Japon (2019): Beppu – Kurokawa Onsen

Jeudi 28 novembre 2019

Un réveil très matinal – 6h30 – ça pique toujours un peu, et en plus, j’ai passé une mauvaise nuit.

Il pleut. Mais je vais quand même à pied jusqu’à l’arrêt de bus près de la gare, en me disant qu’il sera sans doute là à attendre à l’avance. Et non, le bus n’arrive qu’à la dernière minute.

Quand j’ai tracé mon itinéraire, j’ai eu envie de passer un moment de repos dans une ville d’onsen, et c’est comme ça que j’ai pensé à Kurokawa. Le village n’est pas accessible en train mais il existe des bus longue distance entre Beppu ou Yufuin et Kumamoto, et la réservation est aisée via le net. Seul le bus du matin part de Beppu. J’ai longtemps hésité entre celui-ci et celui de l’après-midi mais il partait de Yufuin. J’aurais pu y aller en train mais je me suis dit que ça me ferait une trop longue journée de voyage. Si je devais faire une nouvelle réservation aujourd’hui, j’opterais pourtant pour cette seconde option.

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La route est très sinueuse mais de plus en plus belle. Je dois malgré tout me concentrer sur ma respiration pour ne pas avoir de mal de voyage (ce sera très limite à certains moments). Le bus emprunte en fait une « scenic road », la Yamanami Highway, ce que je ne savais pas en montant dans le véhicule. J’essaie de prendre des photos à travers la vitre embuée, mais ce n’est pas toujours très facile. Les paysages varient entre forêts de sapin et plaines d’altitude aux longues herbes roussies. On approche en effet la région volcanique du Mont Aso, et le village de Kurokawa Onsen est à une altitude de 700m, tandis que les monts qui l’entourent culminent à environ 1700m.

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Une fois arrivée à Kurokawa, à 10h35, une camionnette du ryokan Fumoto où j’ai réservé deux nuits vient me chercher. Je peux déposer mes bagages mais c’est là que je me rends compte de mon erreur. La chambre ne sera disponible qu’à partir de 15h – ce que je savais – mais je m’étais dit que je trouverais bien de quoi m’occuper. Voici donc un résumé des quatre heures suivantes.

Je me rends compte que le ryokan n’offre pas vraiment de salon pour m’asseoir et lire mon livre; je repars donc visiter le village. Heureusement, il ne pleut plus mais il fait froid et humide. Je commence ma promenade, remontant une des ruelles très abruptes, puis je passe par l’office du tourisme, où je reçois plusieurs cartes, dont celle qui indique les randonnées que j’avais prévu de faire le jour suivant. J’y achète aussi un pass pour visiter trois onsens différents pour un petit prix.

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Je me retrouve ensuite très vite à une extrémité du village, puis à l’autre. En fait Kurokawa Onsen est minuscule. Il n’y a ni distributeur de billets, ni 7Eleven, juste quelques boutiques touristiques et une épicerie, ainsi que quelques restaurants et beaucoup de ryokans. Et pas de café où passer l’après-midi.

Comme j’ai faim, mais que je sais que j’aurai droit à un repas copieux ce soir au ryokan, je vais dans une pâtisserie qui propose des glaces et desserts parfaitement instagrammables. Je choisis l’assiette de saison, avec des mochis et une boule de glace vanille, accompagnée de thé. J’essaie de traîner le plus possible mais après une heure, je me dis qu’il est temps de libérer la place.

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Il me reste toujours 2h30 à passer. Je refais un tour du village en entrant dans tous les magasins mais le temps n’avance pas plus vite. Pour ne pas avoir trop froid, je décide finalement de commencer une des randonnées proposées par l’office du tourisme. Le chemin que je choisis n’est pas passionnant, il serpente entre de grands arbres, longeant une rivière, et la météo toute grise n’arrange rien. Je me force à marcher un certain temps, mais l’humeur n’y est pas vraiment.

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L’heure finit par tourner, et avant de retourner au ryokan, je mange un délicieux chou à la crème à la pâtisserie qui se trouve juste à côté.

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Contrairement à ce matin, je suis reçue par une jeune fille qui parle bien anglais. J’avais déjà reçu plusieurs mails du ryokan qui me disaient qu’il y avait un problème avec ma réservation: les prix sur booking sont en effet pour deux personnes, même quand on réserve pour une. Ce qui voulait dire que je payais les repas pour deux. Le prix était en effet élevé mais je m’étais dit que je m’offrais un cadeau. L’employée me demande donc d’annuler ma réservation sur booking, et le responsable du ryokan annulera les frais que j’aurais dû payer. Au final, je ne payerai que la moitié du prix.

C’est donc la première fois que je loge dans un ryokan, et j’ai une chambre spacieuse pour moi toute seule. Il y a un radiateur électrique qui est bien nécessaire pour chauffer la pièce mais que je ne pourrai pas laisser allumer pendant la nuit à cause du bruit. L’employée me propose de choisir un joli yutaka parmi une grande pile, ainsi qu’une ceinture assortie.

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J’ai choisi ce ryokan à cause de son grand nombre d’onsen privés et publics et je pars donc à la découverte de ceux-ci, habillée de mon yutaka fleuri et chaussée de geta et de chaussettes, et portant mon petit panier avec mon essuie et quelques accessoires.

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Je passe un très agréable moment à barboter dans les différents bains. Certains sont privés et juste fonctionnels, à l’intérieur; un autre assez grand est en plein air et est très agréable entre les arbres, et puis, de l’autre côté de la rue, dans l’annexe du ryokan, il y a une collection de bains plus ou moins grands, tous privatifs, et tous avec une ouverture vers l’extérieur. Je les visite tous, mais sans faire trempette partout. Et je fais quelques photos de ceux où je suis seule.

Je me suis réchauffée, mes courbatures ont disparu grâce aux bains, mon humeur a complètement changé, et il y a même un rayon de soleil.

Le repas du soir est prévu vers 18h et on m’installe dans une petite pièce juste pour moi. C’est un peu solitaire, les ryokans – c’est vraiment prévu pour les gens qui voyagent en couple ou à plusieurs. La table est déjà remplie de mets divers, certains un peu bizarres pour mon palais d’Européenne, d’autres tout à fait succulents. Après ces diverses « entrées » arrive le plat principal: du boeuf de Kumamoto à griller sur un petit réchaud. Il y a beaucoup trop à manger pour moi, mais j’essaie de laisser le moins possible. Je remonte donc à ma chambre pleinement rassasiée, voire plus.

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Un futon a été installé au centre de la pièce, recouvert d’une épaisse couette. Je lis encore un peu mais je suis crevée de ma journée et je m’endors bien vite.

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Statistiques du jour: 13 106 pas ou 9,8 km – 30 étages

Japon (2019): Beppu – Kitsuki – Beppu

Mercredi 27 novembre 2019

Sur le quai de la gare, je revois les deux dames japonaises rencontrées hier à Usuki. Elles prennent le même train que moi mais descendent plus loin, à Usa. Moi, je vais à Kitsuki, qui, par le train express, n’est qu’à 13 minutes de Beppu.

Kitsuki est une petite ville située au nord de Beppu. Elle a conservé un côté féodal, avec un château et des quartiers de samouraïs situés de part et d’autre, et en hauteur, des échoppes commerciales. Il y a moyen d’y louer un kimono pour se balader dans les rues, ce que je n’ai pas fait – je crois que je me serais sentie un peu stupide à faire ça toute seule.

La gare de Kitsuki est située assez loin du centre, et je vois un bus. La communication n’est pas aisée, mais en montrant ma google map, la conductrice me confirme qu’elle va bien dans le centre. Il n’y a pas moyen de payer son trajet avec une carte IC et le prix s’affiche sur une télévision à l’avant du bus, changeant à chaque fois qu’on passe une nouvelle zone. Je commence à m’inquiéter: est-ce que j’ai assez de monnaie ? Il y a bien une machine pour changer les billets de 1000 yens mais je n’en ai plus, je n’ai plus qu’un billet de 10.000 yens. Je suis le trajet sur le mon téléphone, et je vois que nous approchons du centre. J’ai tout juste assez de monnaie ! (Je crois que j’aurais vraiment été gênée et ennuyée.)

Les environs de l’arrêt du bus sont tout simplement hideux, et la météo fort sombre, n’arrange rien. J’entre dans un magasin de produits souvenirs, cherchant l’office du tourisme… qui est en fait juste à côté. Une jeune fille m’explique dans un bon anglais ce que je dois visiter et me conseille de prendre en photo les horaires du bus pour le retour. Ils sont en effet très irréguliers, avec des intervalles allant de 3 minutes à 2 heures (et oui, c’est ça la vie de la campagne) !

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Je vais d’abord me promener sur la butte du château qui n’est pas très impressionnant. En effet, détruit par la foudre en 1608, seul le donjon a été reconstruit en 1970, abritant un musée que je ne vais pas visiter. La vue est superbe. Dans le parc aux alentours, je suis seule, à part les jardiniers qui travaillent. Je ne suis pas tout à fait à l’aise mais je me rassure en me disant que je suis au Japon, un pays où ma sécurité n’est pas en jeu.

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Un peu plus loin se trouve le premier quartier des samouraïs, accessible par une longue allée pavée qui monte assez fort. Elle est bordée de murs qui délimitent les grandes demeures. Je visite une première, avec de grandes pièces ouvertes sur le jardin.

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Dans la seconde, j’assiste à une shooting photo d’une jeune japonaise en kimono aux couleurs d’automne. Le photographe propose de nous prendre en photo ensemble, chose qui ne serait jamais arrivée dans une ville plus touristique. Je ne croise d’ailleurs quasi pas de touristes au cours de la journée. C’est le milieu de la semaine et le temps est maussade, mais même les locaux sont invisibles pendant la journée, ce qui donne une impression assez bizarre. Je me rends compte que j’ai quitté les sentiers battus et que je visite des lieux reculés, qu’on pourrait qualifier quelque part de « deep Japan ».

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Ma promenade me mène ensuite à la grande allée pentue si caractéristique de Kitsuki, le lieu rêvé pour des photos en kimono, et probablement très impressionnant par beau temps. Je suis déçue par la météo, c’est clair, mais l’endroit est très beau et je tombe comme hier sous le charme de cette petite ville.

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Je descends la pente et remonte par l’autre côté. Je ne me lasse pas de la vue et mitraille l’ensemble. Il y a aussi des maisons à visiter de ce côté et les érables ont pris leurs plus belles couleurs d’automne. Un peu plus loin se trouve un beau point de vue de la région et une demeure plus moderne (tout en restant traditionnelle), la villa Hitotsumatsu construite en 1929.

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Sur ma carte, je repère quelques temples situés à l’autre bout du quartier des samouraïs. Ma promenade est très agréable dans ce quartier à l’ambiance résidentielle, mais les temples eux-mêmes ne sont pas des plus intéressants.

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Je redescends vers la route principales où se trouvent les commerces. J’y achète du thé dans un magasin traditionnel, choisissant un peu au hasard, puis je cherche un endroit où manger – je me retrouve en effet dans l’intervalle de deux heures entre les bus. J’hésite un peu, continue à marcher, et me vois en fin de compte plus ou moins forcée de choisir le dernier établissement sur ma route.

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Il n’y a pas de carte à l’extérieur, et à l’intérieur, je me retrouve dans un petit restaurant fort simple, avec cuisine ouverte. La patronne ne parle pas anglais et m’apporte un menu. Le patron arrive à m’expliquer avec trois mots d’anglais qu’il y a deux lunchs fixes et que je peux choisir une boisson qui est incluse. Et comme le menu est rédigé à la main, mon smartphone et google translate pédalent dans la semoule.

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Bref, ce sera une surprise mais je me dis que ce sera sans doute de la cuisine japonaise. Grosse erreur. L’entrée est une salade accompagnée de saumon et d’une huître, le plat principal est une escalope de veau au beurre à l’ail, accompagnée d’une paupiette à la viande et aux crevettes. Je comprends mieux pourquoi les Japonais à l’autre table avaient demandé du pain plutôt que du riz en accompagnement. C’était très bon et je suis rassasiée mais je ne m’attendais vraiment pas à ça ! Et j’ai surmonté ma peur de « l’endroit inconnu au menu uniquement en japonais ».

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Ma visite de Kitsuki prend fin et je reprends le bus, avec la même conductrice qu’à l’aller. A la gare par contre, le premier train n’est que dans une bonne demi-heure. Heureusement, il y a une salle d’attente chauffée où je lis mon livre.

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De retour à Beppu, je prends encore quelques photos de la rue principale mais je ne fais plus grand chose d’autre: je réarrange mes valises et envoie la plus grande à Kobé, grignote une pâtisserie achetée à la gare (ce qui est amplement suffisant après mon copieux repas du midi) et surtout, je vais me détendre à l’onsen.

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Statistiques du jour: 14 235 pas ou 10,8 km – 14 étages

Plus de photos sur flickr

Avez-vous déjà mangé dans un restaurant dont vous ne compreniez pas le menu ?

Japon (2019): Beppu – Usuki – Beppu

Mardi 26 novembre 2020

En faisant des recherches pour trouver des endroits intéressants à visiter autour de Beppu, mon attention avait été attirée par Usuki, un village connu pour ses anciennes maisons de samouraïs et par des grottes abritant des grands bouddhas sculptés. En ce mardi matin, je me presse donc vers la gare de Beppu pour prendre le train direct qui m’amènera à Usuki en 45 minutes. Mon trajet sera troublé par une autre passagère, probablement d’origine chinoise ou taïwanaise, qui n’arrêtera pas de manger (puis de chiffonner les emballages) et surtout de roter bruyamment. 

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Il y a un minuscule office du tourisme dans la toute aussi minuscule gare d’Usuki mais quelle n’est pas ma surprise quand je suis accueillie dans un anglais quasi parfait par un Autrichien (je lui ai demandé d’où venait son accent). J’hésite à louer un vélo (gratuitement) pour aller voir les bouddhas qui se trouvent à 6 kilomètres de là mais il fait gris et frais. Je vais donc plutôt prendre le bus mais je viens de le rater et l’employé me propose de commencer ma visite par le site de l’ancien château tout proche.

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Je monte au sommet de la butte et me retrouve dans un parc assez vide et désolé qui offre cependant une vue sur la région. Un camélia perd ses fleurs roses, un ginkgo sème ses feuilles jaunes.

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Je me promène ensuite dans la petite ville qui associe des bâtiments très laids à des quartiers anciens tout à fait préservés. Comme souvent quand j’ai un horaire précis à respecter, j’arrive bien trop tôt à l’arrêt du bus qui me mènera au site des bouddhas. J’y suis rejointe par deux touristes de Suisse avec qui j’engage la conversation.

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Le trajet dure une quinzaine de minutes, d’abord le long d’une route bordée de grands magasins, puis la nature prend plus de place. J’image que cette partie aurait été très agréable à traverser à vélo sous le soleil.

Dans la campagne se trouvent donc une soixantaine de bouddhas de pierre, taillés à flanc de falaise entre le 12e et le 14e siècles. Il faut suivre un chemin entrecoupé d’escaliers pour les admirer – ils sont répartis entre quatre niches. Les arbres ont déjà pris de belles couleurs d’automne mais le reste du site est plutôt vide: pendant les autres saisons (sauf en hiver), diverses fleurs sont cultivées dans de grands ensembles et attirent apparemment de nombreux visiteurs locaux.

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A un moment précis, je suis à nouveau attirée par un chemin qui mène vers l’inconnu mais je me retiens: je n’ai ni les chaussures pour crapahuter dans la boue ni le temps de faire une randonnée qui n’est peut-être pas très intéressante. Je me limite donc au parcours fléché.

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Je me rends compte que le prochain bus pour retourner à Usuki n’est que dans une heure. Je pourrais marcher mais j’ai envie de garder de l’énergie pour visiter la ville. Et puis, je vois la cafétéria et son menu, et je me laisse tenter par un plateau repas composé d’une soupe, de poulet frit, de salade et de riz, le tout accompagné de thé bien chaud en libre service. C’était vraiment délicieux et nourrissant.

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Il est encore trop tôt pour le bus et je me gèle un peu en l’attendant. De retour à Usuki, je visite d’abord une ancienne demeure de samouraïs, celle de la famille Inaba puis je flâne dans les petites rues, découvrant divers commerces et autres maisons historiques. C’est complètement désert et l’ambiance est un peu triste avec la grisaille, mais je tombe sous le charme.

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En retournant à la gare, je parle encore un moment à l’Autrichien qui est toujours là. Je lui demande pourquoi il y a si peu de visiteurs à Usuki et il me répond que toute la région est vraiment hors des sentiers battus.

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Je prends le premier train qui arrive mais c’est un omnibus qui met 80 minutes pour retourner à Beppu. Je sors mon livre tout en observant à certains moment mon entourage composé d’écoliers qui se sont endormis.

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Refroidie par mon expérience de recherche de restaurant d’hier soir, je m’achète un repas de sashimis à manger dans ma chambre. C’est le genre de moment où je regrette de ne pas avoir de compagnon de voyage (mais j’aime encore plus la liberté de voyager seule). Comme hier, je termine ma soirée à l’onsen de l’hôtel.

Statistiques du jour: 16 664 pas ou 12,3 km – 22 étages

Il y a bien plus de photos sur flickr.

 

Japon (2019): Beppu

Lundi 25 novembre 2019

Le petit-déjeuner à l’hôtel est très japonais mais très varié et j’y trouve de quoi prendre des forces en ce début de journée. La météo prévoit un temps a priori sec mais gris. Je pars à pied pour la gare où se trouve l’arrêt des bus locaux pour aller visiter les Enfers. C’est en effet l’attraction principale de la ville de Beppu, connue pour son activité volcanique. En réservant mon voyage, je pensais qu’il y avait beaucoup de choses à visiter dans la ville mais en fait une journée suffit. J’ai donc dû trouver des activités dans les villes et la campagne environnante, mais c’est pour les prochains jours.

Pour visiter les Enfers, il y a un circuit à suivre, et il y a moyen d’acheter un carnet avec tous les tickets d’entrée à la gare. Le premier des sites est un des plus connus, l’Umi Jigoku, avec son point d’eau turquoise et ses jets intermittents de fumée.

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C’est celui qui est le mieux aménagé, de manière assez moderne et en laissant de la place à la nature environnante. Mais il faut d’abord passer par le magasin pour accéder à l’attraction. Il y a beaucoup de monde et c’est parfois compliqué de faire des photos.

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Juste à côté se trouve l’Oniishibozu-Jigoku qui rassemble quelques mares de vase bouillonnante.

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Le Kamado-Jigoku permet de cuire des oeufs et d’autres aliments dans l’eau très chaude et rassemble également deux points d’eau à l’eau bleue et rouge. Sans les constructions qui encombrent le site, cela aurait pu être très joli et agréable à visiter mais j’ai de plus en plus l’impression de m’être fait avoir par ces Enfers. Cela ressemble à un parc d’attraction du passé, où la foule se presse et où la nature est maîtrisée de tous côtés.

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Je ne parlerai même pas de l’Oniyama-Jigoku, le pire du pire: il expose de pauvres crocodiles dans de grandes cages en béton.

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Heureusement, l’Enfer suivant, le Shiraike-Jigoku est bien plus agréable. L’eau est d’un blanc laiteux et le jardin est de style japonais, avec quelques plantes tropicales.

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Les autres Enfers sont à un peu moins de trois kilomètres de là. Je me sens en forme et je n’ai pas envie de prendre le bus. Je commence donc à marcher vers ma prochaine destination. Je me réjouis de mon choix au début: la route est panoramique, offrant une superbe vue sur la ville et les fumerolles qui émergent de partout. De plus la lumière est très belle: le soleil tente vaguement de percer entre des nuages menaçants.

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Après un moment, je déchante un peu: la route passe par un long tunnel peu agréable pour les piétons mais je vois sur ma google map que je me rapproche de mon but. Cette marche me permet d’observer la vie locale, la campagne et la ville, les maisons, les dernières fleurs de l’automne.

J’arrive au Chinoike-Jigogu avec sa belle mare aux couleurs rougeoyantes. J’y fais quelques emplettes au magasins de souvenirs (qui possède un rayon complet de Monchichi).

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Enfin, le dernier Enfer est Tatsumaki-Jigoku ou l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire (une fois de plus): il s’agit en effet d’un geyser mais un mur a été construit tout autour (sauf devant) pour le contenir. En face, des gradins permettent au public de l’observer.

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Je suis assez déçue des Enfers mais j’ai bien profité de ma ballade à pied, et je la continue jusqu’à la gare de Kamegawa, traversant des quartiers résidentiels. Il fait froid sur le quai mais le train arrive relativement vite. De retour à Beppu, je traîne encore un peu dans le centre commercial en face de l’hôtel pour faire quelques achats de liqueur de kabosu, un agrume local, et de yuzukosho, un condiment mélangeant écorce de yuzu, piment et sel.

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En consultant les prospectus à propos des restaurants, j’en sélectionne un qui a l’air bien. Quand j’y arrive un peu après 18h, il est vide et le patron me dit qu’ils servent de la pizza, ce qui n’est pas du tout ce que j’avais noté. Était-ce le bon restaurant ? Je ne sais pas trop. Je continue donc mes recherches mais le second où je me présente est complet. Les trois tristes restaurants du centre commercial sont déserts et je commence un peu à désespérer. Je me dirige donc vers un barbecue coréen mais l’unique option est de manger seule dans un box fermé et je décline. Je décide de me perdre un peu dans les ruelles et finalement j’entre de guerre lasse dans un izakaya enfumé de cigarette et de graillon. Personne n’y parle anglais mais j’arrive à commander des yakitori et une bière. Mon voisin de gauche tente de communiquer avec moi en utilisant le smartphone mais c’est compliqué. Mes voisins de droite m’ignorent complètement, mangeant et buvant bruyamment.

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Ce n’était pas vraiment ma meilleure soirée mais au moins j’ai mangé quelque chose. Heureusement de retour à l’hôtel, je profite encore un long moment de l’onsen et j’ai ma première vraie conversation de la journée avec une jeune femme au doux nom de Joy, dont j’ai oublié le pays d’origine.

Statistiques du jour: 19 993 pas ou 14,7 km

Japon (2019): Kokura – Beppu

Dimanche 24 novembre 2019

J’ai très mal dormi, j’ai des courbatures partout et je suis très pressée de quitter cette chambre enfumée. Je n’imaginais pas que cela me poserait autant de problèmes. Au petit-déjeuner, je noie mon dépit et ma fatigue dans de la brioche à la confiture, puis je pars vraiment en avance pour rejoindre la gare qui est à deux pas. Il bruine.

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Le train, un express, est bien rempli. Il fait sombre dehors et il se met à pleuvoir à verse. La campagne japonaise défile et la lumière de l’intérieur du train se reflète sur les fenêtres. J’arrive à Beppu deux heures plus tard et j’hésite un moment sur le chemin à prendre à cause de la google map qui ne réagit pas comme il faut au premier abord. Armée de mon parapluie, je suis mon instinct et prend la grande avenue qui s’ouvre à moi. Un peu plus loin, google maps reprend ses esprits et me confirme que je suis dans la bonne direction.

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Après avoir marché une quinzaine de minutes, j’arrive à mon hôtel, le Beppu Nishitetsu Resort Inn. Il n’est que midi, ma chambre ne sera disponible qu’à 15h et je suis déjà trempée du trajet depuis la gare. Je me réfugie au centre commercial juste en face. J’en ai vite fait le tour: il est minuscule et plutôt vieillot. Le seul magasin un peu intéressant est Muji mais y rester trois heures ? J’avoue qu’à ce moment-là, j’étais plutôt désespérée et d’humeur assez sombre, pestant sur les check-in d’hôtels si tardifs et si rigides. Vu ma mauvaise nuit, j’aurais bien aimé faire une longue sieste.

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Et puis je me souviens avoir vu un Starbucks à l’entrée, ainsi qu’une grande zone confortable pour s’installer. Je ne suis pas adepte de ces cafés mais ils ont l’avantage d’offrir des espaces agréables où s’installer pendant un certain temps. Je commande un scone et un thé yuzu – citrus qui se révélera abominablement sucré (il y avait de la marmelade dedans). Mais au moins je suis à l’abri et je peux lire mon roman à l’aise pendant deux heures. Beppu est une petite ville, assez reculée, hors des circuits touristiques reliés par le shinkansen et il n’y a pas de jolis cafés où passer un moment, contrairement aux grandes villes ou comme en Europe.

Une fois mon roman terminé, je me rends compte qu’il ne pleut plus. Il fait encore fort sombre mais j’ai envie de bouger un peu. Je dépasse mon hôtel en direction de la plage et de la mer. C’est une mini plage au milieu d’une ville mais l’horizon est ouvert, et on voit les côtes aux loin.

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Je flâne un peu au hasard dans les petites rues, repérant divers détails, cherchant les bâtiments plus anciens ou insolites. Je retourne vers la gare et découvre qu’il y a plusieurs offices du tourisme. Dans l’un, situé juste en dehors de la gare, je prends divers dépliants qui parlent des restaurants locaux.

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Je me perds dans les galeries marchandes couvertes et les ruelles; je m’arrête pour photographier plein de petits détails, comme pendant ma journée à Osaka.

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Je me retrouve finalement devant le Tagewara onsen, un des bains les plus anciens de la ville.

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Je retourne à l’hôtel où ma chambre est prête. Elle est petite mais confortable, pas aussi moderne qu’à Fukuoka cependant. Mais j’ai vue sur mer.

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J’épluche les dépliants et sélectionne un restaurant de sushis, Ohwada Sushi. C’est un tout petit établissement, tenu par un couple âgé dont l’anglais est très limité mais ils ont une carte en anglais. Je m’installe au comptoir et commande un assortiment de sushis avec des poissons locaux (maquereau, crevette, poulpe, un genre coquillage local, et divers autres poissons). Ce ne sont pas des sushis raffinés, dans le sens où les portions sont généreuses et il m’est impossible de les mettre en bouche en une fois, mais ils sont délicieux et préparés avec soin.

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Un vieux monsieur s’installe à côté de moi et nous commençons à parler. Il me raconte qu’il a souvent voyagé à Londres pour son travail, et il fait la traduction avec le patron et sa femme qui se demandent comment j’ai découvert leur restaurant. Je passe une excellente soirée en leur compagnie et je suis de bien meilleure humeur que ce midi. Je flâne encore un moment dans les rues avant de rentrer à mon hôtel, faisant quelques photos à l’iPhone – et me disant que je devrais prendre mon appareil photo le lendemain.

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Statistiques du jour: 11 651 pas ou 8,7 km

Il y a d’autres photos de Beppu sur flickr.

Japon (2019): Fukuoka – Sasaguri – Kokura

Samedi 23 novembre 2019

Ce matin, le soleil brille et ça me met de bonne humeur ! J’ai décidé de visiter le temple de Nanzoin, situé dans le village de Sasaguri, à une vingtaine de minutes en train de Fukuoka. Je pensais rater le train de 10h et je ne me suis pas dépêchée mais il entrait en gare au moment où je montais sur le quai.

Comme souvent, le village n’est pas très joli mais le paysage change très vite dès qu’on pénètre dans l’enceinte du lieu sacré par une allée bordée de lanternes et d’érables.

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Ce temple est tout particulièrement visité à cause de son grand Bouddha couché. Je me dirige d’abord vers cette attraction principale, me frayant un chemin entre les nombreux visiteurs (c’est samedi et férié). La statue est en effet impressionnante mais je préfère les petits chemins qui mènent à flanc de montagne vers un sanctuaire shinto.

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Près du temple principal, il y a énormément de petites statues diverses qui sont un plaisir à photographier maintenant que j’ai compris comment utiliser mon grand angle et la profondeur de champ.

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Il y a aussi de beaux érables aux couleurs d’automne et je prends mon temps pour visiter l’endroit. Il est environ midi quand je repars.

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Une fois arrivée à la gare de Hakata, je me dis que c’est le bon moment pour manger et je vais dans un restaurant qui sert sert des nouilles soba au boeuf à tremper dans un bouillon piquant. Me voilà rassasiée.

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Je vais rechercher ma valise à l’hôtel et je retourne à la gare pour prendre le shinkansen pour Kokura – un temps de trajet de 20 minutes pour lequel je n’avais pas réservé de place mais j’étais quasi seule dans le wagon.

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J’avais eu beaucoup de mal à trouver un hôtel à Kokura, surtout que je souhaitais loger près de la gare. J’avais donc réservé la dernière chambre disponible au JR Kyushu Hotel mais elle était pour fumeurs. Je m’étais dit que ça ne devait pas être si terrible que ça. Grave erreur ! Tout était imprégné d’une odeur de cigarette très pénétrante, et après une nuit, elle m’avait contaminée. Heureusement, j’avais bien fermé ma valise et tout était emballé dans des sacs plastique. Mais revenons à mon arrivée à Kokura.

La gare est située dans un gigantesque bâtiment avec centre commercial, et point de départ d’un monorail qui sert de métro local. Il y a un mélange de modernité déjà un peu datée et de passé. C’est assez bizarre comme impression.

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La ville est connue pour son château et c’est pour cette visite que j’y ai fait étape. En sortant de la gare, je prends une ruelle qui me mène vers le fleuve qui traverse la ville. Et de suite, j’apprécie cet horizon très ouvert qui donne une toute impression de la ville que le quartier devant la gare. Par contre, je remarque aussi un immense centre commercial rouge et brun dont l’architecture se veut novatrice mais qui fait complètement tache juste à côté du château.

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Je visite d’abord un petit jardin japonais mais je le trouve peu intéressant. Il est un peu étouffé entre les autres bâtiments mais il y a de belles couleurs d’automne.

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Je me dirige ensuite vers le temple de Yasaka, précédé d’un parking, mais dont l’atmosphère est déjà bien plus sereine que celle du jardin.

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Et puis enfin, je visite le château. Ce n’est pas l’original: il a été reconstruit en béton dans les années 1950, dans un mouvement de réhabilitation du passé qui a vu renaître de nombreux édifices anciens à travers tout le pays. Il abrite une exposition interactive racontant l’histoire de la ville au cours du temps mais il y a beaucoup de monde et je ne lis pas toutes les explications. Ce qui m’attire surtout, c’est la vue à son sommet.

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Je me ballade encore un peu dans la ville, traversant le marché de Tangai, puis une des principales galeries marchandes couvertes avant de revenir à la gare.

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Je me perds dans les centres commerciaux autour de la gare, à la recherche d’un restaurant qui me tente. Je m’installe finalement au comptoir d’un établissement qui est bondé, et je sens très vite qu’un groupe de salarymen déjà bien saouls m’observe et commence à se moquer de moi en criant bien fort des mots comme « arrigato » ou  » konichiwa ». Je ne sais pas trop quoi faire, j’aurais vraiment aimé pouvoir leur répondre quelque chose de cinglant en japonais mais je ne parle pas la langue. Je me concentre donc sur ma bière et sur les sashimis que j’ai commandés. Heureusement, ils partent relativement vite mais cela fait quand même une sale impression.

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J’achète encore quelques jolis gâteaux puis je rentre à l’hôtel pour une nuit agitée à cause de la chambre enfumée.

Statistiques du jour: 17 697 pas ou 13,2 km – 26 étages

Plus de photos du temple de Nanzoin et de Kokura.

Avez-vous déjà dormi dans des chambres d’hôtel vraiment peu agréables ? Est-ce que ça a influencé votre sommeil ?

Japon (2019): Fukuoka – Yanagawa – Fukuoka

Vendredi 22 novembre 2019

Après un petit déjeuner de salade de pommes de terre, de croquettes, d’œufs brouillés, de yaourt et de soupe miso (le petit déjeuner de l’hôtel Croom est son seul point négatif – pas un fruit en vue et le pain est du genre industriel), je cherche un 7Eleven pour retirer de l’argent, je réserve mon ticket de train pour Beppu et je me perds dans la gare de Hakata. J’arrive finalement à celle de Tenjin vers 11h, ce qui est fort tard, sachant qu’il faut encore presque une heure pour arriver à Yanagawa, le but de visite du jour, conseillé par le blog Béné Fukuoka. Cette petite ville, construite à l’origine au milieu du 16e siècle, est connue pour ses canaux et ses anciennes maisons de samouraïs.

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La météo est plutôt triste, les nuages sont bas, et à la sortie de la gare, je suis prise d’un doute: la ville a l’air très laide. Je vais chercher un plan à l’office du tourisme et visite d’abord le sanctuaire de Mihashira qui malheureusement n’est pas mis en valeur par le temps maussade.

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Je prends ensuite une barque, avec d’autres touristes, pour faire un tour sur les canaux. Il y a quatre compagnies principales, et je prends une de celles qui sont proches de la gare (tout cela est bien indiqué sur le plan de l’office du tourisme). Le batelier fait avancer son embarcation avec un long bâton qu’il enfonce dans l’eau, tout en racontant des histoires ou interprétant des chansons traditionnelles. Je me dis que le paysage doit être joli sous le soleil mais là, je n’en profite pas du tout. J’ai froid et mal aux fesses. Bref, ce qui devait être l’apogée de la journée ne se passe pas trop bien à cause de mon humeur qui dégringole au fil des minutes.

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Après une heure de barque, je me retrouve de l’autre côté de Yanagawa et quand le batelier annonce qu’il y a un minibus qui peut me ramener à la gare, je n’hésite pas, même si dans mes plans initiaux, je comptais flâner dans la petite ville et revenir à pied. Je ne m’attarde pas devant les jolies maisons, ni à la résidence en style européen (Ohana). Je reste juste un moment à regarder les acrobaties de certains rameurs qui escaladent un pont tandis que leur barque passe en dessous.

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J’avoue que je le regrette un peu, je suis complètement passée à côté d’une jolie petite ville juste à cause de mon humeur qui était aussi maussade que la météo. (Et quand je relis le blog de Bénédicte, je vois qu’il lui est arrivé un peu la même chose, mais avec la pluie en prime).

Je suis congelée: j’attends le train dans les courants d’air et le train lui-même n’est pas chauffé. Je souhaitais combiner ma visite de Yanagawa avec le temple des Grenouilles situé à Ogori mais je n’ai plus le courage.

De retour à Fukuoka, je me reprends, me disant que je peux encore changer le cours de cette journée. Je me promène dans la ville, passant par des lieux visités l’année passée, comme le bâtiment Acros et son mur / toit végétal et la rivière.

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Mon but est le Musée des Arts Asiatiques où il y a une exposition rétrospective. Je me réchauffe enfin et admire l’évolution de l’art de l’Asie du Sud, de l’Est et du Sud-Est depuis le 19e siècle. Il y a quelques oeuvres qui me plaisent tout particulièrement comme cet intérieur de tuk-tuk transformé en discothèque ou des affiches de cinéma pakistanais.

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Sur le chemin du retour, mes pas croisent le sanctuaire de Kushida-jinja. La lumière est superbe: même s’il reste des nuages, le soleil apparaît à l’horizon et prend des couleurs roses, rouges, oranges.

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J’ai envie de sushis ce soir mais évite un premier resto parce que j’y ai été l’année passée. Je continue mes recherches mais après avoir pas mal marché dans les dédales des centres commerciaux, j’abandonne et retourne à un autre restaurant où j’avais déjà été, Isoragi. C’est nouveau: on m’y donne une carte en japonais mais avec un QR code qui me permet de lire la traduction sur mon smartphone. Je commande un plateau avec du riz, du poisson cru, un bouillon et divers condiments et je me régale.

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Rassasiée, je passe un moment à admirer les décorations de Noël autour de la gare, tout en regardant de loin de concert de chansons romantiques.

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Une fois de retour à l’hôtel, je vais me détendre à l’onsen, repensant à mes humeurs de la journée. Je me sens un peu stupide d’être totalement passée à côté de Yanagawa mais quand même contente d’avoir réussi à changer mon humeur et d’avoir vu une belle exposition ainsi qu’un superbe coucher de soleil.

Statistiques du jour: 15 429 pas ou 11,5 km

Plus de photos de Yanagawa sur flickr.

Est-ce que cela vous arrive aussi, en voyage, que votre humeur gâche une journée ?