Japon (2019): Wakayama – Kansai Airport

Vendredi 6 décembre 2019

Après avoir préparé mes affaires, je me rends à l’arrêt de bus, mais je me rends vite compte que celui que j’ai pris ne me mène pas à la bonne gare. Je descends. Je ne monte pas dans le suivant parce qu’il n’y a pas de ticket qui sort de la machine et je ne comprends pas bien le système. Je me mets à marcher un bout, fulminant sur moi-même, sur mon inattention et la perte de temps occasionnée. De retour sur la grande avenue, je prends finalement un autre bus qui m’amène enfin à la gare. Je range ma valise dans un casier et me précipite vers la dernière voie pour prendre le petit train local de l’Electric Railway de Kishigawa qui part quelques secondes plus tard.

883-Japan-Wakayama
884-Japan-Wakayama

Cette ligne locale de trains était vouée à un arrêt définitif, faute de voyageurs, et puis le village de Kishi, au terminus, a eu une idée de génie pour attirer les touristes. J’en parlerai plus loin. Comme j’ai pris un pass pour la journée, je peux interrompre mon voyage quand je veux pour visiter les alentours. Mon premier arrêt est Idakiso, où se trouve un petit temple. Je n’y reste pas très longtemps, il fait bigrement froid aujourd’hui. Et je ne veux pas rater le train suivant.

889-Japan-Idakiso
890-Japan-Idakiso
891-Japan-Idakiso

Il y en a trois différents qui roulent sur la ligne, tous trois joliment décorés. J’ai de la chance, celui qui arrive est celui dédié à Tama, le chat chef de gare à Kishi. La petite gare a en effet adopté il y a plus de 10 ans un chat errant, et l’a promu chef de gare. L’effet a été immédiat: les touristes ont voulu voir le chat et sont venus en masse, sauvant par la même occasion la ligne de train. Tama est décédé entre-temps mais il a un successeur, Nitama. Et donc les wagons sont entièrement décorés sur le thème des chats, avec une petite bibliothèque, des lampes spéciales et même un emplacement spécial pour quand Nitama prend le train.

897-Japan-Kishi
896-Japan-Kishi
900-Japan-Kishi

A la gare de Kishi, je m’extasie devant le chat, comme tout le monde. Il est protégé par une vitre d’un côté, et par le comptoir du magasin de souvenirs de l’autre. Il a sa propre couverture chauffante et n’est de service que certains jours et heures. Sa vie ne semble pas trop difficile mais j’imagine qu’il aime aussi se promener à l’air libre quand il ne joue pas son rôle de chef de gare.

908-Japan-Kishi
902-Japan-Kishi
903-Japan-Kishi

Je ne suis pas fan de chats au point de faire un grand détour dans mon voyage mais comme j’étais à Wakayama, cela aurait été dommage de ne pas faire l’excursion. J’étais également très tentée par une immersion dans la campagne japonaise et je m’étais dit que je visiterais différents villages, allant même à pied de l’un à l’autre. Sauf qu’il faisait fort froid et que je n’arrivais plus à me réchauffer et je ne me suis plus arrêtée au retour. Je pense que l’été est une bien meilleure saison pour se promener dans la régions.

905-Japan-Kishi
906-Japan-Kishi
894-Japan-Kishi

Une fois arrivée à Wakayama, je récupère ma valise et prends le train pour aller à l’aéroport du Kansai, à mi-chemin entre Wakayama et Osaka. J’y ai en effet réservé une dernière nuit à l’hôtel de l’aéroport, ce qui me permettra le lendemain de ne pas me lever aux aurores et d’avoir peur de rater mon train puis mon avion.

Je récupère mon autre valise qui est bien arrivée depuis Kobe, installe le tout dans la chambre et repars. Mon voyage touche à sa fin mais j’étais vraiment déçue de ne pas avoir trouvé de jolis tissus japonais (et hawaïens, comme à Tokyo). Et donc l’idée a mûri: pourquoi ne pas retourner pour un aller-retour à Osaka ? J’avais noté une adresse et cherché mon parcours via google maps. Je prends donc le train pour Osaka, sans me rendre compte que j’ai choisi un omnibus, et j’avoue que je perds un peu patience, mais j’arrive finalement à Tennoji, d’où je prends le métro pour Namba. J’avais vraiment bien préparé mon voyage, et j’ai donc suivi les indications données par une blogueuse qui indiquait la sortie à prendre et le chemin à suivre pour trouver le magasin de tissu en question, Toraya. Je tombe droit dessus, sans devoir chercher. Et j’y trouve mon bonheur.

911-Japan-Kansai Airport

Le système d’achat est un peu bizarre, mais expliqué partout: les rouleaux de tissus ne sont pas présents en entier, seuls des pans d’exposition. Il faut alors demander au vendeur qui en découpe un petit carré et note le métrage voulu. Il envoie le tout à l’étage via un système pneumatique et quelques minutes plus tard, la commande arrive à la caisse où on peut payer.

Je retourne à Tennoji et je me mets dans la file pour le train. Je ne le vois pas arriver alors qu’il est déjà presque l’heure de départ. Je me retourne et le vois derrière moi ! Et c’est un train Hello Kitty, ce qui me fait un second train chat dans la journée. C’est le train rapide et en une demi-heure je suis de retour à mon hôtel.

913-Japan-Kansai Airport
912-Japan-Kansai Airport

Je choisis un restaurant dans le centre commercial attaché à l’aéroport, mais mon choix n’est pas tout à fait réussi pour ce dernier repas. J’ai été tentée par un restaurant-buffet pour pouvoir goûter à plein de choses, mais c’est essentiellement de la cuisine occidentale.

Reste une chose importante: tout ranger dans la valise. Ce n’est pas une mince affaire, j’ai finalement acheté plus que prévu. Je peine, je n’y arrive pas. Et puis je me rends compte que si je veux utiliser au mieux l’extension externe de ma valise, je dois également ouvrir la partie interne. Et j’y arrive finalement. Le lendemain, je verrai qu’elle est passée de 13kg à 20kg…

Une dernière nuit, et puis c’est le grand départ.

Statistiques du jour: 10 373 pas ou 7,7km – 12 étages.

Japon (2019): Osaka – Fukuoka

Jeudi 21 novembre 2019

Je quitte Osaka aujourd’hui et le shinkansen que je voulais prendre à l’origine était déjà complet. J’ai donc réservé une place sur le précédent mais cela veut dire que je dois me lever avant 7h et que je me retrouve en pleine heure de pointe dans le métro. J’essaie de prendre le moins de place possible mais ce n’est pas facile avec une valise, même petite.

Hier soir, j’ai fait envoyer la grande valise à Beppu avec le service de livraison Takkyubin, la meilleure invention du monde – et ce n’est pas extrêmement cher. Cela me permet de voyager sans trop m’embarrasser et je retrouve ma grande valise une étape sur deux ou trois. Ici par exemple, je saute les étapes Fukuoka et Kokura, la retrouvant à Beppu. De là, je l’ai envoyée à Kobé, évitant Kurokawa Onsen et Kumamoto. Et de Kobé, elle est partie à l’hôtel près de l’aéroport, sans m’encombrer à Wakayama. Je ne me souviens pas du prix exact, mais ça doit tourner autour des 60-70 euros pour les trois envois. Un montant que je suis tout à fait prête à payer pour avoir ce confort de voyage, sachant qu’il n’y a pas d’escalators partout (ça s’améliore néanmoins) et que les shinkansens limitent maintenant la taille des valises qu’on peut y emmener (à moins de payer un supplément). Et les réceptionnistes d’hôtel sont habitués: ils remplissent sans problèmes le bordereau d’envoi en japonais.

Heureusement, tout le monde sort à la gare de Shin-Osaka. Je suis évidemment bien à l’avance et j’en profite pour acheter une jolie peluche en forme de poulpe, que je nomme Tomoko.

137-Japan

Dans le train, la place à côté de moi est vide, mais je déchante vite: à Kobé vient s’installer le genre de personnes que personne ne souhaite avoir comme voisin: un grand gaijin malpoli, prenant toute la place, accoudoirs y compris, s’affalant de tout son long, les jambes bien écartées. Et puis surtout, dès le début du voyage, il a commencé à boire, du vin rouge, du saké… empestant de plus en plus l’alcool (et il n’était que 8h30 du matin environ). A chaque arrêt du voyage durant un peu plus de trois heures, j’espérais qu’il débarquerait. Il sort finalement à l’avant-dernier arrêt. L’année passée, j’ai eu le bavard invétéré, cette année, j’ai l’alcoolique. Que me réserve le prochain voyage ?

J’avais beaucoup aimé Fukuoka et j’ai donc remis cette ville au programme mais j’ai dû aménager mes plans initiaux. Je voulais y rester trois nuits, puis partir pour Beppu. Or le très bon hôtel où j’avais logé était complet pour la troisième nuit (un weekend où le samedi était un jour férié pour les Japonais). Je me suis donc arrangée différemment, en faisant une étape à Kokura, ce que je raconterai plus tard.

Une fois arrivée, j’ai été déposer ma valise à l’hôtel, le Nishitetsu Hotel Croom Hakata et je suis repartie en métro jusqu’à l’arrêt Muromi pour visiter un temple conseillé par Bénédicte (beaucoup de mes visites à Kyushu sont inspirées par son blog lors de ce voyage). La météo est superbe, il y a juste un peu de vent quand je traverse le fleuve, la ville de ce côté est très calme et il n’y a presque pas de passants. Je ne repère pas de suite le temple mais un tori à la base d’une longue volée d’escaliers m’indique le chemin. J’ai chaud et j’enlève quelques couches.

138-Japan - Fukuoka

Je vois des tori rouges sur la gauche et je décide de d’abord suivre ce chemin me menant vers le sanctuaire shinto. Comme me l’expliquait Yann à Osaka, dans chaque temple bouddhiste se trouve un (petit) sanctuaire shinto (et inversement). Je m’efforcerai de les trouver tous les deux à chaque fois lors de ce voyage.

139-Japan - Fukuoka
141-Japan - Fukuoka

Le petit sanctuaire s’appelle Otojiri. Je fais quelques photos quand un vieux monsieur m’aborde. Il est le gardien et m’explique l’histoire de l’endroit dans un anglais un peu limité mais nous arrivons à nous comprendre. Il me montre également comment me purifier au début de la visite, en versant de l’eau d’abord sur la main gauche, puis sur la droite, puis toucher légèrement la bouche. Il me mène ensuite devant le sanctuaire en montant à gauche. Je sonne à la cloche pour prévenir les esprits de ma présence, fais une offrande en donnant une pièce, frappe deux fois dans mes mains puis m’incline très bas – tout cela en suivant les explications du vieux monsieur.

143-Japan - Fukuoka
144-Japan - Fukuoka
145-Japan - Fukuoka

Je suis ravie de cette rencontre qui m’a appris beaucoup. Je pars ensuite en direction du temple bouddhiste, le Washio Atago, qui se trouve au sommet de la colline. La vue sur la ville et la mer est superbe. Je profite des bancs pour pique-niquer, tout comme d’autres dames qui sont déjà là.

149-Japan - Fukuoka
148-Japan - Fukuoka
150-Japan - Fukuoka

Mais l’après-midi n’est pas encore fini et je repars vers le métro, descendant à l’arrêt près du parc Ohori. Je le traverse par l’allée qui serpente au milieu du lac, entre les pins. De l’autre côté, je m’installe sur un banc, au soleil, et sors mon livre. J’y reste un long moment, je me sens bien, le soleil me réchauffe. J’oublie un moment mes courbatures et ma fatigue toujours bien présente.

153-Japan-Fukuoka
155-Japan-Fukuoka
156-Japan-Fukuoka

L’année passée, je n’avais plus eu le courage de visiter le parc Maizaru et le château et même cette fois-ci, je dois me motiver. Mais j’y vais finalement, malgré mes douleurs aux jambes, et aussi parce que c’est juste à côté du parc Ohori. Il y a une installation du Teamlab, des grands oeufs blancs qui seront illuminés la nuit (mais après mon départ). Le soleil est déjà bas et les jeux de lumière sont magnifiques, entre les arbres qui perdent leurs feuilles. Je monte ensuite dans les ruines du château pour voir le panorama de la ville.

161-Japan-Fukuoka
158-Japan-Fukuoka
163-Japan-Fukuoka

Fatiguée, je retourne à la gare de Hakata et ses centre commerciaux. Je me promène un moment dans l’ère de perdition qu’est le Tokyu Hands mais je reste sage, achetant juste un thermos à thé. J’avais repéré un restaurant qui me tentait ce midi mais je me perds un peu, puis je le retrouve. Il est un peu vide mais j’avais une envie précise de thon à l’avocat. C’est un plat très fusion, un peu n’importe quoi, mais c’est parfait pour mon quota de légumes.

165-Japan-Fukuoka

Je retourne à l’hôtel et prends possession de ma chambre (remplie de gadgets divers), puis je vais me détendre à l’onsen (qui est la raison principale pour laquelle je voulais retourner à cet hôtel). Le bonheur…

Statistiques du jour: 19 368 pas ou 14,6 km – 40 étages

Avez-vous déjà eu des voisins de train ou d’avion difficiles à supporter ? Comment avez-vous réagi ?

Japon (2019): Osaka

Mercredi 20 novembre 2019

Bien avant que je ne décide d’aller au Japon, j’avais lu les récits de Brice du blog de voyage WorldWideBrice à propos des Osaka, Kyoto et Tokyo Safaris et j’étais très tentée par l’idée. Si j’ai décidé d’aller à Osaka pendant ce voyage, c’est en partie pour pouvoir participer à une de ces journées de visites guidées. J’ai eu de la chance: il restait des disponibilités pour Osaka à mes dates (et j’en ai réservé un pour Kobé également). Pour tout contact, c’est ici: Osaka Safari.

Quand je descends de ma chambre, mon guide pour la journée, le photographe suisse Yann Becker m’attend déjà. Nous nous présentons rapidement (« oh mais je peux dire septante et nonante alors, si tu es Belge ? ») et nous partons ensemble à la découverte de la ville. Il me parle en quelques mots de sa proposition pour la journée: un marché, un quartier populaire et Dotonbori pour terminer. Je ne rentrerai pas trop dans les détails de la situation des divers lieux, même si pour Osaka, c’est moins « secret » que pour Kyoto par exemple.

066-Japan-Osaka

Nous prenons le métro vers le sud et dès la sortie de la station, Yann me montre plein de choses que je n’aurais pas remarquées ou comprises, les vendeurs de tickets de « seconde main » ou les cafés à l’américaine, par exemple. Nous nous perdons dans un grand marché couvert, loin de la splendeur des centres commerciaux modernes. Beaucoup d’échoppes ont l’air bricolées ou construites de travers, ce n’est pas toujours très propre, de très vieilles enseignes survivent au dessus de magasins diverses. Yann me fait remarquer les petits autels mais surtout les minuscules tori au niveau du sol: ils sont fréquents dans les environs proches des débits de boissons, éloignant les hommes poussés par un besoin pressant d’uriner, vu que ça ne se fait pas sur un objet sacré.

068-Japan-Osaka
070-Japan-Osaka
069-Japan-Osaka

C’est là que nous avons un moment « conseils photos » mais que je ne trouve pas comment changer l’exposition – l’option est bien cachée et je la chercherai encore pendant un moment dans la soirée avec le mode d’emploi. Pour la petite histoire, je découvrirai comment faire à la maison, lors d’un atelier photo, en dérapant avec mon doigt sur une des molettes.

074-Japan-Osaka
075-Japan-Osaka
079-Japan-Osaka

C’est mercredi, jour de fermeture, et beaucoup d’échoppes sont fermées dans le marché mais c’est malgré tout intéressant à visiter. Et puis, surprise, les vendeurs de poissons sont bien là – ils ont ouvert aujourd’hui en échange du samedi suivant qui est férié. C’est un peu comme Tsukiji à Tokyo, mais en bien plus réduit. Yann me montre les divers poissons, du fugu notamment, des coquillages, des algues. Il me guide entre les étals de konbu, de katsuobushi, et parle par la même occasion avec les vendeurs qu’il connaît, comme ce vieux couple qui vend toutes sortes de petits poissons frits. La dame nous en fait goûter, et nous souhaite une bonne journée en nous offrant du Yakult (enfin son équivalent).

080-Japan-Osaka
077-Japan-Osaka
le fugu
072-Japan-Osaka

Plus loin, Yann commence une conversation auprès d’un autre couple âgé, dans une échoppe qu’il pensait définitivement fermée. En effet, ces marchés se vident, rattrapés par la modernité, et souvent les magasins ne trouvent plus de repreneurs. Il y a un côté triste et nostalgique à visiter ce genre d’endroits pourtant bien plus photogénique et authentique qu’un centre commercial clinquant.

087-Japan-Osaka
086-Japan-Osaka
084-Japan-Osaka

Plus loin se trouvent les magasins de produits coréens, vendant du kimchi et diverses pâtes de piments.

092-Japan-Osaka
090-Japan-Osaka
091-Japan-Osaka

Comme nous avons déjà beaucoup flâné et parlé, et qu’il est presque midi, nous décidons d’aller manger dans le quartier des yakiniku, les barbecues coréens. C’est la bonne occasion pour moi vu que c’est le genre de plat qui est plus agréable à partager. Nous nous installons et nous commandons le lunch de midi qui propose plusieurs morceaux différents de viande de boeuf, salade et kimchi. Avec une bière, parce que ça se marie bien !

096-Japan-Osaka
094-Japan-Osaka
095-Japan-Osaka

Nous parlons de nos goûts en commun, du cinéma japonais d’Ozu et de Naruse, de notre amour pour l’enka (les chansons populaires un peu larmoyantes aimées par une frange de la population assez âgée), de photographie, d’architecture, de la vie au Japon…

097-Japan-Osaka

De là, nous reprenons le métro pour aller à la tour Harukas à Tennoji qui offre un beau panorama de la ville – une ville quasiment plate par ailleurs. Nous marchons un moment et nous nous retrouvons dans un quartier très populaire, avec des petites maisons en bois couvertes de fausses pierres en plastique.

099-Japan-Osaka
103-Japan-Osaka
104-Japan-Osaka

Il y a des coiffeurs, des magasins d’alcool et de cigarettes, des minuscules restaurants sans panneau, connus uniquement par les locaux… Yann me montre les détails, le linge qui pend, les compteurs de gaz ou d’électricité qui sont à l’extérieur.

106-Japan-Osaka
105-Japan-Osaka
107-Japan-Osaka

Plus loin se trouve une galerie couverte, à l’ancienne – un shotengai. Beaucoup de commerces ont fermé mais il reste des bars qui rassemblent les personnes âgées ou des espaces de jeu, du go ou des échecs. Nous ne sommes pas très loin du quartier où « disparaissent » certaines personnes, des personnes qui préfèrent quitter la société, ou des paumés, des chômeurs, des anciens criminels.

111-Japan-Osaka
112-Japan-Osaka
121-Japan-Osaka

Ce n’est pas aussi glauque que certains quartiers de villes européennes où personne n’oserait mettre les pieds. Ils restent propres mais ils donnent une impression de tristesse, de « mis de côté », d’oublié.

Le quartier suivant que nous visitons est beaucoup plus connu, Shinsekai ou « Nouveau Monde ». Il a été créé en 1912 sur les modèles de Paris et New York, et possède même sa tour Eiffel. Des échoppes de vêtements bon marché et des pachinkos (nous entrons rapidement dans un de ceux-ci pour l’expérience) se succèdent, mais aussi un cinéma à l’ancienne, avec une salle qui diffuse des films relativement récents, dont l’affiche est peinte à la main, et une salle pour les films érotiques. Il y a également un sento, avec dans son entrée, une grande statue de girafe. Pourquoi une girafe ? Mystère !

117-Japan-Osaka
118-Japan-Osaka
115-Japan-Osaka

Après avoir repris le métro, nous terminons la visite à Dotonbori. Je commence à fatiguer et mon attention n’est plus optimale mais j’avais déjà visité ce quartier en 2015. Nous flânons près du canal et dans les artères bondées de touristes chinois (remplissant des valises de produits de beauté pas chers – c’est pour cela qu’il y a tellement de grandes drogueries dans la ville, et ailleurs au Japon). Les restaurants attirent le chaland avec de grandes figurines animées, des crabes souvent.

129-Japan-Osaka
119-Japan-Osaka
120-Japan-Osaka

Yann me montre le petit temple de Hozen-ji avec sa statue couverte de mousse, puis un ancien théâtre, et quelques bâtiments modernes.

122-Japan-Osaka
123-Japan-Osaka
124-Japan-Osaka

Je reprends le métro vers mon hôtel et vais acheter de quoi grignoter vu que j’ai bien mangé ce midi. J’ai adoré ma journée et je conseille vraiment ce genre de visite – celles d’Osaka Safari sont vraiment top. Même plusieurs semaines plus tard, je me rends compte que j’observe les paysages et les villes différemment, à la recherche de détails que je n’aurais pas remarqués auparavant. J’ai eu l’impression de passer une journée avec un ami qui me montrait une ville qu’il connaissait vraiment bien. Il s’est adapté à mes goûts et mes envies et a rajouté au circuit une petite surprise qui m’a fait très plaisir (mais ça reste entre nous).

131-Japan-Osaka
125-Japan-Osaka
135-Japan-Osaka

Statistiques du jour: 14 274 pas ou 10,4 km

J’ai pris bien plus de photos que celles présentées ici, elles sont sur flickr (le lien inclut celles du voyage de 2015). Est-ce que vous avez une ou plusieurs favorites ?

Japon (2019): Osaka – Minoh et Katsuo-ji

Mardi 19 novembre 2019

J’ai dormi plus de 11 heures et pourtant le réveil reste difficile – quand je me lève au Japon, il est minuit en Belgique. Il faudra quelques jours pour que je m’habitue.

Je prends le petit-déjeuner mais je n’ai pas très faim. L’hôtel propose cependant une sélection assez variée de plats divers mais vise essentiellement une clientèle asiatique. D’ailleurs, la salle est remplie de Taïwanais et Chinois.

Je m’étais promis que je partirais à 9h30 mais à cette heure-là je suis encore dans ma chambre. Je me presse un peu parce que mon but de visite n’est pas à proximité. Pour mon premier jour, comme l’année passée, je sentais que j’avais besoin d’un moment d’adaptation à la vie japonaise et j’ai choisi une destination plutôt bucolique, Minoh, connu pour sa cascade et ses beaux feuillages d’automne. Je vais à pied jusqu’à la station de métro de Yodoyabashi pour éviter un changement et une fois à la gare d’Umeda, je prends le train vers Minoh, ce qui implique encore un changement.

024-Japan-Osaka
— La gare d’Umeda —

Le wagon est rempli de personnes âgées et de quelques touristes. Pendant que je les observe, je sens que mon téléphone vibre: l’aéroport m’informe que ma valise est arrivée et qu’elle sera envoyée à mon hôtel entre 18h et 21h. Je suis soulagée – j’avais déjà imaginé tout ce qui me manquerait si elle n’arrivait pas.

Aujourd’hui, la température a baissé de 10 degrés et je suis bien contente d’avoir mon manteau et mon écharpe. Le ciel est d’un bleu éclatant, ce qui me met de bonne humeur.

011-Japan-Minoh

La cascade Minoh se trouve à l’extrémité d’une promenade d’un peu moins de trois kilomètres et est un lieu d’excursion populaire pour les habitants d’Osaka. Le chemin est très agréable, il monte doucement entre les arbres. Certains ont un feuillage encore bien vert, d’autres se teintent déjà de rouge. L’endroit est idéal pour me remettre du décalage horaire.

013-Japan-Minoh
015-Japan-Minoh
014-Japan-Minoh

Arrivée à la cascade, je prends un bain de foule, tout en tentant de prendre des photos. Le site n’a rien d’exceptionnel à vrai dire, mais c’est joli.

021-Japan-Minoh
017-Japan-Minoh
020-Japan-Minoh

Avant mon départ, j’avais repéré que le temple de Katsuo-ji n’avait pas l’air éloigné de la cascade mais une tentative de recherche d’itinéraire via google maps m’indiquait une marche de plus de 10 kilomètres, me demandant de rebrousser chemin et de prendre la route parallèle à la promenade. Cela ne me semblait pas logique et je me disais qu’il devait y avoir moyen de rejoindre cette route depuis la cascade. J’ai également cherché sur divers blogs mais personne n’avait visité les deux sites le même jour.

Sur place, j’ai donc cherché s’il n’y avait pas de panneau indiquant la direction du Katsuo-Ji mais celui que j’ai trouvé était en japonais uniquement. Par contre, j’y reconnais le signe des temples, une croix gammée. Je ne parle pas le japonais mais je réussis à me faire comprendre et un vieux monsieur me confirme que c’est bien par là que je dois aller.

Je prends donc le chemin, une montée très raide, qui mène en fait au parking et à la route indiquée sur google maps. Je commence mon trajet mais je me demande dans quoi je me suis embarquée. Il n’y a personne à pied et peu de voitures. Le gps me raconte que je dois marcher trois kilomètres, et je suis rassurée quand je vois la distance diminuer petit à petit. Il me faut environ trois quart d’heure en fin de compte et c’est donc tout à fait faisable à pied, même si ça monte un peu. Et j’ai croisé quelques taxis vides, c’est donc une autre option.

025-Japan-Katsuoji

Je voulais absolument visiter le Katsuo-ji après avoir vu des photos sur le net. Ce temple bouddhiste est aujourd’hui réputé pour l’amoncellement de Daruma, des petites statuettes qui sont symbole de bonne fortune et vœux exaucés. Quand on les achète, les yeux sont blancs. Au moment où on fait un vœu, on peint le premier œil en noir et quand le vœu est exaucé, on peint le second et on le ramène au temple.

026-Japan-Katsuoji
031-Japan-Katsuoji
027-Japan-Katsuoji

Me voilà donc arrivée. Le complexe du temple a l’air assez étendu mais dès l’entrée, je sais que l’endroit va me plaire. Il y a plein de statuettes de Daruma partout: certaines sont rassemblées sous un auvent, d’autres sont posées le long d’un mur, et puis il y celles qui sont dans les plantes ou les arbres. C’est un plaisir de les photographier, surtout que je sais maintenant utiliser mon grand angle.

034-Japan-Katsuoji
038-Japan-Katsuoji
045-Japan-Katsuoji

A un moment, une jeune femme japonaise m’aborde et propose de me prendre en photo. Nous ferons aussi quelques selfies ensemble et nous échangeons nos instagram.

037-Japan-Katsuoji
047-Japan-Katsuoji
050-Japan-Katsuoji

Je profite vraiment de l’endroit, des feuilles d’érables rougies, du petit lac et je me dis que je n’aurais voulu rater cet endroit pour rien au monde. Je ressors de là déjà satisfaite de ma journée alors que ce n’est que le début de l’après-midi.

049-Japan-Katsuoji
044-Japan-Katsuoji
056-Japan-Katsuoji

A l’arrêt du bus, je vois que celui-ci vient de passer et que le suivant est vraiment beaucoup plus tard. Je décide du coup de refaire le chemin inverse vers la cascade et cette fois-ci, je profite vraiment du paysage, du soleil qui brille, des grands arbres qui bordent la route, tout en grignotant le sandwich que j’avais acheté à l’avance (cela peut sembler bizarre, mais j’aime vraiment beaucoup les « egg sandwich » des kombinis). Et en plus ça descend ! A certains endroits, on voit encore clairement les traces du typhon de l’année précédente, avec des dizaines d’arbres qui sont tombés dans le même sens.

059-Japan-Minoh
058-Japan-Minoh
060-Japan-Minoh

Je croise deux vieux messieurs; l’un des deux insiste pour me serrer la main et me parler un peu. Je les quitte en souriant, cette première vraie journée au Japon est vraiment très réussie.

Il commence à faire plus frais et à la cascade, la lumière a changé, prenant des teintes plus douces. Je sens la fatigue mais le trajet du retour reste agréable. Je m’arrête à une échoppe pour acheter la spécialité du coin: des tempura de feuilles d’érable. Cela n’a aucun intérêt gustatif mais ça fait une jolie photo.

061-Japan-Minoh
062-Japan-Minoh
063-Japan-Minoh

Je reprends le train vers Umeda où je me promène encore un moment dans le grand magasin Hankyu, dans la partie alimentaire, et je m’achète un bento pour le repas du soir. Je sais qu’une fois arrivée à l’hôtel, je n’aurai plus le courage de sortir et les courbatures commencent déjà à se faire sentir. Et en effet, ce sera le jour où j’aurai marché le plus avec 21,6 km parcourus.

La réception de l’hôtel avait promis de me prévenir de l’arrivée de ma valise mais je n’entends rien, je descends donc vers 20h30 et on me dit qu’elle est là depuis l’après-midi. J’aurais dû poser la question en rentrant de ma ballade !

Statistiques du jour: 28 349 pas ou 21,6 km – 38 étages

J’ai posté ces photos mais aussi d’autres sur flickr.

Japon (2019): Osaka

Lundi 18 novembre 2019

L’avion atterrit finalement un peu en avance, vers 9h30 – les courants du jet stream étaient très forts d’après le pilote. L’aéroport d’Osaka ne me fait pas une très bonne impression, il semble en travaux – et puis je me souviens qu’il a été inondé suite à un typhon l’année passée.

Au carrousel à bagages, je vois les valises défiler sans trouver la mienne. Je suppose qu’avec toutes mes aventures de vol annulé, elle est restée à Bruxelles. Et en effet, une employée arrive avec une pancarte portant mon nom. Elle m’annonce que ma valise n’était pas dans l’avion et que je dois remplir une déclaration pour qu’elle me parvienne au plus vite. Et là j’apprends qu’elle n’est pas à Bruxelles: elle a fait un bout de voyage mais est restée bloquée à Helsinki.

Je craignais être fort encombrée pour prendre les transports en commun mais du coup, je suis fort légère. Avant d’aller à Osaka, j’ai une série de formalités à accomplir: chercher la carte SIM que j’avais commandée avant de partir (le service de Mobal est très efficace), retirer de l’argent, valider mon Japan Rail Pass et recharger ma IC card (Suica) pour prendre facilement les transports en commun. Je fais également un passage aux toilettes pour retirer les nombreuses couches hivernales: il fait en effet plus de 20° aujourd’hui.

J’avais repéré le parcours vers mon hôtel et prends donc le train et le métro. Une fois sortie de la station, je me dirige dans la direction supposée de mon hôtel, le Best Western Plus Hotel Fino Osaka Kitahama (ces noms à rallonge !), mais je ne le trouve pas. Je fais demi-tour et me rends compte qu’il est dans une rue perpendiculaire à la grande avenue.

Il est environ 12h30 et je me dis que, comme d’habitude au Japon, je ne pourrai pas prendre possession de ma chambre avant l’heure officielle du check-in, en général à 15h. Je suis en manque de sommeil et crevée, et donc je demande quand même, avec peu d’espoir, s’il n’y a pas moyen de faire une exception. L’employée m’explique que si je deviens membre gratuitement du programme de fidélité des hôtels Best Western, je peux avoir ma chambre tout de suite. Je n’ai pas hésité longtemps !

004-Japan-Osaka
— Eddy s’est évidemment tout de suite installé sur le lit —

La chambre est confortable, mais la vue donne sur les bureaux du bâtiment voisin, situé à maximum deux mètres. Je m’affale dans le lit et m’endors pour le reste de l’après-midi. J’avais mis mon réveil à 16h et je me rafraîchis un peu avant de partir pour une ballade. Il se met à pleuvoir et au lieu de marcher, je prends le métro pour la gare d’Umeda. J’y réserve mes premiers tickets de shinkansen – celui que je souhaitais prendre est déjà complet mais il y a une alternative un peu plus tôt.

005-Japan-Osaka
— la gare d’Umeda —

Je me promène sans but, montant et descendant les escalators du centre commercial, trouvant par hasard le magasin Ghibli et ses Chatbus et Totoro géants. Je me dis que le voyage ne peut pas mieux commencer, en rappel du précédent l’année passée où dans chaque ville, je suis tombée par hasard sur les magasins Ghibli.

006-Japan-Osaka
— graouw —

J’ai faim et je pars à la recherche d’un restaurant. Au sous-sol, les établissements proposant de la cuisine européenne se succèdent jusqu’à ce que je trouve un bar à ramens. Je choisis une soupe de nouilles de Hakata, crémeuse, grasse et salée (dans le bon sens du terme).

007-Japan-Osaka

La pluie s’est arrêtée et je prends quelques photos de la rivière et de la mairie d’Osaka, un bâtiment ancien. Puis je rentre à mon hôtel pour une longue nuit de sommeil.

008-Japan-Osaka
009-Japan-Osaka
010-Japan-Osaka

Comment faites-vous quand vous arrivez tôt le matin dans un pays après un long vol et avec un grand décalage horaire ?

(J’aurais dû poser la question sous l’article précédent: quelle est la pire histoire d’avions que vous avez vécue ?)

Statistiques du jour: 9503 pas ou 7,2 km (pas mal pour un premier jour)

Japon: Nagasaki – Kyoto

Mardi 13 novembre 2018

Je n’ai pas très bien dormi cette nuit. Peut-être ai-je eu du mal à digérer le gras de la soupe ? Ou alors étais-je anxieuse pour le long trajet qui m’attendait ?

Au petit déjeuner, je demande à nouveau les œufs sur le plat, mais sans la galette de pommes de terre frite et sans la saucisse. De toutes façons, je n’ai pas trop d’appétit. Je fais ensuite des réserves pour le trajet: un sandwich et un muffin à la banane et aux noix, ainsi qu’un castella cake, la spécialité de Nagasaki, inspirée par les gâteaux portugais (que je mangerai finalement à mon retour – j’aurais dû en acheter plus, c’était délicieux).

671-Japan-Nagasaki

Je prends d’abord un premier train jusqu’à la gare de Shin Tosu. J’espérais ne pas avoir de voisin mais c’est raté, et comme je n’ai pas mis ma valise dans le rack à bagages, je n’ai pas beaucoup de place pour mes pieds. Je lis un peu et puis, je commence à me sentir mal. Je manque un peu d’air et j’ai des chutes de tension.

Mon état s’améliore un peu lors du changement de train à Shin Tosu, où je prends le shinkansen vers Osaka: le coca est toujours un bon médicament dans ce genre de situation. Je me retrouve assise à côté d’un Japonais d’une septantaine d’années, vivant au Canada. Il se révèle être un incorrigible bavard et je n’ai vraiment pas la patience. Je ne comprends d’ailleurs que la moitié de ce qu’il raconte dans son anglais bizarre. Je me penche ostensiblement dans mon livre, ce qui le fait taire, mais dès que j’ose lever la tête, il recommence. Tout sujet de conversation est bon pour lui, de l’administration Trump aux Diables Rouges qui ont battus les Japonais lors de la Coupe du Monde (chose que j’avais déjà oubliée). Il me fatigue vraiment et je me sens de plus en plus tendue, mes chutes de tensions ne s’améliorant pas.

Je me prépare à sortir de train bien avant son arrivée à Osaka parce que j’ai exactement cinq minutes pour prendre ma correspondance. Heureusement l’app Hyperdia m’annonce la voie que je dois chercher et ce n’est pas très loin. Le shinkansen vers Kyoto est en gare et je peux m’installer dans un train quasi vide.

Quinze minutes plus tard, j’arrive à destination. Je me perds dans la gare, cherchant une sortie sud qui n’existe pas. Je sors donc vers le nord et essaie de contourner le bâtiment mais c’est impossible. Je retourne sur mes pas et prends la sortie ouest qui me mène enfin dans la bonne direction. Mon hôtel est à cinq minutes de là, le Sotetsu Fresa Inn. Le check-in n’est qu’à 15h (il est 14h30) mais je décide d’attendre parce que je ne me sens toujours pas bien. La réceptionniste me dit que j’ai reçu un upgrade mais en arrivant dans ma chambre, je vois juste que le lit a l’air vaguement plus grand que d’habitude. C’est assez sombre et très sobre, à la limite du déprimant. Un peu de déco aurait vraiment égayé la pièce. Mais tout le nécessaire est là et c’est très propre. (Je regrette quand même l’hôtel de la fois passée.)

675-Japan-Kyoto

Je me couche et dors finalement deux heures.

672-Japan-Kyoto

Après cette longue sieste, je me sens un peu mieux, mais j’ai toujours des vertiges.  Je ressors quand même pour explorer la gare de Kyoto qui est un monde à part entière. J’achète finalement un bento de sushis et une bière avant de retourner à l’hôtel.

673-Japan-Kyoto

677-Japan-Kyoto

676-Japan-Kyoto

J’espère que je me sentirai mieux demain, j’ai en effet plein de choses au programme.

Statistiques du jour: 6494 pas – 4,6km

Japon 2015: Osaka – Kanazawa

Je n’ai pas très bien dormi cette nuit – sans doute le stress du train à prendre tôt. Quand je sors de l’hôtel, il fait gris mais sec et je décide de marcher les 15 minutes qui me séparent de la station de métro qui me mènera directement à la gare d’Osaka, sans changement. A mi-chemin, il pleut à verse et je peste sur moi-même, tirant ma valise d’une main et tenant le parapluie de l’autre. Comme toujours, j’arrive bien à temps. A l’entrée des quais, un panneau indique des retards sur la ligne de Kyoto, retards dus à un incident de personne. Un suicide ? (Au moins, il a choisi le dimanche pour causer moins de problèmes.) Je mets un moment à comprendre qu’il s’agit de ma ligne. Sur le quai, il y a foule et le panneau indique un train qui aurait dû être passé une demi-heure avant. Je m’inquiète, sachant qu’en Belgique dans ce genre de situation, c’est la pagaille et que les numéros de quai changent souvent en dernière minute. Je m’adresse au contrôleur en anglais. Il répond en japonais à sa tablette qui me traduit sa phrase en anglais: mon train a plus d’une heure de retard. Par signes, je comprends que je peux rester sur le même quai et que je dois prendre mon mal en patience. Je ne me sens pas trop en forme et pas moyen de m’asseoir. Heureusement, mes baisses de tension passent après un moment. Et mon train, le Thunderbird jusque Kanazawa, arrive enfin avec 45 minutes de retard.

Il n’y a pas beaucoup de place pour mettre ma valise mais heureusement le train n’est pas rempli et personne ne vient s’asseoir à côté de moi. Le trajet me semble déjà long dès le début, le train s’arrête relativement souvent (une dizaines d’arrêts entre Osaka et Kanazawa). Il n’y a pas le même confort que dans le shinkansen et cela balance beaucoup, ce qui m’empêche de lire. Nous passons près d’un très beau lac, et puis, d’un coup, tout le wagon s’excite: il y a un superbe arc-en-ciel auquel mes photos ne rendent pas justice malheureusement.

403-Kanazawa

355-Kanazawa

356-Kanazawa

train from Osaka to Kanazawa

train from Osaka to Kanazawa

Les annonces sont uniquement en japonais, et je suis surprise lors de l’arrivée à Kanazawa vu que je n’avais plus aucune idée de l’heure d’arrivée avec le retard. Je prends le plan de la ville et des bus à l’information et je rejoins mon hôtel, que je dépasse d’ailleurs. L’entrée est assez déprimante, sombre et le check-in n’est qu’à 15 heures. J’achète de quoi grignoter et prends un bus bondé vers le Musée d’Art Contemporain. Je fais mine de descendre et le couple âgé à côté de moi me fait signe de les suivre dans le combat pour atteindre la sortie. Et quand je cherche le musée, la mamie me dit à nouveau de la suivre, me prenant sous son aile pour le court trajet. Elle parle trois mots d’anglais, mais cela a suffi pour se comprendre.

Je prends un ticket combiné et pars à la découverte du musée. D’abord l’exposition Who interprets the world ? qui pose la question du post colonialisme, rassemblant de nombreux artistes asiatiques. Ensuite Ghost in the cell, une installation avec vidéo à propos des cellules et du corps humain et enfin un choix d’oeuvres du musée rassemblées sous le titre Contemporary 2. Une oeuvre de Leandro Erlich est très impressionnante et amusante: un piscine sous laquelle on peut se promener, ce qui donne un effet assez particulier. Le bâtiment lui-même est intéressant, construit en cercle, les salles d’expositions étant au centre. Je recommande !

357-Kanazawa

Kanazawa

358-Kanazawa

Kanazawa

Kanazawa

Kanazawa

Kanazawa

359-Kanazawa

Il fait gris mais il ne pleut pas et donc je pars à pied pour l’hôtel. Cela me prend 45 minutes mais je fais un détour par un food mall qui vend plein de produits intéressants mais pas de rhum. Je peux enfin aller dans ma chambre, déprimante à souhait. Je ressors après un moment pour aller manger au centre commercial situé à côté de la gare. Je choisis le Shiroku au 6e étage, spécialisé dans un type de plat particulier (dont j’ai oublié le nom): du riz, du poisson (saumon cru et cuit dans mon cas), avocat et omelette, qu’il faut mouiller en fin de repas avec le bouillon fourni (999 Yens). En face de moi, un salaryman fait une photo de son plat en même temps que moi et nous en rions. Après avoir bien mangé, je me promène encore un peu dans le mall et dans la gare encore bondée de monde.

Kanazawa

Japon 2015: Osaka – Daiwa Roynet Hotel Osaka Kitahama

Situé dans un quartier d’affaires mais à la sortie d’une station de métro (Kitahama – ligne brune), le Daiwa Roynet Hotel est un de ces business hotels très modernes. La réception se troupe au troisième étage et l’ascenseur s’y arrête d’office, même quand on veut aller plus bas ou plus haut. Avec l’hôtel de Kyoto, il était le plus cher de mon séjour mais le petit déjeuner était compris cette fois-ci. A la réception, le personnel était très accueillant et parlait bien anglais. J’ai reçu plein de sels de bains et j’aurais pu encore prendre d’autres choses mais je n’en avais pas besoin.

268-Osaka

269-Osaka

La chambre était la plus grande de tout mon voyage mais l’éclairage très froid. De plus, la lampe de chevet ne suffisait pas pour lire. Pour le reste, une belle salle de bain avec tout le nécessaire, plusieurs oreillers et une alcôve pour mettre la valise et pendre quelques vêtements. Au moins, la valise était hors du chemin cette fois-ci ! La vue n’est pas des plus intéressantes: le mur du bâtiment voisin.

271-Osaka

270-Osaka

272-Osaka

Le petit déjeuner était très varié, combinant plats japonais et européens, soupes miso, riz, pickles divers mais aussi oeufs en cocotte, omelette, plat de pâtes et crudités. Peu de fruits et pas de fromages, ce qui m’a vraiment manqué. Mais en fin de compte, le meilleur petit déjeuner du voyage.

En résumé:

situation: 3,5/5
aménagement des parties communes: 4,5/5
aménagement de la chambre: 4/5
salle de bain: 4,5/5
propreté: 5/5
petit déjeuner: 4/5
wifi: 5/5

Japon 2015: Osaka

Quand je me réveille, je vois sur Facebook plein de messages « je suis en sécurité » de la part de mes amis parisiens. Je me rends très vite compte qu’il y a des attentats en cours et je suis consternée. La météo prévoyait de la pluie aujourd’hui, mais comme il fait toujours sec, je pars au plus vite, me disant que ça ne sert à rien d’attendre les informations et que j’aurai un résumé le soir. J’y penserai cependant toute la journée.

Je me dirige d’abord vers le château, imposant, aux murs et aux douves gigantesques, situé au milieu de grands immeubles. Je décide de ne pas visiter le musée, préférant me promener ailleurs. L’ambiance est à nouveau très automnale, notamment dans le parc qui mène au métro. En voyant les pins qui sont de travers, je me dis qu’il doit y avoir pas mal de vent à cet endroit.

340-Osaka

341-Osaka

Osaka

Osaka

Osaka

Osaka

342-Osaka

343-Osaka

344-Osaka

345-Osaka

346-Osaka

Je prends le métro pour aller au Musée d’Art d’Osaka. Il est entièrement souterrain avec une superstructure / sculpture en métal qui dépasse du sol.

347-Osaka

348-Osaka

349-Osaka

350-Osaka

L’exposition qui présente les collections du musée est gratuite aujourd’hui. Je note quelques noms d’artistes qui me plaisent, avec le petit crayon offert par une des gardiennes. Mon bic était interdit. J’aime les photos des villes prises en hauteur de Taiji Matsue, les dessins très graphiques et bd de Yukiko Suto, les peintures en noir et blanc de Rieko Hidaka, les photos des souterrains de Naoya Hatakeyama, les photos de paysages de Toshio Shibata… J’ai vraiment beaucoup apprécié cette exposition qui m’a permis de découvrir de nombreux artistes contemporains japonais.

Après ma visite, je décide de reprendre le métro à une autre station mais je me goure complètement de direction et je ne m’en rends compte que très tard, trop fière quelque part pour sortir mon gps. Et franchement, le chemin parcouru n’était pas très intéressant, entre de grands immeubles de bureaux. Je retourne finalement à la station de métro d’où je venais et après de longues hésitations, prends la direction du parc de l’Exposition Universelle qui a eu lieu à Osaka en 1970. Un extrait de mes pensées: « Plochingen et Fabonthemoon ont dit beaucoup de bien de ce parc. Le w-e, c’est le rendez-vous de tous les jeunes » – « Mais c’est loin ! » – « Tu as organisé tout ton voyage pour être un w-e à Osaka, tu ne vas quand même pas abandonner maintenant ? » – « Mais il fait moche ! » – « Enfin, un peu de courage ! Tu le regretteras si tu n’y vas pas ! » – « Oui, mais bon… ». (et on reprend cette conversation en la tournant différemment au moins une dizaine de fois).

351-Osaka

352-Osaka

Le trajet est long: je prends la ligne rouge jusque Senri-Chuo et je débouche dans un centre commercial labyrinthique au plafond très bas et envahi de restaurants. Il y a de temps en temps des panneaux indicatifs ou des marquages au sol mais ils s’interrompent par moments. Je finis par trouver le chemin du monorail que je prends pour deux arrêts (un moyen de transport que je peux enfin ajouter à ma liste – j’avais vu celui de Wuppertal mais je ne l’avais pas emprunté). Au moment où je sors de la station, une forte averse éclate, avec des rafales de vent. J’attends un moment, et en effet, ça se calme un peu. Je vais jusqu’au parc de l’Expo, dominé par la grande statue du soleil. Je prends une collection de photos puis pars pour une promenade, sauf que la pluie reprend et ne s’arrête plus. Le parc est vide, les bâtiments où je pourrais m’abriter sont loin et dépitée (et aussi déprimée en fait), je retourne au monorail que je reprends jusqu’à la station de Daimichi. Je vois défiler les faubourgs d’Osaka sous le déluge. Quand j’arrive enfin à mon hôtel, la pluie s’est arrêtée mais l’humeur n’y est plus. Aucun restaurant ne me tente vraiment et j’achète à  nouveau de quoi manger au supermarché, dont un bière blanche « belge » brassée par Sapporo. Et je lis enfin toutes les nouvelles de la journée, peu réjouissantes.

353-Osaka

354-Osaka

Osaka

Osaka

Osaka

Osaka

Osaka

Japon 2015: Osaka – Nara – Osaka

Un petit déjeuner complet le matin, c’est quand même mieux ! Je prends le métro jusque Dobutsuenmae où je dois changer pour prendre le train. La gare JR de Shin-Imamiya est dans un quartier un peu sinistre et elle n’est pas bien indiquée à la sortie du métro. Il n’y a en effet pas de passage souterrain direct. Du coup, je rate le train que j’avais prévu de prendre mais peu importe, il y en a vraiment beaucoup. Le paysage est d’abord plutôt moche, complètement bâti, puis des bouts de vert apparaissent, avec des jardins potager. A nouveau, j’imaginais Nara très romantiquement comme un petit village japonais traditionnel mais les environs de la gare sont très modernes et très urbains. Je me trouve un plan (souvent les gares des sites importants ont des présentoirs avec divers prospectus et un office du tourisme en cas de questions). Je suis une des rues principales, Sanjo Dori, et passe près de la grande pagode. A nouveau, j’ai décidé de suivre la promenade proposée par le Lonely Planet et je tourne à gauche juste avant le grand torii. Je sors de suite de l’animation et visite un joli petit jardin gratuit, le Yoshikien. Ici aussi les érables ont pris de belles couleurs d’automne, même si pas encore autant qu’à Kyoto, et il y a de superbes camélias.

292-Nara

293-Nara

294-Nara

295-Nara

296-Nara

297-Nara

298-Nara

299-Nara

A côté se trouve l’Isuen (900 Yens), plus grand, aménagé autour de deux plans d’eau et avec une roue à aube, un jardin de mousse ainsi que petit musée qui présente des céramiques et quelques estampes. J’apprécie beaucoup ces deux endroits.

300-Nara

301-Nara

302-Nara

303-Nara

304-Nara

305-Nara

306-Nara

Je me dirige ensuite vers le Todai-ji (500 Yens), l’attraction de Nara. Cet imposant temple en bois très visité abrite une immense statue de Bouddha. Comme c’est l’attraction principale, il y a foule, dont de nombreuses classes.

307-Nara

308-Nara

309-Nara

Nara

310-Nara

312-Nara

311-Nara

313-Nara

De là, je pars vers la gauche – non sans avoir lu les recommandations par rapports aux daims qui circulent en liberté. Je ne suis heureusement pas une mamie ni une gamine à tresses. Je longe le mur d’enceinte, puis tourne à droite après un étang pour suivre une très jolie allée qui monte vers le Nigatsudo, situé en hauteur. Sa grande terrasse en bois où sont suspendues de nombreuses lanternes offre une belle vue sur Nara.

314-Nara

315-Nara

Nara

Nara

316-Nara

317-Nara

318-Nara

Nara

Nara

319-Nara

Je me trompe de chemin ensuite et reviens sur mes pas. Je longe la colline de Wakakusayama où se concentrent écoliers et daims. J’ai faim et m’arrête dans un endroit un peu insolite, différent. Cela ressemble à une galerie d’art mais il n’y a pas grand chose d’exposé et c’est tenu par un couple au look très artiste. Je me réchauffe avec un thé, le vent soufflant fort à l’extérieur, emportant un parasol pas vraiment nécessaire par ce temps gris. Aujourd’hui, à Nara, l’automne est vraiment là.

J’arrive enfin au Kasuga Taisha (500 Yens), un temple peint en orange, entouré de milliers de lanternes en pierre. Je me sens frustrée parce que j’ai suivi le circuit mais apparemment j’ai raté un petit bout et je n’ose pas entrer à nouveau. Je me promène ensuite dans les allées aux lanternes qui donnent une ambiance toute particulière au lieu. Elles sont superbes, recouvertes de mousses diverses.

320-Nara

Nara

Nara

321-Nara

Nara

Nara

322-Nara

323-Nara

324-Nara

325-Nara

326-Nara

327-Nara

Nara

Nara

Nara

Nara

Nara

Nara

Nara

Nara

Nara

Nara

Nara

328-Nara

329-Nara

330-Nara

Je retraverse ensuite tout le parc de Nara en direction du grand torii. Au niveau des feux de circulation, je tourne à gauche, dépassant l’étang d’Ara-iki, à la recherche d’une brasserie de saké dont je n’ai noté la situation que très approximativement sur ma carte. Je me retrouve dans un quartier plutôt laid, sur une grand route et je me dis que je dois avoir dépassé la bonne rue. Je reviens sur mes pas, décidant de tourner à gauche dans une des rues et tant pis si ce n’est pas la bonne – je ne chercherai pas plus loin. La chance est de mon côté et je la trouve de suite. Pour 500 Yens, je déguste 6 sakés différents de la marque Harushika, le sixième étant pétillant. La jolie coupelle avec un petit daim dans le fond est comprise dans le prix et j’en achète une seconde. J’avoue: je suis un peu saoule en sortant de là et il reste un long chemin à parcourir jusqu’à la gare.

331-Nara

336-Nara

332-Nara

333-Nara

334-Nara

335-Nara

Continuant mon chemin par les petites rues de Nara, je m’arrête devant le temple de Gangoji puis à la pagode et au temple de Kofukuji.

337-Nara

338-Nara

339-Nara

Je me sens bien fatiguée après cette longue promenade et heureusement, le train est déjà à quai. Il commence à pleuvoir juste quand il se met en route vers Osaka. Des écoliers montent et j’observe une jeune fille qui montre tous les signes d’une timidité extrême, regardant ses pieds et tortillant ses doigts. J’ai envie de lui dire que tout va bien aller mais elle ne comprendrait pas et aurait probablement encore plus peur.

A Osaka, je reprends le métro puis fais quelques achats au supermarché pour mon repas, des makis et des sashimis au saumon.