Japon (2019): Fukuoka – Sasaguri – Kokura

Samedi 23 novembre 2019

Ce matin, le soleil brille et ça me met de bonne humeur ! J’ai décidé de visiter le temple de Nanzoin, situé dans le village de Sasaguri, à une vingtaine de minutes en train de Fukuoka. Je pensais rater le train de 10h et je ne me suis pas dépêchée mais il entrait en gare au moment où je montais sur le quai.

Comme souvent, le village n’est pas très joli mais le paysage change très vite dès qu’on pénètre dans l’enceinte du lieu sacré par une allée bordée de lanternes et d’érables.

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Ce temple est tout particulièrement visité à cause de son grand Bouddha couché. Je me dirige d’abord vers cette attraction principale, me frayant un chemin entre les nombreux visiteurs (c’est samedi et férié). La statue est en effet impressionnante mais je préfère les petits chemins qui mènent à flanc de montagne vers un sanctuaire shinto.

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Près du temple principal, il y a énormément de petites statues diverses qui sont un plaisir à photographier maintenant que j’ai compris comment utiliser mon grand angle et la profondeur de champ.

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Il y a aussi de beaux érables aux couleurs d’automne et je prends mon temps pour visiter l’endroit. Il est environ midi quand je repars.

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Une fois arrivée à la gare de Hakata, je me dis que c’est le bon moment pour manger et je vais dans un restaurant qui sert sert des nouilles soba au boeuf à tremper dans un bouillon piquant. Me voilà rassasiée.

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Je vais rechercher ma valise à l’hôtel et je retourne à la gare pour prendre le shinkansen pour Kokura – un temps de trajet de 20 minutes pour lequel je n’avais pas réservé de place mais j’étais quasi seule dans le wagon.

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J’avais eu beaucoup de mal à trouver un hôtel à Kokura, surtout que je souhaitais loger près de la gare. J’avais donc réservé la dernière chambre disponible au JR Kyushu Hotel mais elle était pour fumeurs. Je m’étais dit que ça ne devait pas être si terrible que ça. Grave erreur ! Tout était imprégné d’une odeur de cigarette très pénétrante, et après une nuit, elle m’avait contaminée. Heureusement, j’avais bien fermé ma valise et tout était emballé dans des sacs plastique. Mais revenons à mon arrivée à Kokura.

La gare est située dans un gigantesque bâtiment avec centre commercial, et point de départ d’un monorail qui sert de métro local. Il y a un mélange de modernité déjà un peu datée et de passé. C’est assez bizarre comme impression.

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La ville est connue pour son château et c’est pour cette visite que j’y ai fait étape. En sortant de la gare, je prends une ruelle qui me mène vers le fleuve qui traverse la ville. Et de suite, j’apprécie cet horizon très ouvert qui donne une toute impression de la ville que le quartier devant la gare. Par contre, je remarque aussi un immense centre commercial rouge et brun dont l’architecture se veut novatrice mais qui fait complètement tache juste à côté du château.

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Je visite d’abord un petit jardin japonais mais je le trouve peu intéressant. Il est un peu étouffé entre les autres bâtiments mais il y a de belles couleurs d’automne.

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Je me dirige ensuite vers le temple de Yasaka, précédé d’un parking, mais dont l’atmosphère est déjà bien plus sereine que celle du jardin.

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Et puis enfin, je visite le château. Ce n’est pas l’original: il a été reconstruit en béton dans les années 1950, dans un mouvement de réhabilitation du passé qui a vu renaître de nombreux édifices anciens à travers tout le pays. Il abrite une exposition interactive racontant l’histoire de la ville au cours du temps mais il y a beaucoup de monde et je ne lis pas toutes les explications. Ce qui m’attire surtout, c’est la vue à son sommet.

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Je me ballade encore un peu dans la ville, traversant le marché de Tangai, puis une des principales galeries marchandes couvertes avant de revenir à la gare.

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Je me perds dans les centres commerciaux autour de la gare, à la recherche d’un restaurant qui me tente. Je m’installe finalement au comptoir d’un établissement qui est bondé, et je sens très vite qu’un groupe de salarymen déjà bien saouls m’observe et commence à se moquer de moi en criant bien fort des mots comme « arrigato » ou  » konichiwa ». Je ne sais pas trop quoi faire, j’aurais vraiment aimé pouvoir leur répondre quelque chose de cinglant en japonais mais je ne parle pas la langue. Je me concentre donc sur ma bière et sur les sashimis que j’ai commandés. Heureusement, ils partent relativement vite mais cela fait quand même une sale impression.

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J’achète encore quelques jolis gâteaux puis je rentre à l’hôtel pour une nuit agitée à cause de la chambre enfumée.

Statistiques du jour: 17 697 pas ou 13,2 km – 26 étages

Plus de photos du temple de Nanzoin et de Kokura.

Avez-vous déjà dormi dans des chambres d’hôtel vraiment peu agréables ? Est-ce que ça a influencé votre sommeil ?

Japon (2019): Fukuoka – Yanagawa – Fukuoka

Vendredi 22 novembre 2019

Après un petit déjeuner de salade de pommes de terre, de croquettes, d’œufs brouillés, de yaourt et de soupe miso (le petit déjeuner de l’hôtel Croom est son seul point négatif – pas un fruit en vue et le pain est du genre industriel), je cherche un 7Eleven pour retirer de l’argent, je réserve mon ticket de train pour Beppu et je me perds dans la gare de Hakata. J’arrive finalement à celle de Tenjin vers 11h, ce qui est fort tard, sachant qu’il faut encore presque une heure pour arriver à Yanagawa, le but de visite du jour, conseillé par le blog Béné Fukuoka. Cette petite ville, construite à l’origine au milieu du 16e siècle, est connue pour ses canaux et ses anciennes maisons de samouraïs.

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La météo est plutôt triste, les nuages sont bas, et à la sortie de la gare, je suis prise d’un doute: la ville a l’air très laide. Je vais chercher un plan à l’office du tourisme et visite d’abord le sanctuaire de Mihashira qui malheureusement n’est pas mis en valeur par le temps maussade.

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Je prends ensuite une barque, avec d’autres touristes, pour faire un tour sur les canaux. Il y a quatre compagnies principales, et je prends une de celles qui sont proches de la gare (tout cela est bien indiqué sur le plan de l’office du tourisme). Le batelier fait avancer son embarcation avec un long bâton qu’il enfonce dans l’eau, tout en racontant des histoires ou interprétant des chansons traditionnelles. Je me dis que le paysage doit être joli sous le soleil mais là, je n’en profite pas du tout. J’ai froid et mal aux fesses. Bref, ce qui devait être l’apogée de la journée ne se passe pas trop bien à cause de mon humeur qui dégringole au fil des minutes.

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Après une heure de barque, je me retrouve de l’autre côté de Yanagawa et quand le batelier annonce qu’il y a un minibus qui peut me ramener à la gare, je n’hésite pas, même si dans mes plans initiaux, je comptais flâner dans la petite ville et revenir à pied. Je ne m’attarde pas devant les jolies maisons, ni à la résidence en style européen (Ohana). Je reste juste un moment à regarder les acrobaties de certains rameurs qui escaladent un pont tandis que leur barque passe en dessous.

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J’avoue que je le regrette un peu, je suis complètement passée à côté d’une jolie petite ville juste à cause de mon humeur qui était aussi maussade que la météo. (Et quand je relis le blog de Bénédicte, je vois qu’il lui est arrivé un peu la même chose, mais avec la pluie en prime).

Je suis congelée: j’attends le train dans les courants d’air et le train lui-même n’est pas chauffé. Je souhaitais combiner ma visite de Yanagawa avec le temple des Grenouilles situé à Ogori mais je n’ai plus le courage.

De retour à Fukuoka, je me reprends, me disant que je peux encore changer le cours de cette journée. Je me promène dans la ville, passant par des lieux visités l’année passée, comme le bâtiment Acros et son mur / toit végétal et la rivière.

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Mon but est le Musée des Arts Asiatiques où il y a une exposition rétrospective. Je me réchauffe enfin et admire l’évolution de l’art de l’Asie du Sud, de l’Est et du Sud-Est depuis le 19e siècle. Il y a quelques oeuvres qui me plaisent tout particulièrement comme cet intérieur de tuk-tuk transformé en discothèque ou des affiches de cinéma pakistanais.

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Sur le chemin du retour, mes pas croisent le sanctuaire de Kushida-jinja. La lumière est superbe: même s’il reste des nuages, le soleil apparaît à l’horizon et prend des couleurs roses, rouges, oranges.

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J’ai envie de sushis ce soir mais évite un premier resto parce que j’y ai été l’année passée. Je continue mes recherches mais après avoir pas mal marché dans les dédales des centres commerciaux, j’abandonne et retourne à un autre restaurant où j’avais déjà été, Isoragi. C’est nouveau: on m’y donne une carte en japonais mais avec un QR code qui me permet de lire la traduction sur mon smartphone. Je commande un plateau avec du riz, du poisson cru, un bouillon et divers condiments et je me régale.

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Rassasiée, je passe un moment à admirer les décorations de Noël autour de la gare, tout en regardant de loin de concert de chansons romantiques.

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Une fois de retour à l’hôtel, je vais me détendre à l’onsen, repensant à mes humeurs de la journée. Je me sens un peu stupide d’être totalement passée à côté de Yanagawa mais quand même contente d’avoir réussi à changer mon humeur et d’avoir vu une belle exposition ainsi qu’un superbe coucher de soleil.

Statistiques du jour: 15 429 pas ou 11,5 km

Plus de photos de Yanagawa sur flickr.

Est-ce que cela vous arrive aussi, en voyage, que votre humeur gâche une journée ?

Japon (2019): Osaka – Fukuoka

Jeudi 21 novembre 2019

Je quitte Osaka aujourd’hui et le shinkansen que je voulais prendre à l’origine était déjà complet. J’ai donc réservé une place sur le précédent mais cela veut dire que je dois me lever avant 7h et que je me retrouve en pleine heure de pointe dans le métro. J’essaie de prendre le moins de place possible mais ce n’est pas facile avec une valise, même petite.

Hier soir, j’ai fait envoyer la grande valise à Beppu avec le service de livraison Takkyubin, la meilleure invention du monde – et ce n’est pas extrêmement cher. Cela me permet de voyager sans trop m’embarrasser et je retrouve ma grande valise une étape sur deux ou trois. Ici par exemple, je saute les étapes Fukuoka et Kokura, la retrouvant à Beppu. De là, je l’ai envoyée à Kobé, évitant Kurokawa Onsen et Kumamoto. Et de Kobé, elle est partie à l’hôtel près de l’aéroport, sans m’encombrer à Wakayama. Je ne me souviens pas du prix exact, mais ça doit tourner autour des 60-70 euros pour les trois envois. Un montant que je suis tout à fait prête à payer pour avoir ce confort de voyage, sachant qu’il n’y a pas d’escalators partout (ça s’améliore néanmoins) et que les shinkansens limitent maintenant la taille des valises qu’on peut y emmener (à moins de payer un supplément). Et les réceptionnistes d’hôtel sont habitués: ils remplissent sans problèmes le bordereau d’envoi en japonais.

Heureusement, tout le monde sort à la gare de Shin-Osaka. Je suis évidemment bien à l’avance et j’en profite pour acheter une jolie peluche en forme de poulpe, que je nomme Tomoko.

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Dans le train, la place à côté de moi est vide, mais je déchante vite: à Kobé vient s’installer le genre de personnes que personne ne souhaite avoir comme voisin: un grand gaijin malpoli, prenant toute la place, accoudoirs y compris, s’affalant de tout son long, les jambes bien écartées. Et puis surtout, dès le début du voyage, il a commencé à boire, du vin rouge, du saké… empestant de plus en plus l’alcool (et il n’était que 8h30 du matin environ). A chaque arrêt du voyage durant un peu plus de trois heures, j’espérais qu’il débarquerait. Il sort finalement à l’avant-dernier arrêt. L’année passée, j’ai eu le bavard invétéré, cette année, j’ai l’alcoolique. Que me réserve le prochain voyage ?

J’avais beaucoup aimé Fukuoka et j’ai donc remis cette ville au programme mais j’ai dû aménager mes plans initiaux. Je voulais y rester trois nuits, puis partir pour Beppu. Or le très bon hôtel où j’avais logé était complet pour la troisième nuit (un weekend où le samedi était un jour férié pour les Japonais). Je me suis donc arrangée différemment, en faisant une étape à Kokura, ce que je raconterai plus tard.

Une fois arrivée, j’ai été déposer ma valise à l’hôtel, le Nishitetsu Hotel Croom Hakata et je suis repartie en métro jusqu’à l’arrêt Muromi pour visiter un temple conseillé par Bénédicte (beaucoup de mes visites à Kyushu sont inspirées par son blog lors de ce voyage). La météo est superbe, il y a juste un peu de vent quand je traverse le fleuve, la ville de ce côté est très calme et il n’y a presque pas de passants. Je ne repère pas de suite le temple mais un tori à la base d’une longue volée d’escaliers m’indique le chemin. J’ai chaud et j’enlève quelques couches.

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Je vois des tori rouges sur la gauche et je décide de d’abord suivre ce chemin me menant vers le sanctuaire shinto. Comme me l’expliquait Yann à Osaka, dans chaque temple bouddhiste se trouve un (petit) sanctuaire shinto (et inversement). Je m’efforcerai de les trouver tous les deux à chaque fois lors de ce voyage.

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Le petit sanctuaire s’appelle Otojiri. Je fais quelques photos quand un vieux monsieur m’aborde. Il est le gardien et m’explique l’histoire de l’endroit dans un anglais un peu limité mais nous arrivons à nous comprendre. Il me montre également comment me purifier au début de la visite, en versant de l’eau d’abord sur la main gauche, puis sur la droite, puis toucher légèrement la bouche. Il me mène ensuite devant le sanctuaire en montant à gauche. Je sonne à la cloche pour prévenir les esprits de ma présence, fais une offrande en donnant une pièce, frappe deux fois dans mes mains puis m’incline très bas – tout cela en suivant les explications du vieux monsieur.

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Je suis ravie de cette rencontre qui m’a appris beaucoup. Je pars ensuite en direction du temple bouddhiste, le Washio Atago, qui se trouve au sommet de la colline. La vue sur la ville et la mer est superbe. Je profite des bancs pour pique-niquer, tout comme d’autres dames qui sont déjà là.

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Mais l’après-midi n’est pas encore fini et je repars vers le métro, descendant à l’arrêt près du parc Ohori. Je le traverse par l’allée qui serpente au milieu du lac, entre les pins. De l’autre côté, je m’installe sur un banc, au soleil, et sors mon livre. J’y reste un long moment, je me sens bien, le soleil me réchauffe. J’oublie un moment mes courbatures et ma fatigue toujours bien présente.

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L’année passée, je n’avais plus eu le courage de visiter le parc Maizaru et le château et même cette fois-ci, je dois me motiver. Mais j’y vais finalement, malgré mes douleurs aux jambes, et aussi parce que c’est juste à côté du parc Ohori. Il y a une installation du Teamlab, des grands oeufs blancs qui seront illuminés la nuit (mais après mon départ). Le soleil est déjà bas et les jeux de lumière sont magnifiques, entre les arbres qui perdent leurs feuilles. Je monte ensuite dans les ruines du château pour voir le panorama de la ville.

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Fatiguée, je retourne à la gare de Hakata et ses centre commerciaux. Je me promène un moment dans l’ère de perdition qu’est le Tokyu Hands mais je reste sage, achetant juste un thermos à thé. J’avais repéré un restaurant qui me tentait ce midi mais je me perds un peu, puis je le retrouve. Il est un peu vide mais j’avais une envie précise de thon à l’avocat. C’est un plat très fusion, un peu n’importe quoi, mais c’est parfait pour mon quota de légumes.

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Je retourne à l’hôtel et prends possession de ma chambre (remplie de gadgets divers), puis je vais me détendre à l’onsen (qui est la raison principale pour laquelle je voulais retourner à cet hôtel). Le bonheur…

Statistiques du jour: 19 368 pas ou 14,6 km – 40 étages

Avez-vous déjà eu des voisins de train ou d’avion difficiles à supporter ? Comment avez-vous réagi ?

Japon: Fukuoka – Dazaifu – Fukuoka

Samedi 10 novembre 2018

Ce matin, le soleil brille et mon humeur est tout de suite meilleure. J’ai comme projet d’aller à Dazaifu, sur les bons conseils de Béné no Fukuoka (une excellente source d’informations sur Fukuoka et sur le Kyushu), mais à la gare, je me demande si je suis dans le bon train, celui qui va vers Huis Ten Bosch. A vrai dire, je m’inquiète pour rien: il me faut juste descendre au premier arrêt, à Futsukaichi, puis marcher une dizaine de minutes pour atteindre l’autre gare de Nishitetsufutsukaichi où je reprends un autre petit train, très local. Cette escale à pied n’était pas dérangeante mais je tenterai un autre parcours pour le retour.

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Le petit village de Dazaifu est très connu pour le sanctuaire Tenman-gu en l’honneur du poète Tenjin et les croyants y vont pour obtenir le succès dans les études. Le souci, c’est que du coup, c’est blindé de monde dès la sortie de la gare et dans la rue commerçante menant au sanctuaire. Le Starbucks local a une architecture assez étrange mais tout à fait à mon goût et un peu plus loin se trouve l’inévitable magasin Ghibli dans lequel je m’arrête et me fais bousculer par les touristes chinois / coréens / taïwanais (je ne reconnais pas les langues entre elles). J’y trouve cependant un adorable petit kodama en peluche, tenant une brindille (peu de magasins Ghibli en vendent encore). Il deviendra mon doudou dans les moments plus difficiles, me ramenant immédiatement à Yakushima et aux esprits protecteurs de la forêt.

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Je suis la foule bruyante sur le joli pont rouge qui mène au sanctuaire et je fais un tour rapide de celui-ci, évitant les perches à selfies et fuyant très vite vers des lieux plus calmes. Avec le touriste asiatique voyageant souvent en meute et allant uniquement visiter les sites à trois étoiles, ce n’est pas très difficile de trouver des endroits plus sereins.

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Je ne sais pas quel homme politique un peu mégalomaniaque a eu l’idée de faire construire le Musée National du Kyushu à Dazaifu. Il n’a pas lésiné sur les moyens et même l’arrivée jusqu’au bâtiment est assez spectaculaire. Il faut d’abord monter plusieurs escalators puis en prendre un autre, horizontal, dans un long couloir où les lumières changent de couleurs. Le bâtiment en lui-même est imposant et sa taille me fait soupçonner que la visite nécessite quelques heures. Il fait trop beau pour s’enfermer et je fais demi-tour.

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Je rejoins la foule puis la quitte à nouveau près du petit temple de Komyozen-ji qui abrite un jardin sec. Le prix d’entrée me semble fort cher par rapport à la superficie de l’ensemble et à nouveau, je fais demi-tour, reprenant la rue commerçante vers la gare. Je ne rentre pas tout de suite à Fukuoka – j’ai en effet noté un autre lieu à visiter de l’autre côté du village et cela n’a pas l’air trop loin.

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Le chemin me mène d’abord au travers de l’immense parking d’où partent les meutes de touristes puis longe une rivière, m’éloignant progressivement de l’animation. Je me retrouve dans un quartier résidentiel; maisons et jardins potagers se partagent l’espace, avec aussi l’un ou l’autre autel shinto.

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Et puis, tout à fait par hasard, je tombe sur un immense champ de cosmos que je traverse pour rejoindre le temple de Kanzeon-ji et celui de Kaidan-in qui se trouve juste derrière. Il y a juste deux ou trois personnes esseulées, des locaux essentiellement. C’est extrêmement serein et agréable.

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J’avais pris mon pique-nique et m’installe sur la plate-forme en bois divisant le champ de cosmos. Je profite pleinement de cet instant, du calme, de la chaleur du soleil d’automne, de ma chance d’avoir trouvé ce champ tout rose par hasard, de mon bonheur d’être à nouveau au Japon, de la nostalgie de Yakushima… En reprenant ma route, je dis bonjour en japonais à un couple que je croise et la dame est toute étonnée que je parle japonais (j’ai juste compris nihon, j’en ai déduit que c’est ça qu’elle disait); je lui réponds par un geste, un tout petit peu donc. Je me rends compte, suite à d’autres échanges, que même ne connaître que cinq mots de japonais est déjà très bien vu.

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Je retourne à Fukuoka et descends à la gare de Tenjin. Je n’ai pas vraiment de plan défini mais je me dis que c’est dommage de ne pas avoir vu le centre commercial de Canal City alors que je suis passée à côté hier. Le bâtiment est coloré et de taille démesurée, avec un show de fontaines qui commencent juste au moment où j’arrive. C’est kitsch à mourir mais ça m’amuse.

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Je me promène un peu dans magasins, trouvant quelques cadeaux, un autre magasin Ghibli avec un Totoro géant et un Moomin Café. Je regarde la carte mais à vrai dire, je ne suis tentée par rien.

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Je visite ensuite le temple de Kushida-jinja, situé au cœur de la ville, puis je passe devant le Hakata Machiya Furusato-kan, des maisons traditionnelles où on peut apprendre certaines techniques d’artisanat mais je ne m’y attarde pas.

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Je termine ma journée par le temple de Tocho-ji et sa grande pagode orange. Fukuoka m’a donné une bien meilleure impression aujourd’hui mais il faut bien dire que j’étais de meilleure humeur à cause du beau temps.

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Je retourne à l’hôtel pour profiter de l’onsen où je barbote un moment dans l’eau chaude. Je sais que je les regrette déjà et il n’y en a pas dans les hôtels suivants de mon parcours, à part lors de ma dernière escale à Tokyo. Après cette pause bien méritée, je vais dans le centre commercial de la gare pour me trouver à manger. Beaucoup de restaurants sont bondés et je sélectionne finalement un endroit qui sert des chirashi. J’y commande un plateau de sashimis accompagné de riz et de petits plats, dont une délicieuse sauce piquante aux agrumes.

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De retour à l’hôtel, je prépare mes deux valises, la grande partira pour Tokyo demain tandis que la petite m’accompagnera pour les deux étapes suivantes.

Statistiques du jour: 20 642 pas – 15,4 km

D’autres photos de Daizafu – d’autres photos de Fukuoka.

Japon: Fukuoka

Vendredi 9 novembre 2018

Le petit déjeuner n’est pas aussi varié qu’à Yakushima, ce qui n’est pas très compliqué: il y a abondance de pain, pâtes, pommes de terre et riz, le tout accompagné de choses frites bien grasses. J’avoue que dès le second jour, je vais saturer. Ce n’est pas mauvais en soi mais j’ai envie de choses plus légères le matin.  Sans doute que si je déjeunais complètement à la japonaise, cela fonctionnerait mieux mais j’ai des envies de yaourt, de légumes, de fruits et de temps en temps un croissant.

Je quitte l’hôtel à mon aise vers 9h30, faisant confiance à la météo qui prévoit soleil et nuages et une température d’une vingtaine de degrés. Je ne prends donc pas de veste pour ne pas m’encombrer. J’ai noté sur une google map les choses à voir et établi un itinéraire. Je me dirige d’abord vers le sanctuaire de Sumiyoshi Jinja où se déroule une cérémonie, et donc je n’y reste pas trop longtemps.

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Près de là se trouve le petit jardin de Rakusuien. C’est charmant, joliment aménagé, avec de l’eau, une petite cascade, un pont et des érables qui commencent à prendre leurs couleurs d’automne et pourtant je n’arrive pas à apprécier l’endroit. Le soleil s’est caché derrière les nuages, il fait gris et mon cœur est resté à Yakushima.

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Je rejoins ensuite la rivière qui sépare Hakata de Fukuoka et je réussis à rater Canal City. C’est pourtant un bâtiment imposant mais je l’ai longé sans trop regarder en l’air et puis il était derrière moi. Je me rendrai compte de ça le lendemain.

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Je flâne un peu dans les petites rues puis trouve la galerie commerçante couverte de Kawabata qui me mène au musée d’art asiatique de la ville, situé au 7e étage d’un centre commercial. J’y visite l’exposition permanente qui comporte quelques œuvres intéressantes venant d’Asie, puis l’exposition temporaire dont le thème est le fait-main, du tissage à la découpe de papier. Il y a de jolies choses mais rien ne me parle vraiment et je suis vaguement déçue en sortant.

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Je traverse le fleuve, regrettant amèrement ma veste. Le vent est assez fort et me transperce de part en part. Cela va un peu mieux entre les grands bâtiments dont certains ont une architecture contemporaine assez étonnante. Je traverse le quartier de Tenjin, passant dans des rues commerçantes puis me retrouve sur une large avenue sans intérêt qui est plus longue que ce que j’imaginais (cette manie de vouloir tout faire à pied !).

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J’arrive enfin au sanctuaire de Gotoku Jinja, imposant par la taille de l’esplanade qui le précède. Je ne le visite pas, mes jambes sont déjà fatiguées, et je sens que je commence à déprimer un peu à cause du froid et de la faim. J’ai de quoi manger mais je ne trouve pas d’endroit où me poser – on ne mange pas en marchant, au Japon.

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La ville est survolée par des avions qui décollent ou atterrissent à l’aéroport tout proche. Comme en Belgique, mon regard est constamment attiré et j’essaie de reconnaître la compagnie aérienne.

Le but de ce long trajet était le parc Ohori et le jardin japonais qui s’y trouve. Il est de conception moderne mais dans le style ancien. Deux couples de mariés s’y font photographier, dérangés par un grand groupe de touristes asiatiques bruyants et plus intéressés par des selfies que par le décor (taïwanais ?, coréens ?). A nouveau, j’ai du mal à profiter de l’endroit qui est pourtant très joli.

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Je longe ensuite le lac du parc Ohori, hésitant à aller visiter les ruines du château, mais le cœur n’y est plus du tout. J’ai froid et je me sens encore plus nostalgique de ces si belles journées à Yakushima. Je prends le métro et retourne à la gare d’Hakata. J’y erre un peu sans but dans les galeries commerçantes.

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De retour à l’hôtel, je me dis qu’une séance de relaxation à l’onsen me réchauffera et me changera les idées. Très moderne, il est joliment aménagé, avec un grand bassin à l’intérieur et un petit bassin à l’extérieur mais bien protégé des regards. Je me sens bien mieux après ça .

Je repars vers 18h pour trouver un restaurant, et après une longue hésitation, je choisis Ippudo, une chaîne très connue pour ses ramens. Je choisis la version moderne avec sauce piquante et plein d’ail. C’est délicieux et totalement réconfortant. Et organisé pour les gens qui mangent seuls et qui n’ont pas beaucoup de temps. La musique va relativement fort et propose un répertoire jazz très agréable (genre John Coltrane ou Miles Davis). Ce qui conclut plutôt pas mal une journée un peu déprimante, plus à cause de mon humeur qu’à cause de la ville (j’en reparle dans le billet suivant).

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Statistiques du jour: 15,1 km – 20 190 pas

Plus de photos sur flickr (des trois jours passés à Fukuoka).

Japon: Yakushima – Fukuoka

Jeudi 8 novembre 2018

Je me réveille tôt mais je prends mon temps, le jetfoil ne part qu’à 10h45. Je vais déjeuner puis écris un peu dans ma chambre. Comme il fait toujours aussi beau, je vais prendre l’air et arrive au terminal bien à l’avance. Je me trompe d’abord de salle d’attente; il fallait aller à celle d’en face. J’y fais enfin connaissance avec l’autre Européenne – Allemande en fait – qui logeait à l’hôtel.

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Le Toppy 7 arrive à l’heure et fait débarquer ses passagers puis c’est le moment pour moi d’embarquer. Ce jetfoil semble avoir vécu bien plus que le Rocket du trajet aller. J’ai l’impression que la mer est vaguement (c’est le cas de le dire) plus agitée mais cela ne pose toujours aucun problème. C’est juste que le temps me semble long, même avec un roman.

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A Kagoshima, j’ai 1h15 pour arriver à la gare qui se trouve de l’autre côté de la ville. Je marche d’abord un moment, une vingtaine de minutes, jusqu’à l’arrêt du tram le plus proche, puis monte dans celui-ci qui m’emmène à la gare en une dizaine de minutes. Je n’ai pas envie d’un bento et m’achète donc un petit sandwich, accompagné d’une eau parfumée à la pêche. Dans la salle d’attente, je retrouve l’Allemande et nous parlons un moment. C’est son dernier jour et elle prend l’avion ce soir à Nagoya; c’est donc un long trajet de train qui l’attend.

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Je regrette déjà l’ambiance de Yakushima et cette nostalgie me poursuivra un certain temps. J’ai tout le temps d’y repenser pendant le trajet en shinkansen qui me mène à la gare d’Hakata, qui est la ville jumelle de Fukuoka. Les deux parties forment un ensemble urbain séparés par un fleuve et les noms sont souvent mélangés.

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Quand j’arrive à destination et que je sors de la gare, je me perds un peu et vais d’abord dans la mauvaise direction, jusqu’à ce que je voie mon hôtel au loin. Je dois rebrousser chemin et trouver la bonne passerelle piétonnière pour y arriver. L’hôtel Nishitestsu Croom est un grand bâtiment moderne, avec un lobby très joliment décoré, qui donne envie d’y rester traîner. Ma chambre est également très agréable. Je retrouve ma grande valise envoyée là depuis Kagoshima, ce qui me permettra d’à nouveau changer mes affaires selon mes besoins.

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L’après-midi touche à sa fin mais j’ai encore le temps de faire une promenade aux alentours de l’hôtel pour visiter quelques temples proches. Je n’ai pas de chance avec le premier, le Sotenji, qui est fermé pour un événement privé. Je continue ma route, flânant dans les petites rues, et je me retrouve au Shokufuji et au Tochoji où je me fais attaquer par les moustiques. L’atmosphère est un peu irréelle, il n’y a quasi personne et la lumière diminue. Je croise juste un homme assis sur les marches du temple, caressant des chats.

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Je rejoins très vite les grandes artères animées et pars explorer le centre commercial autour de la gare. J’y trouve les produits de beauté qu’on m’a demandé de ramener et puis, après une longue hésitation et de nombreux allers-retours, je choisis un restaurant à sushis où je mange à mon aise. C’est bon et je suis repue. Fatiguée aussi, parce que même si je suis longtemps restée assise pendant mes trajets, j’ai beaucoup marché à Fukuoka, plus de 10 kilomètres.

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Statistiques du jour: 13982 pas – 10,3 km