Japon: Yakushima

Mercredi 7 novembre 2018

Quand je me réveille, mes courbatures ont disparu ! Mes jambes sont toujours fatiguées, comme tout mon corps d’ailleurs mais je n’ai mal nulle part. La journée est de toutes façons plus calme: Sato m’emmène en voiture pour faire le tour de l’île de Yakushima, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. La route suit la côte puis s’en éloigne par moments. Au loin, à Isso Beach, un torii rouge protège les pêcheurs qui partent depuis le port. A Nagata, la plage a des airs tropicaux: le sable est blanc, la mer est turquoise. On voit l’île de Kuchinoerabujima, dominée par un volcan très actif. C’est sur cette plage que les tortues viennent pondre leurs œufs une fois par an. Je me sens vraiment en vacances au bout du monde.

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Plus loin, nous rentrons un peu dans les terres pour rejoindre la gorge de Yokogawa. C’est isolé, c’est sauvage (enfin presque, il y a un chemin aménagé pour y arriver, comme souvent au Japon, mais dans le respect de la nature). Il y a moyen de passer d’un rocher à l’autre au milieu de la rivière.

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La route quitte le bord de mer et devient sinueuse, grimpant sur les falaises. Elle entre dans un parc naturel entouré de forêt. La faune locale n’a aucune crainte et se promène sur la route. Nous voyons des biches, mais surtout plusieurs groupes de singes qui n’ont aucune honte, copulant avec plaisir au milieu de la route. J’ai beaucoup ri en voyant les primates jouer dans les bouches d’égout, se cachant et apparaissant subitement, ou se cachant derrière les hautes herbes. Mes photos sont parfois un peu floues, je les ai prises au smartphone, avec le zoom poussé à fond.

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La conduite n’est pas simple pour Sato; la route est étroite et il faut se ranger quand une autre voiture nous croise, et surtout quand un bus arrive. Mais nous sortons du parc naturel après une bonne heure et arrivons à nouveau au niveau de la mer. Nous nous arrêtons à la cascade d’Ohko-no-taki puis allons manger un peu plus loin, dans une jolie crique. J’ai plus pensé à manger qu’à prendre des photos, alors que le décor était idyllique.

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Dans un magasin de souvenirs à Miyanoura, j’avais vu une jolie tasse en céramique bleue et je l’avais décrite à Sato. Elle a tout de suite su qui était le producteur, un vieux monsieur, et nous nous arrêtons dans son atelier. Il y a plein de jolies choses, très brutes, et je me dis que cela me fera un souvenir très particulier. J’achète un bol à riz, un bol à thé et un bol à saké.

C’est l’heure de la détente ! Sato m’emmène à un onsen en plein air, le Yudomari Onsen. Un bassin d’eau chaude a été façonné entre les roches noires et est accessible à marée basse. De loin déjà, la vue est superbe, de près c’est magnifique, très brut, très sauvage. Nous sommes seules et cela nous arrange. Nous trempons un long moment dans cette eau bien chaude, avec le vent qui nous rafraîchit mais aussi le soleil qui nous réchauffe. J’imagine que cet endroit peut faire penser un peu à l’Islande, mais avec un climat bien plus clément. Ce moment est tout simplement unique et je rêve depuis d’y retourner.

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Nous reprenons la route, longeant la côte sud de l’île, jusqu’à la chute de Toronki-no-Taki, située un peu à l’intérieur des terres, au bout d’une route sinueuse qui monte. Cette cascade a également été une source d’inspiration pour Miyazaki. Le débit de l’eau est faible et seul un fin filet coule aujourd’hui, par manque de pluie. Dans la cabane où se vendent des souvenirs, je trouve un adorable bol à saké avec un petit kodama au fond.

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L’après-midi est déjà bien entamée et nous commençons la dernière partie du trajet, du côté de la petite ville d’Anbo, avec un premier arrêt à une distillerie de shochu local que je goûte, mais j’achète plutôt un genre de vin parfumé aux fruits de la passion cultivés sur l’île.

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Un festival de photographie a lieu pour le moment, et il y a quelques photos qui sont affichées là, ainsi qu’au centre communautaire. Cet endroit ressemble un peu aux vieilles salles paroissiales en Belgique, avec pas mal de désordre, une scène pour les spectacles, de vieux décors, de nombreux tambours. Y sont projetées des photos anciennes de l’île. A vrai dire, je trouve que la photo qui est sur l’affiche de l’événement est la plus belle des œuvres exposées. Mais lors d’un festival de photographie, c’est rare de rencontrer l’organisateur, comme ce matin, et de faire la conversation avec lui. Sur une petite île comme Yakushima, il a tout de suite une plus grande proximité.

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C’est l’heure de la glace au matcha, et j’en profite pour acheter du thé cultivé sur place. Et puis, c’est le retour vers Miyanoura, terminant la boucle commencée le matin et longeant notamment la piste d’atterrissage du petit aéroport. Je remercie de tout cœur Sato pour cette très belle deuxième journée et pour le temps qu’on a passé ensemble, ainsi que pour les conversations que nous avons eues. J’ai eu l’impression de passer ces deux jours avec une copine, pas avec un guide qui fait juste son boulot.

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A l’hôtel, je profite une fois de plus de l’onsen puis du repas. Je reçois à nouveau divers plats, dont un légume de la forêt assez bizarre, filandreux et au final pas très digeste. Le dépiautage avec des baguettes d’un poisson avec de nombreuses arrêtes est un désastre et je tente de cacher mon oeuvre… mais il y a d’autres plats encore, comme du tofu à la cacahuète, de l’aubergine au miso, un genre du pudding au maïs, des sashimis, des rouleaux de printemps à la coquille saint-jacques… Je me rends compte que ce soir, je sature un peu de tous ces goûts et textures inconnus pour mon palais, mais je reste malgré conquise à cette cuisine très raffinée et spéciale. Et je dis adieu à Mizaki qui s’est tellement bien occupée de moi, m’expliquant tous ces plats.

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Je passe ma soirée à ranger ma valise, puis à lire et à revivre tout ce que j’ai vécu ces deux derniers jours vraiment exceptionnels. Il n’y a pas à dire, Yashushima est l’apogée de mon voyage.

Statistiques du jour: 6169 pas – 4,5 km

 

 

Japon: Yakushima

Mardi 6 novembre 2018

Ma nuit est assez agitée mais c’est sans doute parce que j’ai bu du thé. Et puis mes voisins se lèvent très tôt et l’hôtel n’est pas très bien insonorisé. Je me régale au petit-déjeuner qui est servi sous forme d’un buffet très complet et varié. Il y a même des fruits frais, chose très rare au Japon !

Aujourd’hui, c’est une journée un peu spéciale, celle que j’attendais depuis des mois et aussi le but de mon voyage. Je suis à Yakushima pour découvrir la forêt de cèdres et les mousses qui ont inspiré Miyazaki dans Princesse Mononoké. Quand je me suis intéressée à Yakushima, y aller me semblait un rêve bien lointain. Il n’y a que peu de transports publics et louer une voiture et la conduire à gauche me semblait trop compliqué. Et puis j’ai cherché un peu sur le net, notamment sur Tripadvisor, et j’ai découvert Yakushima Experience qui propose des randonnées dans la forêt et des visites de l’île. Cela a évidemment un coût mais je me suis dit que ce serait mon cadeau après cette année difficile. J’ai contacté Cameron, le guide principal,  fin mai et je lui proposé une fourchette de dates – je n’avais encore rien réservé d’autre. Il m’a très vite répondu en me proposant les 6 et 7 novembre. J’ai pris cela comme un signe, c’étaient les dates provisoires (mais idéales) que j’avais notées dans mon projet de circuit. J’ai donc réservé deux journées avec lui. Et c’est sa femme, Sato, qui en septembre a réservé pour moi le jetfoil sur le site uniquement en japonais.

J’ai mis mes nouvelles chaussures de randonnée et, un peu anxieuse, je suis sortie à l’avance pour attendre Cameron devant l’hôtel. Une grosse voiture est arrivée un peu après, conduite par une toute petite Japonaise, Sato. Elle m’a expliqué que son mari avait un empêchement et que ce serait elle qui me guiderait pendant ces deux jours. Ce qui quelque part a un peu fait retomber mon anxiété: j’avais un peu peur de passer deux journées avec un homme inconnu (même si son métier est guide et que normalement il n’y avait rien à craindre) et aussi de ne pas être à la hauteur à côté d’un homme fort et sportif.

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Nous partons pour les montagnes du centre de l’île, prenant une petite route sinueuse pour monter jusqu’à plus de 600 mètres. J’avais choisi de marcher sur le chemin de Shiratani, un parcours pas trop difficile et montrant la forêt qui a inspiré Miyazaki. Il fait beaucoup plus frais en altitude et je mets ma veste. Sato m’explique les options sur la carte et j’opte pour le parcours orange, moins visité, pour ensuite rejoindre le parcours vert, ce qui permet de faire une boucle. Le début du parcours est facile, tout à fait aménagé mais monte déjà beaucoup. Je prends l’excuse des arrêts photos pour souffler un peu ! Mais ce n’est pas vraiment une excuse, le paysage est photogénique dès les premiers pas.

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Le parcours se complique par la suite: le chemin est balisé mais il faut marcher entre les racines, les branches, les rochers et donc bien regarder où on met chaque pied. Et cela monte et descend constamment, vu que le parcours traverse plusieurs ruisseaux. J’absorbe le paysage: c’est vert, très vert, des arbres tout jeunes alternent avec des cèdres millénaires, des mousses recouvrent le sol et les branches. Le soleil filtre entre les feuilles, créant des jeux de lumière. Je suis tout simplement émerveillée et je fais des centaines de photos.

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Sato et moi parlons de mille et une choses, de notre vie quotidienne, de notre passé, de la condition de la femme, des hommes… A un moment, au début de la randonnée, je lui explique pourquoi je suis ici, et je fonds en larmes. J’ai réservé mon voyage fin mai et l’idée de venir ici m’a beaucoup soutenue pendant les difficiles mois d’été. Je sens que je relâche enfin beaucoup de tensions, que je les abandonne aux esprits de la forêt, aux kodamas (que Miyazaki a représenté en créant de petits personnages blancs aux yeux qui tournent). Sato m’écoute et me réconforte. Je suis aussi très soulagée que la météo soit superbe sur cette île où il pleut 365 jours par an.

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Nous voyons une famille de biches et de cerfs, c’est rare d’en voir plusieurs en une fois. Je n’ai que des mauvaises photos au smartphone, je n’avais pas emporté le gros zoom avec moi, mais peu importe. On entend aussi les oiseaux chanter.

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Les cèdres millénaires ont des noms; souvent il ne reste que la souche d’origine mais un nouvel arbre a pris racine sur celle-ci, créant un nouvelle génération. Certains ont un tronc creux et on peut passer en dessous. Un de ceux-ci est connu comme un passage vers une nouvelle vie, vers une renaissance. J’aime beaucoup la symbolique, parce que c’est en effet ce que je ressens. Au retour, je ne passerai plus en dessous, pour ne pas jouer avec le sort !

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Mes jambes fatiguent vite avec les montées et descentes incessantes mais c’est l’heure du pique-nique. Nous nous installons près d’une famille de singes qui se poursuivent dans les arbres tout en se chamaillant. Sato a prévu un bento de riz, de salade de chou et de poulet pané, accompagné d’une excellente tisane avec des herbes locales. Elle m’en apportera le lendemain (il s’agit d’un mélange de feuilles de goyave et de tulsi ou basilic sacré).

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Nous reprenons le chemin pour aller à un des endroits qui a tout particulièrement inspiré Miyazaki pour Princesse Mononoké. Les mousses y sont magnifiques, recouvrant les rochers sur le sol et les branches des arbres. Ce lieu ne peut qu’inspirer de belles choses et donne envie de croire à l’existence d’esprits de la forêt. J’avais l’impression d’être entourée et protégée.

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Sato m’explique que le chemin devient abrupt à partir de là, et sort de la forêt. Je sens que mes jambes sont déjà fort fatiguées et je préfère ne pas continuer. Le retour reste tout aussi superbe, de colline en vallée, de ruisseau en torrent. Comme il n’a pas plu depuis quelques jours, ils se traversent tous à sec, en passant de rocher à rocher. Lors de fortes pluies, il débordent et se transforment en torrents infranchissables.

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Je sens mes genoux flancher de plus en plus mais nous arrivons à la fin et rejoignons le parking. Je suis très fière d’avoir réussi cette randonnée jusqu’au bout, moi qui ne fait que peu d’exercice physique. J’ai les genoux en vrac, et je sais que j’aurai des courbatures, mais ce n’est pas très grave. Je suis juste ravie et heureuse.

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Nous redescendons en voiture vers la côte et Sato propose d’aller nous rafraîchir les pieds dans la rivière, à un endroit qui appartient en fait à une des industries locales – une propriété privée donc – mais qui est connu des locaux. La rivière est envahie de grands blocs de granit usés par les eaux, et il faut un peu crapahuter sur les rochers pour arriver au bord de l’eau. Celle-ci est glaciale – elle vient des montagnes – mais cela fait du bien !

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Une fois de retour à l’hôtel, je vais barboter à l’onsen, ce qui détend mes jambes qui commencent à me faire souffrir de plus en plus fort. Puis c’est l’heure du repas, et à nouveau je reçois tout un choix de mets délicieux: des entrées diverses, du shabu-shabu (une sorte de fondue), des sashimis, un pudding à l’anguille, des nouilles soba au thé vert, et en dessert un cheesecake et une glace un peu bizarre. Mizaki est heureusement là pour m’expliquer tout ça et nous parlons un peu de ma journée.

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Après cette journée très active, je m’écroule dans mon lit, hésitant à prendre du paracétamol contre les courbatures, mais je m’endors de suite en rêvant des esprits de la forêt. Depuis ce jour, j’y repense souvent et je visualise les kodama de Miyazaki quand je me sens moins bien. Et ça m’aide beaucoup !

Statistiques du jour: 12 618 pas – 9,1 km – mais surtout 72 étages !

Et il y a vraiment plein d’autres photos de mes trois jours à Yakushima sur flickr, allez voir !

Japon: Kagoshima – Yakushima

Lundi 5 novembre 2018

Cette nuit, j’ai dormi d’une traite pendant onze heures – la preuve que j’étais bien fatiguée. Du coup, ce matin, je me sens vraiment reposée pour la première fois depuis longtemps.

Je vais déjeuner au Tully’s Coffee, l’autre option proposée par l’hôtel. Le menu est fixe: omelette, pancakes, yaourt, salade. Ce n’est pas fantastique mais probablement plus léger que tout le gras du buffet japonais. Je fais des réserves d’argent liquide au 7/11, sachant qu’il n’y a pas ou très peu de distributeurs à Yakushima, puis je demande à la réception de l’hôtel d’envoyer ma valise à Hakata (Fukuoka) où j’arriverai quatre jours plus tard.

Les horaires du jetfoil pour Yakushima sont réduits en cette saison et c’est pour ça que j’ai tout le temps ce matin. Je sens quand même mon anxiété monter un peu: je n’ai jamais été dans ce genre d’engin et j’ai peur du mal de mer. Je pars bien à temps à pied pour l’embarcadère et j’arrive évidemment trop tôt. J’échange ma réservation par mail contre un ticket pour l’aller et une autre réservation pour le retour.

Je m’installe dans la salle d’attente et fais comme tout le monde: j’abandonne mes bagages pour aller aux toilettes, le truc complètement inconcevable ailleurs qu’au Japon. Bon, d’accord, je me suis dépêchée ! Un peu plus tard, une dame asiatique m’aborde en anglais. Elle est japonaise mais vit aux Etats-Unis (ce qui explique son anglais et pourquoi elle m’a abordée), et elle va visiter sa sœur qui vit à Yakushima. Cette courte conversation calme un peu mes nerfs, et je décide de ne pas prendre de médicament contre le mal du voyage avant de partir. Il sera encore temps à bord. De plus, la météo est au beau fixe et la mer est étale.

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Nous pouvons enfin embarquer. Ma place est à l’étage, à la fenêtre, mais je dois laisser mon bagage en bas. Le jetfoil, le Rocket 3, a l’air d’avoir déjà bien vécu mais j’imagine que si les vieux trams des années 30 roulent encore, le bateau des années 90 doit être bien entretenu. Nous démarrons tout doucement puis prenons de la vitesse sans que je ne m’en rende compte. Cela fait moins de bruit et c’est beaucoup plus stable que prévu. Nous passons devant le volcan Sakurajima, puis voguons entre les deux côtes avant de rejoindre la pleine mer vers Yakushima. J’en profite pour lire un long moment (le trajet dure 2h20).

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Le port de Miyanoura à Yakushima ne paie pas de mine mais le regard est attiré par un bâtiment moderne, le centre d’information sur l’île. Il est malheureusement fermé et je pars à la recherche de mon hôtel, le Seaside Hotel. Il ne me faut pas trente secondes pour le trouver: il est là, en haut de la colline. C’est sa proximité avec le port qui m’a décidée d’y loger. Ce n’est pas le moins cher de l’île, au contraire, mais cela restait abordable selon mes standards, d’autant plus que ce séjour sur Yakushima était un cadeau à moi-même.

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Ma chambre n’est pas encore prête et je pars donc me promener dans la ville. Plusieurs grands magasins de souvenirs bordent la rue principale et je repère une jolie tasse en céramique bleue. Je continue ma route jusqu’à la rivière où je bifurque pour retourner le long de la côte. Celle-ci est protégée par un grand mur en béton qui bloque en partie la vue mais sur mon chemin se trouve un temple. J’y revois le couple de Japonais rencontrés à l’hôtel et arrivés par le même jetfoil que moi. Notre conversation est des plus limitées, mais avec quelques gestes, on finit par se comprendre.

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Je n’ai (à nouveau) pas encore pris le temps de manger et je me dirige vers le supermarché. J’y achète de quoi grignoter et à boire (de la bière Orion d’Okinawa dont la canette m’a attirée à cause de la fleur d’hibiscus qui la décore). Je peux maintenant prendre possession de ma chambre et je découvre que j’ai vue sur mer alors que je n’avais pas payé le supplément pour cette vue ! De plus, elle est immense, une vraie salle de bal selon les standards japonais ! Par contre, la déco et les couleurs sont un peu passées, rétro dirons-nous, et la salle de bain n’est pas très lumineuse.

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J’ai envie de tester l’onsen mais je vais d’abord me balader un peu autour de l’hôtel. Il y a une piscine vide qui a vu des temps meilleurs et un chemin qui mène vers les arbres. Je vais évidemment par là et y trouve un petit sanctuaire. Et puis je retourne dans ma chambre.

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Sur le lit sont posés trois yukatas de tailles différentes. Je ne sais pas trop si je dois en revêtir un pour descendre habillée ainsi à l’onsen, ou si je garde mes vêtements pour me changer sur place. Bref, je fais un aller-retour pour évaluer la chose. Au final, je mets le yukata, voyant par la suite que les deux options sont acceptées. L’onsen est immense, et il y a aussi un bassin d’eau froide pour se rafraîchir par la suite (c’est trop froid pour moi !). Il y a deux autres femmes et chacune reste dans son coin. J’en profite pleinement, une fois de plus.

J’ai réservé mon repas pour 18h. La salle du restaurant est grande et une serveuse me mène à ma table. Je m’étonne de son anglais excellent; elle me raconte qu’elle est de Tokyo mais qu’elle a vécu aux Etats-Unis. Elle travaille à l’hôtel pour trois mois et elle décidera par la suite de son futur. Mizaki sera d’une grande aide pour m’expliquer le menu et comment je dois manger certaines choses. Le menu est en effet complètement japonais: des amuse-bouche, des sashimis de poissons locaux, une soupe de fruits de mer au safran qui cuit sur un petit réchaud individuel, des croquettes de poisson, un genre de pudding de yam, une soupe claire de poisson… et un dessert, du milk pudding. Tout cela est heureusement servi en petites quantités et je me régale, même si certains goûts ou textures sont parfois un peu nouveaux et bizarres pour moi.

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Statistiques du jour: 11 491 pas – 8,3km

Plus de photos sur flickr.

Japon: Kagoshima – Sakurajima – Kagoshima

Dimanche 4 novembre 2018

A l’hôtel REMM, il y a moyen de prendre le petit-déjeuner à deux endroits différents. Je teste la version japonaise/asiatique, un grand buffet qui propose beaucoup de choses salées, des légumes en saumure, des soupes, de la salade mais aussi du spaghetti bolognaise. Je goûte à diverses choses mais je ne suis pas vraiment convaincue.

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Comme je veux visiter pas mal de choses aujourd’hui, je pars assez tôt, un peu trop tôt même pour le City Bus – le bus qui fait le tour de toutes les attractions touristiques – de 9h09 que je dois donc attendre un moment. Il fait encore frais mais le soleil réchauffe déjà bien. Le petit bus bien rempli monte à l’observatoire mais on ne voit rien. J’aurais pu descendre à cet arrêt comme beaucoup de gens mais je préfère continuer ma route. Et il est clair que monter à pied n’était pas la meilleure idée du monde: c’est franchement haut et loin, à moins qu’il n’y ait un chemin pour piétons à travers les bois. J’ai donc un peu moins de regrets par rapport à mes décisions du jour précédent.

Le premier but du jour est le jardin de Sengan-en (1300 yens) et j’y arrive finalement après une bonne demi-heure. J’avais un moment envisagé d’y aller à pied mais la route pour y arriver n’est pas des plus intéressantes, comme souvent au Japon, et finalement le City Bus est bien pratique même s’il est un peu lent.

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Le jardin a été aménagé autour de la résidence du clan Shimazu, construite en 1658. Classé au patrimoine de l’UNESCO, il est un exemple typique de « borrowed scenery », d’un endroit aménagé en fonction du paysage plus large qui l’entoure. Il est en effet en bord de mer (il faut cependant faire abstraction de la voie rapide et du chemin de fer), juste en face du volcan Sakurajima.

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La maison des samouraïs est superbe, avec ses diverses pièces aux portes coulissantes, dont certaines ont été aménagées pour recevoir des invités européens. Le bureau avec vue sur le jardin est tout particulièrement beau et donne envie de rester là pour toujours. Le jardin intérieur est très agréable également.

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Le site sert de lieu de tournage pour une série locale, et des samouraïs en tenue complète se préparent et se prêtent joyeusement à la photo. La météo est parfaite, la vue est superbe. Le jardin se découpe en diverses parties aux styles légèrement différents. Il y a des étangs, des pins, des bambous, et surtout le volcan qui domine au loin. Je suis plus ou moins le parcours fléché, mais à un moment, je suis attirée par un chemin de randonnée qui monte au sommet de la colline. Je commence l’ascension mais je me sens vraiment seule et je pense aussi à tout ce que je veux encore visiter pendant la journée. Je fais demi-tour.

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Je visite en vitesse le musée qui relate l’histoire de la région. Il est très bien aménagé mais je n’ai pas envie de rater le City Bus suivant qui me mène au port. J’embarque dans le ferry qui fait la traversée vers l’île de Sakurajima en 15 minutes. Une fois sur place, je vois que le bus touristique ne part que dans une demi-heure et je traîne un peu dans le magasin. J’y achète du thé mais aussi une carte postale que j’envoie de suite à mon papa. Il ne s’y attendait pas du tout (et l’avait même complètement négligée, n’ayant pas compris que ça venait de moi – j’avoue que j’ai eu du mal à ne pas être vexée, même s’il m’a remerciée par la suite).

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A l’arrêt du bus, je retrouve le Coréen que j’avais rencontré dans le ferry et nous passerons finalement le reste de l’après-midi ensemble. Je ne suis pas sûre d’avoir bien compris son nom mais c’était quelque chose comme Ming-Yue. Il me raconte qu’il est marié et qu’il a deux enfants mais que sa femme ne souhaitait pas l’accompagner à Kagoshima, préférant aller sur l’île de Jeju. Lui, il en profite pour boire des bières et visiter la région.

Le bus est bondé et suit un circuit très minuté. Il y a divers arrêts à des points de vue mais il n’y a pas beaucoup de temps à perdre pour profiter du paysage. C’est une expérience à faire mais louer une voiture est clairement plus intéressant pour voir les différentes attractions de l’île, ou même d’en faire le tour complet.

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Une heure plus tard, nous sommes à nouveau au point de départ et j’emmène Ming-Yue à un endroit où il y a moyen de tremper ses pieds dans un bain d’eau chauffée naturellement par le volcan. Nous fuyons quand un bus de touristes chinois ou taïwanais débarque. A ce moment-là, je ne sais pas trop comment expliquer à mon compagnon que je préférerais continuer mon chemin toute seule – je me serais bien installée quelque part en bord de mer avec mon livre – et nous retournons finalement ensemble à Kagoshima. Là, il m’invite à dîner mais je trouve une excuse bidon pour refuser. C’était agréable d’avoir un peu de compagnie mais je me sens très bien seule aussi !

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Je souhaite encore faire une chose: repérer d’où part le jetfoil pour Yakushima. Je mets un bon moment à trouver le terminal – il n’y a pas de panneaux en anglais. Et je ne me sens pas trop bien: je n’ai quasi rien mangé et j’ai été beaucoup au soleil. Je retourne quand même à pied à l’hôtel pour être sûre du temps de trajet – 20 minutes donc – puis je me repose un peu, reprenant des forces.

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Je fais une nouvelle tentative, après avoir mieux examiné ma google map, et cette fois-ci je trouve le restaurant que je cherchais, le Tontoro (ce qui veut dire « porc gras »), réputé pour ses ramens. La version de Kagoshima de cette soupe de nouilles est garnie de porc bien gras et très tendre. Le porc Kurobuta est en effet une spécialité de la région. Le bouillon est salé mais plein de goût et c’est tout simplement délicieux, surtout avec l’ajout d’un œuf mi-cuit. L’endroit est petit et rustique mais il existe une deuxième enseigne plus moderne à la gare. Et en une demi-heure, j’ai mangé. Je peux rentrer repue à l’hôtel où je divise à nouveau mes deux valises en fonction des besoins des prochains jours.

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Statistiques du jour: 15209 pas – 11,3 km

Plus de photos sur flickr: KagoshimaSakurajima