Japon (2019): Kobe – Wakayama

Mercredi 4 décembre 2019

Je n’ai pas vraiment envie de quitter Kobe ce matin, et surtout ce très bon hôtel au délicieux petit déjeuner. Mais il faut bien que j’aille à l’étape suivante, Wakayama, situé à 1h30 de train, en deux étapes: un premier train m’emmène jusque Shin-Osaka, et de là, un second me dépose à la gare de Wakayama. J’avais décidé de terminer mon voyage par cette ville parce que Lucie de Voyages et Vagabondages en avait parlé et dit beaucoup de bien. Ses photos m’avaient donné envie d’aller dans cet endroit peu touristique mais qui me semblait tellement beau.

Je n’ai pas choisi un hôtel près de la gare mais en face du château, qui n’est pas tout près. Je décide quand même d’aller à pied et m’engage sur une immense avenue très vide. C’est plus loin que prévu et mon humeur s’en ressent. Il n’y a pas de magasin pour me distraire, juste la circulation des voitures.

Je repère enfin mon hôtel, le Daiwa Roynet, mais il est à l’étage d’un centre commercial plutôt vide, lui aussi. Je ne trouve pas l’entrée et prends d’abord le mauvais ascenseur qui m’emmène à une chapelle de mariage. Je trouve enfin le bon endroit et me retrouve dans le lobby et y dépose mes affaires.

J’avais repéré un office du tourisme au rez-de-chaussée et j’y vais pour obtenir des informations. C’est un fiasco total, on me dit que le but de ma visite est trop éloigné et que le seul moyen d’y aller est de prendre un taxi. Je me dirige vers le château, et y découvre un autre office du tourisme. Et là, le service est bien plus efficace: il y a tout à fait moyen d’aller vers le sud de Wakayama en bus, mais je viens de le rater et le suivant n’est que dans une heure, et comme il est déjà 14h, je me dis que vais reporter ma visite à demain et plutôt visiter le château.

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Je pénètre dans l’enceinte du château, montant les allées bordées de murs immenses pour atteindre le sommet de la butte. Il y a des touristes asiatiques mais pas un seul occidental. Je visite l’intérieur du château et son exposition un peu vieillotte et poussiéreuse mais le panorama sur la ville de Wakayama est très beau.

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De l’autre côté du château se trouve apparemment un temple mais il est décevant. Et le musée municipal juste à côté propose une exposition sur Mucha qui ne me tente pas du tout. Je retourne donc sur mes pas et vais visiter le petit jardin japonais situé au pied du château. Il est paré de ses plus belles couleurs d’automne et est très agréable. Je m’y promène un long moment, profitant des feuilles rouges, ou encore vertes, des érables.

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Je pars ensuite un peu au hasard dans les rues adjacentes pour repérer d’éventuels endroits où manger ce soir. Les rues sont vides, il n’y a pas de magasins ou presque, et très peu de restaurants. Je retourne ensuite à mon hôtel où je peux prendre possession de ma chambre. Elle est petite, la vue donne sur un parking, elle est éclairée par un néon un peu blafard et le lit est dur. Bref, une immense déception après l’excellent hôtel de Kobe. Et pourtant je pensais avoir fait un bon choix avec la chaîne Daiwa Roynet mais cet hôtel est clairement un peu défraîchi malgré ses airs luxueux. Je regrette de ne pas avoir choisi un hôtel plus récent près de la gare, et avec onsen, regret qui me poursuivra durant tout mon séjour à Wakayama pour des raisons d’accessibilité et de présence de magasins et restos.

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La ville de Wakayama a fait énormément d’efforts pour attirer les touristes étrangers et propose divers sites internet très intéressants, dont un qui parle des restaurants. J’en ai repéré quelques-uns et vers 17h30, je ressors pour aller manger des ramens au Kontarou. Comme souvent, l’entrée n’est pas très accueillante: il faut descendre au sous-sol et je me retrouve dans une salle vide, couverte de lambris. Ce qui ne m’empêche pas de manger un très bon bol de nouilles, mais l’impression est quand même bizarre.

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En sortant du restaurant, il fait nuit et froid: un vent perçant souffle assez fort et me glace jusqu’aux os, malgré mon manteau d’hiver. Heureusement, ma chambre est bien isolée et agréablement chauffée, et j’ai acheté une bière d’une micro-brasserie locale que je bois avec plaisir. Mes premières impressions de Wakayama n’étaient pas super enthousiasmantes mais j’ai beaucoup aimé ma visite au château. Et demain est un autre jour.

Statistiques du jour: 15 336 pas ou 11,3 km – 25 étages.

Il y a plus de photos sur flickr, notamment du jardin.

Japon (2019): Kurokawa Onsen – Kumamoto

Samedi 30 novembre 2019

La nuit n’a pas été meilleure que la précédente – je ne dors décidément pas bien sur un futon. De plus, mes voisins font beaucoup de bruit de tôt matin. Comme hier, il fait glacial dans la chambre, je me remets donc un moment sous l’épaisse couette après avoir allumé le chauffage.

Le petit-déjeuner est encore plus compliqué pour moi qu’hier: je n’apprécie pas vraiment le poisson fumé, et le matin, c’est encore pire. Et pour le reste, il y a plusieurs petits plats à base de tofu dont je ne raffole pas plus que ça (là, c’est plus une question de texture que de goût). A vrai dire, ce n’est pas plus mal que je mange peu avant le long trajet en bus qui m’attend ce matin.

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Je prépare mes affaires puis décide de partir à pied à l’arrêt du bus. Ce n’est vraiment pas loin, il y a juste une montée un peu rude mais j’ai largement le temps. A l’aubette, le monde s’accumule. J’y fais connaissance de Cathy, une Taïwanaise vivant à San Francisco. Comme le bus est bien rempli, nous nous asseyons l’une à côté de l’autre et discutons pendant le voyage.

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Le bus traverse d’abord la région montagneuse autour du volcan Aso, que l’on voit d’ailleurs très bien pendant la pause: il fume au loin. Puis, la route devient plus plate et moins intéressante en approchant de Kumamoto.

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Le bus nous dépose à la gare routière; mon hôtel, le Dormy Inn, n’est pas très loin. J’aurais aimé passer deux nuits dans la ville mais pour une raison qui m’échappe, les prix des chambres étaient vraiment fort élevés. Peut-être qu’il n’y en a pas assez qui ont été reconstruites suite au grand tremblement de terre de 2016 ?

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Je dépose mes affaires puis prends le tram pour la visite du jardin de Suizenji. La météo est superbe et je suis heureuse de retrouver un jardin, c’est en effet le premier de grande taille que je visite depuis le début de mon voyage. Il n’est sans doute pas immense, mais il a un intérêt certain avec son grand plan d’eau et des collines artificielles en forme de cônes. Je m’attendais par contre à plus d’érables…

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Je n’ai pas encore mangé et j’ai faim, mais le quartier ne regorge pas vraiment de restaurants. Je mange un biscuit sur un banc, en admirant le paysage.

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Je reprends ensuite le tram pour visiter le château. A vrai dire, je ne m’attendais pas à grand chose vu les dégâts qu’il a encouru lors du tremblement de terre. Je me souviens l’avoir vu entouré d’échafaudages l’année passée depuis le shinkansen entre Kagoshima et Fukuoka.

Et en effet, le début de la visite semble peu encourageant: il y a de très nombreux magasins de souvenirs et échoppes de nourriture pour attirer le chaland. Ce qui m’arrange en fait: je me régale d’un ours Kumamon, la mascotte de la ville, fourré de crème au chocolat et ma faim est enfin calmée.

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Au centre des visiteurs, je me rends compte qu’un parcours de visite vient de s’ouvrir autour du château, et qu’il y a donc moyen de voir de près l’avancement des travaux. J’ai de la chance parce que ce n’est visitable que depuis la fin du mois d’octobre et uniquement le dimanche, mais c’est ouvert ce samedi également.

Je suis donc le parcours fléché qui permet de voir de près les dommages. C’est très impressionnant: des murs entiers de sont affaissés, des bâtiments se sont écroulés et le château a comme subi une implosion. Ce sont en effet ses fondations qui n’ont pas tenu tandis que les murs sont restés en place. Le travail de rénovation déjà effectué est lui aussi extraordinaire. Je n’ose pas imaginer où en seraient les autorités belges dans le même cas.

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Je suis fascinée par les travaux de reconstruction mais aussi par le superbe gingko qui a paré ses plus belles couleurs d’automne.

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Je retourne à pied vers mon hôtel, m’arrêtant au passage dans un centre commercial avec un grand supermarché et puis dans un restaurant de sushis pour mon repas du soir. Je me régale de divers petits plats commandés via une tablette.

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Ma chambre d’hôtel est relativement grande selon les standards japonais mais particulièrement banale. Par contre, le petit onsen est très agréable et je m’y détends un long moment.

Statistiques du jour: 12 334 pas ou 9,4 km – 12 étages

Il y a d’autres photos de Kumamoto sur mon flickr.

Japon (2019): Beppu – Kitsuki – Beppu

Mercredi 27 novembre 2019

Sur le quai de la gare, je revois les deux dames japonaises rencontrées hier à Usuki. Elles prennent le même train que moi mais descendent plus loin, à Usa. Moi, je vais à Kitsuki, qui, par le train express, n’est qu’à 13 minutes de Beppu.

Kitsuki est une petite ville située au nord de Beppu. Elle a conservé un côté féodal, avec un château et des quartiers de samouraïs situés de part et d’autre, et en hauteur, des échoppes commerciales. Il y a moyen d’y louer un kimono pour se balader dans les rues, ce que je n’ai pas fait – je crois que je me serais sentie un peu stupide à faire ça toute seule.

La gare de Kitsuki est située assez loin du centre, et je vois un bus. La communication n’est pas aisée, mais en montrant ma google map, la conductrice me confirme qu’elle va bien dans le centre. Il n’y a pas moyen de payer son trajet avec une carte IC et le prix s’affiche sur une télévision à l’avant du bus, changeant à chaque fois qu’on passe une nouvelle zone. Je commence à m’inquiéter: est-ce que j’ai assez de monnaie ? Il y a bien une machine pour changer les billets de 1000 yens mais je n’en ai plus, je n’ai plus qu’un billet de 10.000 yens. Je suis le trajet sur le mon téléphone, et je vois que nous approchons du centre. J’ai tout juste assez de monnaie ! (Je crois que j’aurais vraiment été gênée et ennuyée.)

Les environs de l’arrêt du bus sont tout simplement hideux, et la météo fort sombre, n’arrange rien. J’entre dans un magasin de produits souvenirs, cherchant l’office du tourisme… qui est en fait juste à côté. Une jeune fille m’explique dans un bon anglais ce que je dois visiter et me conseille de prendre en photo les horaires du bus pour le retour. Ils sont en effet très irréguliers, avec des intervalles allant de 3 minutes à 2 heures (et oui, c’est ça la vie de la campagne) !

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Je vais d’abord me promener sur la butte du château qui n’est pas très impressionnant. En effet, détruit par la foudre en 1608, seul le donjon a été reconstruit en 1970, abritant un musée que je ne vais pas visiter. La vue est superbe. Dans le parc aux alentours, je suis seule, à part les jardiniers qui travaillent. Je ne suis pas tout à fait à l’aise mais je me rassure en me disant que je suis au Japon, un pays où ma sécurité n’est pas en jeu.

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Un peu plus loin se trouve le premier quartier des samouraïs, accessible par une longue allée pavée qui monte assez fort. Elle est bordée de murs qui délimitent les grandes demeures. Je visite une première, avec de grandes pièces ouvertes sur le jardin.

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Dans la seconde, j’assiste à une shooting photo d’une jeune japonaise en kimono aux couleurs d’automne. Le photographe propose de nous prendre en photo ensemble, chose qui ne serait jamais arrivée dans une ville plus touristique. Je ne croise d’ailleurs quasi pas de touristes au cours de la journée. C’est le milieu de la semaine et le temps est maussade, mais même les locaux sont invisibles pendant la journée, ce qui donne une impression assez bizarre. Je me rends compte que j’ai quitté les sentiers battus et que je visite des lieux reculés, qu’on pourrait qualifier quelque part de « deep Japan ».

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Ma promenade me mène ensuite à la grande allée pentue si caractéristique de Kitsuki, le lieu rêvé pour des photos en kimono, et probablement très impressionnant par beau temps. Je suis déçue par la météo, c’est clair, mais l’endroit est très beau et je tombe comme hier sous le charme de cette petite ville.

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Je descends la pente et remonte par l’autre côté. Je ne me lasse pas de la vue et mitraille l’ensemble. Il y a aussi des maisons à visiter de ce côté et les érables ont pris leurs plus belles couleurs d’automne. Un peu plus loin se trouve un beau point de vue de la région et une demeure plus moderne (tout en restant traditionnelle), la villa Hitotsumatsu construite en 1929.

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Sur ma carte, je repère quelques temples situés à l’autre bout du quartier des samouraïs. Ma promenade est très agréable dans ce quartier à l’ambiance résidentielle, mais les temples eux-mêmes ne sont pas des plus intéressants.

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Je redescends vers la route principales où se trouvent les commerces. J’y achète du thé dans un magasin traditionnel, choisissant un peu au hasard, puis je cherche un endroit où manger – je me retrouve en effet dans l’intervalle de deux heures entre les bus. J’hésite un peu, continue à marcher, et me vois en fin de compte plus ou moins forcée de choisir le dernier établissement sur ma route.

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Il n’y a pas de carte à l’extérieur, et à l’intérieur, je me retrouve dans un petit restaurant fort simple, avec cuisine ouverte. La patronne ne parle pas anglais et m’apporte un menu. Le patron arrive à m’expliquer avec trois mots d’anglais qu’il y a deux lunchs fixes et que je peux choisir une boisson qui est incluse. Et comme le menu est rédigé à la main, mon smartphone et google translate pédalent dans la semoule.

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Bref, ce sera une surprise mais je me dis que ce sera sans doute de la cuisine japonaise. Grosse erreur. L’entrée est une salade accompagnée de saumon et d’une huître, le plat principal est une escalope de veau au beurre à l’ail, accompagnée d’une paupiette à la viande et aux crevettes. Je comprends mieux pourquoi les Japonais à l’autre table avaient demandé du pain plutôt que du riz en accompagnement. C’était très bon et je suis rassasiée mais je ne m’attendais vraiment pas à ça ! Et j’ai surmonté ma peur de « l’endroit inconnu au menu uniquement en japonais ».

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Ma visite de Kitsuki prend fin et je reprends le bus, avec la même conductrice qu’à l’aller. A la gare par contre, le premier train n’est que dans une bonne demi-heure. Heureusement, il y a une salle d’attente chauffée où je lis mon livre.

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De retour à Beppu, je prends encore quelques photos de la rue principale mais je ne fais plus grand chose d’autre: je réarrange mes valises et envoie la plus grande à Kobé, grignote une pâtisserie achetée à la gare (ce qui est amplement suffisant après mon copieux repas du midi) et surtout, je vais me détendre à l’onsen.

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Statistiques du jour: 14 235 pas ou 10,8 km – 14 étages

Plus de photos sur flickr

Avez-vous déjà mangé dans un restaurant dont vous ne compreniez pas le menu ?

Japon (2019): Beppu – Usuki – Beppu

Mardi 26 novembre 2020

En faisant des recherches pour trouver des endroits intéressants à visiter autour de Beppu, mon attention avait été attirée par Usuki, un village connu pour ses anciennes maisons de samouraïs et par des grottes abritant des grands bouddhas sculptés. En ce mardi matin, je me presse donc vers la gare de Beppu pour prendre le train direct qui m’amènera à Usuki en 45 minutes. Mon trajet sera troublé par une autre passagère, probablement d’origine chinoise ou taïwanaise, qui n’arrêtera pas de manger (puis de chiffonner les emballages) et surtout de roter bruyamment. 

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Il y a un minuscule office du tourisme dans la toute aussi minuscule gare d’Usuki mais quelle n’est pas ma surprise quand je suis accueillie dans un anglais quasi parfait par un Autrichien (je lui ai demandé d’où venait son accent). J’hésite à louer un vélo (gratuitement) pour aller voir les bouddhas qui se trouvent à 6 kilomètres de là mais il fait gris et frais. Je vais donc plutôt prendre le bus mais je viens de le rater et l’employé me propose de commencer ma visite par le site de l’ancien château tout proche.

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Je monte au sommet de la butte et me retrouve dans un parc assez vide et désolé qui offre cependant une vue sur la région. Un camélia perd ses fleurs roses, un ginkgo sème ses feuilles jaunes.

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Je me promène ensuite dans la petite ville qui associe des bâtiments très laids à des quartiers anciens tout à fait préservés. Comme souvent quand j’ai un horaire précis à respecter, j’arrive bien trop tôt à l’arrêt du bus qui me mènera au site des bouddhas. J’y suis rejointe par deux touristes de Suisse avec qui j’engage la conversation.

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Le trajet dure une quinzaine de minutes, d’abord le long d’une route bordée de grands magasins, puis la nature prend plus de place. J’image que cette partie aurait été très agréable à traverser à vélo sous le soleil.

Dans la campagne se trouvent donc une soixantaine de bouddhas de pierre, taillés à flanc de falaise entre le 12e et le 14e siècles. Il faut suivre un chemin entrecoupé d’escaliers pour les admirer – ils sont répartis entre quatre niches. Les arbres ont déjà pris de belles couleurs d’automne mais le reste du site est plutôt vide: pendant les autres saisons (sauf en hiver), diverses fleurs sont cultivées dans de grands ensembles et attirent apparemment de nombreux visiteurs locaux.

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A un moment précis, je suis à nouveau attirée par un chemin qui mène vers l’inconnu mais je me retiens: je n’ai ni les chaussures pour crapahuter dans la boue ni le temps de faire une randonnée qui n’est peut-être pas très intéressante. Je me limite donc au parcours fléché.

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Je me rends compte que le prochain bus pour retourner à Usuki n’est que dans une heure. Je pourrais marcher mais j’ai envie de garder de l’énergie pour visiter la ville. Et puis, je vois la cafétéria et son menu, et je me laisse tenter par un plateau repas composé d’une soupe, de poulet frit, de salade et de riz, le tout accompagné de thé bien chaud en libre service. C’était vraiment délicieux et nourrissant.

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Il est encore trop tôt pour le bus et je me gèle un peu en l’attendant. De retour à Usuki, je visite d’abord une ancienne demeure de samouraïs, celle de la famille Inaba puis je flâne dans les petites rues, découvrant divers commerces et autres maisons historiques. C’est complètement désert et l’ambiance est un peu triste avec la grisaille, mais je tombe sous le charme.

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En retournant à la gare, je parle encore un moment à l’Autrichien qui est toujours là. Je lui demande pourquoi il y a si peu de visiteurs à Usuki et il me répond que toute la région est vraiment hors des sentiers battus.

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Je prends le premier train qui arrive mais c’est un omnibus qui met 80 minutes pour retourner à Beppu. Je sors mon livre tout en observant à certains moment mon entourage composé d’écoliers qui se sont endormis.

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Refroidie par mon expérience de recherche de restaurant d’hier soir, je m’achète un repas de sashimis à manger dans ma chambre. C’est le genre de moment où je regrette de ne pas avoir de compagnon de voyage (mais j’aime encore plus la liberté de voyager seule). Comme hier, je termine ma soirée à l’onsen de l’hôtel.

Statistiques du jour: 16 664 pas ou 12,3 km – 22 étages

Il y a bien plus de photos sur flickr.

 

Japon (2019): Fukuoka – Sasaguri – Kokura

Samedi 23 novembre 2019

Ce matin, le soleil brille et ça me met de bonne humeur ! J’ai décidé de visiter le temple de Nanzoin, situé dans le village de Sasaguri, à une vingtaine de minutes en train de Fukuoka. Je pensais rater le train de 10h et je ne me suis pas dépêchée mais il entrait en gare au moment où je montais sur le quai.

Comme souvent, le village n’est pas très joli mais le paysage change très vite dès qu’on pénètre dans l’enceinte du lieu sacré par une allée bordée de lanternes et d’érables.

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Ce temple est tout particulièrement visité à cause de son grand Bouddha couché. Je me dirige d’abord vers cette attraction principale, me frayant un chemin entre les nombreux visiteurs (c’est samedi et férié). La statue est en effet impressionnante mais je préfère les petits chemins qui mènent à flanc de montagne vers un sanctuaire shinto.

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Près du temple principal, il y a énormément de petites statues diverses qui sont un plaisir à photographier maintenant que j’ai compris comment utiliser mon grand angle et la profondeur de champ.

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Il y a aussi de beaux érables aux couleurs d’automne et je prends mon temps pour visiter l’endroit. Il est environ midi quand je repars.

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Une fois arrivée à la gare de Hakata, je me dis que c’est le bon moment pour manger et je vais dans un restaurant qui sert sert des nouilles soba au boeuf à tremper dans un bouillon piquant. Me voilà rassasiée.

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Je vais rechercher ma valise à l’hôtel et je retourne à la gare pour prendre le shinkansen pour Kokura – un temps de trajet de 20 minutes pour lequel je n’avais pas réservé de place mais j’étais quasi seule dans le wagon.

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J’avais eu beaucoup de mal à trouver un hôtel à Kokura, surtout que je souhaitais loger près de la gare. J’avais donc réservé la dernière chambre disponible au JR Kyushu Hotel mais elle était pour fumeurs. Je m’étais dit que ça ne devait pas être si terrible que ça. Grave erreur ! Tout était imprégné d’une odeur de cigarette très pénétrante, et après une nuit, elle m’avait contaminée. Heureusement, j’avais bien fermé ma valise et tout était emballé dans des sacs plastique. Mais revenons à mon arrivée à Kokura.

La gare est située dans un gigantesque bâtiment avec centre commercial, et point de départ d’un monorail qui sert de métro local. Il y a un mélange de modernité déjà un peu datée et de passé. C’est assez bizarre comme impression.

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La ville est connue pour son château et c’est pour cette visite que j’y ai fait étape. En sortant de la gare, je prends une ruelle qui me mène vers le fleuve qui traverse la ville. Et de suite, j’apprécie cet horizon très ouvert qui donne une toute impression de la ville que le quartier devant la gare. Par contre, je remarque aussi un immense centre commercial rouge et brun dont l’architecture se veut novatrice mais qui fait complètement tache juste à côté du château.

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Je visite d’abord un petit jardin japonais mais je le trouve peu intéressant. Il est un peu étouffé entre les autres bâtiments mais il y a de belles couleurs d’automne.

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Je me dirige ensuite vers le temple de Yasaka, précédé d’un parking, mais dont l’atmosphère est déjà bien plus sereine que celle du jardin.

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Et puis enfin, je visite le château. Ce n’est pas l’original: il a été reconstruit en béton dans les années 1950, dans un mouvement de réhabilitation du passé qui a vu renaître de nombreux édifices anciens à travers tout le pays. Il abrite une exposition interactive racontant l’histoire de la ville au cours du temps mais il y a beaucoup de monde et je ne lis pas toutes les explications. Ce qui m’attire surtout, c’est la vue à son sommet.

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Je me ballade encore un peu dans la ville, traversant le marché de Tangai, puis une des principales galeries marchandes couvertes avant de revenir à la gare.

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Je me perds dans les centres commerciaux autour de la gare, à la recherche d’un restaurant qui me tente. Je m’installe finalement au comptoir d’un établissement qui est bondé, et je sens très vite qu’un groupe de salarymen déjà bien saouls m’observe et commence à se moquer de moi en criant bien fort des mots comme « arrigato » ou  » konichiwa ». Je ne sais pas trop quoi faire, j’aurais vraiment aimé pouvoir leur répondre quelque chose de cinglant en japonais mais je ne parle pas la langue. Je me concentre donc sur ma bière et sur les sashimis que j’ai commandés. Heureusement, ils partent relativement vite mais cela fait quand même une sale impression.

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J’achète encore quelques jolis gâteaux puis je rentre à l’hôtel pour une nuit agitée à cause de la chambre enfumée.

Statistiques du jour: 17 697 pas ou 13,2 km – 26 étages

Plus de photos du temple de Nanzoin et de Kokura.

Avez-vous déjà dormi dans des chambres d’hôtel vraiment peu agréables ? Est-ce que ça a influencé votre sommeil ?

Japon (2019): Osaka – Fukuoka

Jeudi 21 novembre 2019

Je quitte Osaka aujourd’hui et le shinkansen que je voulais prendre à l’origine était déjà complet. J’ai donc réservé une place sur le précédent mais cela veut dire que je dois me lever avant 7h et que je me retrouve en pleine heure de pointe dans le métro. J’essaie de prendre le moins de place possible mais ce n’est pas facile avec une valise, même petite.

Hier soir, j’ai fait envoyer la grande valise à Beppu avec le service de livraison Takkyubin, la meilleure invention du monde – et ce n’est pas extrêmement cher. Cela me permet de voyager sans trop m’embarrasser et je retrouve ma grande valise une étape sur deux ou trois. Ici par exemple, je saute les étapes Fukuoka et Kokura, la retrouvant à Beppu. De là, je l’ai envoyée à Kobé, évitant Kurokawa Onsen et Kumamoto. Et de Kobé, elle est partie à l’hôtel près de l’aéroport, sans m’encombrer à Wakayama. Je ne me souviens pas du prix exact, mais ça doit tourner autour des 60-70 euros pour les trois envois. Un montant que je suis tout à fait prête à payer pour avoir ce confort de voyage, sachant qu’il n’y a pas d’escalators partout (ça s’améliore néanmoins) et que les shinkansens limitent maintenant la taille des valises qu’on peut y emmener (à moins de payer un supplément). Et les réceptionnistes d’hôtel sont habitués: ils remplissent sans problèmes le bordereau d’envoi en japonais.

Heureusement, tout le monde sort à la gare de Shin-Osaka. Je suis évidemment bien à l’avance et j’en profite pour acheter une jolie peluche en forme de poulpe, que je nomme Tomoko.

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Dans le train, la place à côté de moi est vide, mais je déchante vite: à Kobé vient s’installer le genre de personnes que personne ne souhaite avoir comme voisin: un grand gaijin malpoli, prenant toute la place, accoudoirs y compris, s’affalant de tout son long, les jambes bien écartées. Et puis surtout, dès le début du voyage, il a commencé à boire, du vin rouge, du saké… empestant de plus en plus l’alcool (et il n’était que 8h30 du matin environ). A chaque arrêt du voyage durant un peu plus de trois heures, j’espérais qu’il débarquerait. Il sort finalement à l’avant-dernier arrêt. L’année passée, j’ai eu le bavard invétéré, cette année, j’ai l’alcoolique. Que me réserve le prochain voyage ?

J’avais beaucoup aimé Fukuoka et j’ai donc remis cette ville au programme mais j’ai dû aménager mes plans initiaux. Je voulais y rester trois nuits, puis partir pour Beppu. Or le très bon hôtel où j’avais logé était complet pour la troisième nuit (un weekend où le samedi était un jour férié pour les Japonais). Je me suis donc arrangée différemment, en faisant une étape à Kokura, ce que je raconterai plus tard.

Une fois arrivée, j’ai été déposer ma valise à l’hôtel, le Nishitetsu Hotel Croom Hakata et je suis repartie en métro jusqu’à l’arrêt Muromi pour visiter un temple conseillé par Bénédicte (beaucoup de mes visites à Kyushu sont inspirées par son blog lors de ce voyage). La météo est superbe, il y a juste un peu de vent quand je traverse le fleuve, la ville de ce côté est très calme et il n’y a presque pas de passants. Je ne repère pas de suite le temple mais un tori à la base d’une longue volée d’escaliers m’indique le chemin. J’ai chaud et j’enlève quelques couches.

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Je vois des tori rouges sur la gauche et je décide de d’abord suivre ce chemin me menant vers le sanctuaire shinto. Comme me l’expliquait Yann à Osaka, dans chaque temple bouddhiste se trouve un (petit) sanctuaire shinto (et inversement). Je m’efforcerai de les trouver tous les deux à chaque fois lors de ce voyage.

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Le petit sanctuaire s’appelle Otojiri. Je fais quelques photos quand un vieux monsieur m’aborde. Il est le gardien et m’explique l’histoire de l’endroit dans un anglais un peu limité mais nous arrivons à nous comprendre. Il me montre également comment me purifier au début de la visite, en versant de l’eau d’abord sur la main gauche, puis sur la droite, puis toucher légèrement la bouche. Il me mène ensuite devant le sanctuaire en montant à gauche. Je sonne à la cloche pour prévenir les esprits de ma présence, fais une offrande en donnant une pièce, frappe deux fois dans mes mains puis m’incline très bas – tout cela en suivant les explications du vieux monsieur.

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Je suis ravie de cette rencontre qui m’a appris beaucoup. Je pars ensuite en direction du temple bouddhiste, le Washio Atago, qui se trouve au sommet de la colline. La vue sur la ville et la mer est superbe. Je profite des bancs pour pique-niquer, tout comme d’autres dames qui sont déjà là.

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Mais l’après-midi n’est pas encore fini et je repars vers le métro, descendant à l’arrêt près du parc Ohori. Je le traverse par l’allée qui serpente au milieu du lac, entre les pins. De l’autre côté, je m’installe sur un banc, au soleil, et sors mon livre. J’y reste un long moment, je me sens bien, le soleil me réchauffe. J’oublie un moment mes courbatures et ma fatigue toujours bien présente.

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L’année passée, je n’avais plus eu le courage de visiter le parc Maizaru et le château et même cette fois-ci, je dois me motiver. Mais j’y vais finalement, malgré mes douleurs aux jambes, et aussi parce que c’est juste à côté du parc Ohori. Il y a une installation du Teamlab, des grands oeufs blancs qui seront illuminés la nuit (mais après mon départ). Le soleil est déjà bas et les jeux de lumière sont magnifiques, entre les arbres qui perdent leurs feuilles. Je monte ensuite dans les ruines du château pour voir le panorama de la ville.

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Fatiguée, je retourne à la gare de Hakata et ses centre commerciaux. Je me promène un moment dans l’ère de perdition qu’est le Tokyu Hands mais je reste sage, achetant juste un thermos à thé. J’avais repéré un restaurant qui me tentait ce midi mais je me perds un peu, puis je le retrouve. Il est un peu vide mais j’avais une envie précise de thon à l’avocat. C’est un plat très fusion, un peu n’importe quoi, mais c’est parfait pour mon quota de légumes.

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Je retourne à l’hôtel et prends possession de ma chambre (remplie de gadgets divers), puis je vais me détendre à l’onsen (qui est la raison principale pour laquelle je voulais retourner à cet hôtel). Le bonheur…

Statistiques du jour: 19 368 pas ou 14,6 km – 40 étages

Avez-vous déjà eu des voisins de train ou d’avion difficiles à supporter ? Comment avez-vous réagi ?

Japon: Okayama – Takamatsu – Okayama

Vendredi 2 novembre 2018

Comme je me suis rendue compte bien trop tard hier soir que je n’avais pas réservé le petit-déjeuner, je n’ai rien prévu de très consistant, à part quelques biscuits, accompagnés de thé. Cela fera l’affaire pour le moment.

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Une fois à la gare, je réserve un ticket pour le Marine Liner vers Takamatsu – les trains ont tous de jolis noms au Japon – Marine Liner est quand même plus joli que IC538. Ce n’était pas vraiment une bonne idée et pas nécessaire du tout: je me retrouve dans un wagon à deux étages, mais évidemment à celui d’en dessous, et ce n’est pas une place fenêtre. Et au Japon, on ne change pas de place !

C’est d’autant plus dommage que le paysage est magnifique. Le clou du spectacle est la traversée de la Mer Intérieure sur l’immense pont qui relie Honshu à Shikoku. Je me promets de trouver une bonne place au retour ! Un peu moins d’une heure plus tard, j’arrive à Takamatsu. En préparant mon voyage, cette ville m’a attirée par son jardin japonais, parmi les plus beaux du Japon. J’aurais également pu aller à Naoshima, l’île aux musées, ou commencer à explorer les 88 temples de Shikoku, ou encore visiter les environs d’Okayama. Ce sera pour une prochaine fois !

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De la gare, il faut marcher quelques minutes pour aller à l’arrêt du tram que je peux payer avec ma carte Suica de Tokyo. Le véhicule est tout mignon, tout kawaii, et je le prends pour trois arrêts. Je me retrouve dans un quartier très banal et la route vers le jardin, le Ritsurin-koen (420 yens) est fléchée (en gros, c’est tout droit et à une dizaine de minutes à pied).

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L’entrée est assez imposante, parsemée de pins taillés en nuages. Ce n’est pas trop mon style de jardin mais ce n’est que le début de mon parcours. En fait, la beauté de l’endroit se dévoile progressivement, certaines parties sont plus boisées, d’autres plus exotiques – ces cycas ! – la plus éloignée de l’entrée quant à elle fait penser aux jardins chinois, notamment ceux de Hangzhou. Un grand étang est traversé par un joli pont de pierre et des maisons de thé bordent ses rives. Je prends mon temps pour flâner, m’asseoir, intégrer toutes les sensations, profiter pleinement. Le temps est superbe, le ciel est un d’un bleu profond et les températures sont plus qu’agréables, en grand contraste avec la journée précédente.

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Une grande partie du côté nord du jardin est fermée: un sanglier rôde ! Ce n’est d’ailleurs pas la meilleure saison pour le visiter: les lotus sont fanés et les feuilles des nombreux cerisiers sont déjà presque toutes tombées. Par contre, c’est beaucoup plus calme que l’autre côté et j’y mange le pique-nique que j’avais prévu (ici commence une longue série de « egg sandwich », une spécialité japonaise paraît-il).

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Je commence ensuite à pied le trajet qui retourne vers la gare, d’abord le long d’une grande avenue sans intérêt, jusqu’à un petit parc où traînent quelques sans-abri et où trône une statue kawaii. Je prends un passage souterrain très bien aménagé et décoré d’œuvres d’art pour traverser la rue et trouve un peu plus loin une galerie marchande couverte, ce qui rend mon parcours bien plus agréable.

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Je m’arrête au Takamatsu Art Museum (200 yens), bien décidée à visiter l’exposition Starting points: Japanese art of the ’80s. Sauf qu’elle n’ouvre que le lendemain, à mon grand regret. Il y a cependant quelques œuvres intéressantes dans la collection permanente: Takashi Murakami, Yoshitomo Nara, Kenji Yanobe (l’homme aux scaphandres jaunes) mais les photos sont interdites (et des caméras de surveillance).

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En sortant des toilettes, la dame qui vend les tickets s’approche de moi et se baisse pour ajuster ma jupe qui avait fait un pli, tout en s’excusant et souriant. C’est à mon tour d’être un peu gênée et de lui sourire en retour, la remerciant. Elle me demande d’où je viens, et une fois de plus « Belgique » a un côté un peu exotique (et chocolaté) pour la Japonaise.

Je continue ma route, m’approchant de la côte et du château de la ville (200 yens). Je ne m’attends pas à grand chose et je suis du coup agréablement surprise par le superbe jardin et les fortifications rénovées qu’on peut escalader pour voir la mer d’un côté et la ville de l’autre.

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J’avais décidé que lors de ce voyage, j’irais voir la mer de près. Je me rends donc à l’embarcadère et m’installe là un moment, avant de vérifier l’horaire des trains. Si je ne veux pas attendre une demi-heure, je dois partir de suite, et surtout ne pas traîner ! J’arrive un peu essoufflée et en sueur à la gare et embarque dans le Marine Liner de 15h10 qui démarre quelques minutes plus tard. Je m’installe dans le premier wagon, à la fenêtre, ce qui me permettra d’admirer le paysage au retour. Et comme j’ai l’impression que les Japonais n’aiment pas s’asseoir à côté des gaijins (ils pourraient faire quelques chose de gênant), la place à côté de moi reste libre jusqu’à l’arrivée à Okayama.

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Je suis fourbue et me couche un moment pour une sieste. Je me réveille en sursaut: j’ai l’impression que tout tremble. Était-ce un tremblement de terre ? C’est bien possible, mais sans doute juste une légère secousse. Un peu reposée, je pars explorer la galerie marchande pour trouver un restaurant. Mon choix se porte sur le bar à sushis, avec juste un comptoir pour une quinzaine de personnes. Personne ne daigne me donner un menu en anglais (ils existent pourtant – je les verrai plus tard) et je choisis donc en regardant les photos. C’est là que mon voisin japonais, un salaryman, me propose de commander pour moi. Notre conversation est un peu limitée mais il me raconte qu’il mange en attendant le train pour Tokyo et qu’il voyage beaucoup: il a visité toutes les préfectures du Japon. Mais quand je lui décrit mon voyage, il me dit qu’il n’a jamais été à Yakushima. J’avais vu qu’il avait mangé des coquilles saint-jacques légèrement grillées et je lui demande s’il peut aussi me commander ça. Je me régale (3080 yens) et cette interaction en toute simplicité me fait du bien.

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Je passe ensuite au 7-11 pour retirer de l’argent (seuls ces distributeurs acceptent les cartes étrangères, avec ceux de la poste mais il n’y en a pas à chaque coin de rue) et au supermarché pour acheter mon petit déjeuner du lendemain, des croissants industriels au chocolat.

Demain, je reprends le shinkansen et je descend dans l’extrême sud.

Statistiques du jour: 19 820 pas – 15,2 km

Beaucoup plus de photos sur flickr, surtout du jardin.