Japon: Okayama – Takamatsu – Okayama

Vendredi 2 novembre 2018

Comme je me suis rendue compte bien trop tard hier soir que je n’avais pas réservé le petit-déjeuner, je n’ai rien prévu de très consistant, à part quelques biscuits, accompagnés de thé. Cela fera l’affaire pour le moment.

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Une fois à la gare, je réserve un ticket pour le Marine Liner vers Takamatsu – les trains ont tous de jolis noms au Japon – Marine Liner est quand même plus joli que IC538. Ce n’était pas vraiment une bonne idée et pas nécessaire du tout: je me retrouve dans un wagon à deux étages, mais évidemment à celui d’en dessous, et ce n’est pas une place fenêtre. Et au Japon, on ne change pas de place !

C’est d’autant plus dommage que le paysage est magnifique. Le clou du spectacle est la traversée de la Mer Intérieure sur l’immense pont qui relie Honshu à Shikoku. Je me promets de trouver une bonne place au retour ! Un peu moins d’une heure plus tard, j’arrive à Takamatsu. En préparant mon voyage, cette ville m’a attirée par son jardin japonais, parmi les plus beaux du Japon. J’aurais également pu aller à Naoshima, l’île aux musées, ou commencer à explorer les 88 temples de Shikoku, ou encore visiter les environs d’Okayama. Ce sera pour une prochaine fois !

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De la gare, il faut marcher quelques minutes pour aller à l’arrêt du tram que je peux payer avec ma carte Suica de Tokyo. Le véhicule est tout mignon, tout kawaii, et je le prends pour trois arrêts. Je me retrouve dans un quartier très banal et la route vers le jardin, le Ritsurin-koen (420 yens) est fléchée (en gros, c’est tout droit et à une dizaine de minutes à pied).

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L’entrée est assez imposante, parsemée de pins taillés en nuages. Ce n’est pas trop mon style de jardin mais ce n’est que le début de mon parcours. En fait, la beauté de l’endroit se dévoile progressivement, certaines parties sont plus boisées, d’autres plus exotiques – ces cycas ! – la plus éloignée de l’entrée quant à elle fait penser aux jardins chinois, notamment ceux de Hangzhou. Un grand étang est traversé par un joli pont de pierre et des maisons de thé bordent ses rives. Je prends mon temps pour flâner, m’asseoir, intégrer toutes les sensations, profiter pleinement. Le temps est superbe, le ciel est un d’un bleu profond et les températures sont plus qu’agréables, en grand contraste avec la journée précédente.

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Une grande partie du côté nord du jardin est fermée: un sanglier rôde ! Ce n’est d’ailleurs pas la meilleure saison pour le visiter: les lotus sont fanés et les feuilles des nombreux cerisiers sont déjà presque toutes tombées. Par contre, c’est beaucoup plus calme que l’autre côté et j’y mange le pique-nique que j’avais prévu (ici commence une longue série de « egg sandwich », une spécialité japonaise paraît-il).

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Je commence ensuite à pied le trajet qui retourne vers la gare, d’abord le long d’une grande avenue sans intérêt, jusqu’à un petit parc où traînent quelques sans-abri et où trône une statue kawaii. Je prends un passage souterrain très bien aménagé et décoré d’œuvres d’art pour traverser la rue et trouve un peu plus loin une galerie marchande couverte, ce qui rend mon parcours bien plus agréable.

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Je m’arrête au Takamatsu Art Museum (200 yens), bien décidée à visiter l’exposition Starting points: Japanese art of the ’80s. Sauf qu’elle n’ouvre que le lendemain, à mon grand regret. Il y a cependant quelques œuvres intéressantes dans la collection permanente: Takashi Murakami, Yoshitomo Nara, Kenji Yanobe (l’homme aux scaphandres jaunes) mais les photos sont interdites (et des caméras de surveillance).

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En sortant des toilettes, la dame qui vend les tickets s’approche de moi et se baisse pour ajuster ma jupe qui avait fait un pli, tout en s’excusant et souriant. C’est à mon tour d’être un peu gênée et de lui sourire en retour, la remerciant. Elle me demande d’où je viens, et une fois de plus « Belgique » a un côté un peu exotique (et chocolaté) pour la Japonaise.

Je continue ma route, m’approchant de la côte et du château de la ville (200 yens). Je ne m’attends pas à grand chose et je suis du coup agréablement surprise par le superbe jardin et les fortifications rénovées qu’on peut escalader pour voir la mer d’un côté et la ville de l’autre.

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J’avais décidé que lors de ce voyage, j’irais voir la mer de près. Je me rends donc à l’embarcadère et m’installe là un moment, avant de vérifier l’horaire des trains. Si je ne veux pas attendre une demi-heure, je dois partir de suite, et surtout ne pas traîner ! J’arrive un peu essoufflée et en sueur à la gare et embarque dans le Marine Liner de 15h10 qui démarre quelques minutes plus tard. Je m’installe dans le premier wagon, à la fenêtre, ce qui me permettra d’admirer le paysage au retour. Et comme j’ai l’impression que les Japonais n’aiment pas s’asseoir à côté des gaijins (ils pourraient faire quelques chose de gênant), la place à côté de moi reste libre jusqu’à l’arrivée à Okayama.

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Je suis fourbue et me couche un moment pour une sieste. Je me réveille en sursaut: j’ai l’impression que tout tremble. Était-ce un tremblement de terre ? C’est bien possible, mais sans doute juste une légère secousse. Un peu reposée, je pars explorer la galerie marchande pour trouver un restaurant. Mon choix se porte sur le bar à sushis, avec juste un comptoir pour une quinzaine de personnes. Personne ne daigne me donner un menu en anglais (ils existent pourtant – je les verrai plus tard) et je choisis donc en regardant les photos. C’est là que mon voisin japonais, un salaryman, me propose de commander pour moi. Notre conversation est un peu limitée mais il me raconte qu’il mange en attendant le train pour Tokyo et qu’il voyage beaucoup: il a visité toutes les préfectures du Japon. Mais quand je lui décrit mon voyage, il me dit qu’il n’a jamais été à Yakushima. J’avais vu qu’il avait mangé des coquilles saint-jacques légèrement grillées et je lui demande s’il peut aussi me commander ça. Je me régale (3080 yens) et cette interaction en toute simplicité me fait du bien.

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Je passe ensuite au 7-11 pour retirer de l’argent (seuls ces distributeurs acceptent les cartes étrangères, avec ceux de la poste mais il n’y en a pas à chaque coin de rue) et au supermarché pour acheter mon petit déjeuner du lendemain, des croissants industriels au chocolat.

Demain, je reprends le shinkansen et je descend dans l’extrême sud.

Statistiques du jour: 19 820 pas – 15,2 km

Beaucoup plus de photos sur flickr, surtout du jardin.

Japon: Tokyo – Okayama

Jeudi 1er novembre 2018

La nuit a été moyenne – il faut absolument que je pense à ne plus boire de thé après 14h, ce qui n’est pas toujours simple au Japon vu que les restaurants en servent souvent avec le repas. Je me réveille malgré tout avant mon alarme, me prépare rapidement et prends mon petit déjeuner à l’aise.

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Voyager avec juste ma petite valise est bien pratique, même si je me rends compte qu’un modèle à quatre roues et à pousser prend encore moins de place quand on est dans la foule. Je prends la ligne Yamanote jusqu’à la gare de Tokyo d’où part mon shinkansen en direction du sud. Le train est rempli mais se vide au fil des arrêts. Je somnole un peu, je lis, puis je mange le bento acheté un peu au hasard à la gare. Il était composé de riz, de légumes en saumure, d’un dim sum, d’un beignet de viande, d’omelette… un très bon choix et délicieux.

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La dernière heure, le trajet me semble long, le train s’arrêtant toutes les 15 ou 20 minutes à toutes les gares. Mais voilà Okayama. En sélectionnant mes hôtels, j’ai choisi des établissements situés à proximité des gares, par facilité. Le Granvia est même accessible directement par une galerie commerçante. C’est un hôtel immense et chic, avec piscine (je me rends vite compte que mon bikini est dans l’autre valise), et un lieu très prisé pour les mariages. C’est aussi le seul hôtel où je n’ai pas fait attention lors de ma réservation: j’ai pris une chambre sans petit-déjeuner inclus.

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Même si ce n’est pas encore l’heure officielle du check-in, je peux accéder à ma chambre (je ne suis qu’une demi-heure trop tôt). Elle est spacieuse selon les normes locales et, située au 18e étage, offre une vue superbe sur la ville et les voies de train.

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Je repars tout de suite et me fais accoster par deux jeunes filles accompagnées par leur professeur. J’ai appris à éviter ce genre de rencontre parce que c’est souvent long et peu intéressant mais ici, je me laisse faire et je réponds gentiment à leurs questions en anglais. Quand je dis que je viens de Belgique, elle me répondent « chocolate » en riant.

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J’hésite: aller à pied ou prendre le tram. J’opte pour la seconde option pour arriver plus vite à ma destination (je découvre que je peux payer avec ma carte Suica de Tokyo). Il fait relativement frais, nuageux et venteux, en contraste total avec la capitale où le soleil brillait ce matin. J’arrive près du château que je prends en photo de loin mais décide de ne pas le visiter, préférant garder mon temps pour le jardin japonais, le Korakuen (400 yens), situé juste à côté. Il est considéré comme un des plus beaux du Japon et c’est cela qui ma poussée à faire un arrêt à Okayama dans ma grande descente vers le sud.

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Le jardin couvre une large superficie et présente de larges étendues couvertes de pelouse mais il possède aussi les caractéristiques des jardins japonais, une colline censée représenter le Mont Fuji, un étang avec des lotus, de nombreux cerisiers, des conifères et des érables. L’automne n’est pas encore assez avancé pour que les arbres montrent leurs belles couleurs rouges, à part une ou deux exceptions que je photographie, tout comme les touristes locaux.

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Je me promène un long moment, regrettant qu’il ne fasse pas plus chaud pour m’installer sur un banc avec mon livre (je l’ai pris cette fois-ci !). Le soleil baisse, les hauts-parleurs annoncent la fermeture imminente du jardin. Le coucher de soleil a probablement été magnifique mais j’ai déjà pris le chemin du retour. Je marche le long d’une grande avenue sans trop d’intérêt – j’aurais dû reprendre le tram. Je ne me sens pas entièrement satisfaite de ma journée, je suis un peu de mauvaise humeur à cause de la fraîcheur et du vent mais je me dis que tout cela n’est que passager. Le jardin était beau mais ce n’est pas mon préféré.

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Je me rends compte que je n’ai pas envie de chercher un restaurant et la galerie commerçante de la gare héberge un grand supermarché qui vend plein de plats à emporter. Je sélectionne un bol de chirashi (riz et sashimis) et du poulet grillé et laqué, ainsi qu’une canette de whisky highball, le cocktail type du salaryman japonais – ou un mélange de whisky et soda. C’est pas mal mais un peu trop sucré.

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Je passe ma soirée à préparer la journée du lendemain avant de m’endormir.

Statistiques du jour: 11 339 pas – 8,6 km

Plus de photos sur flickr