Pays-Bas: La Haye

Samedi 6 juillet 2019

Ce matin, je décide de prendre des oeufs benedict comme petit-déjeuner. C’est la première fois que je goûte ce plat et je trouve ça pas mal mais quand même un peu lourd.

En réfléchissant à ce voyage, j’avais noté que j’irais bien passer un jour à Leiden qui n’est pas très loin de La Haye mais une fois sur place, j’ai changé mes plans. La météo prévoit en effet de la pluie dans l’après-midi et je n’ai pas envie de me dépêcher dans mes visites. En fin de compte, je pense que ce n’était pas le meilleur choix mais peu importe, j’irai visiter la ville une autre fois.

Je pars de l’hôtel à pied pour rejoindre un petit musée assez particulier pas très éloigné: le Panorama Mesdag. Mesdag était un peintre local qui a réalisé une attraction très à la mode à la fin du 19e siècle: un panorama circulaire peint sur une immense toile. Le musée raconte la conception de l’oeuvre avant de mener à la peinture en tant que telle. Elle représente la plage de Scheveningen, la mer et le village de pêcheurs. J’imagine combien les spectateurs de l’époque devaient être fascinés par cette attraction. J’essaie aussi de visualiser leurs costumes, robes et chapeaux… Cette mode n’a pas duré longtemps: la photographie et le cinéma ont très vite remplacé les panoramas peints, les rendant totalement obsolètes. Si celui-ci a survécu – c’est un des seuls en Europe – c’est parce que le bâtiment est resté entre les mains de la famille Mesdag.

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De là, je repars à pied, m’arrêtant un moment au Vredespaleis, le Palais de la Paix où ont été signés de nombreux traités. Mon but est le Fotomuseum et le chemin est assez long, plus long que prévu. Le paysage n’est pas laid: je traverse des quartiers résidentiels aux larges avenues et aux bâtiments anciens, en styles classique, art nouveau et art déco. Je vois en premier les murs en brique jaune du Gemeentemuseum mais aucune exposition ne me tente alors que la programmation est en général intéressante. J’y ai été quelques fois quand j’étais plus jeune, avec mes parents. Le Fotomuseum se trouve juste à côté et là, il y a de quoi m’occuper.

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Ce musée abrite en effet un autre musée, le GEM, consacré à l’art actuel, et c’est par là que je commence ma visite. Je ne connais absolument pas l’artiste à laquelle est consacrée l’exposition: Krijn Giezen. Celui-ci s’intéresse au rapport entre l’homme et la nature. A vrai dire, ses œuvres ne m’ont pas vraiment passionnée mais il y avait d’autres artistes qui m’ont marqués. Deux en particulier: Semâ Bekirovic expose des bâtons, de vieilles branches, qu’il envoie par avion et récupère par la suite avec leur étiquette et emballage éventuel. Bram De Jonghe, un Ostendais, a créé une installation mouvante: un hareng séché fait le tour des trois salles d’exposition. C’est complètement absurde, ça n’a aucune utilité, et c’est ce que j’aime.

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L’exposition principale du Fotomuseum est consacrée à Ute et Werner Mahler, un couple de photographes qui ont commencé leur carrière alors que l’Allemagne était encore la DDR. J’ai été conquise par leurs séries de photos, certaines plus anciennes, certaines contemporaines, tout particulièrement par la série Monalisen der Vorstädte qui immortalise des jeunes filles de diverses villes d’Europe, photographiées dans une pose similaire quelque part dans un terrain vague ou un champ en bordure de ville. Le couple de photographes a l’art de montrer les gens normaux, dans leur vie quotidienne des banlieues ou villages oubliés. Quand j’ai vu que cette exposition avait été montée avec l’aide des Deichtorhallen de Hambourg, je n’ai pas été étonnée. J’y avais vu une magnifique exposition consacrée à Bill Viola en 2017.

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Plus loin se trouvent les photographies de Marwan Bassiouni, New Dutch Views. Je n’accroche pas trop aux montages combinant l’intérieur d’une mosquée hollandaise avec le paysage local correspondant à l’extérieur. Par contre, le photographe raconte des choses intéressantes, dont certaines m’interpellent: il est musulman pratiquant et explique que cela fait peur aux gens qui, dès qu’ils l’apprennent, marquent leur distance avec l’artiste alors que celui-ci n’est absolument pas prosélyte. Je pense que je fais partie de ces « gens »… je me rends compte que j’ai du mal avec les gens religieux, de toutes les religions, et même si j’arrive à me rapprocher ce des personnes, cela reste dans un coin de ma tête.

Enfin, ce sont les photos de Gerco de Ruijter qui clôturent ma visite. Autant le concept m’interpelle, autant les photos me laissent de marbre. Il expose des photos de satellites montrant les « grid corrections » aux Etats-Unis. A la fin du 18e siècle, le gouvernement américain a divisé les parcelles du territoire à coloniser en carrés d’un mile sur un mile (1,6km). Comme la terre est sphérique, il y a des décalages à certains endroits, et c’est cela que montre de Ruijter.

Le café du musée a l’air accueillant et je m’y installe pour boire un jus bio de pomme sureau et un wrap poulet avocat (un peu comme hier, donc). Je me promène ensuite dans le quartier, à la recherche d’un magasin précis qui en fin de compte n’existe plus.

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Je reprends donc le tram pour une prochaine visite: celle de la distillerie de genièvre Van Kleef. En fait, il s’agit plus d’un café que d’une distillerie mais l’accueil est on ne peut plus folklorique: la patronne mélange toutes les langues et est super chaleureuse avec les clients. J’y achète une bouteille de korenwijn.

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Je flâne ensuite dans les rues, trouve le beau passage renseigné partout – il s’appelle « De Passage » – et je vais dans un immense magasin d’ustensiles de cuisine nommé DOK. Je me rends compte après un moment qu’il s’agit de la même chaîne que l’International Home of Cooking de Bruxelles. Je résiste et n’achète rien.

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Je passe par suite dans l’ancien centre de la ville, par le Binnenhof et la Mauritshuis, et les rues adjacentes… et il se met à pleuvoir(mes photos sont toutes sombres, et c’est accentué par le mauvais réglage de l’ISO). Je décide rentrer à l’hôtel, non sans un détour par Marqt, un supermarché bio où j’achète des bières (des craft beer de la région) et du chocolat Tony’s. Et je goûte de suite une délicieuse Mango IPA de chez Kompaan.

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Je me repose un moment puis cherche un restaurant pour la soirée en utilisant Tripadvisor. Je ne souhaite pas aller trop loin et j’aurais aimé un restaurant indonésien mais aucun ne me tente. Par contre, je suis titillée par le concept de cuisine fusion asiatique de l’Umami. Il est encore tôt quand j’y arrive mais il y a du monde, et heureusement, il y a encore une table libre malgré mon absence de réservation, à condition que je sois partie pour 20h. L’idée est de choisir trois fois deux petits plats de type tapas dans une liste qu’on peut remplir soi-même. Mon premier service est composé de crevettes à la mangue et de tartare de saumon, le second de canard croustillant à l’orange et de poivron farci à la saucisse chinoise et le troisième d’un curry vert d’agneau et d’un curry rouge de crevettes (toutes les photos sont sur flickr). J’ai un peu mal choisi ce dernier service avec les deux currys mais l’ensemble des plats était inventif et délicieux, et je me suis régalée, contente de pouvoir goûter autant de plats différents sans avoir trop mangé.

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De retour à l’hôtel, je suis tentée par un cocktail mais la carte est peu originale et je me rends compte que lire dans l’ancien coffre fort où se situe le bar risque de faire monter ma claustrophobie. Bref, je vais plutôt boire un verre de vin dans les canapés de la salle du restaurant, avant d’aller dormir.

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Statistiques du jour: 12,1 km – 17 154 pas

 

Pays-Bas: La Haye et Wassenaar

Jeudi 4 juillet 2019

Ce jeudi matin de juillet démarre comme tous les autres, je me lève, déjeune, m’habille, prends le métro avec mon sac, mais pour une fois, je descends beaucoup plus loin, à la Gare Centrale, décorée à l’occasion de Tour de France. Je m’installe pour attendre sur le quai annoncé, et comme souvent, des trains en retard encombrent la voie. En dernière minute, je dois changer de quai. Je n’ai pas choisi un ticket Thalys, pas tant à cause du prix un peu plus cher, ni du temps de voyage un peu plus court mais à cause de la facilité pour moi d’un départ Gare Centrale.

Quant le train arrive, il est déjà bien plein mais je m’installe à mon aise. Sauf qu’une fois sorti des souterrains, je me rends compte que je serai en plein soleil pour tout le trajet et qu’il n’y a pas de stores dans les trains hollandais. Je change de place mais je suis alors obligée d’être assise à contresens… Le paysage défile devant mes yeux et je n’ai même pas envie de lire.

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A Breda, j’ai juste cinq minutes pour prendre ma correspondance située deux quais plus loin. Là aussi, le train est bien rempli mais il se vide au fur et à mesure des arrêts. Une fois arrivée à la gare HS Den Haag (juste avant Den Haag Centraal), je pars à la recherche du meilleur moyen de transport local, et après des réponses contradictoires, je choisis d’acquérir une OV Chipkaart à 7,5 €. Valable cinq ans, elle est rechargeable et utilisable partout aux Pays-Bas, y compris pour les trains.

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La météo est ensoleillée, mais il fait encore frais vers 11h. Je décide de marcher vers mon hôtel, traversant le Chinatown local, puis longeant une des principales rues commerçantes. Il fait très calme et très vite, je trouve la raison: le centre est piétonnier et s’il y a des voitures, leur vitesse est limitée. Après 20 minutes de marche, j’arrive à l’Hotel Indigo – Palace Noordeinde. Le bâtiment est ancien et abritait dans le passé une banque. La rénovation a laissé la part belle aux éléments de l’époque art déco et les chambres sont décorées avec goût. La mienne est située au premier étage et j’aime beaucoup les murs bleus, le plancher ancien, le coffre-fort qui fait office de mini bar, et la salle de bain aux accents art déco. Oh, et les tentures qui se ferment à l’aide d’un interrupteur ! Le lit est d’un confort absolu – je regrette juste qu’il s’agissait de deux lits collés l’un à l’autre: j’aime faire l’étoile de mer en dormant.

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Le projet de l’après-midi est de visiter le Musée Voorlinden situé en banlieue de La Haye, à Wassenaar. Je rejoins la gare centrale à pied (où je mange en vitesse un sandwich) puis prends le bus 43 jusqu’à l’arrêt Wittenburgerweg (heureusement que je me souvenais du nom – le chauffeur ne connaissait pas le musée). De là, le chemin (fléché) traverse un quartier résidentiel très chic, aux immenses villas dont beaucoup ont encore un toit de chaume à la mode le siècle passé. Je parle un peu aux deux autres personnes qui ont la même destination que moi, un jeune Hollandais et son amie Chinoise.

Le musée est situé dans un cadre idyllique, vert, avec un immense point d’eau. Un bâtiment ancien abrite un restaurant tandis que le musée se situe dans un édifice contemporain. Le prix d’entrée n’est pas donné (une constante): 17,5 €; le ticket donne l’accès aux trois expositions du moment ainsi qu’à quelques œuvres qui restent là en permanence (par la force des choses vu leur taille). Je choisis en général de commencer ma visite par celle qui me tente le moins. Ici, il s’agit de Less is more consacrée à de l’art minimaliste.

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Je découvre ensuite Do Ho Suh, un artiste coréen obnubilé par l’architecture. Son installation la plus intéressante est une série de constructions en tissu transparent aux couleurs très vives, reproduisant diverses maisons et bâtiments avec de nombreux détails dans les fenêtres, portes ou accessoires. Plus loin, des maquettes et des films montrent les projets qu’il a réalisé en vrai. Et ce n’est pas rien: il a inséré – de travers -une maison traditionnelle coréenne entre deux immeubles new-yorkais (il me semble) ou construit une maison en équilibre sur un coin du toit d’un immeuble.

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Enfin, et c’était le but de ma visite, je découvre l’exposition Yayoi Kusama, l’artiste japonaise obsédée par les pois. Il y a une grande citrouille et une Infinity Room (différente de celle vue à Metz, il me semble), une galerie aux miroirs convexes et des œuvres plus petites. Mais je suis un peu déçue, je m’attendais à plus.

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Comme je le disais plus haut, certaines pièces ne sont pas déplaçables: les minuscules ascenseurs de Maurizio Cattelan, l’immense labyrinthe en acier de Richard Serra, les humains plus vrais que nature de Ron Mueck, le petit chien de Yoshitomo Nara et surtout la piscine de Leandro Erlich, identique à celle que j’avais vue à Kanazawa.

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Je veux voir la mer ! Le musée n’est en effet pas très loin de celle-ci. J’emprunte un chemin qui me mène dans les bois, puis sur une immense dune mais au sommet de celle-ci, pas moyen d’aller plus loin: il y a une clôture – et pas de mer en vue, oh déception ! Grimper dans le sable en gardant ses sandales était une mauvaise idée: j’attrape de fameuses crampes aux orteils, et même de retour sur un sol moins mouvant, je continue à souffrir de mes pieds. Voilà qui était une excellente idée pour un citytrip dont le but était de marcher quatre jours !

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Je me promène encore un moment dans la jardin autour du musée. Conçu par Piet Oudolf, il rassemble dans de grands parterres ondoyants des fleurs de saison aux couleurs diverses et assorties. Je suis subjuguée.

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C’est avec plein d’étoiles (et d’œuvres d’art) dans les yeux que je retourne vers mon hôtel, flânant encore un moment dans la ville, marchant un peu au hasard, mais le long de monuments connus. Il n’est que 16h mais je m’écroule dans mon lit pour une sieste bien méritée (j’avais très mal dormi cette nuit) et un peu plus longue que prévue.

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Je me doute que les Hollandais dînent tôt et je pars vers 18h à la recherche d’un restaurant. Un des buts du voyage était de manger indonésien, ce qui est impossible en Belgique, et j’avais noté quelques adresses. Mon choix se porte sur le Srikandi, un restaurant au décor plutôt basique mais à la carte alléchante. Je commande un rijsttafel pour une personne avec un bière Bintang. On m’apporte deux plats (en inox très années 70) avec des cases pour les différents mets. C’est délicieux et un peu trop copieux – évidemment.

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Sur le chemin du retour, je passe devant le bar tiki de la ville, le Va Va Voom mais je me sens intimidée – ça m’arrive de temps en temps. Je ne me sens pas assez à l’aise pour y entrer seule et c’est à ces moments-là que j’aimerais ne pas voyager seule. Je retourne donc à l’hôtel et profite d’une des bières locales achetées plus tôt. Les Pays-Bas produisent en effet un nombre incomparable de « craft beers » et j’ai profité de ce voyage pour en goûter et ramener quelques-unes.

Statistiques du jour – distance parcourue: 17,5km – 24 453 pas

Toutes les photos sont prise à l’iPhone (en partie avec Hipstamatic) ou au Lumix GX80 (qui se déréglera en cours de route sans que je ne le remarque, montant l’ISO à 3200, donnant trop de grain aux photos, ainsi qu’une couleur rosâtre – heureusement j’ai souvent trouvé plus pratique de ne sortir que l’iPhone). Comme toujours, j’ai mis plus de photos sur flickr.

Japon: Tokyo

Samedi 17 novembre 2018

C’est mon dernier jour au Japon et j’ai longtemps hésité sur les activités du jour. J’opte finalement pour une visite de l’exposition en cours au Mori Art Museum, « Catastrophe and the power of art », fêtant les quinze ans de l’institution et contant au travers d’œuvres d’art les catastrophes des dernières années. Je reste fascinée devant une très longue vidéo d’Isaac Julien, Playtime,  mais je ne reste pas jusqu’à la fin (64 minutes quand même – j’en aurai vu une quarantaine). Par l’intermédiaire de trois écrans, il conte notamment la vie d’une employée de maison philippine à Dubai.

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Les autres œuvres me plaisent plus ou moins selon les artistes mais toutes de sont de très bonne qualité. L’exposition se termine par une installation participative de Yoko Ono en souvenir des naufrages de nombreux réfugiés. Je trouve aussi le miroir idéal pour un selfie – je me suis en effet rendu compte que j’ai pris très peu de photos de moi lors de ce voyage (c’est une longue histoire, mais en gros, la dernière année ayant été difficile, je me trouvais tout le temps trop fatiguée pour les photos, et j’ai fait un gros effort sur moi-même à la fin du voyage suite à un billet de mon amie Isa sur FB).

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Je rejoins ensuite le petit parc d’Hinokicho,  un peu perdu au milieu des tours, tout près du musée du design 21-21. L’endroit est très joli et me permet de me reposer et de manger mon egg sandwich habituel.

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Je ne visite ni le musée 21-21 ni le musée Suntory tout proche et j’hésite longuement sur la suite de la journée. Je décide finalement d’aller visiter une nouvelle fois le jardin de Rikugi-en que j’avais vu sous la pluie, me disant que je pourrai y lire mon roman pendant un moment. Il fait un temps radieux aujourd’hui et il est superbe sous le soleil, mais je ne trouve pas de banc adéquat et toute personne assisse dans la pelouse est vivement réprimandée par les gardes.

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Je sens la fatigue et je regrette un peu d’y avoir été sachant que j’ai encore un but de visite. De plus, je m’emmêle complètement les pinceaux avec les métros et perds un temps fou pour arriver dans le quartier de Kappabashi, où se trouvent tous les magasins d’ustensiles de cuisine. Et je n’ai même pas choisi l’arrêt de métro le plus proche: je descends à Iriya alors que Tawaramachi aurait été plus proche (ceci est aussi une note à moi-même pour une prochaine visite). Bref, je suis fatiguée et je n’ai plus trop envie de marcher mais c’est la vie ! Et j’achète quand même deux jolis bols pour vraiment pas cher. Je me retiens d’en acquérir plus parce que je commence à avoir un doute sur la place dans mes valises.

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Je retourne à pied à Ueno qui n’est finalement pas si loin et je vais manger de suite, sans retourner à l’hôtel. L’avantage du Japon, c’est que les restaurateurs ne vous regardent pas de travers quand on arrive à 17h30. Je retourne au restaurant de sushis testé la fois passée dans la gare d’Ueno et prends une sélections de makis, sushis et sashimis que je mange avec beaucoup d’appétit et déjà avec regret, sachant que je n’en mangerai plus de si bons avant longtemps.

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Une fois de retour à l’hôtel, j’enfile le pyjama fourni (du coup, ça fait deux selfies sur la journée) et je m’offre un long bain à l’onsen avant de m’attaquer à ma valise (il n’y avait personne à l’onsen, j’ai pu faire une photo). J’ai vraiment du mal à tout caser, malgré la place supplémentaire que m’offre la valise de cabine. J’y arrive au final, après quelques essais, mais c’est plein à craquer. Je ne sais pas encore comment je vais transporter tout ça jusqu’à l’aéroport…

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Je m’endors pour ma dernière nuit au Japon.

Statistiques du jour: 19 546 pas – 14,6 km

Plus de photos sur flickr.

Japon: Kyoto – Tokyo

Vendredi 16 novembre 2018

Je retourne avec le shinkansen à la case départ aujourd’hui, à Tokyo. Sur le quai de la gare, j’ai une grosse crainte: une foule de touristes indiens attend le train mais ils prennent celui qui précède le mien. C’est impressionnant de voir qu’il y a un départ pour Tokyo toutes les trois ou quatre minutes et qu’après un rapide calcul, chaque train peut contenir environ 1000 passagers. Le déplacement de population entre les deux villes est vraiment immense.

Sans m’en rendre compte, je prends la place A au lieu de la place E qui m’était attribuée et je me retrouve à côté d’un très gentil couple de Japonais. Je réalise mon erreur à mi-parcours et change de place, juste à temps, avant que le fauteuil A ne soit occupé par un nouveau passager. J’ai évité la gêne !

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A un moment donné du parcours, l’attraction est la vue du Mont Fuji qui se révèle dans toute sa splendeur et sans nuages qui recouvrent le sommet. Difficile de faire une photo convenable mais c’était très beau à voir. C’était aussi intéressant de voir que beaucoup de Japonais étaient tout aussi excités que les touristes !

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Arrivée à Ueno (après avoir vu dans la gare une vitrine avec un Pikachu Munch), je retourne au même hôtel, le Coco Grand Ueno Shinobazu où je dépose ma valise et où on m’apprends que mon grand bagage m’attend déjà. Je me promène dans le parc, visite un temple, trouve un petit sanctuaire avec une allée de tori rouges, vois un artiste qui fait de l’équilibre puis me dirige vers Yanaka.

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Je reprends le même chemin qu’il y a trois ans, m’arrêtant d’abord à la petite galerie d’art SCAI The Bathouse où il y a une exposition assez intrigante de Kohei Nana. Une des installations est très organique et ressemble à de la boue volcanique mais dans une plus belle couleur et au rythme bien plus orchestré. J’adore !

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Je flâne sur la route traversant le cimetière, admirant les grands arbres puis traverse la voie des trains à Nippori pour arriver à mon but final: le magasin de tissus Tomato.

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Comme la fois passée, je suis comblée et j’ai du mal à faire mon choix. Estimant qu’avec mes deux valises, j’ai assez de place, je sélectionne douze tissus différents, surtout japonais et hawaïens mais aussi du Michael Miller.

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Lourdement chargée, je retourne à l’hôtel en métro puis prends possession de ma chambre, bien crevée. Une heure de pause et ça va mieux. J’ai en effet encore un but précis pour cette fin de journée !

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Je reprends le métro et vais dans un quartier que je ne connais pas, un quartier avec beaucoup de grands buildings et surtout, le Trader’s Vic local. Ces bars et restaurants tiki ont été créés dans les années 50 par Trader Vic et se sont essaimés dans le monde. Celui de Tokyo date des années 70 et est un des plus anciens encore en activité. Je suis un peu déçue quand je vois qu’aujourd’hui, la majorité des enseignes se trouve dans les Emirats Arabes Unis. J’avais adoré mes visites à Bangkok et je compte bien en profiter ici aussi.

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Je commande un Samoan Fog Cutter qui contient une belle quantité d’alcool et je suis surprise par la rapidité avec laquelle il me monte à la tête. J’ai aussi demandé un « Chili beef skewer » qui est pas mal mais si peu copieux que je prends ensuite un plat de poulet sauté à manger dans des feuilles de salade. Autant j’adore mon cocktail dans son joli mug, autant je suis déçue par la nourriture, alors que je l’avais trouvée délicieuse à Bangkok. J’hésite un moment mais décide ne pas prendre un second cocktail – il faut que je rentre à bon port ! – alors qu’un Tokyo Mai Tai m’aurait bien tentée. Je me console en achetant un mug de Samoan Fog Cutter à la boutique et discute un moment avec le manager qui m’offre une petite figurine suite à mon enthousiasme pour le monde tiki.

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Je rentre crevée mais heureuse à l’hôtel. Aller au Traders Vic était un des buts que je m’étais donné avant de partir et je suis très contente de l’expérience même si elle était très rétro et qu’il y a clairement des bars plus contemporains qui valent la peine à Tokyo. Ou autrement dit, il me reste divers bars à découvrir lors d’une prochaine visite.

Statistiques du jour: 16 226 pas – 11,7 km – 17 étages

Plus de photos sur flickr.

Japon: Fukuoka

Vendredi 9 novembre 2018

Le petit déjeuner n’est pas aussi varié qu’à Yakushima, ce qui n’est pas très compliqué: il y a abondance de pain, pâtes, pommes de terre et riz, le tout accompagné de choses frites bien grasses. J’avoue que dès le second jour, je vais saturer. Ce n’est pas mauvais en soi mais j’ai envie de choses plus légères le matin.  Sans doute que si je déjeunais complètement à la japonaise, cela fonctionnerait mieux mais j’ai des envies de yaourt, de légumes, de fruits et de temps en temps un croissant.

Je quitte l’hôtel à mon aise vers 9h30, faisant confiance à la météo qui prévoit soleil et nuages et une température d’une vingtaine de degrés. Je ne prends donc pas de veste pour ne pas m’encombrer. J’ai noté sur une google map les choses à voir et établi un itinéraire. Je me dirige d’abord vers le sanctuaire de Sumiyoshi Jinja où se déroule une cérémonie, et donc je n’y reste pas trop longtemps.

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Près de là se trouve le petit jardin de Rakusuien. C’est charmant, joliment aménagé, avec de l’eau, une petite cascade, un pont et des érables qui commencent à prendre leurs couleurs d’automne et pourtant je n’arrive pas à apprécier l’endroit. Le soleil s’est caché derrière les nuages, il fait gris et mon cœur est resté à Yakushima.

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Je rejoins ensuite la rivière qui sépare Hakata de Fukuoka et je réussis à rater Canal City. C’est pourtant un bâtiment imposant mais je l’ai longé sans trop regarder en l’air et puis il était derrière moi. Je me rendrai compte de ça le lendemain.

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Je flâne un peu dans les petites rues puis trouve la galerie commerçante couverte de Kawabata qui me mène au musée d’art asiatique de la ville, situé au 7e étage d’un centre commercial. J’y visite l’exposition permanente qui comporte quelques œuvres intéressantes venant d’Asie, puis l’exposition temporaire dont le thème est le fait-main, du tissage à la découpe de papier. Il y a de jolies choses mais rien ne me parle vraiment et je suis vaguement déçue en sortant.

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Je traverse le fleuve, regrettant amèrement ma veste. Le vent est assez fort et me transperce de part en part. Cela va un peu mieux entre les grands bâtiments dont certains ont une architecture contemporaine assez étonnante. Je traverse le quartier de Tenjin, passant dans des rues commerçantes puis me retrouve sur une large avenue sans intérêt qui est plus longue que ce que j’imaginais (cette manie de vouloir tout faire à pied !).

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J’arrive enfin au sanctuaire de Gotoku Jinja, imposant par la taille de l’esplanade qui le précède. Je ne le visite pas, mes jambes sont déjà fatiguées, et je sens que je commence à déprimer un peu à cause du froid et de la faim. J’ai de quoi manger mais je ne trouve pas d’endroit où me poser – on ne mange pas en marchant, au Japon.

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La ville est survolée par des avions qui décollent ou atterrissent à l’aéroport tout proche. Comme en Belgique, mon regard est constamment attiré et j’essaie de reconnaître la compagnie aérienne.

Le but de ce long trajet était le parc Ohori et le jardin japonais qui s’y trouve. Il est de conception moderne mais dans le style ancien. Deux couples de mariés s’y font photographier, dérangés par un grand groupe de touristes asiatiques bruyants et plus intéressés par des selfies que par le décor (taïwanais ?, coréens ?). A nouveau, j’ai du mal à profiter de l’endroit qui est pourtant très joli.

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Je longe ensuite le lac du parc Ohori, hésitant à aller visiter les ruines du château, mais le cœur n’y est plus du tout. J’ai froid et je me sens encore plus nostalgique de ces si belles journées à Yakushima. Je prends le métro et retourne à la gare d’Hakata. J’y erre un peu sans but dans les galeries commerçantes.

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De retour à l’hôtel, je me dis qu’une séance de relaxation à l’onsen me réchauffera et me changera les idées. Très moderne, il est joliment aménagé, avec un grand bassin à l’intérieur et un petit bassin à l’extérieur mais bien protégé des regards. Je me sens bien mieux après ça .

Je repars vers 18h pour trouver un restaurant, et après une longue hésitation, je choisis Ippudo, une chaîne très connue pour ses ramens. Je choisis la version moderne avec sauce piquante et plein d’ail. C’est délicieux et totalement réconfortant. Et organisé pour les gens qui mangent seuls et qui n’ont pas beaucoup de temps. La musique va relativement fort et propose un répertoire jazz très agréable (genre John Coltrane ou Miles Davis). Ce qui conclut plutôt pas mal une journée un peu déprimante, plus à cause de mon humeur qu’à cause de la ville (j’en reparle dans le billet suivant).

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Statistiques du jour: 15,1 km – 20 190 pas

Plus de photos sur flickr (des trois jours passés à Fukuoka).

Japon: Okayama – Takamatsu – Okayama

Vendredi 2 novembre 2018

Comme je me suis rendue compte bien trop tard hier soir que je n’avais pas réservé le petit-déjeuner, je n’ai rien prévu de très consistant, à part quelques biscuits, accompagnés de thé. Cela fera l’affaire pour le moment.

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Une fois à la gare, je réserve un ticket pour le Marine Liner vers Takamatsu – les trains ont tous de jolis noms au Japon – Marine Liner est quand même plus joli que IC538. Ce n’était pas vraiment une bonne idée et pas nécessaire du tout: je me retrouve dans un wagon à deux étages, mais évidemment à celui d’en dessous, et ce n’est pas une place fenêtre. Et au Japon, on ne change pas de place !

C’est d’autant plus dommage que le paysage est magnifique. Le clou du spectacle est la traversée de la Mer Intérieure sur l’immense pont qui relie Honshu à Shikoku. Je me promets de trouver une bonne place au retour ! Un peu moins d’une heure plus tard, j’arrive à Takamatsu. En préparant mon voyage, cette ville m’a attirée par son jardin japonais, parmi les plus beaux du Japon. J’aurais également pu aller à Naoshima, l’île aux musées, ou commencer à explorer les 88 temples de Shikoku, ou encore visiter les environs d’Okayama. Ce sera pour une prochaine fois !

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De la gare, il faut marcher quelques minutes pour aller à l’arrêt du tram que je peux payer avec ma carte Suica de Tokyo. Le véhicule est tout mignon, tout kawaii, et je le prends pour trois arrêts. Je me retrouve dans un quartier très banal et la route vers le jardin, le Ritsurin-koen (420 yens) est fléchée (en gros, c’est tout droit et à une dizaine de minutes à pied).

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L’entrée est assez imposante, parsemée de pins taillés en nuages. Ce n’est pas trop mon style de jardin mais ce n’est que le début de mon parcours. En fait, la beauté de l’endroit se dévoile progressivement, certaines parties sont plus boisées, d’autres plus exotiques – ces cycas ! – la plus éloignée de l’entrée quant à elle fait penser aux jardins chinois, notamment ceux de Hangzhou. Un grand étang est traversé par un joli pont de pierre et des maisons de thé bordent ses rives. Je prends mon temps pour flâner, m’asseoir, intégrer toutes les sensations, profiter pleinement. Le temps est superbe, le ciel est un d’un bleu profond et les températures sont plus qu’agréables, en grand contraste avec la journée précédente.

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Une grande partie du côté nord du jardin est fermée: un sanglier rôde ! Ce n’est d’ailleurs pas la meilleure saison pour le visiter: les lotus sont fanés et les feuilles des nombreux cerisiers sont déjà presque toutes tombées. Par contre, c’est beaucoup plus calme que l’autre côté et j’y mange le pique-nique que j’avais prévu (ici commence une longue série de « egg sandwich », une spécialité japonaise paraît-il).

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Je commence ensuite à pied le trajet qui retourne vers la gare, d’abord le long d’une grande avenue sans intérêt, jusqu’à un petit parc où traînent quelques sans-abri et où trône une statue kawaii. Je prends un passage souterrain très bien aménagé et décoré d’œuvres d’art pour traverser la rue et trouve un peu plus loin une galerie marchande couverte, ce qui rend mon parcours bien plus agréable.

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Je m’arrête au Takamatsu Art Museum (200 yens), bien décidée à visiter l’exposition Starting points: Japanese art of the ’80s. Sauf qu’elle n’ouvre que le lendemain, à mon grand regret. Il y a cependant quelques œuvres intéressantes dans la collection permanente: Takashi Murakami, Yoshitomo Nara, Kenji Yanobe (l’homme aux scaphandres jaunes) mais les photos sont interdites (et des caméras de surveillance).

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En sortant des toilettes, la dame qui vend les tickets s’approche de moi et se baisse pour ajuster ma jupe qui avait fait un pli, tout en s’excusant et souriant. C’est à mon tour d’être un peu gênée et de lui sourire en retour, la remerciant. Elle me demande d’où je viens, et une fois de plus « Belgique » a un côté un peu exotique (et chocolaté) pour la Japonaise.

Je continue ma route, m’approchant de la côte et du château de la ville (200 yens). Je ne m’attends pas à grand chose et je suis du coup agréablement surprise par le superbe jardin et les fortifications rénovées qu’on peut escalader pour voir la mer d’un côté et la ville de l’autre.

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J’avais décidé que lors de ce voyage, j’irais voir la mer de près. Je me rends donc à l’embarcadère et m’installe là un moment, avant de vérifier l’horaire des trains. Si je ne veux pas attendre une demi-heure, je dois partir de suite, et surtout ne pas traîner ! J’arrive un peu essoufflée et en sueur à la gare et embarque dans le Marine Liner de 15h10 qui démarre quelques minutes plus tard. Je m’installe dans le premier wagon, à la fenêtre, ce qui me permettra d’admirer le paysage au retour. Et comme j’ai l’impression que les Japonais n’aiment pas s’asseoir à côté des gaijins (ils pourraient faire quelques chose de gênant), la place à côté de moi reste libre jusqu’à l’arrivée à Okayama.

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Je suis fourbue et me couche un moment pour une sieste. Je me réveille en sursaut: j’ai l’impression que tout tremble. Était-ce un tremblement de terre ? C’est bien possible, mais sans doute juste une légère secousse. Un peu reposée, je pars explorer la galerie marchande pour trouver un restaurant. Mon choix se porte sur le bar à sushis, avec juste un comptoir pour une quinzaine de personnes. Personne ne daigne me donner un menu en anglais (ils existent pourtant – je les verrai plus tard) et je choisis donc en regardant les photos. C’est là que mon voisin japonais, un salaryman, me propose de commander pour moi. Notre conversation est un peu limitée mais il me raconte qu’il mange en attendant le train pour Tokyo et qu’il voyage beaucoup: il a visité toutes les préfectures du Japon. Mais quand je lui décrit mon voyage, il me dit qu’il n’a jamais été à Yakushima. J’avais vu qu’il avait mangé des coquilles saint-jacques légèrement grillées et je lui demande s’il peut aussi me commander ça. Je me régale (3080 yens) et cette interaction en toute simplicité me fait du bien.

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Je passe ensuite au 7-11 pour retirer de l’argent (seuls ces distributeurs acceptent les cartes étrangères, avec ceux de la poste mais il n’y en a pas à chaque coin de rue) et au supermarché pour acheter mon petit déjeuner du lendemain, des croissants industriels au chocolat.

Demain, je reprends le shinkansen et je descend dans l’extrême sud.

Statistiques du jour: 19 820 pas – 15,2 km

Beaucoup plus de photos sur flickr, surtout du jardin.

Japon: Tokyo

Mercredi 31 octobre 2018

En ce troisième jour, je dors parfaitement bien et je me réveille même avant mon alarme, vers 8h. Mes mollets sont par contre très douloureux à causes des courbatures et les piqûres de moustiques d’hier ont gonflé, créant une belle allergie. Cette fois-ci je tartine donc mes jambes de répulsif, je visiterai la ville avec un léger parfum de géranium citronné.

Je range toutes mes affaires et divise mes vêtements entre mes deux valises. A la réception, je demande qu’on envoie la plus grande à Kagoshima, tout au sud du Japon (2450 yen – ou 19,40€). Il faut minimum deux jours pour la livrer mais peu importe puisque je n’y arriverai que dans quatre jours.

Au lieu de prendre la ligne Yamonote, gratuite avec mon Japan Rail Pass, je prends le métro pour m’éviter de la marche inutile. A Ueno, la station est décorées de pandas, rappelant ceux du zoo tout proche.

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Mon but est le MOMAT, le musée d’art moderne de Tokyo, situé au nord du jardin du palais impérial. Il s’y déroule une exposition temporaire qui m’intéresse, Awakenings: art in society in Asia 1960s-1990s  (1200 yens). Elle présente l’art contemporain de divers pays asiatiques, de l’Inde au Japon en passant par le sud-est du continent, datant de la seconde moitié du 20e siècle, présentant des œuvres souvent provocantes ou expérimentales produites pendant cette période marquée par des événements comme la guerre du Vietnam, la décolonisation et l’émergence de la société de consommation. L’exposition est intéressante mais je ne suis pas subjuguée. Le catalogue rejoint malgré tout ma collection de livres parce que le sujet me passionne.

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Comme j’avais mal compris les règles photographiques, je n’ai qu’une image à vous proposer (on pouvait prendre en photos deux œuvres, j’avais compris le contraire, qu’on pouvait tout prendre en photo sauf les deux en question, et quand je m’en suis rendue compte, je ne suis pas retournée pour photographier la première).

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Je visite ensuite la collection permanente, m’arrêtant peu pour l’art plus ancien mais retrouvant avec plaisir quelques œuvres plus contemporaines, comme celle de Yoshitomo Nara.

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Pour la suite de la journée, j’hésite: je pourrais suivre le circuit à pied que j’ai encodé dans mon smartphone mais j’ai envie d’épargner mes jambes. Je décide donc d’aller juste dans le jardin impérial, entouré d’immenses murs de défense. Et c’est là que je regrette mon manque d’organisation: je n’ai pas de pique-nique (et il n’y a pas d’échoppe dans le parc) et pas de livre (par la suite, il sera toujours dans mon sac). J’aurais adoré m’installer sur un banc et lire une heure ou deux. Du coup, je me promène dans les différentes parties du parc, des grands espaces dominés par les pelouses à une partie plus « japonaise ». Des groupes de personnes âgées s’occupent de l’entretien, pas une feuille ne traîne.

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Un peu déçue de mon début d’après-midi (et à ce point-là, affamée), je décide de renter à l’hôtel. Sauf que la gare de Tokyo se trouve sur mon chemin. C’est un très beau bâtiment ancien en briques rouges et l’intérieur regorge de ressources. Je trouve la « kitchen street » où je mange un petit bol de tonkatsu ramen, ce qui me fait le plus grand bien.

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Voyant qu’il n’y a pas top de monde aux guichets de vente des tickets, j’y réserve mes trajets suivants, et comme l’employée me comprend relativement bien, qu’elle est aimable et qu’il n’y a personne qui attend, je réserve tous mes billets. Je m’étais bien préparée: j’avais noté tous les trajets, avec heures préférées, noms et numéros de trains.

Je retrouve ensuite Character Street et traîne au magasin Ghibli, le premier d’une longue série. Et je trouve « Ramen Street », que je cherchais au départ. Il y a moyen d’y manger des soupes ramen de toutes les régions du pays.

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De retour à Ueno, le soleil est déjà bien bas à l’horizon et j’en profite pour faire quelques photos du parc et surtout des lotus, sachant que quand je reviendrai dans deux semaines, ils seront vraiment fanés.

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Pour ce voyage, je m’étais promis certaines choses: manger plus souvent au restaurant, et plus varié (tester les ramen notamment) et tenter les onsen. L’hôtel Coco Grand où je réside en possède un tout petit et la marche à suivre est bien expliquée. Je revêts donc le pyjama fourni dans la chambre, chausse les pantoufles, prends la carte électronique qui donne accès aux bains réservés aux femmes et je descends au second étage. L’endroit est tout petit, avec un bel espace pour se refaire une beauté après le bain, et de l’autre côté d’une porte vitrée, l’onsen en tant que tel. Je suis seule, donc pas moyen de copier sur d’autres personnes mais je m’en sors assez bien. J’affinerai ma technique par la suite, je me suis un peu embrouillée avec les serviettes la première fois, ne remarquant pas qu’il y a un tas de petits essuies. Ce sont derniers qu’il faut prendre avec soi dans l’onsen: ils permettent de se couvrir un strict minimum et d’essuyer le gros du mouillé en sortant.

J’embarque donc ma grande serviette et me récure sous la douche, assise sur le petit tabouret en plastique, avant de m’installer dans le bain qui est ici un grand jacuzzi. L’eau est bien chaude et cela détend mes jambes courbaturées par mes premières journées de marche. C’est extrêmement agréable et je suis directement conquise ! Après ça, je suis un peu molle mais comme j’ai faim, je ressors dans le quartier pour manger.

J’ai envie de tonkastu, de porc pané, et retourne donc au restaurant qui m’avait plu lors de mon premier voyage, dans la gare d’Ueno. Je commande un plat combinant porc et scampi, le tout posé sur du chou cru finement coupé, accompagné de riz et d’une délicieuse sauce. C’est un peu gras, et j’ai du mal à terminer, mais j’ai très bien mangé. Je rentre repue à mon hôtel.

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Statistiques du jour: 16 740 pas – 12,7 km

Plus de photos sur flickr, de nouveau avec un lien qui reprend toutes mes photos de Tokyo