Pays-Bas: La Haye et Wassenaar

Jeudi 4 juillet 2019

Ce jeudi matin de juillet démarre comme tous les autres, je me lève, déjeune, m’habille, prends le métro avec mon sac, mais pour une fois, je descends beaucoup plus loin, à la Gare Centrale, décorée à l’occasion de Tour de France. Je m’installe pour attendre sur le quai annoncé, et comme souvent, des trains en retard encombrent la voie. En dernière minute, je dois changer de quai. Je n’ai pas choisi un ticket Thalys, pas tant à cause du prix un peu plus cher, ni du temps de voyage un peu plus court mais à cause de la facilité pour moi d’un départ Gare Centrale.

Quant le train arrive, il est déjà bien plein mais je m’installe à mon aise. Sauf qu’une fois sorti des souterrains, je me rends compte que je serai en plein soleil pour tout le trajet et qu’il n’y a pas de stores dans les trains hollandais. Je change de place mais je suis alors obligée d’être assise à contresens… Le paysage défile devant mes yeux et je n’ai même pas envie de lire.

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A Breda, j’ai juste cinq minutes pour prendre ma correspondance située deux quais plus loin. Là aussi, le train est bien rempli mais il se vide au fur et à mesure des arrêts. Une fois arrivée à la gare HS Den Haag (juste avant Den Haag Centraal), je pars à la recherche du meilleur moyen de transport local, et après des réponses contradictoires, je choisis d’acquérir une OV Chipkaart à 7,5 €. Valable cinq ans, elle est rechargeable et utilisable partout aux Pays-Bas, y compris pour les trains.

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La météo est ensoleillée, mais il fait encore frais vers 11h. Je décide de marcher vers mon hôtel, traversant le Chinatown local, puis longeant une des principales rues commerçantes. Il fait très calme et très vite, je trouve la raison: le centre est piétonnier et s’il y a des voitures, leur vitesse est limitée. Après 20 minutes de marche, j’arrive à l’Hotel Indigo – Palace Noordeinde. Le bâtiment est ancien et abritait dans le passé une banque. La rénovation a laissé la part belle aux éléments de l’époque art déco et les chambres sont décorées avec goût. La mienne est située au premier étage et j’aime beaucoup les murs bleus, le plancher ancien, le coffre-fort qui fait office de mini bar, et la salle de bain aux accents art déco. Oh, et les tentures qui se ferment à l’aide d’un interrupteur ! Le lit est d’un confort absolu – je regrette juste qu’il s’agissait de deux lits collés l’un à l’autre: j’aime faire l’étoile de mer en dormant.

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Le projet de l’après-midi est de visiter le Musée Voorlinden situé en banlieue de La Haye, à Wassenaar. Je rejoins la gare centrale à pied (où je mange en vitesse un sandwich) puis prends le bus 43 jusqu’à l’arrêt Wittenburgerweg (heureusement que je me souvenais du nom – le chauffeur ne connaissait pas le musée). De là, le chemin (fléché) traverse un quartier résidentiel très chic, aux immenses villas dont beaucoup ont encore un toit de chaume à la mode le siècle passé. Je parle un peu aux deux autres personnes qui ont la même destination que moi, un jeune Hollandais et son amie Chinoise.

Le musée est situé dans un cadre idyllique, vert, avec un immense point d’eau. Un bâtiment ancien abrite un restaurant tandis que le musée se situe dans un édifice contemporain. Le prix d’entrée n’est pas donné (une constante): 17,5 €; le ticket donne l’accès aux trois expositions du moment ainsi qu’à quelques œuvres qui restent là en permanence (par la force des choses vu leur taille). Je choisis en général de commencer ma visite par celle qui me tente le moins. Ici, il s’agit de Less is more consacrée à de l’art minimaliste.

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Je découvre ensuite Do Ho Suh, un artiste coréen obnubilé par l’architecture. Son installation la plus intéressante est une série de constructions en tissu transparent aux couleurs très vives, reproduisant diverses maisons et bâtiments avec de nombreux détails dans les fenêtres, portes ou accessoires. Plus loin, des maquettes et des films montrent les projets qu’il a réalisé en vrai. Et ce n’est pas rien: il a inséré – de travers -une maison traditionnelle coréenne entre deux immeubles new-yorkais (il me semble) ou construit une maison en équilibre sur un coin du toit d’un immeuble.

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Enfin, et c’était le but de ma visite, je découvre l’exposition Yayoi Kusama, l’artiste japonaise obsédée par les pois. Il y a une grande citrouille et une Infinity Room (différente de celle vue à Metz, il me semble), une galerie aux miroirs convexes et des œuvres plus petites. Mais je suis un peu déçue, je m’attendais à plus.

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Comme je le disais plus haut, certaines pièces ne sont pas déplaçables: les minuscules ascenseurs de Maurizio Cattelan, l’immense labyrinthe en acier de Richard Serra, les humains plus vrais que nature de Ron Mueck, le petit chien de Yoshitomo Nara et surtout la piscine de Leandro Erlich, identique à celle que j’avais vue à Kanazawa.

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Je veux voir la mer ! Le musée n’est en effet pas très loin de celle-ci. J’emprunte un chemin qui me mène dans les bois, puis sur une immense dune mais au sommet de celle-ci, pas moyen d’aller plus loin: il y a une clôture – et pas de mer en vue, oh déception ! Grimper dans le sable en gardant ses sandales était une mauvaise idée: j’attrape de fameuses crampes aux orteils, et même de retour sur un sol moins mouvant, je continue à souffrir de mes pieds. Voilà qui était une excellente idée pour un citytrip dont le but était de marcher quatre jours !

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Je me promène encore un moment dans la jardin autour du musée. Conçu par Piet Oudolf, il rassemble dans de grands parterres ondoyants des fleurs de saison aux couleurs diverses et assorties. Je suis subjuguée.

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C’est avec plein d’étoiles (et d’œuvres d’art) dans les yeux que je retourne vers mon hôtel, flânant encore un moment dans la ville, marchant un peu au hasard, mais le long de monuments connus. Il n’est que 16h mais je m’écroule dans mon lit pour une sieste bien méritée (j’avais très mal dormi cette nuit) et un peu plus longue que prévue.

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Je me doute que les Hollandais dînent tôt et je pars vers 18h à la recherche d’un restaurant. Un des buts du voyage était de manger indonésien, ce qui est impossible en Belgique, et j’avais noté quelques adresses. Mon choix se porte sur le Srikandi, un restaurant au décor plutôt basique mais à la carte alléchante. Je commande un rijsttafel pour une personne avec un bière Bintang. On m’apporte deux plats (en inox très années 70) avec des cases pour les différents mets. C’est délicieux et un peu trop copieux – évidemment.

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Sur le chemin du retour, je passe devant le bar tiki de la ville, le Va Va Voom mais je me sens intimidée – ça m’arrive de temps en temps. Je ne me sens pas assez à l’aise pour y entrer seule et c’est à ces moments-là que j’aimerais ne pas voyager seule. Je retourne donc à l’hôtel et profite d’une des bières locales achetées plus tôt. Les Pays-Bas produisent en effet un nombre incomparable de « craft beers » et j’ai profité de ce voyage pour en goûter et ramener quelques-unes.

Statistiques du jour – distance parcourue: 17,5km – 24 453 pas

Toutes les photos sont prise à l’iPhone (en partie avec Hipstamatic) ou au Lumix GX80 (qui se déréglera en cours de route sans que je ne le remarque, montant l’ISO à 3200, donnant trop de grain aux photos, ainsi qu’une couleur rosâtre – heureusement j’ai souvent trouvé plus pratique de ne sortir que l’iPhone). Comme toujours, j’ai mis plus de photos sur flickr.

Japon: Okayama – Kagoshima

Samedi 3 novembre 2018

Je me prépare à l’aise, mange les croissants industriels achetés le jour avant et bois du thé, ainsi qu’un smoothie au goût bizarre, puis je me rends à la gare toute proche où j’achète un bento dans une jolie boîte. Je suis évidemment bien trop tôt et m’installe avec mon livre.

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Le shinkansen qui m’emmène dans le sud est bien rempli, notamment par un groupe de personnes âgées. Leur accompagnatrice s’occupe bien d’eux et distribue bento et boissons, puis viens chercher plusieurs fois les déchets. Mes deux voisins successifs ne disent rien, m’ignorent même, et cela m’arrange pour bien avancer dans mon roman. Le trajet de 3h30 me semble un peu long sur la fin, et le train passe par beaucoup de tunnels qui me bouchent les oreilles.

Quand j’arrive à Kagoshima, tout au sud de Kyushu, il fait beau, chaud et ensoleillé. A l’information de la gare, j’achète un « cute pass » de deux jours qui me permet d’utiliser les transports en commun (le tram, le bus touristique et le ferry vers Sakurajima) et d’avoir des réductions sur certaines attractions. A vrai dire, c’est un peu de l’argent gaspillé vu que je ne l’utilise quasi pas le premier jour, mais tant pis. L’hôtesse du stand d’informations me prévient très gentiment qu’aujourd’hui, il y a une parade et un festival dans les rues de la ville et que les transports sont grandement perturbés. Néanmoins, mon hôtel qui se trouve à mi-chemin entre la gare et le port (encore un choix stratégique de ma part) reste accessible.

J’emprunte un tout vieux tram. Il est bondé et c’est un peu gênant avec ma valise, même petite. Heureusement tout le monde sort au même arrêt que moi. L’hôtel REMM est situé un peu plus loin sur la grande avenue et je m’y rends à pied. Considéré par beaucoup de sites comme un favori à Kagoshima, je ne peux que confirmer. C’est un hôtel à l’occidentale, aux chambres très petites, mais la décoration est soignée et l’agencement des pièces est un peu différent. La salle de bain possède de grandes fenêtres (avec stores) qui donnent une impression d’espace. J’avais lu que dans le Kyushu peu de gens parlaient anglais mais jusqu’à présent, je me suis retrouvée face à des personnes qui se débrouillaient très bien.

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Ma chambre est prête et j’y dépose mes affaires avant de ressortir – ma grande valise est bien arrivée de Tokyo. Je passe un moment à regarder la parade qui rassemble des personnes de tous les âges, regroupées par associations ou entreprises. Je prends une série de photos mais c’est très répétitif. Je me fais un peu moquer par un homme masqué qui me propose ses crottes de nez – je n’ai pas tout compris mais la gaijin était probablement la victime idéale !

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Je quitte la foule et je rejoins l’église de Saint-François-Xavier par de petites rues.  François-Xavier est en effet arrivé au Japon par Kagoshima en 1549. Plus loin se trouve le temple de Terukuni, ainsi que diverses statues de héros locaux. Entre les bâtiments, j’aperçois le volcan Sakurajima qui crache un nuage de poussière.

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Mon but était de rejoindre l’observatoire situé sur la colline qui domine la ville et offre un panorama sur le volcan mais je me trompe de chemin – il ne mène nulle part – et me fais piquer par des moustiques. Découragée par mon premier effort, j’abandonne en voyant que la rue face à moi monte fort et n’est pas très agréable pour les piétons (et je ne vois pas de chemin différent). Je regrette un peu mais me dis que j’irai le lendemain avec le bus touristique. A vrai dire, je suis légèrement déçue par la ville, n’ayant rien vu de fantastique ou spectaculaire. J’avais noté d’autres choses sur ma google map, mais elles sont plus loin et le soleil commence à se coucher.

En rentrant vers l’hôtel, je trouve sur mon chemin un grand magasin d’alcools. Je suis toujours curieuse de voir ce qui se vend ailleurs et je vais donc examiner les rayons. Il y a évidemment beaucoup de shochu, l’alcool de patates douces local, et de saké, des bières – y compris de Belgique -, du vin, du whisky mais très peu de rhum ou de gin (j’ai aussi remarqué que les supermarchés ne vendent pas de tonic en général – je l’avoue, un gin tonic m’aurait plu à un moment ou un autre).

Je pars à la recherche d’un restaurant de ramen que j’avais noté mais je ne le trouve pas. Entre-temps, la parade est presque terminée mais les stands de nourriture sont toujours actifs et je m’achète des yakitoris de poulet, auxquels j’ajoute une salade de supermarché et de l’ananas en dessert. Cela fait un pique-nique dans ma chambre – je n’ai en effet pas toujours envie de me retrouver entourée de gens au restaurant. Je goûte aussi à deux autres spécialités japonaises: du calpis, une boisson sans alcool au goût légèrement lacté et acide, et du shochu highball, du shochu mélangé à de l’eau pétillante (j’avoue que la canette m’a attirée). Les deux expériences sont très mitigées et je suis contente d’avoir également acheté une bière !

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Cette longue soirée dans ma chambre me fait du bien et je prépare ma journée du lendemain.

Statistiques de la journée: 8152 pas – 6,1 km

Japon: Tokyo

Lundi 29 octobre 2018

Ma nuit est un peu troublée – les effets du décalage horaire probablement. Je m’endors puis me réveille avec des maux de tête puis je me rendors comme une masse. J’ai du mal à émerger quand le réveil sonne à 8h30. Je vais d’abord petit-déjeuner: c’est assez varié à cet hôtel et je goûte du salé et du sucré, du japonais et de l’occidental. En me préparant, je me rends compte que mon appareil photo est complètement déréglé. Je n’ai évidemment pas pris le mode d’emploi avec moi et je peste. Il me faut bien 15 minutes pour trouver le problème. Je pars finalement vers 10h30, retrouvant très facilement mes repères à Ueno. Il fait déjà chaud, plus de 20°, et même mon gilet est de trop.

Je prends la ligne Yamanote pour Shinjuku. Le trajet est fortement troublé par un homme bizarre, très probablement sans-abri, qui souffle très fort et semble surtout souffrir beaucoup de ses pieds gonflés, purulents et bandés. Les Japonais s’écartent de lui et moi aussi je décide à un moment de sortir du wagon et d’attendre le train suivant. Shinjuku est un dédale mais je trouve quasi sans chercher le quai du train de la ligne Odakyu Odawara. C’est l’app Hyperdia qui m’a guidée dans la recherche du trajet le plus efficace et rapide et je conseille de l’installer (mais pas trop tôt sur un iPhone où elle est payante après trente jours d’utilisation – ce n’est pas le cas sur Android). Je descends quelques stations plus loin, à l’arrêt Gotokuji, du même nom que le temple que je vais visiter. Je profite du peu de monde à l’arrêt pour recharger ma carte de transports Suica à un distributeur. Je ne pense même pas avoir activé l’option « English », le fonctionnement est assez clair: insérer la carte, insérer des billets, appuyer sur le montant de recharge, reprendre la carte.

(Parenthèse pratique: la ligne Yamanote fait partie du groupe JR et est donc gratuite pour les détenteurs du JR Pass qu’il faut montrer au responsable de chaque station traversée. Passer par les portillons est impossible. Pour le métro ou les lignes de train privées, il existe plusieurs cartes, notamment Pasmo et Suica, qui se rechargent et qui sont utilisables dans un grand nombres de villes du Japon. J’avais acheté la mienne en 2015 et elle est valable cinq ans. Elle permet aussi de payer de petits achats, de l’entrée à certains temples à des repas comme des ramen.)

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Je suis donc bien arrivée dans le quartier de Setagaya qui est très calme et résidentiel, loin du Tokyo urbanisé des photos. Dès la gare, un panneau indique quelle direction prendre et google maps fait le reste. Par contre, la carte n’indique pas où est l’entrée et j’ai donc fait quasi le tour complet de l’enceinte. C’est beau, c’est serein, l’air sent la mousse et la nature. La ville me semble bien loin. Il y a quelques touristes locaux et étrangers mais l’endroit est encore fort préservé, sans doute parce qu’il est assez éloigné de toute autre attraction.

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Il y a plusieurs bâtiments, temples et pagodes et je découvre bien vite où sont cachés les chats. Car le Gotokuji est célèbre pour ses statuettes. La légende raconte qu’au 17e siècle, un daimyo, un chef local, s’est retrouvé dans un orage violent et qu’un chat l’a invité à se protéger dans ce temple. Depuis, de nombreux Maneki Neko sont rassemblés là, censés apporter le bonheur. C’est un bonheur de les photographier sous toutes le coutures – ils sont vraiment photogéniques !

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Je me promène encore un moment dans l’enceinte du temple, profitant pleinement de ce retour au Japon et de cette première journée qui commence décidément très bien. Ma destination suivante me semble tout à fait accessible à pied et je me promène au son du chant des oiseaux dans les petites rues du quartier résidentiel, admirant comment même sur de toutes petites parcelles, les Japonais arrivent à créer de petits espaces verts, avec juste un arbre ou quelques plantes en pot.

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Le chemin devient moins intéressant après un moment et je me trompe un peu, allongeant mon parcours mais je trouve en fin de compte la jolie boulangerie et restaurant Tolo (lien 1lien 2, je n’ai pas compris pourquoi le nom est différent – google map). On m’installe sur la seule table du balcon à l’étage et je profite du calme, sous un grand arbre. La carte est plutôt italienne, avec des plats de pâtes, mais ce n’est pas pour cela que je suis venue. Comme j’ai faim, je commande cependant un spaghetti bolognaise aux légumes racine de saison et un thé glacé. La sauce est très bonne mais je ne comprends pas trop l’ajout de fromage frais en cubes.

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Et puis c’est le moment du dessert: l’endroit est connu pour ses choux à la crème en forme de Totoro et il était évident je devais en manger un. Je prends le plus simple, à la crème vanille. Après l’avoir photographié sous toutes les coutures, je lui assène un coup de fourchette, le tranchant en deux. C’est tout simplement délicieux (et je suis extrêmement difficile en pâtisserie).

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Je suis repue quand je pars de là. Je reprends le train de la ligne Odakyu Odawara à la gare de Setagaya Daita et retourne à Shinjuku. Il y a trois ans, je n’avais pas vraiment visité le quartier, et certainement pas la partie ouest avec les grands buildings. En sortant de l’immense gare, je repère assez vite un magasin Bic Camera qui me permet d’acheter un accessoire fort utile pour le Japon: un chargeur avec deux USB à prise locale. Je pourrai ainsi recharger plus facilement et en même temps iPhone, IPad, liseuse ou appareil photo, sans devoir sortir à chaque fois l’adaptateur.

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Je suis plus ou moins le trajet que j’avais tracé dans ma google map, recopié depuis le livre Tokyo: 29 walks. Je me laisse aussi surtout guider par mes envies, admirant les grands buildings et le soleil qui apparaît parfois entre ceux-ci. Mon but est le Metropolitan Building qui possède un observatoire gratuit offrant un panorama sur la ville. J’hésite: la file est longue et puis je me décide. Je regrette juste de devoir supporter la conversation des gens juste après moi – j’aurais préféré qu’ils parlent autre chose que le français (mais ça va, j’ai vécu bien pire).

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Le panorama est beau mais le Mont Fuji est dans la brume. Je cherche le joli cachet de l’endroit pour décorer mon carnet (énormément de lieux au Japon en possèdent, mais j’oublierai souvent de le chercher) puis je redescends assez vite: j’ai encore un but alors que le soleil baisse déjà fort.

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Je tente donc d’aller de l’autre côté de la gare de Shinjuku mais je me perds un peu, j’ai dévié un peu trop sur le côté, trop au sud, mais peu importe, la vue est plutôt intéressante et je vois les trains passer. Je croise plusieurs fois le même touriste, habillé avec un t-shirt ligné et un béret. A la troisième fois nous nous sourions avec pas mal de timidité et nous en restons là. Je trouve finalement le magasin que je cherchais, Fewmany, où j’achète une pieuvre Ugly Doll.

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Je me perds à nouveau en cherchant une entrée à la gare de Shinjuku. Cette fois-ci, je suis trop au nord mais le soleil se couche et les néons s’allument, donnant une ambiance particulière au quartier.

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Je traverse un pont sous les voies où dorment des sans-abris puis retourne sur mes pas et emprunte finalement le premier escalier qui descend, espérant trouver plus facilement mon chemin sous-terre. C’est le cas et je reprends la ligne Yamanote vers Ueno. A la gare, je réserve le shinkansen pour Okayama et passe au supermarché pour acheter quelque  chose de léger à grignoter (j’ai tellement bien mangé ce midi que je n’ai plus très faim). Je passe ma soirée à l’hôtel, préparant ma soirée du lendemain.

Statistiques du jour: 20 708 pas ou 15,8 km

(Il y a quelques photos de plus sur flickr mais je n’arrive pas à mettre de lien précis pour celles de cette journée – bref, c’est un lien vers l’album complet et donc un avant-goût de la suite)

 

 

Inde – Rajasthan: Agra – Fatehpur Sikri – Bharatpur – Ranthambore

Le petit déjeuner de l’hôtel Trident est très varié mais il n’y a pas beaucoup de temps pour en profiter: le départ est très matinal. Nous recevons cependant de quoi nous sustenter en cours de route. Nous partons pour Fatehpur Sikri, quittant l’Uttar Pradesh pour enter au Rajasthan que nous ne quitterons plus. Après un peu moins de deux heures de route, il faut à nouveau abandonner notre véhicule à une certaine distance du site historique pour prendre un bus au gaz. Sauf que deux des trois sont en panne et le seul qui roule est pris d’assaut par des Indiens. Le guide local essaie pourtant de nous y faire monter mais nous refusons, préférant attendre son retour. Ce qui ne prend que 15 minutes et ce qui nous permet d’être à l’aise.

Fatehpur Sikri est une ville-fort ancienne construite par l’empereur Moghol Akbar et utilisée comme capitale entre 1571 et 1585, date où elle a été abandonnée. Ville fantôme, elle est particulièrement bien préservée et est un bel exemple du style architectural indien du 16e siècle. Les bâtiments et palais sont construits en brique rouge du Rajasthan et sont entourés de cours et jardins. Les pierres sont finement découpées et ornementées.

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Il est encore relativement tôt et il n’y a presque pas de monde, ce qui fait un bien immense après les visites du jour précédent. Nous quittons l’enceinte par une autre sortie où le minibus nous attend pour nous conduire à Bharatpur.

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(Quelques autres photos de Fatehpur Sikri sont visibles sur flickr).

La gare est joliment décorée de peintures d’oiseaux. Nous allons d’abord dans la salle d’attente, où Connie et Bob nous font une démonstration de yoga. Plus tard, sur le quai, nous sommes très rapidement entourés d’un groupe d’étudiants de plus en plus curieux et de plus en plus nombreux. Heureusement, Tej arrive à les canaliser en plaisantant avec eux et ils s’éloignent. Ce qui n’est pas plus mal, je commençais à me sentir mal à l’aise.

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Le train arrive et nous allons jusque Sawai Madhopur, deux heures plus loin, et proche du parc national de Ranthambore. Les vitres sont un peu opaques et ne permettent pas trop d’admirer le paysage, fort monotone d’ailleurs: des plaines très sèches et un peu de végétation. Nous faisons la conversation pour passer le temps, tout en grignotant les biscuits et bananes de l’hôtel. Je ne peux pas dire que l’expérience de ce voyage en train ait été inoubliable…

Une fois arrivés à la gare, des voitures nous conduisent à notre hôtel – le minibus est encore en route. Le Juna Mahal est un établissement récent construit sur le modèle des anciens palais mais le service est quelque peu désorganisé: on nous attribue les clés des chambres alors qu’elles ne sont pas prêtes. Nous y mangeons dans une grande salle un peu vide différents plats sous forme de buffet.

Les chambres ont un certain caractère anglais, plutôt romantique, avec des rideaux à fleurs et un lit à baldaquin. J’ai même un petit balcon et la salle de bain est grande, surtout la douche (mais l’eau chaude est très lente à venir, restant même plutôt tiédasse). Pour le wifi, par contre, c’est uniquement à la réception et je n’ai pas la patience d’attendre une connexion.

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Je me change, prévoyant un pantalon et surtout un châle pour la poussière. Nous partons en effet en safari en jeeps ouvertes. Chaque jour, les touristes se voient allouer une zone dans le parc naturel de Ranthambore, connu pour les tigres. Nous n’avons pas de chance et devons rouler une petite heure avant d’arriver à celle qui nous est allouée. Quand nous arrivons, le chauffeur constate qu’il a crevé mais c’est très vite réparé !

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Le parc est un genre de savane, avec des arbres épineux. Y vivent des daims, des cerfs, des paons et surtout des tigres. Le but premier est évidemment de les repérer et comme une mère et ses deux petits ont été vus le matin même dans cette zone, toutes les jeeps de visiteurs convergent vers un point précis. En contrebas se trouve un point d’eau, dans une gorge bordée de rochers abrupts, très verte, avec quelques palmiers. Et là commence une longue attente. Il y a pas mal de monde et ça parle beaucoup, souvent fort. Je me dis que si j’étais un tigre, je ne me montrerais pas ! J’ai quelques frayeurs: la jeep descend via des rochers fort abrupts. Le vide est proche et le seul moyen de regagner un point plus élevé est de faire de la marche arrière, les moteurs à fond. En fermant les yeux, j’arrive à éviter le pire de mes angoisses du vide.

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De retour sur le plateau, nous attendons encore un peu mais les tigres ne se montrent pas. Je suis déçue évidemment, surtout quand je compare ce safari à celui de l’année passée au Sri Lanka où j’ai vu tant d’animaux différents, dont des léopards. Je profite cependant du paysage de savane et de collines; les couleurs sont superbes au soleil couchant.

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Le chemin du retour me semble très long. Il fait nuit et il commence à faire fort frais dans la jeep qui roule à grande vitesse. Avec la poussière ambiante, le décrassage est plus que nécessaire une fois de retour à l’hôtel.

Nous mangeons à nouveau au buffet, avec une grande Kingfisher et les discussions dérivent sur la condition des femmes en Inde. A part dans les grandes villes, le système reste très traditionnel: elles s’occupent de la maison et des enfants, ainsi que des champs. Au Rajasthan, elles portent un voile coloré transparent qui peut cacher le visage et le regard. Le couple et la fidélité ne sont pas au cœur des traditions: les mariages sont souvent arrangés dès l’enfance et ils donnent l’impression de ne servir qu’à la procréation (je m’avance sans doute un peu trop en disant cela). Les maisons abritent la famille au sens large, les femmes (et les petits enfants) dormant d’un côté et les hommes de l’autre. Quant aux relations sexuelles, il faut s’arranger: soit attendre que tout le monde dorme, soit trouver un endroit discret en journée. Nous abordons aussi le sujet des viols et des procès qui ont suivi. En pleine période de #metoo, ce thème me touche particulièrement et je constate surtout qu’il y a encore un très long chemin à parcourir en Inde.

Sri Lanka: Nuwara Eliya – Horton Plains – Bandarawela

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Le réveil est très matinal – 5h45 – et je fais une toilette de petit chat dans la salle de bain glaciale. Nous recevons un petit-déjeuner à emporter et partons avec deux minibus parce que le car ne passe pas par les petites routes sinueuses qui mènent aux Horton Plains. Ce parc national est situé à une trentaine de kilomètres au sud-est de Nuwara Eliya et s’élève à une altitude de 2000 à 2300 mètres. La route nous emmène à travers un paysage superbe, d’abord très suisse avec de nombreuses vaches qui paissent dans les pâturages et des potagers aux nombreuses cultures. Au fur et à mesure de la montée, la végétation change et je peux admirer de superbes fougères arborescentes que je rêve d’avoir dans mon jardin mais qui ne supporteraient pas le climat belge.

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Une fois arrivés au centre des visiteurs, nos sacs sont contrôlés – pas pour des armes mais bien pour tout plastique qui pourrait polluer l’endroit. Nous commençons une randonnée qui fera 11 kilomètres en tout à travers des plaines herbeuses et une forêt de petits arbustes. Le paysage change plusieurs fois sur le parcours. Nous nous arrêtons à Mini World’s End et à World’s End, des endroits où le plateau s’arrête abruptement pour plonger dans un vide vertigineux et qui offrent une vue sur la plaine en contrebas, jusqu’à la mer (paraît-il). Il est encore tôt mais la brume se lève déjà et je ne verrai pas la mer – Roshan lui-même dit qu’il ne l’a jamais vue d’ici. Comme nous sommes au Sri Lanka, la sécurité est inexistante et il n’y a aucun parapet pour protéger les humains du vide.

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Nous marchons ensuite vers une cascade un peu cachée dans entre les arbres puis à nouveau à travers la plaine herbeuse parsemée de rhododendrons dont quasi aucun n’est en fleurs. Certains membres du groupe filent à toute allure – ils nous raconteront qu’ils se sont lancé le défi d’arriver au bout du chemin plus vite que le temps prévu par Roshan – tandis que je traîne à la queue avec Nick, Ellen et le guide. Ce ralentissement est idéal pour s’imprégner du paysage et je me remplis des sensations du moment. C’est très silencieux, le soleil est légèrement voilé, les grandes herbes ondulent sous une brise légère et c’est tout simplement superbe, bien plus que ce que j’ai capturé en photo. Un des grands moments du voyage.

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235-hortonplainsune belle vue sur Adam’s Peak, la plus haute montagne du Sri Lanka

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Je ne suis pas mécontente de retourner au minibus parce que j’ai mal à un endroit précis à mon pied. Quand j’enlèverai mes chaussures – des Palladium en tissu – je découvrirai une belle ampoule sur le côté du talon, à endroit insolite. Pour un prochain voyage, il faudra que j’investisse dans une bonne paire de chaussures de marche, légère mais solide. Les Palladium étaient un choix réfléchi pour les pays chauds – pour visiter Angkor notamment – mais elles ne tiennent pas la route pour de longues randonnées et elles ont toujours serré un peu au niveau du coup de pied.

Nous redescendons en minibus jusqu’à Pattipola où nous mangeons diverses spécialités locales de street food: des beignets, des crêpes et autres choses fourrées au curry. Même si le lieu ne paye pas de mine, tout est délicieux.

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Nous rejoignons la petite gare à pied, via les voies. Le bâtiment fait penser à une station de la campagne anglaise, avec ses nombreux géraniums et autres fleurs. Le matériel est antédiluvien mais fonctionne toujours. Un premier train passe dans la direction de Nuwara Eliya et Colombo. Nous attendons celui qui est parti ce matin de la capitale; il a du retard pas plus d’une demi-heure, ce qui est très honorable. Un vendeur ambulant propose ses marchandises sur le quai et de nombreux autres font l’aller-retour dans le train.

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Il n’y a plus de places assises et nous nous installons au niveau des portes qui ne sont jamais fermées. Ceci rend le trajet assez impressionnant: la voie est construite sur le bord des collines et propose 800 mètres de dénivelé en quelques dizaines de kilomètres. Je m’accroche bien, pas très à l’aise… Il est en effet très facile de tomber du train et dans le ravin. Après quelques arrêts, une place assise se libère à côté de la petite Aïcha. Elle me raconte dans un excellent anglais qu’elle revient de Kandy où elle été visiter sa future école en compagnie de ses parents et de sa petite sœur. Elle doit avoir une dizaine d’années et parle déjà trois langues, cinghalais, tamoul et anglais, ainsi qu’un peu d’arabe parce qu’elle est musulmane.

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Nous descendons à Bandarawela où nous attend le car qui nous dépose à l’Hotel Orient, un hôtel assez récent avec un joli jardin en hauteur. Je me repose un peu puis j’en profite pour écrire mon journal vu que j’ai pris du retard. Au crépuscule, une multitude de corbeaux se mettent à croasser tous en même temps. L’appel à la prière de la mosquée toute proche se mêle à la chanson « Girls just want to have fun ».

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Le dîner sous forme de buffet propose de nombreuses spécialités, des hoppers, des dosas et je me régale des nombreux currys. Fatiguée par la marche du matin, je ne traîne pas mais je commence quand même un nouveau roman avant de m’endormir.

Japon 2015: Tokyo – Bruxelles

Je me lève tôt, prépare toutes mes affaires, prends un rapide déjeuner et pars pour la gare d’Ueno. Je suis évidemment en avance pour le Keisei Skyliner. Après un confortable trajet, j’arrive à Narita où j’ai encore un peu de temps à épuiser après les formalités. Cette fois-ci, je craque et un deuxième Totoro, un tout moelleux me rejoint, ainsi que le petit personnage blanc à longues oreilles. Et puis, grande surprise: je trouve enfin du rhum japonais, du Cor Cor ! Mais je ne peux acheter que ça, c’est maximum une bouteille pour les voyages en Belgique. C’est là que je regrette de ne pas avoir acheté du whisky hier, je l’aurais mis dans ma valise bien calé au milieu des vêtements. Je vois également de belles théières en fonte mais je me dis que j’achèterai ça en Belgique, ou la prochaine fois.

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L’avion est rempli de personnes âgées, voyageant en groupe. Même en réservant ma place le jour avant, je n’avais plus beaucoup de choix mais je suis assise côté couloir, c’est tout ce que je demandais. A côté de moi se trouve un couple d’une septantaine d’années. Nous faisons connaissance. Yasujiro parle assez bien anglais, sa femme Keiko, pas du tout. Ils partent pour un voyage de huit jours en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne. Je donne plein de renseignements touristiques (ou pas), notamment sur la manière de prendre le train pour Gand et payer le prix +65 ou pour indiquer où se trouve le Hema. Ou pour dire que la confiture Matterne est l’équivalent de Bonne Maman. Yasujiro, voyant que je bois du vin blanc, s’occupera de faire remplir mon verre et le sien plusieurs fois. Il raconte qu’il est originaire d’Hiroshima mais quand je lui pose une discrète question à propos de la bombe, son anglais s’embrouille. Je n’insiste pas et on change de conversation. Finalement, cela aura été ma discussion la plus longue avec quelqu’un de tout mon voyage. Je repenserai beaucoup à lui et à sa femme qui se sont retrouvés à Bruxelles en plein lockdown. J’espère qu’ils n’ont pas eu peur et qu’ils ont quand même pu visiter ce qu’ils voulaient.

Quand je sors de l’aéroport à Bruxelles, le contraste est rude: je croise un militaire armé jusqu’aux dents et les chauffeurs de taxis se disputent pour me prendre.

Japon 2015: Tokyo

Je prends mon temps ce matin, déjeunant à mon aise mais je ne pars pas trop tard. Mon but de visite est le MOT, le Musée d’Art Contemporain situé dans un quartier à l’est d’Asakusa. Quand je sors de la station de métro, j’ai un moment de flottement (cela devient une habitude): la sortie B2 renseignée par le Lonely Planet n’existe pas (je remarquerai plus tard qu’elle est sur l’autre ligne et qu’il n’y a pas de correspondance souterraine entre les deux stations du même nom. Une fois sortie, je tente de trouver mon chemin sur le gps, sans remarquer le panneau du musée un peu plus loin. Après avoir marché une quinzaine de minutes, je repère le bâtiment moderne. Je ne le trouve pas impressionnant mais il est fonctionnel, offrant de beaux espaces à l’intérieur. Je choisis le ticket combiné pour toutes les expositions (1800 Yens).

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Je commence par celle qui me tente le moins mais qui a quand même éveillé ma curiosité: Yoko Ono: from my window. Je ne la connais que comme épouse de John Lennon et c’est l’occasion de découvrir son travail d’artiste. Il y a beaucoup de films montrant des performances et de nombreuses oeuvres dans un style que je trouve très froid et aride.

Je vais ensuite visiter l’exposition sur Tokyo. Le musée a demandé à divers artistes de donner leur vision de la ville telle qu’elle est aujourd’hui. C’est passionnant et présente de nombreuses oeuvres et installations de styles divers, certaines très angoissantes comme ce passage dans une pièce très sombre et enfumée, d’autres émouvantes comme ce film qui raconte la grossesse de la femme de l’artiste et la naissance de leur enfant eurasien.

L’exposition rassemblant des oeuvres de la collection permanente me déçoit à nouveau. Elle présente des installations du Belge Francis Alÿs (ça valait bien la peine de venir jusqu’à Tokyo !) et des artistes des années 1950 et 60 alors que j’aurais aimé voir du contemporain comme Yoshitomo Nara ou Takashi Murakami. Seule cette immense installation de tourne-disques créée par Otomo Yoshihide me fascine, surtout lorsqu’elle produit de la « musique ». Je termine par quelques achats dans la boutique du musée.

Après cette visite, je pars pour Asakusa. Je suis censée changer de métro mais quand je me rends compte qu’il faut rejoindre l’autre ligne par l’extérieur et en allant dans la direction opposée de mon but de visite, je pars finalement à pied et croise le bâtiment de Bandai avec de grandes figurines. Je fais des photos du Tokyo Sky Tree et du machin doré au sommet du bâtiment de la société Asahi.

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Je rejoins ensuite la foule qui se dirige vers le temple de Senso-ji que je visite ensuite. Je me promène un peu dans les environs, pensant trouver le quartier de Kappabashi pour acheter céramique, couteaux ou théières mais je ne le trouve pas. Et comme une idiote, je ne sors pas mon guide pour chercher parce qu’il commence à pleuvoir et que j’ai mal aux pieds et que je suis fatiguée (le genre de moment où j’aurais aimé avoir de la compagnie pour me pousser un peu). Avant de prendre le métro, mon regard est attiré par un magasin vendant des cd, mais c’est uniquement de l’enka, ces chansons romantiques appréciées par un public plus âgé.

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Dans ma recherche de rhum japonais, je rejoins le quartier de Nihonbashi et le grand magasin Takashimaya où je pourrais bien trouver une bouteille. En fait non, juste du whisky et du vin (j’aurais quand même dû acheter une bouteille de whisky japonais, bien moins cher qu’en Belgique). Je visite le reste du magasin mais je le trouve bien ringard.

Quand je sors de là, il pleut à verse et je me dirige vers la gare de Tokyo et le Daimaru dont les étages supérieurs abritent un Tokyu Hands. J’y reste un long moment, hésitant sur mes achats. Je repars finalement avec divers gadgets de cuisine, une jolie tasse Mont Fuji et deux bento (dont un d’une marque allemande !). Je redescends ensuite dans Character Street sous la gare et râle en voyant les nouveaux Totoro si moelleux et doux qui n’étaient pas vendus au début de mon voyage. Je résiste, en me disant que j’en ai un et que c’est très bien comme ça (et qu’il sera malheureux si un autre vient le rejoindre). Et je n’achète rien d’autre.

Je reprends la Yamanote Line jusqu’à Okachimachi et me retrouve dans une ambiance très Blade Runner: il fait noir, il y a plein de monde et il pleut. Après avoir déposé mes affaires à l’hôtel, je ressors pour manger, me dirigeant vers la gare d’Ueno. Après hésitation, je choisis un restaurant de shabu-shabu et sukiyaki. C’est tout simplement délicieux et je m’empiffre malgré mon petit appétit (et je ne fais aucune photo). Cela me fait juste bizarre de faire ça seule parce que c’est clairement le genre de repas qu’on partage. Après ça, je m’attaque à la valise… A part Totoro, tout rentre dedans et j’ai même encore quelques millimètres de place.