Japon (2019): Kokura – Beppu

Dimanche 24 novembre 2019

J’ai très mal dormi, j’ai des courbatures partout et je suis très pressée de quitter cette chambre enfumée. Je n’imaginais pas que cela me poserait autant de problèmes. Au petit-déjeuner, je noie mon dépit et ma fatigue dans de la brioche à la confiture, puis je pars vraiment en avance pour rejoindre la gare qui est à deux pas. Il bruine.

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Le train, un express, est bien rempli. Il fait sombre dehors et il se met à pleuvoir à verse. La campagne japonaise défile et la lumière de l’intérieur du train se reflète sur les fenêtres. J’arrive à Beppu deux heures plus tard et j’hésite un moment sur le chemin à prendre à cause de la google map qui ne réagit pas comme il faut au premier abord. Armée de mon parapluie, je suis mon instinct et prend la grande avenue qui s’ouvre à moi. Un peu plus loin, google maps reprend ses esprits et me confirme que je suis dans la bonne direction.

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Après avoir marché une quinzaine de minutes, j’arrive à mon hôtel, le Beppu Nishitetsu Resort Inn. Il n’est que midi, ma chambre ne sera disponible qu’à 15h et je suis déjà trempée du trajet depuis la gare. Je me réfugie au centre commercial juste en face. J’en ai vite fait le tour: il est minuscule et plutôt vieillot. Le seul magasin un peu intéressant est Muji mais y rester trois heures ? J’avoue qu’à ce moment-là, j’étais plutôt désespérée et d’humeur assez sombre, pestant sur les check-in d’hôtels si tardifs et si rigides. Vu ma mauvaise nuit, j’aurais bien aimé faire une longue sieste.

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Et puis je me souviens avoir vu un Starbucks à l’entrée, ainsi qu’une grande zone confortable pour s’installer. Je ne suis pas adepte de ces cafés mais ils ont l’avantage d’offrir des espaces agréables où s’installer pendant un certain temps. Je commande un scone et un thé yuzu – citrus qui se révélera abominablement sucré (il y avait de la marmelade dedans). Mais au moins je suis à l’abri et je peux lire mon roman à l’aise pendant deux heures. Beppu est une petite ville, assez reculée, hors des circuits touristiques reliés par le shinkansen et il n’y a pas de jolis cafés où passer un moment, contrairement aux grandes villes ou comme en Europe.

Une fois mon roman terminé, je me rends compte qu’il ne pleut plus. Il fait encore fort sombre mais j’ai envie de bouger un peu. Je dépasse mon hôtel en direction de la plage et de la mer. C’est une mini plage au milieu d’une ville mais l’horizon est ouvert, et on voit les côtes aux loin.

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Je flâne un peu au hasard dans les petites rues, repérant divers détails, cherchant les bâtiments plus anciens ou insolites. Je retourne vers la gare et découvre qu’il y a plusieurs offices du tourisme. Dans l’un, situé juste en dehors de la gare, je prends divers dépliants qui parlent des restaurants locaux.

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Je me perds dans les galeries marchandes couvertes et les ruelles; je m’arrête pour photographier plein de petits détails, comme pendant ma journée à Osaka.

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Je me retrouve finalement devant le Tagewara onsen, un des bains les plus anciens de la ville.

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Je retourne à l’hôtel où ma chambre est prête. Elle est petite mais confortable, pas aussi moderne qu’à Fukuoka cependant. Mais j’ai vue sur mer.

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J’épluche les dépliants et sélectionne un restaurant de sushis, Ohwada Sushi. C’est un tout petit établissement, tenu par un couple âgé dont l’anglais est très limité mais ils ont une carte en anglais. Je m’installe au comptoir et commande un assortiment de sushis avec des poissons locaux (maquereau, crevette, poulpe, un genre coquillage local, et divers autres poissons). Ce ne sont pas des sushis raffinés, dans le sens où les portions sont généreuses et il m’est impossible de les mettre en bouche en une fois, mais ils sont délicieux et préparés avec soin.

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Un vieux monsieur s’installe à côté de moi et nous commençons à parler. Il me raconte qu’il a souvent voyagé à Londres pour son travail, et il fait la traduction avec le patron et sa femme qui se demandent comment j’ai découvert leur restaurant. Je passe une excellente soirée en leur compagnie et je suis de bien meilleure humeur que ce midi. Je flâne encore un moment dans les rues avant de rentrer à mon hôtel, faisant quelques photos à l’iPhone – et me disant que je devrais prendre mon appareil photo le lendemain.

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Statistiques du jour: 11 651 pas ou 8,7 km

Il y a d’autres photos de Beppu sur flickr.

Madère: Santo Antonio da Serra

Dimanche 17 février 2019

Ma première nuit n’est pas très bonne, comme souvent. J’ai chaud puis froid et me réveille souvent. Par contre, le petit-déjeuner est très varié et délicieux. Je n’ai pas vraiment de projets pour la journée et la météo s’annonce pluvieuse et fraîche. Je demande conseil à la réceptionniste et elle me décrit les choses à visiter dans le village.

Santo Antonio da Serra est situé en altitude, ce qui influe évidemment sur la météo et la température. C’est tout petit et possède un certain charme. Tous les dimanches, il y a un marché où les paysans du coin viennent vendre leurs marchandises. C’est là que je me rends en premier (sans faire de photos) et j’y vois les étals avec les produits divers, des légumes, beaucoup de fruits exotiques, des fleurs… La partie couverte est aménagée dans un bâtiment en béton, très basique.

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Je continue ma promenade vers l’autre extrémité du village mais ce n’est pas très agréable de marcher au bord de la route, et c’est même dangereux à certains endroits pour les piétons. Je reviens vers le centre, passe près de l’église où se rendent les fidèles pour la messe. Il y a des échoppes et des restaurants, puis, plus loin, une porte qui mène vers un grand parc.

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J’y suis presque seule, les oiseaux chantent, le ciel est gris. J’admire les cyatheas, ces superbes fougères arborescentes (qui craignent le gel, sinon j’en aurais déjà plein dans mon jardin), les rhododendrons et les azalées déjà en fleur. Je suis le chemin sans trop savoir où je vais et j’arrive à un point de vue sur la vallée, avec la mer au loin. J’ai l’impression d’être perdue mais continue ma route, me disant que je pourrai toujours faire demi-tour. Ce n’est pas nécessaire: le chemin fait une boucle et je retourne à mon point de départ. Je rentre à l’hôtel et il se met à pleuvoir.

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Je mange un club sandwich puis retourne au chaud dans ma chambre, je fais une longue sieste puis je traîne un moment à la piscine. Un peu de sport, ça fait toujours du bien. Je m’installe ensuite au salon, devant le feu ouvert, avec mon livre avant d’aller manger. Je commande un délicieux plat de scampis à l’ail et au vin blanc, accompagné d’un verre de vin blanc. En dessert, je prends une crème brûlée, ce qui va devenir mon dessert favori.

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Je lis encore un peu mais je n’ai plus beaucoup d’énergie; je récupère des semaines de travail qui ont précédé ce voyage et tente de sortir de mon hibernation hivernale.

Statistiques du jour: 8960 pas – 6,8 km

Japon: Nagasaki

Lundi 12 novembre 2018

Comme la météo prévoit des pluies torrentielles aujourd’hui, je prends mon temps en me levant. Le petit-déjeuner compris dans le prix de la chambre se prend au café en face de l’hôtel et propose quatre menus impliquant chacun quelque chose de frit. Je choisis les œufs sur le plat qui sont accompagnés de toasts, de salade et galette de pomme de terre. Disons que ça se mange mais je regrette les yaourts, fruits et viennoiseries des petits-déjeuners européens.

Quand je regarde par la fenêtre, je vois qu’il ne pleut pas et mon app météo précise qu’il devrait faire sec jusque 13h environ. Il va sans dire que ça m’arrange bien !

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Je prends le tram dans la direction opposée d’hier, pour aller vers le nord, jusqu’au Musée de la Bombe Atomique – je descends à l’arrêt du même nom mais je remarque par la suite que l’arrêt suivant est plus proche. Le ciel gris et plombé correspond tout à fait à l’ambiance. Je visite le musée qui est plus petit que celui d’Hiroshima et qui décrit assez sobrement les événements d’août 1945 avec vidéos, photos et divers objets retrouvés par la suite. Nagasaki n’était pas le but premier des bombardiers américains, c’était Kokura mais la ville était cachée par les nuages. A Nagasaki aussi le ciel était couvert mais juste au moment clé, il y a eu une éclaircie. L’ambiance du musée est assez feutrée et j’ai eu du mal à retenir mes larmes par moments, surtout en passant près d’un guide âgé qui racontait très certainement son expérience. Cet endroit fait partie des lieux difficiles mais qu’il faut visiter pour le souvenir, pour que cela ne se reproduise plus.

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Je repars vers l’arrêt du tram en me promenant dans le parc de la Paix et en m’arrêtant à l’hypocentre, marqué aujourd’hui par une statue.

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Mes plans pour la journée ne sont pas tout à fait établis et c’est dans le tram que je décide d’aller au sanctuaire de Suwa jinja. Un grand tori marque le début d’une longue volée d’escaliers qui montent à flanc de colline. La vue est superbe. A côté du sanctuaire se trouve un petit jardin japonais dont les érables sont de toute beauté avec leurs feuilles rougissant. Plus loin, un panneau m’informe qu’il faut absolument que je prenne le chemin qui monte, ce que je fait évidemment, mais une fois arrivée en haut, je ne sais toujours pas quel était le but. Je redescends vers le temple  et il se met à pleuvoir un peu. Je n’explore donc pas le petit sanctuaire qui se trouve à l’arrière et je remets le cap sur l’arrêt du tram.

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Un arrêt plus loin, je rejoins la rivière qui traverse Nagasaki et où se trouve une collection d’anciens ponts en pierre, dont un qui a des arches rondes, ce qui provoque de jolis reflets dans l’eau. C’est une des attractions les plus connues de la ville et les touristes s’y pressent avec des perches à selfies.

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Une carte de la ville me montre que les hauteurs regorgent de temples et sanctuaires. J’en ai visité un hier mais je manque de temps pour aller explorer les autres. Comme il fait toujours sec, je suis la rivière et rejoins une arcade commerçante où je trouve un snack. J’y mange un sandwich jambon-fromage accompagné d’un thé glacé. Cela m’a redonné des forces et je continue ma route, rejoignant le quartier de Dejima.

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Dans le passé, c’était une île et c’est là qu’étaient « parqués » les étrangers, les Occidentaux. Aujourd’hui, diverses maisons anciennes ont été reconstituées et consistent en un musée grandeur nature. Par malchance, j’arrive juste au moment où plusieurs cars d’écoliers débarquent et c’est très animé et bruyant. Grâce à ma visite, je comprends mieux le rôle de la ville comme unique porte d’entrée des influences étrangères. Des panneaux et divers objets montrent les liens entre le Japon et l’Europe, notamment les nombreuses céramiques hollandaises.

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Il se met à pleuvoir plus fort et je décide d’abandonner les visites. Nagasaki a encore beaucoup d’autres choses à offrir et je regrette de devoir repartir le lendemain. J’aimerais y retourner dans le futur, j’ai vraiment aimé l’ambiance de la ville. Je reprends le tram et quand j’arrive à mon hôtel, la pluie s’est calmée.

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Je traîne tout un moment au centre commercial et fais des achats chez Tokyu Hands, des ustensiles de cuisine et des cartes de vœux. Je regrette que l’électricité ne soit pas compatible avec l’européenne car j’y ai vu la cuiseuse à riz idéale pour une personne. Je rentre finalement à l’hôtel vers 16h et prends mes notes, puis refais ma valise en essayant d’y caser tous mes achats.

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Je ressors pour le repas et décide de goûter les ramens de Nagasaki. Les nouilles sont très fines, le bouillon très gras et les tranches de porc sont également très grasses, ce qui rend le tout assez écœurant, mais la sauce piquante atténue un peu cela. Encore une soirée où je vais prendre un certain temps à digérer !

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statistiques du jour: 11 921 pas – 9,1km – 31 étages

D’autres photos de mes deux jours à Nagasaki sont sur flickr.

Sri Lanka: Giritale – Polonnaruwa – Matale – Kandy

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Ce matin, il pleut. Nous partons en car vers l’antique cité de Polonnaruwa pour visiter celle-ci. Directives du guide Roshan: « cover up but wear flip flops » – pantalons ou jupes longues, se couvrir les épaules, chaussures faciles à retirer. Il nous dira tout le long du voyage comment s’habiller pour les activités du jour, ce qui facilite pas mal les décisions matinales.

Premier arrêt à la statue du roi Parakrama Bahu (1153-1186) qui avait épousé 300 femmes et n’a jamais eu d’enfants. C’est lui qui est responsable de la construction de la ville de Polonnaruwa et de sa splendeur. La statue le représente avec une belle moustache et un petit ventre replet. Il pleut mais le car possède une collection de grands parapluies pour nous abriter et j’ai eu la bonne idée de mettre mes tongs: mes pieds sont mouillés mais l’eau est chaude et je n’abîme aucune paire de chaussures.

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Un second arrêt se fait au palais royal ou Vejayanta Pasada, dont les murs s’élèvent encore sur deux étages – il en possédait sept, dont quatre en bois. Il comportait de nombreuses chambres pour héberger toutes les femmes.

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En face se trouve la salle du conseil de Parakrama Bahu qui a été reconstruite par les archéologues anglais de manière un peu fantaisiste. Les sculptures montrent notamment un éléphant à cinq pattes. Roshan nous rassure: il y en a un à trois pattes un peu plus loin.

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Un autre temple, avec un linga, vient ensuite.

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Plus loin se trouve la Terrasse de la Relique de la Dent, composée de plusieurs bâtiments. Le Thuparama est un temple de style hindou, en cours de rénovation. Il abrite différentes statues de Bouddha datant du 7e siècle, taillées dans un pierre contenant du quartz qui scintille à la lumière.

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Le Vatadage est une plate-forme circulaire ornée de nombreuses statues et bas-reliefs. C’était une chambre des reliques couverte par une structure en bois. Quatre bouddhas assis sont tournés vers les quatre points cardinaux. Des singes s’y amusent et la pluie s’est arrêtée. Avec l’évaporation, il fait chaud et humide, collant même.

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En face se trouve le Hatadage, un temple rectangulaire dont il ne reste que les fondations, ainsi que le Sat Mahal Prasada en style khmer, ce qui pose question aux archéologues. Il pourrait avoir été destiné aux commerçants cambodgiens mais rien n’est sûr.

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Pas question de marcher beaucoup aujourd’hui: le car nous emmène au point suivant, le Rankot Vihara, un immense dagoba en brique, recouvert de mousse. Pieds nus, c’est un peu ardu: le monument est entouré d’un terrain de sable au gros grains et petits cailloux.

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Le soleil est revenu quand nous arrivons au Kalu Gal Vihara. Le site est impressionnant avec ses quatre statues gigantesques, si ce n’était cet horrible auvent en métal censé protéger le site. Il paraît que son installation a bien plus abîmé le site antique que les intempéries. Nous y assistons à une mini cérémonies d’offrandes.

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La visite de ce site ancien m’a comblée et j’y aurais bien passé la journée – je n’ose pas trop lire dans le guide quels autres monuments j’aurais pu visiter.

Dans les voyages organisés, je redoute les nombreux arrêts « sponsorisés » dans divers ateliers d’artisanat local. Ce circuit au Sri Lanka est assez épargné mais nous avons quand même été dans un atelier de sculpture sur bois et vu une courte démonstration. Certaines des oeuvres présentées à l’achat possèdent toutes les caractéristiques de la kitschitude suprême, d’autres sont plus simples. Sachant que mes parents sont venus ici en 1975, je n’ai pas l’intention de ramener comme eux masques et éléphants, les leur étant devenus vintage entre temps !

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Au restaurant, je n’ai pas envie de m’empiffrer au buffet et je partage un sandwiche avec Suzanne. Evidemment, cette fois-ci, c’est un peu juste mais j’ai toujours un stock de biscuits pour les petites faims. Le car nous emmène plus loin, pour un long trajet pendant lequel je fais une bonne sieste et nous nous arrêtons à un jardin d’épices à Matale. Un guide nous montre les différentes plantes et explique les bienfaits de chacune selon la médecine ayurvédique, nous proposant de les tester. Comme j’ai été violemment attaquée par un moustique en sortant du car, je me propose pour tester l’onguent anti-chatouillements. Le lendemain, la piqûre traitée est rouge, gonflée et allergique; l’autre, à laquelle personne n’a touché, a disparu. Le plus stupide, c’est que j’ai acheté l’onguent en question. Il faudra que je lui trouve une autre utilité.

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(macis)
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(le fruit du jacquier)

La route est encore longue, une heure et demie, et la conduite devient plus difficile. Nous abordons une région plus montagneuse et le trajet est assez sinueux. Arrivés à Kandy, il fait noir et la ville est complètement embouteillée. L’hôtel Thilanka est un peu en retrait, sur les hauteurs au bord du lac. Les chambres sont très modernes, très grandes, avec un balcon mais il est conseillé de ne rien y laisser ni de nourrir les singes qui se promènent sur les toits.

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(admirez le beau néerlandais !)

Ma compagne de chambre reçoit un paquet qui l’intrigue. Il contient un t-shirt qu’elle met pour dormir chez son petit ami. Elle découvre que celui-ci est venu la rejoindre et qu’il fera le reste du voyage avec nous. Pas dans le groupe qui est complet, mais en parallèle, avec chauffeur privé. Je suis contente pour elle – la surprise est de taille – mais aussi pour moi: à partir de maintenant, je dors seule ! Ce sera parfois un peu compliqué parce que Roshan a demandé que les apparences soient préservées. Sa valise est donc menée jusqu’à la chambre et elle doit ensuite la déplacer vers celle du petit ami. Ce qui posera de temps en temps des problèmes par rapport à la clé, causés par sa désinvolture. Je ne me suis pas énervée mais cela a parfois été limite. Et autant nous avions de bonnes relations au départ, autant j’ai eu plus de mal avec elle par la suite, et inversement – je pense. En fin de compte, le plus accommodant et agréable des deux était le petit ami. Que dire de plus ? Très vite, il y a eu des questions dans le groupe à propos de son âge… la différence étant plutôt importante, dans le sens où lui n’a pas 30 ans. Ce qui cadre bien avec ses efforts à elle pour paraître si jeune.

Au restaurant de l’hôtel est servi un magnifique et délicieux buffet, que j’accompagne d’une bière, mais je dois bien vite aller dormir, espérant calmer ainsi un mal de ventre subitement apparu.

Sri Lanka: Sigiriya – Giritale

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Départ à l’aise en car ce matin, vers 9 heures, avec encore un arrêt pour des dernières photos du rocher du Lion. Nous passons à l’hôtel à Giritale pour une courte pause avant de repartir pour une ballade à vélo. C’est un parcours facile, toujours plat, de 15 kilomètres sur de petites routes asphaltées ou en terre. Au début, je ne me sens pas trop à l’aise, agrippant mon guidon mais des crampes me forcent à lâcher du lest en cours de parcours et je m’en sors bien jusqu’au bout. Les arrêts sont fréquents – normal quand il y a des amateurs d’oiseaux ! Je peux ainsi admirer des martins-pêcheurs, des aigrettes, des paons… ainsi que toute la vie locale et rurale de la région. Les routes longent de petits canaux ou des rizières; le paysage est très vert. Il se met à pleuvoir mais pas très fort, assez quand même pour les gouttes se mélangent à ma sueur, mouillant mon t-shirt.

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Nous faisons une première pause « noix de coco ». Un cueilleur grimpe à un cocotier et montre comment il détache les fruits, les faisant tomber plusieurs mètres en contrebas. Pendant que la femme du cueilleur ouvre les noix, Roshan fait une démonstration de cricket, montrant ses talents avec le fils de la famille, puis avec quelques membres du groupe. Nous recevons notre noix de coco pour boire l’eau désaltérante pendant qu’il explique ses divers usages.

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La pluie qui s’était interrompue recommence à tomber et je crains le pire – je n’ai aucune envie de continuer cette ballade à vélo complètement trempée. Heureusement ça se calme et il n’y a plus que des gouttes plus ou moins intermittentes. Le paysage ne change pas vraiment mais c’est vraiment agréable de rouler sur ces petites routes de campagne.

Il est temps de manger ! Nous nous arrêtons au détour d’un chemin un peu perdu auprès d’une famille srilankaise qui a préparé un repas complet de soupe et de rice and curry pour nous. Il y a du riz blanc et rose, du dhal, des currys de jacquier (c’est un peu pâteux), de courge et de pommes de terre, un curry de porc et différents condiments. C’est servi sur des feuilles de bananier. J’accompagne le tout d’une ginger beer locale (mais produite par Coca-Cola) qui est une bombe de sucre: 100 millilitres contiennent 11 grammes de sucre !

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Après ce repas, le retour sur le vélo est un peu pénible, les selles étant assez inconfortables et la fatigue de la matinée se faisant sentir mais le chemin à parcourir n’est plus très long, une demi-heure tout au plus. La toute dernière partie est la plus compliquée, la route étant parsemée de grands nids de poule mais j’arrive au bout, en mettant pied à terre lors des endroits les plus détériorés.

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Nous retournons à l’hôtel, l’Hotel Giritale. Il est magnifiquement situé avec une vue surplombant un grand réservoir. La piscine est petite mais agréable tandis que la chambre se veut contemporaine mais ne l’est pas tout à fait. Je prends une douche bien nécessaire, me décrassant de partout, évacuant sueur, crème solaire et boue qui se sont mélangés. Je profite de la grande terrasse pour finir mon roman tout en buvant un jus de fruits. Quand je commence le livre suivant, le soleil se couche, embrasant le ciel entre les nuages.

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Après ce moment toute seule, je rejoins les autres membres du groupe pour l’apéro, un gin tonic pour ma part. Ce n’est pas particulièrement réussi: je reçois 2 cl de gin ainsi qu’une bouteille de 33 cl de tonic pas très frais et pas très bon. Je m’en tiendrai dorénavant à la bière ! Un groupe de Français arrive et ça devient très bruyant.

Le repas est sous forme de buffet dans une salle fermée et air-conditionnée et ce n’est pas fameux. Il y a essentiellement de la nourriture occidentale mal préparée, de la viande trop cuite et des légumes à l’eau. Un des Français demande au chef srilankais si le poisson est de l’espadon, pas en anglais mais en français. Le pauvre chef ne comprend rien évidemment et du coup le Français répète la question plusieurs fois de plus en plus fort. Il n’aura jamais de réponse. Après le repas, je fuis – à cause du bruit.

Je me sens un peu triste, sans trop savoir pourquoi. La pluie ? Le rythme du voyage un peu trop lent ? Encore rien vu d’extraordinaire ? Le besoin de solitude ? Je m’endors, me réveillant plus tard parce que j’ai mal aux bras et parce que mon nez est bouché.

Sri Lanka: Wattala – Dambulla – Sigiriya

Ma nuit est un peu agitée à cause de mon nez qui se bouche régulièrement et de ma toux – j’essaie de me retenir pour ne pas déranger Aneta – mais en me réveillant, je suis relativement reposée. Le petit déjeuner est assez varié, sous forme de buffet, mais pas de très bonne qualité à moins de manger du curry dès le matin. Nous partons à 8h30 avec un beau car qui permet à chacun de disposer de deux places. Après deux heures, nous faisons une pause et je bois une limonade à prix européen. Le trajet se poursuit encore pendant une heure, traversant différentes petites villes peu attractives. Le reste du paysage est parsemé de palmiers et de végétation abondante – un paysage typique des tropiques.

Nous nous arrêtons dans un hôtel où nous avons le choix: buffet ou commander un plat. Roshan nous a expliqué qu’il n’est pas possible partout de commander un plat à cause des temps d’attente très longs. Le soir, il y a moyen de passer commande une heure trente avant mais le midi, il ne faudrait pas retarder tout le groupe. Ici, le service est rapide et je choisis l’option sûre et peu originale: du riz frit au poulet. Le plat est immense et je n’arriverai qu’à manger le tiers, en me forçant un peu. C’est très poivré et comme prévu, peu intéressant mais je suis rassasiée.

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Quelques minutes de car plus tard, nous débarquons à Dambulla pour visiter les temples troglodytes. Le ciel est de plus en plus menaçant tandis que nous gravissons la colline via des escaliers assez raides mais les nombreux singes nous distraient. Ils sautent d’arbre en arbre, se grattent impudemment ou s’ôtent les poux. Au sommet, il faut retirer ses chaussures, comme dans tous les sites religieux, et se couvrir épaules et genoux.

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La première grotte est fort petite et héberge un immense Bouddha couché et mort: ses deux pieds ne sont pas alignés. Il a été sculpté à même la roche au 1er siècle av. J-C et peint en or au 12e siècle. Ses yeux sont mi-clos et il a l’air serein. Entre-temps, dehors, c’est le déluge. Nous attendons un moment à l’abri puis nous nous lançons vers la seconde grotte. L’eau qui tombe est chaude et ce n’est pas trop désagréable, même pour les pieds nus qui prennent un bain.

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La deuxième grotte est la plus grande, elle mesure 50 mètres de long et 7 mètres de haut (dans sa partie la plus haute). Elle abrite un autre Bouddha couché, qui dort (ses pieds sont alignés) ainsi que nombreuses autres statues et des fresques qui recouvrent le plafond.

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La troisième grotte héberge également un Bouddha couché, et ainsi de suite… Une longue galerie couverte permet de déambuler d’une grotte à l’autre tout en restant au sec. Après un moment, la pluie s’arrête aussi brusquement qu’elle est venue et le paysage se dévoile au loin. L’aide du chauffeur arrive avec des parapluies mais c’est trop tard.

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(oui, il faut aussi passer l’aspirateur dans les lieux sacrés)

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Nous redescendons et passons près d’un immense Bouddha doré, moderne et un peu prétentieux.

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Retour au car pour la suite du voyage. La pluie se met à nouveau à tomber à verse et le paysage est noyé dans la brume. Nous arrivons à l’hôtel Sigiriya, un peu perdu dans les bois. Moderne mais stylé, il offre une vue superbe sur le roc de Sigiriya. Les chambres donnent l’impression de pavillons individuels, aux plafonds très hauts, mêlant traditions et modernité, avec une vue sur un jardin intérieur où se prélassent des tortues.

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(Eddy, comme d’habitude, profite en premier du lit)

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Entre la chaleur tropicale et la pluie, l’anti-moustiques et la crème solaire, je prends une douche bien méritée avant d’aller dans le bar – salon, une grande terrasse couverte en fait, pour me connecter à l’internet et boire une bière en discutant avec les autres membres du groupe. Le repas est sous forme de buffet et il est bien meilleur que le précédent. Je goûte à divers currys jamais très piquants: du porc, du bœuf, des légumes et je prends des fruits en dessert.

Mon rhume est toujours là et crains déjà le vertige pour la visite du lendemain. J’ai encore du mal à me faire une impression du groupe. Beaucoup sont très calmes et parlent peu mais les premiers jours sont toujours un peu difficiles et étranges.

Sri Lanka: Dubaï – Colombo – Wattala

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Dans le second avion, celui qui m’amènera de Dubaï à Colombo, je me retrouve dans une rangée de femmes. Celle qui est assise près de la fenêtre me semble sympathique, celle assise au milieu ne pipe pas mot et tire la gueule. Je soupçonne qu’elle est Française mais je n’aurai jamais de preuve vu son mutisme. Je m’endors un moment – c’est le début de la nuit en Belgique – et me réveille sans appétit pour un petit déjeuner composé d’omelette, de champignons et de haricots sauce tomate, ainsi que du même petit pain tout mou et immangeable que dans le premier vol. Ma voisine est pressée de sortir de l’avion et je la laisse passer sans regrets, ce qui m’amène à faire connaissance avec l’autre voisine, Claudia, une Allemande de Düsseldorf. Elle vient au Sri Lanka pour une retraite ayurvédique de trois semaines. Nous passons toutes les formalités ensemble – elles sont courtes et courtoises, facilitées par l’achat à l’avance sur le net d’une autorisation de séjour (ce n’est pas vraiment un visa). Nous nous quittons après avoir récupéré nos bagages, je change de l’argent et je me lance à la recherche d’un taxi. Ce qui n’est pas bien compliqué: diverses compagnies sont présentes dans le terminal et la première me propose un prix proche de celui qui avait été indiqué dans les notes de voyage reçues d’Exodus.

Nous roulons trois quart d’heure par de petites routes peu fréquentées pour arriver à Wattala, au nord de Colombo et en bord de mer. C’est toujours à ce moment qu’il faut s’en remettre complètement à un inconnu, ne connaissant pas le pays et les habitudes et je suis toujours un peu angoissée – mais tout se passe bien. L’hôtel, le Palm Village, semble un peu vieillot et l’accueil est très distrait. Les chambres sont simples mais grandes, la salle de bain a vu de meilleurs jours – de l’eau coule du plafond. Le jardin est très beau par contre, avec une piscine qui a l’air agréable mais le ciel est gris et le temps est à la pluie. De toutes façons, j’ai un gros retard de sommeil et bien qu’il ne soit que 10 heures du matin, je me mets au lit et dors un peu, malgré mon nez bouché.

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La chambre est mal isolée – une constante au Sri Lanka – et j’entends les vagues se briser sauvagement sur la plage. J’entends aussi quand les autres du membres du groupe arrivent – la plupart ont pris le même vol depuis Londres – et je fais connaissance avec ma compagne de chambre pour les prochains quinze jours, Aneta. Londonienne d’origine polonaise, elle travaille comme chef de projet dans le monde informatique, fait de la moto et fait très attention à paraître plus jeune que son âge (elle a quelques années de plus que moi mais ne les paraît pas). Ma première impression est plutôt positive, surtout quand elle me dit que l’airco la dérange aussi et qu’elle a envie de dormir. Ce que nous faisons jusque 16h30.

Nous nous décidons pour une promenade le long de la plage et faisons mieux connaissance. Le ciel est menaçant – c’est encore la saison de la mousson – et la mer est agitée. Nous rencontrons quelques pêcheurs et des enfants qui jouent. Le port de Colombo se voit au loin.
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Après cette ballade qui a permis d’évacuer une partie de la fatigue, nous prenons un verre puis rencontrons le reste du groupe et le guide local, Roshan, un jeune homme d’une trentaine d’années, portant une croix autour du cou (il fait partie de la minorité catholique du pays, aux lointaines origines portugaises). Il nous emmène dans une salle de conférences trop fraîche et illuminée aux néons blafards pour nous expliquer l’essentiel de notre voyage.

L’hôtel est isolé et donc le repas se prend sur place, sous forme de buffet, le premier d’une longue série. Le pays ne connaît pas une culture culinaire très développée – selon les dires de Roshan; il y a peu de restaurants et les gens mangent chez eux. Il y a bien de nombreuses « bakeries » mais elles servent plutôt des snacks. La nourriture du buffet n’est pas exceptionnelle mais je goûte un peu de tout, des currys mais aussi de la viande grillée et des légumes divers. C’est assez cher, et le prix de la bière n’est pas en reste (selon les endroits, une canette de 40 cl coûte entre 3 et 4 euros).

Après l’inévitable piqûre de moustique, je retourne dans la chambre pour dormir une nuit complète avant les premières visites du lendemain.

(Toutes les photos sont prises avec mon Panasonic Lumix DMC LX5 ou avec l’application Hisptamatic pour iPad. Certaines ont été retouchées légèrement avec Polarr)