde que peu, rassemblant ma dernière énergie pour monter au temple de Sofuku-ji. La lumière de la fin de l’après-midi est belle sur le sanctuaire, rendant le rouge des bâtiments encore plus chaud.

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Je suis près du terminus du tram 4 qui me ramène à mon hôtel où je prends possession de ma chambre. A la première impression, je suis un peu déçue: tout est beige et fonctionnel, rien de plus. Mais tout est propre et je me dis que cette chambre est très bien en fin de compte, que je ne peux pas gagner à tous les coups au niveau de l’originalité, surtout avec les business hotels du Japon.

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Comme dans les autres villes, j’explore le centre commercial local pour mon repas du soir, et un peu par dépit mais aussi par envie de changement et besoin de nourriture connue, je choisis un restaurant italien où je mange un spaghetti carbonara « Kamakura style » (je n’ai pas compris le lien avec Kamakura). Ce repas me réconforte et me fait du bien à ce moment du voyage où je peine un peu avec certaines répétitions, comme le frit au petit déjeuner. Je fais encore quelques emplettes au supermarché (biscuits, bière, eau) et j’y trouve une petite bouteille de Midori, la liqueur verte au melon.

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Statistiques du jour: 16 191 pas – 12,2km – 25 étages

D’autres photos de mes deux jours à Nagasaki sont sur flickr.

Sri Lanka: Colombo

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Je dors mal, sans doute parce que je m’inquiète pour le retour et la journée qui m’attend, mon avion ne partant qu’au milieu de la nuit. Le petit-déjeuner est prévu pour un public non-occidental et j’ai du mal à trouver quelque chose qui me goûte. Le curry de grand matin, je ne m’y habitue pas ! La plupart des membres du groupe prennent l’avion pour Londres ce matin et le car les conduit à l’aéroport. Comme il passe par la partie historique de Colombo, je les accompagne, avec Paul, l’Australien qui ne part que dans quelques jours. Je m’imaginais cette partie coloniale de ville différemment, de taille plus réduite. D’immenses bâtiments coloniaux bordent de grandes avenues vides – c’est dimanche. Paul a décidé de faire à pied les 7,6 kilomètres (merci google maps pour cette précision) qui nous séparent de l’hôtel et je le suis.

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Après le centre colonial et moderne, nous longeons la mer, au niveau du Galle Face Green, l’endroit de promenade préféré des locaux, mais en matinée, c’est encore peu animé. Nous passons devant le grand hôtel colonial du même nom et puis, c’est toujours tout droit, via Galle Road.

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Et puis, cela devient de moins en moins intéressant: une grande avenue à plusieurs bandes, des buildings, des bâtiments plus petits sans style. Tout est fermé et il n’y a aucune animation mais beaucoup de circulation. Mon compagnon de promenade est un peu bizarre, il parle peu mais me pousse à continuer alors que je commence vraiment à fatiguer. Je prends des points de repère comme but de la marche, dans l’idée d’avancer. Cela aide un peu mais je désespère d’arriver à bon port. Après un long moment, des petits commerces apparaissent, de même qu’un temple hindou et je sens qu’on touche presque au but. Quand on arrive enfin, je m’affale dans mon lit, en sueur. Je prends une douche et prépare ma valise. Je tente de retrouver Sarah qui partait ce midi mais je la rate, dommage, car j’aurais bien aimé lui dire au revoir.

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Roshan s’est arrangé pour que je puisse garder la chambre jusque 15 heures mais après commence la longue attente. Je m’installe d’abord près de la piscine. Le lit de jardin est dur et il n’y a pas de coussin, le bruit de la rue est assez assourdissant, les corbeaux rajoutent une couche. Je termine mon roman et me lance dans la lecture des cinq courts récits d’Aki Shimazaki.

Au crépuscule, je rentre et m’installe dans les confortables canapés du lobby. Je vois arriver les invités à la fête de puberté d’une jeune fille srilankaise. Tous sont parés de leur plus beau costume ou sari et les couleurs sont chatoyantes. Je continue à lire, finis le premier, puis le deuxième récit. Pour me changer les idées, je vais manger au restaurant mais je me sens bien seule dans la grande salle. Je redescends et poursuis ma lecture. Le troisième est terminé. Au moment où je vais m’assurer à la réception que mon taxi est bien réservé, le chauffeur arrive. Il est 22h30 et je vais enfin quitter l’hôtel. (suite dans le prochain billet)

Sri Lanka: Kitulgala – Nuwara Eliya

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Le petit-déjeuner est du même niveau que le reste – pas très bon donc – et je ne mange quasi rien: un toast un peu mou et un oeuf dur. Nous partons pour une promenade dans la jungle. Indications vestimentaires de Roshan: « good walking shoes and shorts – no pants – so you can see the leeches ». Des sangsues donc, ça promet ! C’est à Kitulgala qu’a été tourné en grande partie le film Le pont de la Rivière Kwaï. Il ne reste quasi rien de celui-ci – il a été dynamité à la fin du film – juste les socles en béton. Il fait chaud et humide et le chemin monte et descend. Il n’y a pas grand chose à voir, des arbres, des plantes, un caméléon qui fait caméléon. Au loin, on entend des sirènes et des détonations. Nous sommes en effet tout près des grands travaux pour la construction d’un tunnel et d’un barrage sur la rivière. C’est un peu triste de voir comment la nature est transformée par la main de l’homme… J’ai de la chance, je n’ai pas été attaquée par les sangsues, contrairement à Anna qui la détache en l’aspergeant de DEET. En fait, c’est minuscule, ces bestioles. Même si la promenade n’était pas de plus intéressantes, c’était agréable de bouger et de marcher.

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Nous rentrons à l’hôtel pour une douche bien méritée et un repas de… toast fromage-tomates. Mon menu n’est décidément pas très original mais au moins, je n’aurai pas trop mangé.

La route vers Nuwara Eliya est assez spectaculaire, ondulant entre les plantations de thé. Nous nous arrêtons pour en boire une tasse, justement, accompagnée de cake au chocolat. Plus loin, des cueilleuses sont au travail – la photo cliché pour le Sri Lanka. Ces photos ne sont pas sans coût: Roshan avait rassemblé de l’argent au début du voyage notamment pour donner un pourboire à ces femmes. Mon sentiment est donc partagé: j’ai de jolies photos mais j’ai dû payer pour les faire, chose que je n’apprécie pas.

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Quand nous arrivons à Nuwara Eliya, il est déjà 16h. Cette station d’altitude (1900 mètres) était un lieu très prisé par les coloniaux britanniques et a été rebaptisé « Little England ». Tout fait penser à l’Angleterre: le terrain de golf, le circuit pour les courses de chevaux, les bâtiments en style « normand ». A peine arrivés à l’hôtel, nous partons en promenade pour profiter de la dernière heure de lumière du jour. Il fait frais, le gilet est nécessaire. Le centre-ville est un peu décevant: de nombreux bâtiments modernes gâchent la vision idyllique que je me faisais de cette station d’altitude. Il y a certes quelques beaux bâtiments comme la poste mais la plupart sont plus loin du centre et je n’aurai plus l’occasion d’aller les voir. Je me sens en effet mal, j’ai la nausée et ma tension est en chute libre.

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De retour à l’hôtel, je me rends compte qu’Aneta n’a pas remis la clé de la chambre à la réception et je dois courir partout pour la retrouver alors que je me sens défaillir. Je la récupère enfin et me couche un moment. Heureusement, mon malaise n’était que passager et je me sens déjà mieux une demi-heure plus tard. Je sors ma jolie robe à oiseaux exotiques et décide d’explorer l’hôtel. Nous logeons en effet au Hill Club, ancien club pour la gente masculine de l’époque coloniale. Superbe bâtiment en pierre, il domine un grand jardin aux plantes exotiques (ces fougères arborescentes !).

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Il était interdit aux femmes, du moins les pièces principales, et elles devaient entrer par une entrée réservée pour elles. Il y a une immense salle de billard (où les tables ne nécessitaient sans doute pas de cartons de bière pour les redresser), une bibliothèque avec de nombreux fauteuils, une immense salle à manger, un petit bar. Bar où je retrouve les autres membres du groupe. Tout le monde s’est mis sur son trente-et-un, y compris les hommes qui ont emprunté vestons et cravates pour nous rejoindre. Aujourd’hui encore, il faut en effet respecter les conventions de ce lieu chic ! Tout le monde s’y est plié avec plaisir et ce n’est pas plus mal de revivre pour un court moment une époque révolue. Cela fait très Indian Summers comme ambiance. Vu le lieu, je commande un gin tonic mais je reçois à nouveau une minuscule dose de gin et une grande bouteille de tonic mais cela aurait été dommage de ne pas respecter les traditions.

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Nous allons ensuite manger dans la grande salle du restaurant, où les serveurs en smoking et gants blancs s’affairent autour de nous. Je commande un plat simple, des crevettes grillées géantes, accompagnées de riz et de légumes. C’est très bon et très peu srilankais mais peu importe. Je me laisse même tenter par un verre de vin blanc, un Sauvignon du Chili. Mon voisin Nick me parle de son intérêt pour les musiques du monde et il en connaît bien plus que la moyenne des gens, ce qui me fait plaisir.

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Après le repas, je retourne bien vite à ma chambre: je me sens mieux mais pas tout à fait au top et je préfère aller dormir tôt pour être en forme pour la journée du lendemain. J’y découvre que le chauffage a été allumé – il fait en effet frisquet – et qu’on a glissé une bouillotte dans le lit, chose qui ravit Eddy – il se précipite dessus. Tout cela était bien nécessaire: je suis une grande frileuse et je dormirai mal à cause des courants d’airs qui traversent la chambre, l’isolation n’étant pas au point dans cette vieille bâtisse. On a également déposé une fleur sur le lit, avec une phrase de Shakespeare.

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Même si c’était une belle journée, j’ai un grand regret. Je pense que suis frappée de la malédiction des stations d’altitude coloniales. Cela doit être la quatrième que je visite mais à chaque fois, le temps manque pour s’y promener, et s’imprégner de l’atmosphère si spéciale – un mélange entre les Alpes suisses et de l’exotisme local. J’aimerais vraiment rester plus longtemps dans ce genre d’endroit. J’ai eu ce sentiment en Birmanie à Pyin-U-Lwin où j’aurais aimé passer la nuit, à Dalat où je voulais prendre plus de temps pour visiter la ville mais où j’ai été retenue par mon compagnon de l’époque, à Ooty en Inde du Sud où je n’ai fait que dormir – dans un bel hôtel colonial certes – mais sans ballade locale.

 

Sri Lanka: Kandy – Kitulgala

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Le départ se fait à l’aise ce matin, à 9h30. Après 45 minutes de route, nous nous arrêtons dans une fabrique de thé. Roshan nous explique comment les feuilles fraîchement cueillies sont d’abord séchées une première fois, puis broyées dans des machines antédiluviennes puis fermentées. Elles sont ensuite triées selon leur qualité (la poussière de thé servira pour les sachets de type Lipton) et séchées une seconde fois dans des machines tout aussi antiques que le précédentes (il est écrit 1903 sur l’une d’entre elles). Les sacs sont ensuite acheminés à la bourse du thé à Colombo. Nous recevons en dégustation du BOP ou Broken Orange Pekoe, qui est légèrement âcre et très orange. Ce n’est pas la meilleure qualité – il s’agit du BOPF (F pour fannings), encore plus âcre – mais c’est le BOP qui correspond le plus au goût européen. L’Orange Pekoe est un cran plus bas dans cette échelle de qualité alors que c’est celui qu’on voit le plus souvent en Europe. J’achète trois variétés, de l’Orange Pekoe, du BOPF et du thé blanc, qui est la qualité premium puisqu’il ne comporte que les toutes jeunes feuilles.

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Il faut ensuite deux heures de route pour rejoindre Kitulgala qui est situé dans des collines couvertes de jungle. L’altitude n’est pas encore très élevée mais le chemin est sinueux. Nous arrivons au Kitulgala Resthouse qui se trouve au bord de la rivière Kelani. Le bâtiment colonial est plus que décrépi: la salle du restaurant a encore une certaine allure mais les chambres sont tristes et usées, les salles de bain couvertes de zones de moisissures. La vue est cependant très belle, donnant sur un jardin, avec la rivière en contrebas. Des rénovations seraient plus que nécessaires mais le lieu risque de perdre toute valeur touristique dans les prochaines années à cause de la construction d’un barrage sur la rivière. L’attrait principal de la région est en effet le rafting qui ne serait plus possible à l’avenir.

Il est midi et c’est l’heure du repas, un sandwiche fromage-tomates accompagné d’un jus d’ananas. Je fais ensuite une courte promenade au bord de la rivière où s’amusent quelques familles et jeunes hommes locaux puis je rejoins la route mais la paresse l’emporte et je décide de rentrer à l’hôtel. La plupart des membres du groupe sont partis faire du rafting, ce qui ne me tentait pas du tout et donc je profite de l’après-midi pour lire dans le lobby en compagnie de Sarah. Nous serons dérangées par un acteur connu – paraît-il – et ses amis qui font la fête et mettent la musique très fort.

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Les autres reviennent de leur excursion plus ou moins mouillés et nous buvons des bières en discutant. Il n’y a pas grand chose à faire ici en attendant l’heure du repas. Celui-ci est composé pour ma part de riz frit sans goût, le poulet y est quasi invisible, mais il est servi avec une sauce brune assez immangeable. Bref, je n’ai pas très bien choisi ce soir, mais les autres convives me confirment que ce n’est pas beaucoup mieux de leur côté.

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Que faire pendant la soirée ? Certainement pas me morfondre dans une chambre déprimante ! Il y a une vieille table de billard et nous décidons d’y jouer. Cela entraînera des fous rire à répétition: elle est brinquebalante et surtout, elle n’est pas à niveau: les balles se dirigent toutes vers un des coins. A force de cartons de bières, nous la remettrons droite mais du coup, j’arrête mes piètres tentatives de jeu. Deux équipes se forment dans le groupe: « England » vs « Rest of the world » (qui comprend les membres du groupe irlandais, gallois, srilankais – le guide donc, allemand, espagnol et belge). Rest of the world gagne la première partie, toujours ponctuée de moments hilarants.

Je décide d’aller dormir mais le sommeil a du mal à venir. Je ne me sens pas à l’aise dans ma chambre un peu pourrie et j’imagine des histoires de punaises et autres insectes envahissants. De plus, un moustique vient me narguer et je passe le reste de la nuit la tête sous le drap alors qu’il fait trop chaud pour ça.

Sri Lanka: Kandy

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Ce samedi est une journée libre et personne ne se dépêche. Après un réveil tardif, nous partons en petit groupe – en gros, tous les célibataires – pour une ballade à pied dans la ville. Le premier but est de trouver un agent de change et un distributeur de billets. Un vieux monsieur nous emmène chez un bijoutier qui échange sans soucis mes euros contre des roupies. Les rues de Kandy sont fort animées et l’architecture très disparate. Des bâtiments anciens, coloniaux, se cachent derrière de nombreuses enseignes et beaucoup de bâtiments modernes, sans style aucun, enlaidissent la ville. Notre premier arrêt est à une église.

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Puis nous visitons un temple hindouiste. Très coloré, il est à la limite du kitsch avec ses images en néon ou aux tons fluorescents. De nombreux fidèles y prient tandis que retentissent des cloches au son assourdissant. Un prêtre effectue un rituel pour un homme, agitant une lampe à huile dans différentes directions.

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Nous nous dirigeons ensuite vers le marché, croisant d’abord celui des vêtements et des tissus, puis celui de la nourriture. Diverses denrées garnissent les étals: des épices et de fruits, des légumes et des produits en conserve.

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Il est déjà l’heure de manger et nous nous arrêtons dans une grande « bakery » du centre ville, nommée tout simplement The Bakery. Le décor à l’intérieur est digne d’un palace un peu démodé, avec de grandes draperies dans les tons jaune et or qui masquent toute lumière venant de l’extérieur. On nous installe à une grande table et on nous propose de servir une sélection de beignets et feuilletés salés. Il ne faudra payer que ce que nous consommons. Je me régale d’un chausson aux légumes et au curry et d’un œuf farci, également aux légumes, le tout accompagné d’un lime soda très sucré. C’est un repas très économique et qui me suffit amplement pour le midi.

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Je quitte le groupe pour faire quelques emplettes au supermarché, du thé et des épices essentiellement. C’est quelque part plus simple qu’au marché et la qualité est tout aussi bonne, voire meilleure (on ne sait jamais si c’est un attrape-touristes). Je retrouve finalement le groupe à la St Paul’s Church où des enfants viennent de terminer leur répétition de chants de Noël.

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Je repars à nouveau seule, pour l’hôtel cette fois, me disant que Kandy n’offre pas grand chose de plus à visiter, et parce que je n’ai pas le courage de faire tout le tour du lac. Une après-midi piscine et lecture est bien agréable aussi, d’ailleurs.

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Je me suis faite à l’idée que ce voyage sera entrecoupé de longues pauses sans aucune activité prévue. A tel point que je n’accompagne pas les autres qui vont à la recherche d’un restaurant en ville. Je passe un moment à surfer dans le lobby (dans la chambre, cela ne fonctionne qu’à moitié – et encore, en se mettant contre le mur à un endroit précis). Le buffet de l’hôtel est tout simplement délicieux et j’ai envie d’en profiter une nouvelle fois. D’ailleurs, très vite, je vois apparaître Mark, Sarah et Fran qui ont abandonné leurs recherches d’un restaurant, ne trouvant rien à leur goût. Nous allons encore boire un verre ensuite au bar, puis je presse un peu Aneta pour qu’elle vienne chercher ses affaires dans la chambre. Sauf qu’elle prend son temps et que j’ai envie de dormir. Au final, mon sommeil sera assez mauvais, entrecoupé de nombreuses phases de réveil.

Birmanie: Yangon – Mandalay

Mon sommeil est très moyen cette nuit; je sens toujours les mouvements de l’avion. Le réveil très matinal est particulièrement difficile (il est tout juste minuit pour moi) et je n’ai pas faim au petit déjeuner pourtant varié et copieux. A part le thé Lipton, qui est cuit et recuit. Nous partons en car pour la pagode de Shwedagon toute proche. Ma jupe, couvrant pourtant mes genoux, est considérée comme trop courte et je reçois un longyi, un genre de sarong, à prêter.

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Le temple est construit au sommet d’une colline mais les Birmans ont tout prévu : un ascenseur permet d’y accéder sans effort. Après la cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle, c’est au tour du stupa d’être dans les échafaudages. Les travaux de rénovation me poursuivent… Même s’il est recouvert de toiles dorées, cela ne donne pas le même effet que s’il était à nu, brillant de tout son or. Le ciel d’un bleu éclatant compense un peu cependant. Apparemment, une rénovation a lieu tous les quatre ans: il faut bien ça pour y appliquer les quantités d’or que donnent les fidèles.

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Un système de chariot avec poulie amène les plaques d’or aux ouvriers, avec discours et photos des généreux donateurs. Il est apparemment plus gratifiant en Birmanie de dépenser son argent pour dorer les stupas et statues de Bouddha que d’aider les nécessiteux. Le site est assez grand et rempli de constructions diverses. Il y a du monde, des touristes et des locaux qui se recueillent et la visite est très agréable.

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Les membres du groupe apprennent à se connaître et Olga m’adresse la parole en français: Canadienne, elle a voyagé partout dans le monde. Et surtout, elle a vécu et étudié à Paris dans sa jeunesse, s’intéressant à Simone de Beauvoir et Marguerite Duras.

Nous partons ensuite pour le lac de Kandawgyi, au bord duquel se trouve la barge royale, ou plutôt sa reconstruction en béton. Le parc est vide, la visite rapide est plutôt décevante. C’est un endroit qui s’anime en fin de journée, quand les habitants de Yangon viennent s’y promener.

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Le car nous dépose ensuite dans le centre, au bord de la rivière. Nous prenons un café ou un rafraîchissement au Strand, le grand hôtel colonial de style victorien qui a aujourd’hui retrouvé toute sa grandeur après des années de décadence où il a servi comme hôtel pour routards. De nombreux écrivains y ont résidé, de Rudyard Kipling à Norman Lewis et il accueille maintenant les personnalités importantes. J’aurais préféré déguster un cocktail en soirée, le long du bar en bois mais un thé le matin me transporte dans l’ambiance coloniale. Je me désintéresse vite de la conversation et rêvasse sur l’histoire du bâtiment.

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De là, nous partons pour une promenade dans le quartier, passant d’abord à la grande poste, autre immeuble au passé glorieux et quelque peu décrépit actuellement. Il fait fort sombre à l’intérieur, surtout au second étage, et ce ne sont pas les quelques néons qui réchauffent l’atmosphère. La vue sur le fleuve est plutôt limitée: de grandes palissades cachent les grues du port. La circulation est plutôt folle, Yangon s’asphyxiant dans les embouteillages (uniquement des voitures, les deux roues étant interdits, soi-disant parce qu’il y a eu trop d’accidents. Le Routard précise qu’en fait, les dirigeants ont peur d’attentats terroristes de motocyclistes !). Partout, il y a des jarres contenant de l’eau pour désaltérer les assoiffés.

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Les trottoirs, ou ce qui y ressemble (ils sont plein de trous et mieux vaut regarder où on met ses pieds) sont remplis d’échoppes: restaurants de rue, vendeurs de livres, téléphones publics… Des bâtiments coloniaux en divers états de délabrement sont voisins d’immeubles modernes clinquants et sans goût. Il fait particulièrement chaud et je ne suis pas mécontente de retrouver le car, non sans avoir vu la pagode de Sule de loin, étalant tout ses ors entre les buildings.

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Repas de groupe au Green Elephant avec un menu copieux imposé. Craignant d’avoir trop, j’ai partagé le mien avec Robyn et c’était une très bonne idée au vu des quantités. Nous avons mangé une soupe de haricots rouges, du curry de poulet et de boeuf à la birmane, des légumes sautés et une salade de légumes crus.

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C’est le ventre bien rempli que nous allons à l’aéroport. La partie pour les vols domestiques ressemble à une aérogare de campagne, les contrôles sont très distraits. Tout est organisé par Moe Moe, la guide, et les bagages sont pris en charge par différents porteurs, du car à l’avion et de l’avion à l’hôtel. Cette pratique me met un peu mal à l’aise mais je constaterai qu’il n’y a aucun problème au cours du voyage. Nous volons avec Yangon Airways, une compagnie privée qui possède trois avions à hélices, des ATR 72, qui ne sont plus de toute première jeunesse. A travers le hublot tout griffé, je vois défiler collines et rivières. Une première escale se fait à Heho et nous repartons ensuite pour un vol de 35 minutes vers Mandalay. Une boisson et des pâtisseries nous sont servies.

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Une longue route isolée nous mène à la ville, le soleil se couche au loin, tout rouge. Mandalay est une grande ville relativement moderne et laide. L’hôtel Oway est situé en face de la gare et bien que d’apparence clinquante, il n’est pas des plus agréables. Moe Moe nous propose un rapide tour du quartier, nous montrant les bonnes adresses où manger. J’achète un baume à lèvre au goût citron et à effet glacé dans un centre commercial local et puis je vais manger avec Robyn au Singapura, un restaurant moderne de cuisine malaisienne et singapourienne. Trois autres personnes du groupe nous rejoignent. Mon curry de scampis est délicieux et très copieux, accompagné d’une fraîche bière Myanmar.

Retour à l’hôtel pour aller me coucher tôt.

Cambodge 2012: Kep – Kampot

Dernière matinée au Kep Lodge: nous profitons encore de la piscine pour la matinée, nous rendant compte qu’il n’y a pas grand chose à faire à Kampot. L’excursion au Bokor semble moins intéressante qu’avant: une grande partie des bâtiments ont été nettoyés/rénovés et le charme un peu glauque d’antan est complètement évaporé.

Le paiement par carte de notre séjour est toute une aventure: la machine indique que le code de nos deux cartes Visa est erroné. Et pour la Mastercard, il n’y a plus de formulaires papier. Quelques coups de téléphone plus tard, la machine fonctionne à nouveau et je peux enfin payer ce qui est dû. Ce montant ne sera d’ailleurs comptabilisé sur mon compte Visa que 10 jours plus tard. Katrien et moi avions décidé que nous payerions à tour de rôle les différents hôtels et repas, Katrien prenant note de tout pour faire un calcul final au retour. Heureusement, nous ne prenons pas le bus mais bien un tuk-tuk, dont le chauffeur attend patiemment. La route est en mauvais état et poussiéreuse et le grand sarong de Katrien nous protège bien !

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Nous avons réservé au Mea Culpa Guesthouse, à cinq minutes à pied du centre de Kampot (qui est une ville minuscule). Une salade plus tard et nous partons nous promener le long de la rivière, bordée de jolies maisons souvent anciennes et de l’ancien marché entièrement rénové. Je ne reconnais plus vraiment la ville que j’avais entrevue lors de mon précédent voyage.

Le but premier est Farmlink, une entreprise qui produit du poivre de la région, très connu pour son parfum. J’y fais quelques réserves de poivre noir, blanc et rouge. Nous passons ensuite par le marché, plutôt désordonné et sale, où je trouve du tissu (du batik indonésien) pour très peu d’argent (2,5$ pour environ 2,5m).

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Plus loin, nous découvrons avec surprise un monument bien spécial au centre d’un rond-point: il représente un durian, le fruit qui pue le fromage et les oignons pourris !

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Le cocktail du soir sera pris au Rikitikitavi qui a une jolie terrasse pour admirer le coucher de soleil sur la rivière mais dont les chambres semblent fort sombres au rez-de-chaussée (encore une fois, les photos sur le site ont l’air plus belles que la réalité).

Nous dînons au Mea Culpa, connu pour ses pizzas au feu de bois mais nous ne nous laissons pas tenter. Et pour le reste, le choix n’est pas très étendu: je prends du bœuf grillé, malheureusement un peu trop cuit mais accompagné d’une bonne sauce au jus d’orange, poivre et sel.