Inde – Rajasthan: New Delhi

Quand mon réveil sonne à 9h30, je me sens encore trop fatiguée et je décide de sauter le petit déjeuner. Je me rendors jusque 10h30 puis me prépare à mon aise. Je dois en effet réorganiser ma trousse de toilette et appliquer la nouvelle routine du matin: appliquer de la crème solaire (combinée à de l’anti-moustique – la marque belge Picasol fabrique un produit très efficace) sur toutes les zones découvertes. J’ai pris avec moi une collection de vêtements relativement couvrants – jupes longues et pantalons, pas d’épaules nues – par respect pour la culture locale mais aussi pour ne pas affrioler l’homme indien qui n’a pas besoin de grand chose (parfois, croiser le regard peut être considéré comme une invitation – j’aurai beaucoup regardé mes pieds pendant ce séjour et cela fait partie des choses moins agréables liées à ce pays – en même temps, vu la crasse au sol, mieux vaut porter son regard vers le sol).

A midi, il est l’heure de rencontrer le guide, Tej, et le groupe qui n’est composé que de cinq personnes, moi y compris. Je fais donc connaissance avec un couple anglais, Bob et Jane, et deux femmes voyageant seules, l’anglaise Jillian et l’américaine Connie; tous ont environ 60 ans. Je suis un peu déçue – j’espérais des compagnons de voyage vaguement plus jeunes et j’ai quelques craintes: allons-nous nous entendre, étant juste cinq ? Tej est un peu moins âgé que moi et guide des groupes depuis plus de 10 ans; il a commencé sa carrière avec Intrepid (et a reçu un Wanderlust Award à cette époque). Originaire du Rajasthan, il est marié et a deux enfants mais il ne voit que peu sa famille pendant les six mois de la saison touristique. Ce qui n’a pas l’air de beaucoup le toucher, sa femme vivant de manière très traditionnelle avec la famille étendue dans un petit village.

Tej nous donne quelques explications sur notre futur périple, puis nous partons manger en minibus. Celui-ci, conduit par Jitu, sera notre véhicule pour le reste du voyage. Il est assez grand pour que nous puissions avoir un peu de place autour de nous. Je n’ai aucune idée de l’endroit où nous allons – il s’agit en tous cas d’un restaurant prisé par les Indiens mais aussi par de nombreux groupes de touristes. Tej commande pour nous, ce qui nous permet de goûter divers plats: butter chicken, dhal, paneer aux épinards, curry de légumes, riz et naan. Un lime soda complète le tout (cela deviendra une habitude). Tous ces plats sont délicieux et peu piquants.

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Les premières visites évitent la vieille ville de Delhi, privilégiant des monuments plus récents, dans le but avoué (par la suite) de ne pas nous plonger immédiatement dans la masse grouillante des Indiens. Il y a cependant pas mal de monde à l’India Gate – c’est le lendemain de Diwali, une période de congés pour les locaux – mais c’est assez aéré. Ce grand arc est un monument à la mémoire des anciens combattants tombés lors de la Première Guerre mondiale. A vrai dire, regarder les gens qui m’entourent est bien plus passionnant que l’architecture: les vêtements sont colorés, les smartphones sont partout et le culte du selfie ou du portrait de troupe est omniprésent. Et il fait chaud, plus de 35°.

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L’India Gate est à une extrémité d’une grande avenue nommée Raj Path qui se termine à son autre bout par le palais présidentiel et d’autres bâtiments liés à la vie politique, notamment le parlement qui est de forme circulaire. Cet ensemble a été aménagé sous l’Empire Britannique au début du 20e siècle par l’architecte Edward Lutyens. Le palais présidentiel a été achevé en 1929 pour servir à l’époque de résidence au vice-roi. Le quartier est immense et fort vide, mais aussi fort sécurisé. Cette première approche de New Delhi n’est pas particulièrement passionnante et les photos panoramiques montrent la pollution ambiante, aggravée par les fumées résiduelles des feux d’artifice de Diwali.

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Nous reprenons ensuite notre véhicule pour aller à la tombe d’Humayun, le deuxième empereur moghol, mort en 1556. La lumière de la fin d’après-midi est belle et met en valeur ce bâtiment précurseur du Taj Mahal. Constitué d’un dôme central en marbre blanc entouré de diverses pièces, il est agrémenté d’un jardin de style arabe, avec fontaines et petits canaux. Les fenêtres très découpées permettent des jeux de lumière très étudiés, changeant sans cesse selon l’heure du jour. Cet endroit est superbe et laisse rêveur en cette fin d’après-midi, malgré le nombre de touristes.

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De retour à l’hôtel, Jillian nous invite à partager le gâteau d’anniversaire qu’elle a reçu en arrivant. La discussion prend très vite un tour politique, avec le Brexit comme thème principal. Me voilà entourée de personnes qui ont voté pour celui-ci – ce qui correspond assez bien à leur génération. Elles expliquent cependant quelques-unes des raisons, du système judiciaire différent au protectionnisme de l’agriculture, mais sont tout à fait conscientes du tort que cela va causer à leur pays pendant les premières années.

Après une courte pause, nous repartons pour Connaught Place, une des places centrales de New Delhi, conçue sur un système de rues concentriques. Nous passons devant le magasin de sitars où les Beatles ont acheté leurs instruments et nous arrêtons un peu plus loin au Veda. Ce restaurant fort sombre mais très joliment décoré de miroirs et d’autres éléments arabisants propose une cuisine indienne délicieuse: différentes entrées de viandes grillées au four tandoor et currys de mouton et légumes, arrosés d’une bière locale Kingfisher.

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Inde – Rajasthan: Bruxelles – Munich – New Delhi

Wild Frontiers étant une compagnie britannique, les vols proposés ne me convenaient pas et j’ai donc réservé auprès de la Lufthansa. Pour éviter de rater ma correspondance à Munich, j’ai préféré prendre l’avion avant celui qui m’était proposé mais cela impliquait un réveil avant les aurores. Je ne me sens pas très en forme, j’ai en effet été malade la nuit précédant celle-ci et je n’ai pas avalé grand chose depuis plus de 24 heures.

Mon voisin chauffeur de taxi me conduit à l’aéroport sous la pluie et j’arrive évidemment bien trop tôt, d’autant plus que le check-in se fait en 30 secondes – il n’y a personne dans la file au comptoir Lufthansa. Pas de contrôle d’identité non plus – je reste dans l’espace Schengen. Je commence à avoir faim mais je me dis que je pourrai acheter quelque chose à l’aéroport de Munich. Une fois dans l’avion, les hôtesses distribuent un snack – une tartine au fromage et ciboulette – juste ce qu’il me fallait.

L’aéroport de Munich est gigantesque: le tableau des vols prévoit 20 minutes pour arriver à la porte d’embarquement pour New Delhi. Et en effet, je dois prendre un petit train puis passer le contrôle d’identité. Juste avant le vol, un agent de sécurité vérifie si tout le monde a bien l’autorisation d’entrer sur le territoire indien. Une fois à bord de l’avion, je me dis que j’ai de la chance: il n’y a personne à côté de moi, mais je me suis réjouie trop tôt: la place est prise in extremis par une jeune femme. Je cède ma place à son amie pour qu’elles puissent être assises ensemble. Peut-être que je n’aurais pas dû: elles sont plutôt gamines et font du bruit pendant tout le vol, à tel point que les hôtesses les grondent plusieurs fois.

Je me retrouve donc à côté d’un couple indien dont les deux enfants sont assis juste devant. Et de l’autre côté de l’allée, même scénario. C’est un vol de jour et les langues se délient, celles des femmes en fait. Elles sont d’origine indienne mais vivent au Canada et retournent en Inde pour les vacances.

Pour occuper mon temps en dehors des conversations, je regarde Wonder Woman – j’apprécie le fait que la Lufthansa propose des sous-titres aux films proposés, ce qui facilite la compréhension avec le bruit ambiant de l’avion. Même si le vol ne dure que 7 heures, il me semble interminable, et ce ne sont pas les repas qui ont aidé: le premier est un plat de poulet à la sauce barbecue bien trop fumée et le second un wrap de poulet très peu digeste. Mais j’ai eu un gin tonic.

J’arrive enfin à New Delhi vers 23h20. A l’immigration, je remarque très vite que la première file que j’ai empruntée n’avance pas très vite et je passe à la seconde mais cela dure quand même un moment. Une partie des bagages tourne déjà sur le carrousel mais peu de gens sont présents pour les prendre, ce qui empêche les nouveaux d’y accéder. Et donc j’attends, et j’attends encore. Une hôtesse m’apprend finalement que le reste des valises a été débarqué sur le côté et j’y trouve enfin ma valise – je dois dire que je commençais à m’inquiéter.

Je me dépêche de changer un peu d’argent puis vais à la rencontre du représentant de Wild Frontiers qui m’attend – j’avais en effet réservé un transfert vers l’hôtel à l’avance. L’arrivée dans un nouveau pays est toujours étrange, surtout quand il fait nuit. Les alentours d’aéroport ne sont pas très excitants, et ceux de New Delhi se caractérisent par une collection de casse-vitesse (en fait, c’est une constante dans tout le pays). Le taxi m’emmène ensuite dans de larges rues fort vides et arborées, longées par diverses ambassades. L’air me semble empli de fumée, et en effet, le représentant m’explique que se sont les résidus des nombreux feux d’artifice de Diwali, qui a eu lieu un jour avant.

J’arrive enfin à l’hôtel Claridges vers 1h30 – tout le monde me souhaite déjà « good morning ». Je reçois une chambre immense, une suite avec salon, mais je ne remarquerai que le lendemain que la fenêtre donne sur un mur. Le style de l’hôtel est très classique et luxueux mais les chambres sont très beiges. Je ne traîne pas et me mets au lit très rapidement, m’endormant comme une souche après quelques minutes.

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