Inde – Rajasthan: Udaipur

Ce matin, je décide de déjeuner léger parce que je ne suis pas encore très sûre de ma digestion. Mais ça a l’air d’aller mieux qu’hier.

Nous prenons le minibus pour rejoindre le centre d’Udaipur et commencer la visite du City Palace, l’immense palais du maharadjah local qui surplombe le lac Pichola. C’est en fait un complexe de plusieurs palais accolés et construits à des dates différentes, dans une fusion de styles rajput et moghol. Quand le guide nous propose de faire la visite résumée, nous acquiesçons – nous avons clairement eu notre dose de palais lors des semaines précédentes. Cela n’empêche pas d’admirer la richesse de l’architecture et des décorations multiples, allant d’une pièce à l’autre, suivant un vrai dédale de couloirs et d’escaliers pour y accéder. Il y a même une galerie avec des sculptures anciennes, des instruments de musique et divers objets usuels. La cour centrale est en pleine préparation pour un mariage.

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Juste à la sortie du palais se trouve le temple Jagdish, dédié à Vishnou. Des fidèles interprètent en choeur des chants dévotionnels, accompagnés d’un tambour. Juste après cette visite, nous  nous arrêtons chez un bijoutier mais tout est bien trop classique pour moi.

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Nous reprenons le minibus pour une dernière visite, celle des jardins de Sahelion-ki-Bari, envahis par les touristes locaux mais non moins intéressants. Ils sont séparés en divers parties, chacune avec une ambiance particulière, mais tous rafraîchis par des fontaines. Celui qui est circulaire et entouré de plantes tropicales me plaît tout particulièrement.

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Jilian retourne à l’hôtel avec le minibus et je prends un tuk-tuk avec les autres membres du groupe. C’est un peu serré pour quatre personnes à l’arrière tandis que Tej  s’est installé à côté du chauffeur, l’enlaçant presque, mais les trajets ne sont jamais bien longs. Nous retournons au même restaurant qu’hier soir et cette fois-ci, j’en profite pleinement. Je me régale des grillades et de la vue sur le lac. Poulet tikka et mouton sont complétés par un curry de pommes de terre et oignons de printemps et des épinards à l’ail, ainsi que les habituels naans.

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Nous reprenons un tuk-tuk pour visiter un immense magasin d’artisanat local mais malgré le choix, rien ne me tente, puis nous rentrons à l’hôtel. Nous avons une discussion un peu pénible sur les pourboires – personne ne tombe d’accord sur un montant commun par personne et nous décidons finalement de chacun donner une enveloppe – ce que je trouve particulièrement déplaisant, mais c’est comme ça.

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Nous prenons un dernier gin tonic ensemble puis prenons le repas au restaurant de l’hôtel. Jane est fort distraite, tentant désespérément de choisir sa place dans l’avion et ce n’est pas le moment le plus joyeux du voyage. Tout le monde est déjà ailleurs en fait. Vient ensuite l’heure de faire les adieux à Jilian, Jane, Bob et Tej qui partent très tôt demain matin et c’est toujours un peu triste.

Plus de photos sur flickr.

Inde – Rajasthan: Bijaipur – Udaipur

Mes soucis intestinaux ne sont pas résolus ce matin et je prends un Imodium de plus avant de prendre la route pour la dernière étape du voyage, Udaipur, à trois heures de Bijaipur. L’hôtel Sarovar est inaccessible par le minibus, étant situé à l’intérieur de la vieille ville, et donc nous faisons la dernière partie à pied tandis que nos bagages sont chargés dans un tuk tuk. Il ne s’agit pas de l’hôtel qui était prévu dans le programme et l’entrée n’est pas accueillante du tout. Les chambres sont quant à elles très basiques et pas très propres, et les portes ferment mal. Et je ne me vois pas attendre là toute une journée le surlendemain avant de prendre mon vol du soir.

Nous tirons la tête et râlons auprès de Tej (qui s’y attendait apparemment). Il appelle son chef, mais en attente d’une solution, il nous emmène pour la suite du programme quelques rues plus loin. Nous allons en effet assister à un cours de cuisine. Dipika et Pradeep nous accueillent très gentiment et nous préparons ensemble différents plats: du chaï d’abord, puis des pakoras, du dhal, un curry de pommes de terre et d’okra, des chapatis et du riz agrémenté d’épices et de petits pois. Nous mangeons ensemble cet excellent repas mais je n’ai toujours aucun appétit.

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Tej a reçu une réponse positive de son chef et nous nous mettons en route vers notre nouvel hôtel, le Fateh Niwas, qui du coup, n’est pas dans la vieille ville, ni même proche du centre. Mais la différence est flagrante: les chambres sont grandes et bien décorées, les salles de bains sont modernes et propres, et le bâtiment en tant que tel intègre des éléments inspirés de l’architecture ancienne de la région.

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Après une courte pause, nous repartons pour le centre d’Udaipur. Nous prenons le bateau pour une croisière au coucher de soleil sur le lac Pichola, haut lieu du tourisme et du romantisme à l’indienne. Nous profitons d’une superbe vue sur le palais du maharadja puis, nous débarquons sur l’île de Jag Mandir qui est un endroit des milles et une nuits, et qui est d’ailleurs très fréquemment utilisé comme décor pour des fêtes de mariage. Je me sens de moins en moins bien mais j’arrive quand même à profiter un peu de l’endroit. Par contre, quand mes compagnons proposent de boire un verre, je refuse. Je tente de me concentrer pour évacuer les nausées tandis que ma tension baisse – et puis elle remonte heureusement après un moment et je commence à me sentir un peu mieux, juste à temps pour reprendre le bateau vers la terre ferme.

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Nous débarquons à nouveau tout près du palais, que nous longeons pour ressortir dans le centre de la vieille ville. Apparemment, il y a eu un sacré malentendu entre Tej et le chauffeur, ainsi que des embouteillages qui bloquent toute la vieille ville, et notre guide nous emmène au pas de course au travers des rues, le téléphone en main. C’est assez épique, et pas très agréable, surtout que Tej ne nous explique rien au moment même. Finalement nous retrouvons le minibus, mais au lieu de faire demi-tour, il s’engage sans sourciller dans le pire des bouchons. A certains endroits, les voitures peuvent à peine se croiser et cela se joue au centimètre près.

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Nous arrivons en fin de compte à notre restaurant pour ce soir, le Khamma Ghani, un des meilleurs de la ville. Les spécialités, ce sont les grillades cuites au four tandoor, et même si je ne me sens pas encore en pleine forme, mon appétit revient peu à peu.

De retour à l’hôtel, je teste le remède proposé par Jilian, du bicarbonate de soude, avant de passer une excellente nuit.

Inde – Rajasthan: Gajner – Bikaner – Gajner

Avant d’aller manger mon petit-déjeuner, je profite de la lumière douce du matin pour faire quelques photos du lodge de chasse qui nous a hébergé cette nuit. La vue sur le lac est vraiment superbe et donne envie de s’y attarder. Mais de nouvelles visites nous attendent.

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Nous prenons le minibus pour rejoindre Bikaner, la ville principale de la région. Le premier arrêt se fait au Junargarh Fort érigé au 16e siècle mais souvent transformé au cours des siècles. De multiples cours sont entourées de bâtiments aux pierres finement découpées et décorées. Des filets les recouvrent pour empêcher les pigeons d’entrer et de faire des dégâts. Les murs intérieurs sont embellis par des fresques ou peintures, ou par un décor de pierres et miroirs. Et le grand hall que nous visitons à la fin abrite même un avion offert par les Britanniques. Depuis plusieurs jours déjà, je suis émerveillée par la richesse et la magnificence de cette architecture et ce palais n’est pas en reste.

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Sur notre route se trouve ensuite le temple jain Bhandeshwar. L’architecture est tout de suite fort différente et ressemble aux temples hindous que j’ai vus en Inde du Sud. L’intérieur est très travaillé, avec des fresques, sculptures et des milliers de petits miroirs reflétant la lumière. La visite est rythmée par le chant des fidèles.

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De là, nous partons à pied dans les rues de Bikaner, d’abord dans le bazar qui embaume les épices mais le guide local ne nous laisse pas vraiment de temps pour nous y attarder. Ensuite vient le quartier des havelis, tous plus superbes les uns que les autres, mais parfois difficiles à photographier dans ces ruelles étroites envahies d’obstacles au sol et de fils électriques en l’air.

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Le guide propose de prendre un tuk tuk pour rejoindre le minibus mais nous refusons, préférant marcher encore un peu. C’était sans compte son rythme effréné: il marche en effet à grand vitesse sur une avenue envahie par la circulation et les échoppes, le tout en plein soleil. Jilian garde le rythme à côté de lui, et moi je tente de les suivre avec Connie à mes côtés, fixant le chapeau de Jilian avec concentration pour ne pas la perdre. Ce n’était vraiment pas agréable comme marche, ressemblant plus à une marche forcée qu’une flânerie dans une ville. De plus, j’avais cru que la journée serait juste consacrée à quelques visites et j’avais mis mes tongs au lieu de mes sandales de marche. Tej quant à lui s’occupait de l’arrière-garde et j’aurais préféré rester avec lui plutôt que de faire la course.

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Qu’est-ce qui motivait ce guide local ? Sans doute l’appel de sa commission dans le magasin de pashminas, châles en laine de chameau et autres textiles. Heureusement, il y fait frais, mais à nouveau cela dure des heures. Je suis bien tentée par un couvre-lit / immense châle au motif soi-disant créé pour Hermès (des échassiers) mais je résiste à la tentation. A un moment, après avoir terminé de trier mes photos et patienté plus que nécessaire, je pousse un peu mes compagnes de voyage vers la sortie en leur disant que nous n’aurons plus de temps pour faire le safari du soir si nous traînons encore longtemps. Et j’ai faim.

Pour le repas du midi, nous sommes invités chez des particuliers qui nous ont préparé un succulent repas composé de paneer à la cardamome, de dhal, de curry de pommes de terres et de poulet et d’un dessert – une crème aux bananes et kiwis tout simplement délicieuses. Nos hôtes sont charmants et c’est agréable de discuter un peu avec eux. Je n’ai juste pas osé mitrailler mon repas…

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Plus de photos de Bikaner sur flickr.

Nous rentrons à Gajner où une jeep nous attend pour le safari du soir. Le terrain est fort différent de Ranthambore, moins arboré et plus herbeux. Cette savane est habitée par diverses gazelles et antilopes, des chacals mais aussi quelques variétés d’oiseaux. Nous sommes les seuls à rouler là ce soir et c’est bien agréable. Nous rejoignons le lac que j’ai photographié ce matin mais nous sommes de l’autre côté. En rentrant, le soleil se couche.

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Avant de manger, des musiciens du Rajasthan donnent un concert dans la cour principale et c’est agréable d’écouter cette musique encore très traditionnelle tout en prenant l’apéritif. Le repas quant à lui est à nouveau peu intéressant mais Tej a une surprise: il a acheté du gin, du tonic et des citrons et nous profitons de gins tonics dans une des chambres tout en discutant de tout et de rien. Une belle manière de terminer cette journée.

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Plus de photos de Gajner sur flickr.

Sri Lanka: Nuwara Eliya – Horton Plains – Bandarawela

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Le réveil est très matinal – 5h45 – et je fais une toilette de petit chat dans la salle de bain glaciale. Nous recevons un petit-déjeuner à emporter et partons avec deux minibus parce que le car ne passe pas par les petites routes sinueuses qui mènent aux Horton Plains. Ce parc national est situé à une trentaine de kilomètres au sud-est de Nuwara Eliya et s’élève à une altitude de 2000 à 2300 mètres. La route nous emmène à travers un paysage superbe, d’abord très suisse avec de nombreuses vaches qui paissent dans les pâturages et des potagers aux nombreuses cultures. Au fur et à mesure de la montée, la végétation change et je peux admirer de superbes fougères arborescentes que je rêve d’avoir dans mon jardin mais qui ne supporteraient pas le climat belge.

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Une fois arrivés au centre des visiteurs, nos sacs sont contrôlés – pas pour des armes mais bien pour tout plastique qui pourrait polluer l’endroit. Nous commençons une randonnée qui fera 11 kilomètres en tout à travers des plaines herbeuses et une forêt de petits arbustes. Le paysage change plusieurs fois sur le parcours. Nous nous arrêtons à Mini World’s End et à World’s End, des endroits où le plateau s’arrête abruptement pour plonger dans un vide vertigineux et qui offrent une vue sur la plaine en contrebas, jusqu’à la mer (paraît-il). Il est encore tôt mais la brume se lève déjà et je ne verrai pas la mer – Roshan lui-même dit qu’il ne l’a jamais vue d’ici. Comme nous sommes au Sri Lanka, la sécurité est inexistante et il n’y a aucun parapet pour protéger les humains du vide.

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Nous marchons ensuite vers une cascade un peu cachée dans entre les arbres puis à nouveau à travers la plaine herbeuse parsemée de rhododendrons dont quasi aucun n’est en fleurs. Certains membres du groupe filent à toute allure – ils nous raconteront qu’ils se sont lancé le défi d’arriver au bout du chemin plus vite que le temps prévu par Roshan – tandis que je traîne à la queue avec Nick, Ellen et le guide. Ce ralentissement est idéal pour s’imprégner du paysage et je me remplis des sensations du moment. C’est très silencieux, le soleil est légèrement voilé, les grandes herbes ondulent sous une brise légère et c’est tout simplement superbe, bien plus que ce que j’ai capturé en photo. Un des grands moments du voyage.

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235-hortonplainsune belle vue sur Adam’s Peak, la plus haute montagne du Sri Lanka

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Je ne suis pas mécontente de retourner au minibus parce que j’ai mal à un endroit précis à mon pied. Quand j’enlèverai mes chaussures – des Palladium en tissu – je découvrirai une belle ampoule sur le côté du talon, à endroit insolite. Pour un prochain voyage, il faudra que j’investisse dans une bonne paire de chaussures de marche, légère mais solide. Les Palladium étaient un choix réfléchi pour les pays chauds – pour visiter Angkor notamment – mais elles ne tiennent pas la route pour de longues randonnées et elles ont toujours serré un peu au niveau du coup de pied.

Nous redescendons en minibus jusqu’à Pattipola où nous mangeons diverses spécialités locales de street food: des beignets, des crêpes et autres choses fourrées au curry. Même si le lieu ne paye pas de mine, tout est délicieux.

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Nous rejoignons la petite gare à pied, via les voies. Le bâtiment fait penser à une station de la campagne anglaise, avec ses nombreux géraniums et autres fleurs. Le matériel est antédiluvien mais fonctionne toujours. Un premier train passe dans la direction de Nuwara Eliya et Colombo. Nous attendons celui qui est parti ce matin de la capitale; il a du retard pas plus d’une demi-heure, ce qui est très honorable. Un vendeur ambulant propose ses marchandises sur le quai et de nombreux autres font l’aller-retour dans le train.

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Il n’y a plus de places assises et nous nous installons au niveau des portes qui ne sont jamais fermées. Ceci rend le trajet assez impressionnant: la voie est construite sur le bord des collines et propose 800 mètres de dénivelé en quelques dizaines de kilomètres. Je m’accroche bien, pas très à l’aise… Il est en effet très facile de tomber du train et dans le ravin. Après quelques arrêts, une place assise se libère à côté de la petite Aïcha. Elle me raconte dans un excellent anglais qu’elle revient de Kandy où elle été visiter sa future école en compagnie de ses parents et de sa petite sœur. Elle doit avoir une dizaine d’années et parle déjà trois langues, cinghalais, tamoul et anglais, ainsi qu’un peu d’arabe parce qu’elle est musulmane.

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Nous descendons à Bandarawela où nous attend le car qui nous dépose à l’Hotel Orient, un hôtel assez récent avec un joli jardin en hauteur. Je me repose un peu puis j’en profite pour écrire mon journal vu que j’ai pris du retard. Au crépuscule, une multitude de corbeaux se mettent à croasser tous en même temps. L’appel à la prière de la mosquée toute proche se mêle à la chanson « Girls just want to have fun ».

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Le dîner sous forme de buffet propose de nombreuses spécialités, des hoppers, des dosas et je me régale des nombreux currys. Fatiguée par la marche du matin, je ne traîne pas mais je commence quand même un nouveau roman avant de m’endormir.

Sri Lanka: Dubaï – Colombo – Wattala

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Dans le second avion, celui qui m’amènera de Dubaï à Colombo, je me retrouve dans une rangée de femmes. Celle qui est assise près de la fenêtre me semble sympathique, celle assise au milieu ne pipe pas mot et tire la gueule. Je soupçonne qu’elle est Française mais je n’aurai jamais de preuve vu son mutisme. Je m’endors un moment – c’est le début de la nuit en Belgique – et me réveille sans appétit pour un petit déjeuner composé d’omelette, de champignons et de haricots sauce tomate, ainsi que du même petit pain tout mou et immangeable que dans le premier vol. Ma voisine est pressée de sortir de l’avion et je la laisse passer sans regrets, ce qui m’amène à faire connaissance avec l’autre voisine, Claudia, une Allemande de Düsseldorf. Elle vient au Sri Lanka pour une retraite ayurvédique de trois semaines. Nous passons toutes les formalités ensemble – elles sont courtes et courtoises, facilitées par l’achat à l’avance sur le net d’une autorisation de séjour (ce n’est pas vraiment un visa). Nous nous quittons après avoir récupéré nos bagages, je change de l’argent et je me lance à la recherche d’un taxi. Ce qui n’est pas bien compliqué: diverses compagnies sont présentes dans le terminal et la première me propose un prix proche de celui qui avait été indiqué dans les notes de voyage reçues d’Exodus.

Nous roulons trois quart d’heure par de petites routes peu fréquentées pour arriver à Wattala, au nord de Colombo et en bord de mer. C’est toujours à ce moment qu’il faut s’en remettre complètement à un inconnu, ne connaissant pas le pays et les habitudes et je suis toujours un peu angoissée – mais tout se passe bien. L’hôtel, le Palm Village, semble un peu vieillot et l’accueil est très distrait. Les chambres sont simples mais grandes, la salle de bain a vu de meilleurs jours – de l’eau coule du plafond. Le jardin est très beau par contre, avec une piscine qui a l’air agréable mais le ciel est gris et le temps est à la pluie. De toutes façons, j’ai un gros retard de sommeil et bien qu’il ne soit que 10 heures du matin, je me mets au lit et dors un peu, malgré mon nez bouché.

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La chambre est mal isolée – une constante au Sri Lanka – et j’entends les vagues se briser sauvagement sur la plage. J’entends aussi quand les autres du membres du groupe arrivent – la plupart ont pris le même vol depuis Londres – et je fais connaissance avec ma compagne de chambre pour les prochains quinze jours, Aneta. Londonienne d’origine polonaise, elle travaille comme chef de projet dans le monde informatique, fait de la moto et fait très attention à paraître plus jeune que son âge (elle a quelques années de plus que moi mais ne les paraît pas). Ma première impression est plutôt positive, surtout quand elle me dit que l’airco la dérange aussi et qu’elle a envie de dormir. Ce que nous faisons jusque 16h30.

Nous nous décidons pour une promenade le long de la plage et faisons mieux connaissance. Le ciel est menaçant – c’est encore la saison de la mousson – et la mer est agitée. Nous rencontrons quelques pêcheurs et des enfants qui jouent. Le port de Colombo se voit au loin.
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Après cette ballade qui a permis d’évacuer une partie de la fatigue, nous prenons un verre puis rencontrons le reste du groupe et le guide local, Roshan, un jeune homme d’une trentaine d’années, portant une croix autour du cou (il fait partie de la minorité catholique du pays, aux lointaines origines portugaises). Il nous emmène dans une salle de conférences trop fraîche et illuminée aux néons blafards pour nous expliquer l’essentiel de notre voyage.

L’hôtel est isolé et donc le repas se prend sur place, sous forme de buffet, le premier d’une longue série. Le pays ne connaît pas une culture culinaire très développée – selon les dires de Roshan; il y a peu de restaurants et les gens mangent chez eux. Il y a bien de nombreuses « bakeries » mais elles servent plutôt des snacks. La nourriture du buffet n’est pas exceptionnelle mais je goûte un peu de tout, des currys mais aussi de la viande grillée et des légumes divers. C’est assez cher, et le prix de la bière n’est pas en reste (selon les endroits, une canette de 40 cl coûte entre 3 et 4 euros).

Après l’inévitable piqûre de moustique, je retourne dans la chambre pour dormir une nuit complète avant les premières visites du lendemain.

(Toutes les photos sont prises avec mon Panasonic Lumix DMC LX5 ou avec l’application Hisptamatic pour iPad. Certaines ont été retouchées légèrement avec Polarr)

Japon 2015: Kyoto

Après plusieurs jours où je me suis dépêchée le matin pour attraper divers trains, je me permets de traîner un peu. Quoique, la journée sera chargée: je serai très contente si j’arrive à caser toutes les visites prévues. L’hôtel ne propose pas de petit déjeuner mais il y a un Tully’s Coffee juste à l’entrée. Je commande une couque aux poires (une viennoiserie donc) et un thé (670 Yens). Je me dis que pour ce prix-là, je ferais mieux de prévoir quelque chose à manger dans ma chambre les prochains jours.

Je rejoins ensuite à pied le terminus de la Randen Electric Railway – Arashiyama Line. Je m’imaginais un train moderne, or il s’agit d’un tout vieux tram plein de charme. Mon pass Suica fonctionne ici aussi. Le voyage est plutôt lent et le tram passe entre les maisons de Kyoto mais c’est une manière très agréable de voyager. Une chanson pop annonce le terminus. Je suis donc à Arashiyama et comme dans tous les lieux touristiques au Japon, il y a foule.

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Je me dirige d’abord vers le pont de Togetsu-Kyo puis longe la rivière Katsura pour visiter le premier temple que je rencontre, le Hogon-in (400 Yens ?). Le site est tout petit et n’est d’ailleurs cité dans aucun guide mais le jardin est très joli et commence à prendre ses couleurs d’automne.

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De là, je décide de rejoindre la forêt de bambou, un autre lieu qui était très haut sur ma liste de choses à voir. Je passe devant le Tenryu-ji mais le garde pour plus tard. Je me promène dans les petites rues et visite le tout petit sanctuaire de Nonomiya-jinja.

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En fait, il y a deux entrées au Tenryu-ji et je me retrouve quand même dans son jardin. Je ne visiterai pas le temple – je ne verrai jamais l’entrée – mais je m’arrête un instant comme le reste des touristes pour admirer le plan d’eau. La conception du jardin date du 13e siècle et est caractérisé par une « cascade » de rochers se jetant dans l’étang, inspiré par les peintures de la dynastie chinoise des Song.

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Je repars vers la forêt de bambous et croise un photographe de mariage. Je fais moi-même une belle collection de photos. J’imagine qu’avec du soleil, ce serait encore plus photogénique mais c’est déjà très impressionnant par temps gris.

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Le temple de Jojakko-ji (400 Yens) est beaucoup plus calme, il n’y a même pas d’indication en anglais. Il se déploie sur plusieurs niveaux et plus on monte, plus la vue sur Kyoto est belle. Les couleurs d’automne sont déjà très présentes, pas encore tout à fait flamboyantes mais presque.

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Je décide de retourner à la gare pour me laisser du temps pour les visites de l’après-midi. Pour ne pas prendre le même chemin, je fais confiance au gps qui me mène par les petites rues du village. Il y avait encore beaucoup de temples à visiter mais ce sera pour une prochaine fois.

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La gare est plus loin que je ne le pensais… Une fois arrivée là, je regarde ce que mangent les gens mais rien ne me tente et le tram va partir. Je change à Katabirano Tsuji pour prendre l’autre ligne de la Randen Railway, la ligne Kitano, et je descends à Omuro Ninnaji. Dans la rue qui monte vers le temple, je tombe sur un minuscule restaurant qui sert des currys. Je prends le plat du jour: curry aux patates douces, haricots, poulet, servi avec des pickles, une salade et du thé glacé (1050 Yens). C’est délicieux et je suis repue mais pleine d’énergie pour la suite.

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Je visite d’abord le temple de Ninna-ji, un ancien palais impérial. C’est assez calme et le jardin est agréable.

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Je reprends la route, à pied, pour rejoindre le Pavillon d’Or. On ne peut pas dire que ce soit particulièrement palpitant. C’est même plutôt moche et je me rends de plus en plus compte que le Japon est hyper urbanisé, souvent même assez anarchiquement et qu’à l’intérieur des ces zones souvent laides, il y a des petits îlots de pure splendeur. Je m’arrête à un tout petit temple, le Renge-ji, où il y a cinq statues de bouddhas puis je poursuis mon chemin.

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Premier arrêt: le Ryoanji (500 Yens) célèbre pour son jardin sec. La foule annule toute tentative de contemplation, le but premier de ce jardin. Le temple a été fondé en 1450 mais le jardin date du 16e siècle et est l’oeuvre du peintre Soami. Il a installé 15 rochers répartis en 5 groupes, créant un paysage toujours changeant. Il est d’ailleurs impossible de voir les 15 rochers en une fois.

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Je me dépêche: je veux encore voir le Kinkaku-ji ou Pavillon d’Or. Les flots de visiteurs doivent suivre le parcours fléché et font la file pour se prendre en photo aux plus beaux points de vue. N’empêche, cela facilite quelque part la tâche: si des gens prennent des photos à un endroit, c’est que la vue est intéressante. Le pavillon est impressionnant, de même que le jardin qui se fond presque dans les collines, et il aurait été dommage de ne pas le visiter. Par contre, je ne suis pas sûre que j’y retournerai.

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Armée de mon plan des bus, je vois que je peux prendre le n°12 qui me ramènera Shijo Dori. A l’arrêt, une maman japonaise me prend en photo avec se fille trisomique. Elle aussi est étonnée que je voyage seule. Le bus est bondé et se traîne dans les embouteillages. Je pensais que son terminus était à proximité de mon hôtel et quand je vois qu’on le dépasse, je me rends compte de mon erreur, mais comment sortir avec toute cette foule ? Heureusement, à la correspondance avec le métro, beaucoup de gens sortent et je suis le flot. Je m’achète quelques crasses pour souper et de quoi déjeuner le lendemain. Ce fut une journée très chargée mais j’ai réussi à voir tout ce qui était prévu ! Tant mieux, car les jours prochains risquent d’être pluvieux.

Malay Peninsula: Bangkok (Thaïlande)

Nous débarquons de tôt matin à la gare de Bangkok et rejoignons notre hôtel en plein quartier de backpackers, tout près de Khao San Road. Nos chambres ne sont pas encore prêtes sauf une où nous pouvons rapidement nous débarbouiller.

Une journée pour découvrir Bangkok, c’est court, mais je m’en contenterai, me disant que je reviendrai bien un jour. En matinée, un tour de ville est organisé par Intrepid Travel. Nous faisons d’abord la traditionnelle ballade en bateau sur les klongs, les petits et grands canaux qui parsèment la ville. Cela donne une idée de la vie des habitants, fortement tournés vers l’eau. Le petit commerce se fait en bateau, chaque marchande offrant une autre marchandise, que ce soit de la nourriture ou des objets usuels.

Bangkok

Nous accostons ensuite de l’autre côté du fleuve Chao Praya, à proximité immédiate du Palais Royal. Cet ensemble tout en dorures et fines ciselures est impressionnant. Temples au bouddhas dorés, stupas et palais se partagent l’espace où grouille une foule de touristes.

Bangkok

L’après-midi, je suis Hal l’américain à la maison de David Thompson. C’est une maison traditionnelle thaïlandaise, sur pilotis et tout en bois, qui abrite aujourd’hui une boutique de soieries de luxe. Bien qu’on soit en plein cœur du « shopping district », le cadre est très reposant, avec un magnifique jardin de plantes luxuriantes. Shopping que je m’empresse d’aller faire, abandonnant là mon compagnon de voyage. Je me trouve sur Sukhumvit Road et les malls, les centres commerciaux, se succèdent, tous plus grands les uns que les autres. Rien à voir avec City 2 qui ressemble plus à un mall du tiers monde en comparaison ! Dans un grand magasin genre Inno, je m’achète de très jolies sandales beige avec une petite ligne rouge qui deviendront mes favorites pendant les années qui suivent. C’est à regret que j’ai dû m’en séparer mais elles tombaient en morceaux. J’y achète aussi des petits plats et bols en porcelaine verte traditionnelle ainsi que des housses de coussins en soie sauvage.

Bangkok

Je commence à fatiguer et je me dis qu’il est temps de rentrer à l’hôtel. Je décide donc d’héler un taxi, le genre de chose que je n’ai jamais fait avant et ça ne fonctionne pas très bien… jusqu’à ce qu’un chauffeur me fasse signe d’avancer un peu et de tourner dans la prochaine rue à droite: tous les taxis attendaient là. Aucun souci pour rentrer à l’hôtel malgré ma méfiance et mon regard continu sur le compteur…

Ma chambre n’est pas franchement très bien située ! Quand j’ouvre les rideaux de la fenêtre, je me rends compte que j’ai vue sur un étage du parking construit juste à côté.

Le soir, dîner d’adieu, avec si je me souviens bien, un curry…