Madère: Funchal & post-scriptum

Vendredi 22 février et samedi 23 février

Dans mon guide des randonnées à Madère, une des premières renseignées est tout à fait à ma portée: il s’agit de la promenade de long de la mer, quittant Funchal pour aller vers le village suivant. Elle commence peu après mon hôtel, au coeur du quartier touristique des grands resorts de vacances. C’est très bétonné mais la promenade est malgré tout très agréable. L’océan déferle sur les falaises et les rochers, le chemin est fleuri, le soleil brille et il fait enfin chaud. Le bruit des vagues est enivrant et je me sens bien.

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A un endroit précis, un tunnel a été construit pour permettre aux randonneurs de passer sous la falaise mais il est aujourd’hui fermé. Je rebrousse chemin, n’ayant pas envie de contourner cette impasse par la route.

Je passe le reste de la journée sur la terrasse de ma chambre d’hôtel, avec mon livre, profitant de la vue sur l’Atlantique. Je ferai de même le samedi en attendant mon départ.

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J’avais donc sélectionné le Vidamar Resorts, un grand hôtel de plage en front de mer, dans le quartier du Lido qui est à une demi-heure à pied du centre de Funchal. Les cinq étoiles m’avaient attirée mais j’avoue que j’ai été déçue. Ma chambre était belle, très minimaliste dans sa décoration, avec un lit très confortable et un canapé, ainsi qu’une terrasse avec table et chaises. La salle de bain par contre avait vu des jours meilleurs. Le beige peut encore passer, mais prendre une douche était bien compliqué: un minuscule pommeau était fixé dans le mur et la température n’était pas facilement réglable. Soit je me brûlais, soit j’avais froid. Il y avait bien un autre pommeau mobile mais il ne fonctionnait pas, même après qu’un ouvrier soit passé voir.

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J’avais réservé en demi-pension, par facilité, mais là aussi j’ai été un peu déçue. Le restaurant était immense, ce qui est normal vu la taille de l’hôtel, mais la nourriture chaude ressemblait à des plats de cantine: du poulet en sauce brune, des pâtes, des pommes de terre. Heureusement, le buffet froid était très bien fourni et le petit déjeuner était très varié. Le dernier soir, j’ai testé le restaurant japonais de l’hôtel – je n’aurais pas dû… Le temps d’attente était extrêmement long et les sushis très moyens. J’aurais dû m’en douter.

Enfin, j’ai eu de gros soucis à connecter mon ordinateur au réseau wifi qui, de plus, n’était absolument pas sécurisé (d’après ce que j’ai cru comprendre par la suite). Après deux jours, ça s’est résolu tout seul mais un des buts de mon séjour était quand même de continuer à écrire mon récit de voyage au Japon…

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Le samedi, j’ai rejoint l’aéroport en taxi et profité de la vue des avions qui atterrissaient et décollaient sur la plate-forme extérieure du terminal. Je suis rentrée sans encombres, à moitié heureuse et à moitié déçue de mon voyage. Comme je le craignais au départ, ne pas louer une voiture à Madère est vraiment un handicap. J’ai donc été obligée de passer par une excursion organisée pour pouvoir faire une randonnée et j’ai dû me limiter à visiter deux endroits lors de mon séjour. Et Funchal est atteinte par le tourisme de masse. Disons que c’était une nouvelle expérience !

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J’ai également eu beaucoup de malchance avec la météo, c’était la première fois depuis janvier qu’il pleuvait. Heureusement, les derniers jours, le temps s’est amélioré, devenant beau et ensoleillé. Le but premier était cependant de me reposer et j’ai eu l’occasion de dormir et de me vider la tête tout en visitant une région que je ne connais pas. Même si mon séjour n’était pas tout à fait une réussite, cela ne m’a pas empêchée de profiter de chaque moment, d’être dépaysée, d’avoir de nouvelles expériences et de mieux circonscrire ce qui me plaît vraiment.

Je n’ai pas publié toutes les photos de mon voyage sur le blog mais elles sont toutes disponibles sur flickr.

Madère: préambule et départ

Samedi 16 février 2019

L’année passée, j’ai décidé que je partirais plus souvent en voyage, profitant au mieux de mes jours de congés. J’avais en tête d’aller à Cuba en février et puis mon travail m’a imposé une formation qui m’empêchait de participer au voyage en groupe que j’avais sélectionné (et les autres date de départ ne me convenaient pas). Ceci a vraiment compliqué mon choix parce que je voulais partir avant les premiers beaux jours qui amènent de nombreux travaux de jardin. J’ai beaucoup hésité, cherchant d’abord un voyage en groupe. J’ai pensé au Costa Rica mais je n’étais pas plus enthousiaste que ça. Hong Kong me tentait beaucoup mais je n’étais pas prête à organiser à nouveau un voyage moi-même et je souhaitais du soleil et du repos.

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En consultant les voyages d’Explore, je suis tombée sur Madère, mais j’avais peur de ne pas être assez en forme pour faire de la randonnée tous le jours. Par contre, un des hôtels me plaisait beaucoup, et je me suis finalement décidée à passer une semaine sur l’île, en allant à Santo Antonio da Serra où se trouve le bel hôtel et à Funchal, la capitale. J’avoue que j’étais un peu dépitée à l’avance: idéalement, j’aurais aimé parcourir l’île en louant une voiture mais les routes sont très (trop ?) escarpées pour mes capacités de conduite. Dès le départ donc, c’était dans ma tête un voyage qui ne serait pas tout à fait comme je le souhaitais mais qui tombait à une bonne période pour moi et qui me permettrait de me reposer tout en découvrant cette région.

Si je partais du samedi au samedi, je pouvais profiter d’un vol (presque) direct avec Brussels Airlines, à un prix tout à fait attractif, et dont les horaires étaient relativement pratiques (pas de départ vers 7h du matin comme avec TAP).

Mon récit ne sera pas aussi détaillé que d’autres, j’omettrai certains jours, tout simplement parce que j’ai beaucoup lu et profité de ce séjour pour ne rien faire par moments.

Le samedi 16 février, j’étais donc prête à embarquer pour mon départ vers 10h30. L’avion a fait escale à Fuerteventura aux Canaries après quatre heures de vol et j’ai vu un bout de l’île désertique balayée par les vents. Les passagers continuant pour Funchal à Madère ont pu rester à bord mais ça a duré très longtemps avant qu’on ne redécolle. L’avion est finalement arrivé à destination avec une heure de retard. Et j’avoue qu’à un moment, un livre ou un jeu sur le téléphone ne suffisent plus pour faire passer le temps.

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L’aéroport de Madère est situé à l’est de l’île et mon hôtel à Santo Antonia da Serra n’était qu’à 15 minutes en taxi de là. Le soleil brillait quand je suis arrivée et la température était très clémente. Le PortoBay Serra Golf est un très joli bâtiment ancien, qui possède une annexe plus moderne et une piscine couverte. Ma chambre donnait sur un minuscule jardin mais n’avait pas vraiment de vue, ce que j’ai un peu regretté. Le lit était très confortable et dans la salle de bain avec baignoire m’attendaient des produits Rituals. Les quatre étoiles sont tout à fait méritées, surtout si on prend en compte également le salon commun avec feu ouvert et la gentillesse du personnel qui tout fait pour que je me sente bien.

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Après avoir déposé mes affaires et m’être reposée un peu, j’ai rejoint la salle à manger (j’avais réservé un séjour en demi-pension) où je pouvais choisir divers plats dans le menu. J’ai préféré ne pas prendre d’entrée, et j’ai bien fait: le plat principal, une brochette de bœuf grillée au beurre à l’ail, était plus que copieux. En dessert, j’ai pris une tartelette aux œufs et amandes, une spécialité locale que je n’ai pas trouvé très digeste. Je pensais en fait qu’il s’agissait de pasteis de nata mais c’était bien plus riche, sans le côté « flan ».

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La journée était bien fatigante même si je suis restée assise la plupart du temps et je me suis affalée au lit en regardant d’un œil un documentaire sur l’histoire du Japon avant de m’endormir.

Japon: Yakushima – Fukuoka

Jeudi 8 novembre 2018

Je me réveille tôt mais je prends mon temps, le jetfoil ne part qu’à 10h45. Je vais déjeuner puis écris un peu dans ma chambre. Comme il fait toujours aussi beau, je vais prendre l’air et arrive au terminal bien à l’avance. Je me trompe d’abord de salle d’attente; il fallait aller à celle d’en face. J’y fais enfin connaissance avec l’autre Européenne – Allemande en fait – qui logeait à l’hôtel.

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Le Toppy 7 arrive à l’heure et fait débarquer ses passagers puis c’est le moment pour moi d’embarquer. Ce jetfoil semble avoir vécu bien plus que le Rocket du trajet aller. J’ai l’impression que la mer est vaguement (c’est le cas de le dire) plus agitée mais cela ne pose toujours aucun problème. C’est juste que le temps me semble long, même avec un roman.

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A Kagoshima, j’ai 1h15 pour arriver à la gare qui se trouve de l’autre côté de la ville. Je marche d’abord un moment, une vingtaine de minutes, jusqu’à l’arrêt du tram le plus proche, puis monte dans celui-ci qui m’emmène à la gare en une dizaine de minutes. Je n’ai pas envie d’un bento et m’achète donc un petit sandwich, accompagné d’une eau parfumée à la pêche. Dans la salle d’attente, je retrouve l’Allemande et nous parlons un moment. C’est son dernier jour et elle prend l’avion ce soir à Nagoya; c’est donc un long trajet de train qui l’attend.

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Je regrette déjà l’ambiance de Yakushima et cette nostalgie me poursuivra un certain temps. J’ai tout le temps d’y repenser pendant le trajet en shinkansen qui me mène à la gare d’Hakata, qui est la ville jumelle de Fukuoka. Les deux parties forment un ensemble urbain séparés par un fleuve et les noms sont souvent mélangés.

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Quand j’arrive à destination et que je sors de la gare, je me perds un peu et vais d’abord dans la mauvaise direction, jusqu’à ce que je voie mon hôtel au loin. Je dois rebrousser chemin et trouver la bonne passerelle piétonnière pour y arriver. L’hôtel Nishitestsu Croom est un grand bâtiment moderne, avec un lobby très joliment décoré, qui donne envie d’y rester traîner. Ma chambre est également très agréable. Je retrouve ma grande valise envoyée là depuis Kagoshima, ce qui me permettra d’à nouveau changer mes affaires selon mes besoins.

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L’après-midi touche à sa fin mais j’ai encore le temps de faire une promenade aux alentours de l’hôtel pour visiter quelques temples proches. Je n’ai pas de chance avec le premier, le Sotenji, qui est fermé pour un événement privé. Je continue ma route, flânant dans les petites rues, et je me retrouve au Shokufuji et au Tochoji où je me fais attaquer par les moustiques. L’atmosphère est un peu irréelle, il n’y a quasi personne et la lumière diminue. Je croise juste un homme assis sur les marches du temple, caressant des chats.

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Je rejoins très vite les grandes artères animées et pars explorer le centre commercial autour de la gare. J’y trouve les produits de beauté qu’on m’a demandé de ramener et puis, après une longue hésitation et de nombreux allers-retours, je choisis un restaurant à sushis où je mange à mon aise. C’est bon et je suis repue. Fatiguée aussi, parce que même si je suis longtemps restée assise pendant mes trajets, j’ai beaucoup marché à Fukuoka, plus de 10 kilomètres.

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Statistiques du jour: 13982 pas – 10,3 km

Japon: Tokyo – Okayama

Jeudi 1er novembre 2018

La nuit a été moyenne – il faut absolument que je pense à ne plus boire de thé après 14h, ce qui n’est pas toujours simple au Japon vu que les restaurants en servent souvent avec le repas. Je me réveille malgré tout avant mon alarme, me prépare rapidement et prends mon petit déjeuner à l’aise.

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Voyager avec juste ma petite valise est bien pratique, même si je me rends compte qu’un modèle à quatre roues et à pousser prend encore moins de place quand on est dans la foule. Je prends la ligne Yamanote jusqu’à la gare de Tokyo d’où part mon shinkansen en direction du sud. Le train est rempli mais se vide au fil des arrêts. Je somnole un peu, je lis, puis je mange le bento acheté un peu au hasard à la gare. Il était composé de riz, de légumes en saumure, d’un dim sum, d’un beignet de viande, d’omelette… un très bon choix et délicieux.

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La dernière heure, le trajet me semble long, le train s’arrêtant toutes les 15 ou 20 minutes à toutes les gares. Mais voilà Okayama. En sélectionnant mes hôtels, j’ai choisi des établissements situés à proximité des gares, par facilité. Le Granvia est même accessible directement par une galerie commerçante. C’est un hôtel immense et chic, avec piscine (je me rends vite compte que mon bikini est dans l’autre valise), et un lieu très prisé pour les mariages. C’est aussi le seul hôtel où je n’ai pas fait attention lors de ma réservation: j’ai pris une chambre sans petit-déjeuner inclus.

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Même si ce n’est pas encore l’heure officielle du check-in, je peux accéder à ma chambre (je ne suis qu’une demi-heure trop tôt). Elle est spacieuse selon les normes locales et, située au 18e étage, offre une vue superbe sur la ville et les voies de train.

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Je repars tout de suite et me fais accoster par deux jeunes filles accompagnées par leur professeur. J’ai appris à éviter ce genre de rencontre parce que c’est souvent long et peu intéressant mais ici, je me laisse faire et je réponds gentiment à leurs questions en anglais. Quand je dis que je viens de Belgique, elle me répondent « chocolate » en riant.

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J’hésite: aller à pied ou prendre le tram. J’opte pour la seconde option pour arriver plus vite à ma destination (je découvre que je peux payer avec ma carte Suica de Tokyo). Il fait relativement frais, nuageux et venteux, en contraste total avec la capitale où le soleil brillait ce matin. J’arrive près du château que je prends en photo de loin mais décide de ne pas le visiter, préférant garder mon temps pour le jardin japonais, le Korakuen (400 yens), situé juste à côté. Il est considéré comme un des plus beaux du Japon et c’est cela qui ma poussée à faire un arrêt à Okayama dans ma grande descente vers le sud.

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Le jardin couvre une large superficie et présente de larges étendues couvertes de pelouse mais il possède aussi les caractéristiques des jardins japonais, une colline censée représenter le Mont Fuji, un étang avec des lotus, de nombreux cerisiers, des conifères et des érables. L’automne n’est pas encore assez avancé pour que les arbres montrent leurs belles couleurs rouges, à part une ou deux exceptions que je photographie, tout comme les touristes locaux.

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Je me promène un long moment, regrettant qu’il ne fasse pas plus chaud pour m’installer sur un banc avec mon livre (je l’ai pris cette fois-ci !). Le soleil baisse, les hauts-parleurs annoncent la fermeture imminente du jardin. Le coucher de soleil a probablement été magnifique mais j’ai déjà pris le chemin du retour. Je marche le long d’une grande avenue sans trop d’intérêt – j’aurais dû reprendre le tram. Je ne me sens pas entièrement satisfaite de ma journée, je suis un peu de mauvaise humeur à cause de la fraîcheur et du vent mais je me dis que tout cela n’est que passager. Le jardin était beau mais ce n’est pas mon préféré.

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Je me rends compte que je n’ai pas envie de chercher un restaurant et la galerie commerçante de la gare héberge un grand supermarché qui vend plein de plats à emporter. Je sélectionne un bol de chirashi (riz et sashimis) et du poulet grillé et laqué, ainsi qu’une canette de whisky highball, le cocktail type du salaryman japonais – ou un mélange de whisky et soda. C’est pas mal mais un peu trop sucré.

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Je passe ma soirée à préparer la journée du lendemain avant de m’endormir.

Statistiques du jour: 11 339 pas – 8,6 km

Plus de photos sur flickr

 

Inde – Rajasthan: Udaipur – Mumbai – Munich – Bruxelles

Je me réveille vers 4 heures du matin quand mes compagnons de voyage partent – l’hôtel est bon mais les murs mal isolés. Je rejoins Connie vers 8h30 et nous déjeunons ensemble, puis nous nous faisons nos adieux.

J’ai encore du temps, beaucoup de temps. Comme l’hôtel est loin du centre, je décide de rester là et je retourne me coucher un moment, puis je prépare ma valise. Je vais ensuite manger une soupe au restaurant, puis, ayant dû libérer ma chambre, je m’installe dans les agréables canapés du lobby. J’y passe quelques heures entre lecture et conversations avec un des employés.

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Mon taxi arrive et je m’installe. Après quelques kilomètres, il s’arrête et embarque un ami. Et là je commence à angoisser: tous les guides mettent en garde contre ce genre de choses. De plus, le chauffeur prend de petits chemins au lieu de l’avenue principale. Je ne sais vraiment pas quoi faire, et puis, il débouche sur la grande route qui mène à l’aéroport. Je commence à me calmer… mon chauffeur avait sans doute juste besoin de conversation et connait les raccourcis sans circulation. A l’aéroport, je me fais alpaguer par un porteur et je n’arrive pas à l’éviter. Evidemment il demande de l’argent alors que je n’ai plus grand chose et que je voulais garder quelques sous pour pouvoir boire et manger plus tard dans la soirée. De plus il omet de faire passer mes bagages par le premier contrôle de rayons x.

Je suis évidemment bien trop tôt et donc je m’installe avec mon livre. Quand le check-in commence, je remarque derrière moi deux hommes qui ont tout l’air d’être musiciens – un bagage type synthétiseur avec des autocollants de Trojan Records me semble un indice assez clair.

Et puis, mon vol est retardé de 50 minutes et on ne peut pas passer les contrôles. Il faut rester dans le hall de l’aéroport. Je parle d’abord avec une Russe originaire de Sibérie, puis je suis rejointe par deux dames qui étaient dans l’autre groupe Wild Frontiers. L’attente est longue, et l’avion a plus de retard que prévu. Au final, je me retrouve assise à côté des deux musiciens (qui confirment donc bien qu’ils sont musiciens – Gaudi et Danny Ladwa qui sont actifs dans le milieu dub – et le premier a sorti plusieurs disques) et nous plaisantons pendant l’heure du vol, ce qui fait passer le temps…

A l’aéroport de Mumbai, je m’achète un livre sur l’histoire de l’alcool en Inde puis je m’isole dans un endroit calme en attendant mon vol. L’avion n’est pas plein, et il y a une place libre entre moi et mon voisin. J’essaie de dormir mais le siège est vraiment peu confortable. Une fois à Munich, je m’achète une bouteille de gin et une bouteille de rhum puis me trouve un endroit où m’allonger un moment, avant d’enfin prendre l’avion pour Bruxelles où j’arrive le lendemain de mon départ, vers midi.

Inde – Rajasthan: Bijaipur – Udaipur

Mes soucis intestinaux ne sont pas résolus ce matin et je prends un Imodium de plus avant de prendre la route pour la dernière étape du voyage, Udaipur, à trois heures de Bijaipur. L’hôtel Sarovar est inaccessible par le minibus, étant situé à l’intérieur de la vieille ville, et donc nous faisons la dernière partie à pied tandis que nos bagages sont chargés dans un tuk tuk. Il ne s’agit pas de l’hôtel qui était prévu dans le programme et l’entrée n’est pas accueillante du tout. Les chambres sont quant à elles très basiques et pas très propres, et les portes ferment mal. Et je ne me vois pas attendre là toute une journée le surlendemain avant de prendre mon vol du soir.

Nous tirons la tête et râlons auprès de Tej (qui s’y attendait apparemment). Il appelle son chef, mais en attente d’une solution, il nous emmène pour la suite du programme quelques rues plus loin. Nous allons en effet assister à un cours de cuisine. Dipika et Pradeep nous accueillent très gentiment et nous préparons ensemble différents plats: du chaï d’abord, puis des pakoras, du dhal, un curry de pommes de terre et d’okra, des chapatis et du riz agrémenté d’épices et de petits pois. Nous mangeons ensemble cet excellent repas mais je n’ai toujours aucun appétit.

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Tej a reçu une réponse positive de son chef et nous nous mettons en route vers notre nouvel hôtel, le Fateh Niwas, qui du coup, n’est pas dans la vieille ville, ni même proche du centre. Mais la différence est flagrante: les chambres sont grandes et bien décorées, les salles de bains sont modernes et propres, et le bâtiment en tant que tel intègre des éléments inspirés de l’architecture ancienne de la région.

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Après une courte pause, nous repartons pour le centre d’Udaipur. Nous prenons le bateau pour une croisière au coucher de soleil sur le lac Pichola, haut lieu du tourisme et du romantisme à l’indienne. Nous profitons d’une superbe vue sur le palais du maharadja puis, nous débarquons sur l’île de Jag Mandir qui est un endroit des milles et une nuits, et qui est d’ailleurs très fréquemment utilisé comme décor pour des fêtes de mariage. Je me sens de moins en moins bien mais j’arrive quand même à profiter un peu de l’endroit. Par contre, quand mes compagnons proposent de boire un verre, je refuse. Je tente de me concentrer pour évacuer les nausées tandis que ma tension baisse – et puis elle remonte heureusement après un moment et je commence à me sentir un peu mieux, juste à temps pour reprendre le bateau vers la terre ferme.

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Nous débarquons à nouveau tout près du palais, que nous longeons pour ressortir dans le centre de la vieille ville. Apparemment, il y a eu un sacré malentendu entre Tej et le chauffeur, ainsi que des embouteillages qui bloquent toute la vieille ville, et notre guide nous emmène au pas de course au travers des rues, le téléphone en main. C’est assez épique, et pas très agréable, surtout que Tej ne nous explique rien au moment même. Finalement nous retrouvons le minibus, mais au lieu de faire demi-tour, il s’engage sans sourciller dans le pire des bouchons. A certains endroits, les voitures peuvent à peine se croiser et cela se joue au centimètre près.

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Nous arrivons en fin de compte à notre restaurant pour ce soir, le Khamma Ghani, un des meilleurs de la ville. Les spécialités, ce sont les grillades cuites au four tandoor, et même si je ne me sens pas encore en pleine forme, mon appétit revient peu à peu.

De retour à l’hôtel, je teste le remède proposé par Jilian, du bicarbonate de soude, avant de passer une excellente nuit.

Inde – Rajasthan: Bruxelles – Munich – New Delhi

Wild Frontiers étant une compagnie britannique, les vols proposés ne me convenaient pas et j’ai donc réservé auprès de la Lufthansa. Pour éviter de rater ma correspondance à Munich, j’ai préféré prendre l’avion avant celui qui m’était proposé mais cela impliquait un réveil avant les aurores. Je ne me sens pas très en forme, j’ai en effet été malade la nuit précédant celle-ci et je n’ai pas avalé grand chose depuis plus de 24 heures.

Mon voisin chauffeur de taxi me conduit à l’aéroport sous la pluie et j’arrive évidemment bien trop tôt, d’autant plus que le check-in se fait en 30 secondes – il n’y a personne dans la file au comptoir Lufthansa. Pas de contrôle d’identité non plus – je reste dans l’espace Schengen. Je commence à avoir faim mais je me dis que je pourrai acheter quelque chose à l’aéroport de Munich. Une fois dans l’avion, les hôtesses distribuent un snack – une tartine au fromage et ciboulette – juste ce qu’il me fallait.

L’aéroport de Munich est gigantesque: le tableau des vols prévoit 20 minutes pour arriver à la porte d’embarquement pour New Delhi. Et en effet, je dois prendre un petit train puis passer le contrôle d’identité. Juste avant le vol, un agent de sécurité vérifie si tout le monde a bien l’autorisation d’entrer sur le territoire indien. Une fois à bord de l’avion, je me dis que j’ai de la chance: il n’y a personne à côté de moi, mais je me suis réjouie trop tôt: la place est prise in extremis par une jeune femme. Je cède ma place à son amie pour qu’elles puissent être assises ensemble. Peut-être que je n’aurais pas dû: elles sont plutôt gamines et font du bruit pendant tout le vol, à tel point que les hôtesses les grondent plusieurs fois.

Je me retrouve donc à côté d’un couple indien dont les deux enfants sont assis juste devant. Et de l’autre côté de l’allée, même scénario. C’est un vol de jour et les langues se délient, celles des femmes en fait. Elles sont d’origine indienne mais vivent au Canada et retournent en Inde pour les vacances.

Pour occuper mon temps en dehors des conversations, je regarde Wonder Woman – j’apprécie le fait que la Lufthansa propose des sous-titres aux films proposés, ce qui facilite la compréhension avec le bruit ambiant de l’avion. Même si le vol ne dure que 7 heures, il me semble interminable, et ce ne sont pas les repas qui ont aidé: le premier est un plat de poulet à la sauce barbecue bien trop fumée et le second un wrap de poulet très peu digeste. Mais j’ai eu un gin tonic.

J’arrive enfin à New Delhi vers 23h20. A l’immigration, je remarque très vite que la première file que j’ai empruntée n’avance pas très vite et je passe à la seconde mais cela dure quand même un moment. Une partie des bagages tourne déjà sur le carrousel mais peu de gens sont présents pour les prendre, ce qui empêche les nouveaux d’y accéder. Et donc j’attends, et j’attends encore. Une hôtesse m’apprend finalement que le reste des valises a été débarqué sur le côté et j’y trouve enfin ma valise – je dois dire que je commençais à m’inquiéter.

Je me dépêche de changer un peu d’argent puis vais à la rencontre du représentant de Wild Frontiers qui m’attend – j’avais en effet réservé un transfert vers l’hôtel à l’avance. L’arrivée dans un nouveau pays est toujours étrange, surtout quand il fait nuit. Les alentours d’aéroport ne sont pas très excitants, et ceux de New Delhi se caractérisent par une collection de casse-vitesse (en fait, c’est une constante dans tout le pays). Le taxi m’emmène ensuite dans de larges rues fort vides et arborées, longées par diverses ambassades. L’air me semble empli de fumée, et en effet, le représentant m’explique que se sont les résidus des nombreux feux d’artifice de Diwali, qui a eu lieu un jour avant.

J’arrive enfin à l’hôtel Claridges vers 1h30 – tout le monde me souhaite déjà « good morning ». Je reçois une chambre immense, une suite avec salon, mais je ne remarquerai que le lendemain que la fenêtre donne sur un mur. Le style de l’hôtel est très classique et luxueux mais les chambres sont très beiges. Je ne traîne pas et me mets au lit très rapidement, m’endormant comme une souche après quelques minutes.

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