Inde – Rajasthan: Bijaipur

Le matin, je me réveille à cause de petits soucis intestinaux. Après plus de deux semaines de nourriture exotique, mon système digestif renâcle, malgré les probiotiques que je prends depuis le départ. J’espère que de l’Imodium et une double dose de probiotiques vont m’aider.

Vers 10 heures, nous partons pour une promenade dans le village de Bijaipur. A nouveau, c’est une immersion dans la vie locale. Les maisons sont peintes dans des couleurs lumineuses, des vaches et des chèvres se promènent partout. Une femme nous invite à visiter sa maison, en toute simplicité. Nous nous arrêtons aussi dans deux écoles, ce qui m’intéresse moins – et qui me met un peu mal à l’aise – mais cela ne dure pas très longtemps.

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Il fait déjà fort chaud et je ne suis pas mécontente de me reposer une vingtaine de minutes avant de repartir. Plusieurs jeeps sont à notre disposition et Tej demande de prendre la plus grande. Nous quittons le château de Mr Singh pour rejoindre sa ferme située à une bonne demi-heure de là. Le chemin est agréable, traversant la campagne. On peut voir les villages et les champs, les gens qui y travaillent et les animaux. A un endroit précis, le chauffeur sort de la route et emprunte un chemin à peine visible sur une espèce de grand plateau rocheux. En contrebas se trouve la ferme, sur les rives d’un lac.

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Nous installons d’abord sous un grand arbre pour boire un lime soda puis nous allons manger. Le repas est préparé avec les légumes cultivés sur place, de manière biologique, et propose également du poisson du lac. Pour la digestion, nous retournons sous le manguier. Tej rassemble plusieurs lits traditionnels et nous nous assoupissons au calme, avec au loin le clapotis de l’eau. A vrai dire, celui qui dort le plus profondément, en ronflant légèrement, est notre guide !

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Nous visitons ensuite les jardins potagers où poussent divers légumes – des aubergines, du taro, du gingembre… – et l’enclos des vaches.

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L’après-midi touche presque à sa fin et nous repartons, non sans nous arrêter quelques fois en chemin, d’abord dans un village Bhil très primitif puis près des tombes d’une autre ethnie – peut-être les Meena, je n’ai pas noté leur nom – connue comme un peuple de criminels et voleurs. Leurs cérémonies de crémations sont quelque peu différentes des Hindous mais je n’ai pas trop écouté les explications…

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Le soleil se couche sur le chemin du retour au château et même si la journée n’était pas très active, je me sens épuisée. Pour les Rajasthanais, il fait fort frais ce soir et donc le repas est proposé à l’intérieur, mais je n’ai pas faim et je vais dormir tôt.

Plus de photos sur flickr, surtout du village.

Inde – Rajasthan: Bhenswara

Il n’y a pas d’activités prévues avant la fin de la journée et donc, je me réveille à l’aise, surtout après la mauvaise nuit due au matelas trop fin et trop dur et à l’oreiller trop plat. Après le petit déjeuner, je lis puis je tente de dormir encore un peu. Et après le repas végétarien avec frites du midi, je fais de même.

Il y a la fatigue du voyage évidemment mais aussi un certain ennui provoqué par cet endroit isolé du monde où il n’y a pas grand chose à faire et où les abords de la minuscule piscine sont déjà occupés. Notre groupe a en effet rejoint un autre circuit de Wild Frontiers et à partir de maintenant, nous voyagerons en parallèle. Cela a changé la dynamique, nous n’avons plus ce sentiment d’exclusivité et c’est un peu dommage. Il y a aussi une certaine lassitude après deux semaines de circuit bien remplies et l’idée que les prochains jours sont beaucoup moins occupés.

Nous partons finalement vers 16 heures pour un « shepherd and leopard safari », avec l’autre groupe. Trois jeeps nous attendent – la nôtre date de la seconde guerre mondiale – et « Eyecandy » a mis son plus beau costume d’explorateur avec chapeau assorti pour nous mener à la chasse. Il est à ce point stylé que cela en devient presque drôle.

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Nous nous arrêtons dans un petit village habité par des Bhils, un peuple indigène à l’Inde (adivasi). Il y a un temple en plein air, organisé autour d’un arbre sacré. C’est là que se déroulent les rituels de guérison en cas de maladie ou de morsure de serpent. Nous nous promenons un peu entre les maisons parfois encore très primitives, entourés d’enfants, mais je me sens très voyeuse et pas très à l’aise dans cette situation, surtout que certaines personnes de l’autre groupe sont très demandeuses de photos, voire même exigeantes.

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Nous reprenons la route, enfin plutôt des chemins poussiéreux, et nous nous arrêtons dans un autre village peuplé par des Rabari, une ethnie semi-nomade qui s’y fixe pour l’hiver avant de repartir vers le Gujarat avec les troupeaux. Nous sommes immédiatement assaillis par des enfants, à un point tel que je quitte le groupe. Connie me suit tout de suite et nous tentons de nous réfugier près de la jeep et près de Tej qui au moins sait communiquer avec eux et leur dire d’arrêter. Ce qui n’empêche pas une gamine particulièrement insistante d’exiger que je lui donne le badge qui orne mon sac à main.

Ou comment le tourisme détruit certaines relations humaines.

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Après ce moment que j’ai trouvé très compliqué, nous continuons la route et nous nous arrêtons dans un endroit qui est heureusement très isolé, avec une belle vue sur la campagne et les collines environnantes. Les chauffeurs et guides installent un feu de bois et nous proposent chai et rhum tandis que le soleil se couche.

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« Eyecandy » avec son téléphone

Une fois la nuit tombée, nous partons à la recherche des léopards. Je n’y crois pas trop, et en effet, aucun ne se montrera dans la lumière des grands phares qui balayent les collines. Mais c’est aussi l’occasion de voir les étoiles sans effet de la pollution lumineuse des endroits plus urbanisés. Pendant le chemin du retour, nous croisons des sangliers et un porc-épic qui s’enfuit.

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La route me semble bien longue mais nous arrivons enfin à l’hôtel où nous mangeons un repas un plus épicé qu’hier. Je prends ensuite une douche bien méritée et je vais dormir.

Plus de photos sur flickr.

Vietnam: Nha Trang – Lak

Comme nous n’avons pas fait d’excursion dans le nord du Vietnam parmi les minorités ethniques, aujourd’hui, nous allons à leur rencontre dans les hauts plateaux du centre du pays. Mon sentiment est souvent partagé entre la découverte de manières de vivre différentes et la présentation de celles-ci sous forme de zoo humain. Au pire, je me dis que nous aurons vu de nouveaux paysages…

Nous passons la matinée sur de petites routes en lacets, puis sur les hauts-plateaux principalement consacrés à la culture du café, ce qui pose certains problèmes écologiques et humains. Ce sont les Vietnamiens des plaines qui exploitent les plantations et comme ça rapporte beaucoup d’argent, les minorités ethniques sont déplacées et spoliées de leurs terres et le débroussaillement par brûlis se fait sans aucune considération pour l’environnement, les collines défrichées étant sujettes à une érosion grandissante, provoquant glissements de terrains et inondations. Le gouvernement clame haut et fort qu’il a commencé un programme de reboisement, mais il s’agit d’eucalyptus bien plantés en rang et non d’espèces locales. diane découvre le café lors d’un arrêt, du robusta bien charpenté, rond, à l’arôme fort mais pas amer, tandis que Youn et le chauffeur grimpent aux arbres pour récolter des goyaves fraîches que nous dégustons de suite avec du sel et des piments. Pendant ce temps là, la fille adolescente de la patronne du café se sèche les cheveux et se prépare pour l’école.

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Nous arrivons au Lak Resort pour le repas de midi. « Resort » est un bien grand mot même si on sent qu’à l’origine, le but était de faire un endroit plus ou moins luxueux mais l’eau de la piscine est trouble et la propreté des bungalows toute relative, avec toiles d’araignées et fourmis sortant par différents interstices de la douche à plusieurs jets qui est juste posée sur le sol sans aucun joint en silicone (ça sent d’ailleurs le pourri). L’électricité est assez typique, avec des chutes de tension régulières mais il y a une télévision et un appareil à air conditionné. La vue par contre est magnifique et donne sur le lac Lak (le nom vietnamien vient du français « lac »)…

Encore un menu tout fait, cette fois-ci composé de courgettes farcies, de soupe au poulet et légumes et de bœuf grillé, le tout accompagné de riz (comme toujours en quantité suffisante pour nourrir 4 Sunalee et 4 diane !).

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L’après-midi, nous partons à la découverte de l’ethnie M’Lieng. Nous prenons une pirogue creusée dans le tronc d’un arbre – on ne peut franchement pas dire que je soie rassurée… ça n’a vraiment pas l’air stable ! De l’autre côté du lac, nous arrivons au village composé d’une série de grandes maisons sur pilotis, avec toute la basse-cour en-dessous et des champs autour.

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Nous avons un guide juste pour cette excursion et il s’empresse d’aller acheter des bonbons à distribuer. diane et moi, nous nous regardons, ne soutenant absolument pas cette initiative, mais c’est trop tard, le guide commence à en distribuer, jetant le sac en plastique vide par terre… Désolant… Même si ce village n’est pas très touristique, je me sens quand même un peu comme dans un zoo… Mon attention est cependant attirée par de la musique de gongs et des chants assez lancinants. Notre guide précise qu’il s’agit d’une cérémonie funéraire à laquelle participe une grande partie du village. D’ailleurs en cours de route, nous voyons quelques hommes qui cuvent déjà l’alcool de riz qui coule à flots lors de ce genre de fête. Mon côté « ethnomusicologue » reprend le dessus, reconnaissant des musiques déjà écoutées sur disque.

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Le soir, nous mangeons dans le restaurant du « resort », envahi par les insectes et éclairé aux néons. Le service est totalement incompétent et nous recevons les plats d’une autre table. Quand nous nous plaignons, le serveur emporte tout et les sert tout de suite à l’autre table… alors que j’avais déjà grignoté dedans (ce n’était pas très différent de ce que j’avais demandé). Plats de viande grillée et légumes sont vite avalés pour fuir les moustiques.

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Je ne suis pas trop à l’aise par rapport à ceux-ci. Nous sommes dans une région où la malaria existe encore et nous n’avons aucune protection à part de l’anti-moustique tropical dont nous nous sommes enduits. Je me mets bien vite au lit sous le drap mais diane m’inquiète: il profite de la soirée dehors en très petite tenue, au son des geckos. Plus tard, quand il vient enfin dormir, grands bruits dans la salle de bain: une grenouille était sortie des toilettes et diane l’a libérée dans la nature. Résultat des courses: j’ai très mal dormi…

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Laos: Plateau des Bolovens – Pakse – Champassak

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Pendant la matinée, nous partons à la découverte des minorités ethniques proto-malaises Alak et Katu. Nous visitons plusieurs de leurs villages et nous les voyons vaquer à leurs occupations quotidiennes: pillage du riz, tissage, séchage du café… Une femme fume des herbes sauvages avec une grande pipe à eau.

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Nous quittons le Plateau des Bolovens pour nous rendre à Pakse, où nous traversons le Mékong via le bac.

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Nous nous rendons à Champassak, où nous déposons nos bagages dans le seul hôtel de la petite ville. Non loin de là se trouve le Vat Phu, un site archéologique khmer construit dès le 6e siècle par le Royaume de Chenla et terminé par les Khmers avant la construction d’Angkor. Quand nous y arrivons, c’est déjà la fin de l’après-midi et le soleil déclinant colore le monument d’une lumière très douce, le mettant en valeur. Le sanctuaire est encore en usage aujourd’hui.

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Laos: Muang Ngoi – Luang Prabang

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Nous changeons de moyen de transport aujourd’hui ! Finies les longues journées sur les banquettes bien dures du pick-up, à nous les banquettes encore plus inconfortables d’un bateau, le vacarme assourdissant du moteur et les vapeurs de diesel. Nous descendons en effet la rivière Nam Ou en direction de Luang Prabang. Nous faisons quelques arrêts en journée. Comme toujours, les enfants accourent dès qu’ils nous voient, tandis que les adultes vaquent à leurs occupations: séchage du riz, broyage de noix de coco pour en extraire le lait, etc.

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Nous pique-niquons au bord de la rivière puis continuons vers les grottes de Pak Ou. Des centaines de Bouddhas sont éparpillés dans différentes niches, des grands, des petits, des colorés, des dorés… La lumière de fin de journée est douce et met en valeur le paysage.

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Mais il reste encore 25 kilomètres avant Luang Prabang. Nous arrivons à la confluence avec le Mékong, c’est mon premier contact avec le grand fleuve asiatique. La nuit tombe et nous ne voyons plus rien. Je me demande comment le batelier trouve son chemin. Enfin, nous voyons quelques lumières, c’est Luang Prabang. Il faut remonter tous les sacs le long d’une berge escarpée et je me rends compte que le mien est vraiment trop lourd et peu pratique ( je changerai pour le prochain voyage – et c’est celui que j’utilise encore aujourd’hui).

Nous rejoignons l’hôtel, un hôtel de tout confort (le Phousi ?), et je dois bien avouer que ça fait du bien de se décrotter et de dormir dans un bon lit. J’étais épuisée…

Laos: Vieng Thong – Muang Ngoi

Je ne suis pas très en forme quand nous partons, mais tant pis, il faut bien avancer ! La route serpente à nouveau entre les collines, nous montons et descendons fréquemment, avec des arrêts auprès des minorités ethniques. Partout, cochons, poules, chiens… se promènent en liberté, avec leur nombreuse progéniture.

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En fin d’après-midi,  nous arrivons à Muang Ngoi, sur la rivière Nam Ou. La guesthouse est vaguement plus luxueuse: la chambre n’est pas juste un réduit séparé des voisins par une natte en bambou. La « salle de bains » par contre est toujours très rustique: une petite pièce de béton avec un grand baquet d’eau et une casserole en plastique pour s’asperger. Comme l’eau est très froide, je me lave comme un petit chat et me dit que mes cheveux n’ont qu’à attendre un jour de plus. Tant pis s’ils sont gras et poussiéreux

Nous nous promenons un peu dans le village, avant la tombée de la nuit. Quelques membres du groupe jouent à un genre de balle pelote avec les enfants.

La cuisine du restaurant est tout aussi rustique que le reste: les repas sont préparés avec les moyens du bord, sur petit feu de bois.

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Laos: Phonsavan – Vieng Thong

Grand départ pour l’aventure ! On nous embarque sur des pick-up juste recouverts d’une bâche, avec deux banquettes parallèles à la route à l’arrière. Ce n’est pas vraiment confortable, les trajets sont longs et les routes pleines de nids de poules, euh d’éléphants. Mais ce genre de véhicule roule partout sans problème.  Nous reprenons d’abord la route vers Muang Kham, la Nationale 7, puis la Nationale 6 vers Nam Noen et enfin la Nationale 1, vers l’est, jusque Vieng Thong, le but de la journée.

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La route serpente dans les montagnes, monte et descend entre les arbres et la végétation. Nous croisons de nombreux villages et nous nous arrêtons de temps en temps, parfois juste pour nous détendre les jambes en marchant un peu sur la route. Les villages des montagnes sont pauvres, les maisons ont des toits en paille, le temps gris n’aide pas vraiment à rendre l’atmosphère plus joyeuse. Les différentes ethnies portent leurs vêtements traditionnels, joliment brodés.

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Dès que nous nous retrouvons dans les vallées, la température est de suite beaucoup plus chaude et les gens ont l’air un peu moins pauvres. Nous mangeons dans une gargote locale un genre de soupe de poisson. Pour moi, c’est un peu difficile, je n’adore pas ça, surtout qu’il y a plein d’arêtes !

L’après-midi, nous continuons notre route, en nous arrêtant de temps en temps dans des villages. Mes souvenirs sont fort peu précis de ces journées. A un moment, je me saisis très fort: un insecte a foncé sur moi, me piquant sur le front. Je suis un peu paniquée, je n’ai aucune idée si je suis allergique, mais Bô, le guide, sort de suite son aspivenin et il n’y aura finalement aucune marque, juste une vague rougeur.

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Le soir, nous arrivons au village de Vieng Thong et logeons dans la guesthouse locale. Il s’agit d’une grande pièce située au premier étage, et les « chambres » sont sur les côtés, juste séparées par de fines parois en bambou. Des locaux dorment dans le grand couloir central. Les bruits de ronflements et de toux se mélangent, forment un vacarme certain qui m’empêchent de bien dormir. Et puis d’un coup, mes intestins se manifestent. Me voilà debout en milieu de nuit, avec ma lampe de poche, à vite enfiler mes Teva et me faufiler entre les dormeurs pour atteindre les « toilettes » à l’étage inférieur. Je me soulage une première fois. Une demi-heure après, le même cinéma recommence… Finalement, après trois fois, vidée, je m’endors pour quelques heures. Mais très vite, les coqs chantent et les Laotiens se lèvent, causant du remue-ménage.