Japon: Nagasaki

Lundi 12 novembre 2018

Comme la météo prévoit des pluies torrentielles aujourd’hui, je prends mon temps en me levant. Le petit-déjeuner compris dans le prix de la chambre se prend au café en face de l’hôtel et propose quatre menus impliquant chacun quelque chose de frit. Je choisis les œufs sur le plat qui sont accompagnés de toasts, de salade et galette de pomme de terre. Disons que ça se mange mais je regrette les yaourts, fruits et viennoiseries des petits-déjeuners européens.

Quand je regarde par la fenêtre, je vois qu’il ne pleut pas et mon app météo précise qu’il devrait faire sec jusque 13h environ. Il va sans dire que ça m’arrange bien !

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Je prends le tram dans la direction opposée d’hier, pour aller vers le nord, jusqu’au Musée de la Bombe Atomique – je descends à l’arrêt du même nom mais je remarque par la suite que l’arrêt suivant est plus proche. Le ciel gris et plombé correspond tout à fait à l’ambiance. Je visite le musée qui est plus petit que celui d’Hiroshima et qui décrit assez sobrement les événements d’août 1945 avec vidéos, photos et divers objets retrouvés par la suite. Nagasaki n’était pas le but premier des bombardiers américains, c’était Kokura mais la ville était cachée par les nuages. A Nagasaki aussi le ciel était couvert mais juste au moment clé, il y a eu une éclaircie. L’ambiance du musée est assez feutrée et j’ai eu du mal à retenir mes larmes par moments, surtout en passant près d’un guide âgé qui racontait très certainement son expérience. Cet endroit fait partie des lieux difficiles mais qu’il faut visiter pour le souvenir, pour que cela ne se reproduise plus.

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Je repars vers l’arrêt du tram en me promenant dans le parc de la Paix et en m’arrêtant à l’hypocentre, marqué aujourd’hui par une statue.

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Mes plans pour la journée ne sont pas tout à fait établis et c’est dans le tram que je décide d’aller au sanctuaire de Suwa jinja. Un grand tori marque le début d’une longue volée d’escaliers qui montent à flanc de colline. La vue est superbe. A côté du sanctuaire se trouve un petit jardin japonais dont les érables sont de toute beauté avec leurs feuilles rougissant. Plus loin, un panneau m’informe qu’il faut absolument que je prenne le chemin qui monte, ce que je fait évidemment, mais une fois arrivée en haut, je ne sais toujours pas quel était le but. Je redescends vers le temple  et il se met à pleuvoir un peu. Je n’explore donc pas le petit sanctuaire qui se trouve à l’arrière et je remets le cap sur l’arrêt du tram.

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Un arrêt plus loin, je rejoins la rivière qui traverse Nagasaki et où se trouve une collection d’anciens ponts en pierre, dont un qui a des arches rondes, ce qui provoque de jolis reflets dans l’eau. C’est une des attractions les plus connues de la ville et les touristes s’y pressent avec des perches à selfies.

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Une carte de la ville me montre que les hauteurs regorgent de temples et sanctuaires. J’en ai visité un hier mais je manque de temps pour aller explorer les autres. Comme il fait toujours sec, je suis la rivière et rejoins une arcade commerçante où je trouve un snack. J’y mange un sandwich jambon-fromage accompagné d’un thé glacé. Cela m’a redonné des forces et je continue ma route, rejoignant le quartier de Dejima.

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Dans le passé, c’était une île et c’est là qu’étaient « parqués » les étrangers, les Occidentaux. Aujourd’hui, diverses maisons anciennes ont été reconstituées et consistent en un musée grandeur nature. Par malchance, j’arrive juste au moment où plusieurs cars d’écoliers débarquent et c’est très animé et bruyant. Grâce à ma visite, je comprends mieux le rôle de la ville comme unique porte d’entrée des influences étrangères. Des panneaux et divers objets montrent les liens entre le Japon et l’Europe, notamment les nombreuses céramiques hollandaises.

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Il se met à pleuvoir plus fort et je décide d’abandonner les visites. Nagasaki a encore beaucoup d’autres choses à offrir et je regrette de devoir repartir le lendemain. J’aimerais y retourner dans le futur, j’ai vraiment aimé l’ambiance de la ville. Je reprends le tram et quand j’arrive à mon hôtel, la pluie s’est calmée.

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Je traîne tout un moment au centre commercial et fais des achats chez Tokyu Hands, des ustensiles de cuisine et des cartes de vœux. Je regrette que l’électricité ne soit pas compatible avec l’européenne car j’y ai vu la cuiseuse à riz idéale pour une personne. Je rentre finalement à l’hôtel vers 16h et prends mes notes, puis refais ma valise en essayant d’y caser tous mes achats.

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Je ressors pour le repas et décide de goûter les ramens de Nagasaki. Les nouilles sont très fines, le bouillon très gras et les tranches de porc sont également très grasses, ce qui rend le tout assez écœurant, mais la sauce piquante atténue un peu cela. Encore une soirée où je vais prendre un certain temps à digérer !

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statistiques du jour: 11 921 pas – 9,1km – 31 étages

D’autres photos de mes deux jours à Nagasaki sont sur flickr.

Japon: Yakushima

Mercredi 7 novembre 2018

Quand je me réveille, mes courbatures ont disparu ! Mes jambes sont toujours fatiguées, comme tout mon corps d’ailleurs mais je n’ai mal nulle part. La journée est de toutes façons plus calme: Sato m’emmène en voiture pour faire le tour de l’île de Yakushima, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. La route suit la côte puis s’en éloigne par moments. Au loin, à Isso Beach, un torii rouge protège les pêcheurs qui partent depuis le port. A Nagata, la plage a des airs tropicaux: le sable est blanc, la mer est turquoise. On voit l’île de Kuchinoerabujima, dominée par un volcan très actif. C’est sur cette plage que les tortues viennent pondre leurs œufs une fois par an. Je me sens vraiment en vacances au bout du monde.

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Plus loin, nous rentrons un peu dans les terres pour rejoindre la gorge de Yokogawa. C’est isolé, c’est sauvage (enfin presque, il y a un chemin aménagé pour y arriver, comme souvent au Japon, mais dans le respect de la nature). Il y a moyen de passer d’un rocher à l’autre au milieu de la rivière.

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La route quitte le bord de mer et devient sinueuse, grimpant sur les falaises. Elle entre dans un parc naturel entouré de forêt. La faune locale n’a aucune crainte et se promène sur la route. Nous voyons des biches, mais surtout plusieurs groupes de singes qui n’ont aucune honte, copulant avec plaisir au milieu de la route. J’ai beaucoup ri en voyant les primates jouer dans les bouches d’égout, se cachant et apparaissant subitement, ou se cachant derrière les hautes herbes. Mes photos sont parfois un peu floues, je les ai prises au smartphone, avec le zoom poussé à fond.

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La conduite n’est pas simple pour Sato; la route est étroite et il faut se ranger quand une autre voiture nous croise, et surtout quand un bus arrive. Mais nous sortons du parc naturel après une bonne heure et arrivons à nouveau au niveau de la mer. Nous nous arrêtons à la cascade d’Ohko-no-taki puis allons manger un peu plus loin, dans une jolie crique. J’ai plus pensé à manger qu’à prendre des photos, alors que le décor était idyllique.

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Dans un magasin de souvenirs à Miyanoura, j’avais vu une jolie tasse en céramique bleue et je l’avais décrite à Sato. Elle a tout de suite su qui était le producteur, un vieux monsieur, et nous nous arrêtons dans son atelier. Il y a plein de jolies choses, très brutes, et je me dis que cela me fera un souvenir très particulier. J’achète un bol à riz, un bol à thé et un bol à saké.

C’est l’heure de la détente ! Sato m’emmène à un onsen en plein air, le Yudomari Onsen. Un bassin d’eau chaude a été façonné entre les roches noires et est accessible à marée basse. De loin déjà, la vue est superbe, de près c’est magnifique, très brut, très sauvage. Nous sommes seules et cela nous arrange. Nous trempons un long moment dans cette eau bien chaude, avec le vent qui nous rafraîchit mais aussi le soleil qui nous réchauffe. J’imagine que cet endroit peut faire penser un peu à l’Islande, mais avec un climat bien plus clément. Ce moment est tout simplement unique et je rêve depuis d’y retourner.

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Nous reprenons la route, longeant la côte sud de l’île, jusqu’à la chute de Toronki-no-Taki, située un peu à l’intérieur des terres, au bout d’une route sinueuse qui monte. Cette cascade a également été une source d’inspiration pour Miyazaki. Le débit de l’eau est faible et seul un fin filet coule aujourd’hui, par manque de pluie. Dans la cabane où se vendent des souvenirs, je trouve un adorable bol à saké avec un petit kodama au fond.

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L’après-midi est déjà bien entamée et nous commençons la dernière partie du trajet, du côté de la petite ville d’Anbo, avec un premier arrêt à une distillerie de shochu local que je goûte, mais j’achète plutôt un genre de vin parfumé aux fruits de la passion cultivés sur l’île.

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Un festival de photographie a lieu pour le moment, et il y a quelques photos qui sont affichées là, ainsi qu’au centre communautaire. Cet endroit ressemble un peu aux vieilles salles paroissiales en Belgique, avec pas mal de désordre, une scène pour les spectacles, de vieux décors, de nombreux tambours. Y sont projetées des photos anciennes de l’île. A vrai dire, je trouve que la photo qui est sur l’affiche de l’événement est la plus belle des œuvres exposées. Mais lors d’un festival de photographie, c’est rare de rencontrer l’organisateur, comme ce matin, et de faire la conversation avec lui. Sur une petite île comme Yakushima, il a tout de suite une plus grande proximité.

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C’est l’heure de la glace au matcha, et j’en profite pour acheter du thé cultivé sur place. Et puis, c’est le retour vers Miyanoura, terminant la boucle commencée le matin et longeant notamment la piste d’atterrissage du petit aéroport. Je remercie de tout cœur Sato pour cette très belle deuxième journée et pour le temps qu’on a passé ensemble, ainsi que pour les conversations que nous avons eues. J’ai eu l’impression de passer ces deux jours avec une copine, pas avec un guide qui fait juste son boulot.

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A l’hôtel, je profite une fois de plus de l’onsen puis du repas. Je reçois à nouveau divers plats, dont un légume de la forêt assez bizarre, filandreux et au final pas très digeste. Le dépiautage avec des baguettes d’un poisson avec de nombreuses arrêtes est un désastre et je tente de cacher mon oeuvre… mais il y a d’autres plats encore, comme du tofu à la cacahuète, de l’aubergine au miso, un genre du pudding au maïs, des sashimis, des rouleaux de printemps à la coquille saint-jacques… Je me rends compte que ce soir, je sature un peu de tous ces goûts et textures inconnus pour mon palais, mais je reste malgré conquise à cette cuisine très raffinée et spéciale. Et je dis adieu à Mizaki qui s’est tellement bien occupée de moi, m’expliquant tous ces plats.

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Je passe ma soirée à ranger ma valise, puis à lire et à revivre tout ce que j’ai vécu ces deux derniers jours vraiment exceptionnels. Il n’y a pas à dire, Yashushima est l’apogée de mon voyage.

Statistiques du jour: 6169 pas – 4,5 km

 

 

Japon: Yakushima

Mardi 6 novembre 2018

Ma nuit est assez agitée mais c’est sans doute parce que j’ai bu du thé. Et puis mes voisins se lèvent très tôt et l’hôtel n’est pas très bien insonorisé. Je me régale au petit-déjeuner qui est servi sous forme d’un buffet très complet et varié. Il y a même des fruits frais, chose très rare au Japon !

Aujourd’hui, c’est une journée un peu spéciale, celle que j’attendais depuis des mois et aussi le but de mon voyage. Je suis à Yakushima pour découvrir la forêt de cèdres et les mousses qui ont inspiré Miyazaki dans Princesse Mononoké. Quand je me suis intéressée à Yakushima, y aller me semblait un rêve bien lointain. Il n’y a que peu de transports publics et louer une voiture et la conduire à gauche me semblait trop compliqué. Et puis j’ai cherché un peu sur le net, notamment sur Tripadvisor, et j’ai découvert Yakushima Experience qui propose des randonnées dans la forêt et des visites de l’île. Cela a évidemment un coût mais je me suis dit que ce serait mon cadeau après cette année difficile. J’ai contacté Cameron, le guide principal,  fin mai et je lui proposé une fourchette de dates – je n’avais encore rien réservé d’autre. Il m’a très vite répondu en me proposant les 6 et 7 novembre. J’ai pris cela comme un signe, c’étaient les dates provisoires (mais idéales) que j’avais notées dans mon projet de circuit. J’ai donc réservé deux journées avec lui. Et c’est sa femme, Sato, qui en septembre a réservé pour moi le jetfoil sur le site uniquement en japonais.

J’ai mis mes nouvelles chaussures de randonnée et, un peu anxieuse, je suis sortie à l’avance pour attendre Cameron devant l’hôtel. Une grosse voiture est arrivée un peu après, conduite par une toute petite Japonaise, Sato. Elle m’a expliqué que son mari avait un empêchement et que ce serait elle qui me guiderait pendant ces deux jours. Ce qui quelque part a un peu fait retomber mon anxiété: j’avais un peu peur de passer deux journées avec un homme inconnu (même si son métier est guide et que normalement il n’y avait rien à craindre) et aussi de ne pas être à la hauteur à côté d’un homme fort et sportif.

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Nous partons pour les montagnes du centre de l’île, prenant une petite route sinueuse pour monter jusqu’à plus de 600 mètres. J’avais choisi de marcher sur le chemin de Shiratani, un parcours pas trop difficile et montrant la forêt qui a inspiré Miyazaki. Il fait beaucoup plus frais en altitude et je mets ma veste. Sato m’explique les options sur la carte et j’opte pour le parcours orange, moins visité, pour ensuite rejoindre le parcours vert, ce qui permet de faire une boucle. Le début du parcours est facile, tout à fait aménagé mais monte déjà beaucoup. Je prends l’excuse des arrêts photos pour souffler un peu ! Mais ce n’est pas vraiment une excuse, le paysage est photogénique dès les premiers pas.

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Le parcours se complique par la suite: le chemin est balisé mais il faut marcher entre les racines, les branches, les rochers et donc bien regarder où on met chaque pied. Et cela monte et descend constamment, vu que le parcours traverse plusieurs ruisseaux. J’absorbe le paysage: c’est vert, très vert, des arbres tout jeunes alternent avec des cèdres millénaires, des mousses recouvrent le sol et les branches. Le soleil filtre entre les feuilles, créant des jeux de lumière. Je suis tout simplement émerveillée et je fais des centaines de photos.

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Sato et moi parlons de mille et une choses, de notre vie quotidienne, de notre passé, de la condition de la femme, des hommes… A un moment, au début de la randonnée, je lui explique pourquoi je suis ici, et je fonds en larmes. J’ai réservé mon voyage fin mai et l’idée de venir ici m’a beaucoup soutenue pendant les difficiles mois d’été. Je sens que je relâche enfin beaucoup de tensions, que je les abandonne aux esprits de la forêt, aux kodamas (que Miyazaki a représenté en créant de petits personnages blancs aux yeux qui tournent). Sato m’écoute et me réconforte. Je suis aussi très soulagée que la météo soit superbe sur cette île où il pleut 365 jours par an.

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Nous voyons une famille de biches et de cerfs, c’est rare d’en voir plusieurs en une fois. Je n’ai que des mauvaises photos au smartphone, je n’avais pas emporté le gros zoom avec moi, mais peu importe. On entend aussi les oiseaux chanter.

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Les cèdres millénaires ont des noms; souvent il ne reste que la souche d’origine mais un nouvel arbre a pris racine sur celle-ci, créant un nouvelle génération. Certains ont un tronc creux et on peut passer en dessous. Un de ceux-ci est connu comme un passage vers une nouvelle vie, vers une renaissance. J’aime beaucoup la symbolique, parce que c’est en effet ce que je ressens. Au retour, je ne passerai plus en dessous, pour ne pas jouer avec le sort !

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Mes jambes fatiguent vite avec les montées et descentes incessantes mais c’est l’heure du pique-nique. Nous nous installons près d’une famille de singes qui se poursuivent dans les arbres tout en se chamaillant. Sato a prévu un bento de riz, de salade de chou et de poulet pané, accompagné d’une excellente tisane avec des herbes locales. Elle m’en apportera le lendemain (il s’agit d’un mélange de feuilles de goyave et de tulsi ou basilic sacré).

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Nous reprenons le chemin pour aller à un des endroits qui a tout particulièrement inspiré Miyazaki pour Princesse Mononoké. Les mousses y sont magnifiques, recouvrant les rochers sur le sol et les branches des arbres. Ce lieu ne peut qu’inspirer de belles choses et donne envie de croire à l’existence d’esprits de la forêt. J’avais l’impression d’être entourée et protégée.

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Sato m’explique que le chemin devient abrupt à partir de là, et sort de la forêt. Je sens que mes jambes sont déjà fort fatiguées et je préfère ne pas continuer. Le retour reste tout aussi superbe, de colline en vallée, de ruisseau en torrent. Comme il n’a pas plu depuis quelques jours, ils se traversent tous à sec, en passant de rocher à rocher. Lors de fortes pluies, il débordent et se transforment en torrents infranchissables.

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Je sens mes genoux flancher de plus en plus mais nous arrivons à la fin et rejoignons le parking. Je suis très fière d’avoir réussi cette randonnée jusqu’au bout, moi qui ne fait que peu d’exercice physique. J’ai les genoux en vrac, et je sais que j’aurai des courbatures, mais ce n’est pas très grave. Je suis juste ravie et heureuse.

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Nous redescendons en voiture vers la côte et Sato propose d’aller nous rafraîchir les pieds dans la rivière, à un endroit qui appartient en fait à une des industries locales – une propriété privée donc – mais qui est connu des locaux. La rivière est envahie de grands blocs de granit usés par les eaux, et il faut un peu crapahuter sur les rochers pour arriver au bord de l’eau. Celle-ci est glaciale – elle vient des montagnes – mais cela fait du bien !

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Une fois de retour à l’hôtel, je vais barboter à l’onsen, ce qui détend mes jambes qui commencent à me faire souffrir de plus en plus fort. Puis c’est l’heure du repas, et à nouveau je reçois tout un choix de mets délicieux: des entrées diverses, du shabu-shabu (une sorte de fondue), des sashimis, un pudding à l’anguille, des nouilles soba au thé vert, et en dessert un cheesecake et une glace un peu bizarre. Mizaki est heureusement là pour m’expliquer tout ça et nous parlons un peu de ma journée.

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Après cette journée très active, je m’écroule dans mon lit, hésitant à prendre du paracétamol contre les courbatures, mais je m’endors de suite en rêvant des esprits de la forêt. Depuis ce jour, j’y repense souvent et je visualise les kodama de Miyazaki quand je me sens moins bien. Et ça m’aide beaucoup !

Statistiques du jour: 12 618 pas – 9,1 km – mais surtout 72 étages !

Et il y a vraiment plein d’autres photos de mes trois jours à Yakushima sur flickr, allez voir !

Sri Lanka: Kitulgala – Nuwara Eliya

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Le petit-déjeuner est du même niveau que le reste – pas très bon donc – et je ne mange quasi rien: un toast un peu mou et un oeuf dur. Nous partons pour une promenade dans la jungle. Indications vestimentaires de Roshan: « good walking shoes and shorts – no pants – so you can see the leeches ». Des sangsues donc, ça promet ! C’est à Kitulgala qu’a été tourné en grande partie le film Le pont de la Rivière Kwaï. Il ne reste quasi rien de celui-ci – il a été dynamité à la fin du film – juste les socles en béton. Il fait chaud et humide et le chemin monte et descend. Il n’y a pas grand chose à voir, des arbres, des plantes, un caméléon qui fait caméléon. Au loin, on entend des sirènes et des détonations. Nous sommes en effet tout près des grands travaux pour la construction d’un tunnel et d’un barrage sur la rivière. C’est un peu triste de voir comment la nature est transformée par la main de l’homme… J’ai de la chance, je n’ai pas été attaquée par les sangsues, contrairement à Anna qui la détache en l’aspergeant de DEET. En fait, c’est minuscule, ces bestioles. Même si la promenade n’était pas de plus intéressantes, c’était agréable de bouger et de marcher.

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Nous rentrons à l’hôtel pour une douche bien méritée et un repas de… toast fromage-tomates. Mon menu n’est décidément pas très original mais au moins, je n’aurai pas trop mangé.

La route vers Nuwara Eliya est assez spectaculaire, ondulant entre les plantations de thé. Nous nous arrêtons pour en boire une tasse, justement, accompagnée de cake au chocolat. Plus loin, des cueilleuses sont au travail – la photo cliché pour le Sri Lanka. Ces photos ne sont pas sans coût: Roshan avait rassemblé de l’argent au début du voyage notamment pour donner un pourboire à ces femmes. Mon sentiment est donc partagé: j’ai de jolies photos mais j’ai dû payer pour les faire, chose que je n’apprécie pas.

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Quand nous arrivons à Nuwara Eliya, il est déjà 16h. Cette station d’altitude (1900 mètres) était un lieu très prisé par les coloniaux britanniques et a été rebaptisé « Little England ». Tout fait penser à l’Angleterre: le terrain de golf, le circuit pour les courses de chevaux, les bâtiments en style « normand ». A peine arrivés à l’hôtel, nous partons en promenade pour profiter de la dernière heure de lumière du jour. Il fait frais, le gilet est nécessaire. Le centre-ville est un peu décevant: de nombreux bâtiments modernes gâchent la vision idyllique que je me faisais de cette station d’altitude. Il y a certes quelques beaux bâtiments comme la poste mais la plupart sont plus loin du centre et je n’aurai plus l’occasion d’aller les voir. Je me sens en effet mal, j’ai la nausée et ma tension est en chute libre.

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De retour à l’hôtel, je me rends compte qu’Aneta n’a pas remis la clé de la chambre à la réception et je dois courir partout pour la retrouver alors que je me sens défaillir. Je la récupère enfin et me couche un moment. Heureusement, mon malaise n’était que passager et je me sens déjà mieux une demi-heure plus tard. Je sors ma jolie robe à oiseaux exotiques et décide d’explorer l’hôtel. Nous logeons en effet au Hill Club, ancien club pour la gente masculine de l’époque coloniale. Superbe bâtiment en pierre, il domine un grand jardin aux plantes exotiques (ces fougères arborescentes !).

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Il était interdit aux femmes, du moins les pièces principales, et elles devaient entrer par une entrée réservée pour elles. Il y a une immense salle de billard (où les tables ne nécessitaient sans doute pas de cartons de bière pour les redresser), une bibliothèque avec de nombreux fauteuils, une immense salle à manger, un petit bar. Bar où je retrouve les autres membres du groupe. Tout le monde s’est mis sur son trente-et-un, y compris les hommes qui ont emprunté vestons et cravates pour nous rejoindre. Aujourd’hui encore, il faut en effet respecter les conventions de ce lieu chic ! Tout le monde s’y est plié avec plaisir et ce n’est pas plus mal de revivre pour un court moment une époque révolue. Cela fait très Indian Summers comme ambiance. Vu le lieu, je commande un gin tonic mais je reçois à nouveau une minuscule dose de gin et une grande bouteille de tonic mais cela aurait été dommage de ne pas respecter les traditions.

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Nous allons ensuite manger dans la grande salle du restaurant, où les serveurs en smoking et gants blancs s’affairent autour de nous. Je commande un plat simple, des crevettes grillées géantes, accompagnées de riz et de légumes. C’est très bon et très peu srilankais mais peu importe. Je me laisse même tenter par un verre de vin blanc, un Sauvignon du Chili. Mon voisin Nick me parle de son intérêt pour les musiques du monde et il en connaît bien plus que la moyenne des gens, ce qui me fait plaisir.

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Après le repas, je retourne bien vite à ma chambre: je me sens mieux mais pas tout à fait au top et je préfère aller dormir tôt pour être en forme pour la journée du lendemain. J’y découvre que le chauffage a été allumé – il fait en effet frisquet – et qu’on a glissé une bouillotte dans le lit, chose qui ravit Eddy – il se précipite dessus. Tout cela était bien nécessaire: je suis une grande frileuse et je dormirai mal à cause des courants d’airs qui traversent la chambre, l’isolation n’étant pas au point dans cette vieille bâtisse. On a également déposé une fleur sur le lit, avec une phrase de Shakespeare.

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Même si c’était une belle journée, j’ai un grand regret. Je pense que suis frappée de la malédiction des stations d’altitude coloniales. Cela doit être la quatrième que je visite mais à chaque fois, le temps manque pour s’y promener, et s’imprégner de l’atmosphère si spéciale – un mélange entre les Alpes suisses et de l’exotisme local. J’aimerais vraiment rester plus longtemps dans ce genre d’endroit. J’ai eu ce sentiment en Birmanie à Pyin-U-Lwin où j’aurais aimé passer la nuit, à Dalat où je voulais prendre plus de temps pour visiter la ville mais où j’ai été retenue par mon compagnon de l’époque, à Ooty en Inde du Sud où je n’ai fait que dormir – dans un bel hôtel colonial certes – mais sans ballade locale.

 

Sri Lanka: Kandy – Kitulgala

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Le départ se fait à l’aise ce matin, à 9h30. Après 45 minutes de route, nous nous arrêtons dans une fabrique de thé. Roshan nous explique comment les feuilles fraîchement cueillies sont d’abord séchées une première fois, puis broyées dans des machines antédiluviennes puis fermentées. Elles sont ensuite triées selon leur qualité (la poussière de thé servira pour les sachets de type Lipton) et séchées une seconde fois dans des machines tout aussi antiques que le précédentes (il est écrit 1903 sur l’une d’entre elles). Les sacs sont ensuite acheminés à la bourse du thé à Colombo. Nous recevons en dégustation du BOP ou Broken Orange Pekoe, qui est légèrement âcre et très orange. Ce n’est pas la meilleure qualité – il s’agit du BOPF (F pour fannings), encore plus âcre – mais c’est le BOP qui correspond le plus au goût européen. L’Orange Pekoe est un cran plus bas dans cette échelle de qualité alors que c’est celui qu’on voit le plus souvent en Europe. J’achète trois variétés, de l’Orange Pekoe, du BOPF et du thé blanc, qui est la qualité premium puisqu’il ne comporte que les toutes jeunes feuilles.

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Il faut ensuite deux heures de route pour rejoindre Kitulgala qui est situé dans des collines couvertes de jungle. L’altitude n’est pas encore très élevée mais le chemin est sinueux. Nous arrivons au Kitulgala Resthouse qui se trouve au bord de la rivière Kelani. Le bâtiment colonial est plus que décrépi: la salle du restaurant a encore une certaine allure mais les chambres sont tristes et usées, les salles de bain couvertes de zones de moisissures. La vue est cependant très belle, donnant sur un jardin, avec la rivière en contrebas. Des rénovations seraient plus que nécessaires mais le lieu risque de perdre toute valeur touristique dans les prochaines années à cause de la construction d’un barrage sur la rivière. L’attrait principal de la région est en effet le rafting qui ne serait plus possible à l’avenir.

Il est midi et c’est l’heure du repas, un sandwiche fromage-tomates accompagné d’un jus d’ananas. Je fais ensuite une courte promenade au bord de la rivière où s’amusent quelques familles et jeunes hommes locaux puis je rejoins la route mais la paresse l’emporte et je décide de rentrer à l’hôtel. La plupart des membres du groupe sont partis faire du rafting, ce qui ne me tentait pas du tout et donc je profite de l’après-midi pour lire dans le lobby en compagnie de Sarah. Nous serons dérangées par un acteur connu – paraît-il – et ses amis qui font la fête et mettent la musique très fort.

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Les autres reviennent de leur excursion plus ou moins mouillés et nous buvons des bières en discutant. Il n’y a pas grand chose à faire ici en attendant l’heure du repas. Celui-ci est composé pour ma part de riz frit sans goût, le poulet y est quasi invisible, mais il est servi avec une sauce brune assez immangeable. Bref, je n’ai pas très bien choisi ce soir, mais les autres convives me confirment que ce n’est pas beaucoup mieux de leur côté.

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Que faire pendant la soirée ? Certainement pas me morfondre dans une chambre déprimante ! Il y a une vieille table de billard et nous décidons d’y jouer. Cela entraînera des fous rire à répétition: elle est brinquebalante et surtout, elle n’est pas à niveau: les balles se dirigent toutes vers un des coins. A force de cartons de bières, nous la remettrons droite mais du coup, j’arrête mes piètres tentatives de jeu. Deux équipes se forment dans le groupe: « England » vs « Rest of the world » (qui comprend les membres du groupe irlandais, gallois, srilankais – le guide donc, allemand, espagnol et belge). Rest of the world gagne la première partie, toujours ponctuée de moments hilarants.

Je décide d’aller dormir mais le sommeil a du mal à venir. Je ne me sens pas à l’aise dans ma chambre un peu pourrie et j’imagine des histoires de punaises et autres insectes envahissants. De plus, un moustique vient me narguer et je passe le reste de la nuit la tête sous le drap alors qu’il fait trop chaud pour ça.

Japon 2015: Kanazawa

Quand je me réveille, j’ai un peu mal à la tête et je sens qu’il ne va pas partir tout seul. Je prends un Dafalgan en espérant que je me sentirai mieux bien vite. Je vais à la gare prendre le shuttle bus qui me dépose au jardin de Kenroku-en (310 Yens), l’autre but de ma visite à Kanazawa. Aménagé dès 1676, il combine éléments japonais et chinois. C’est la saison où les jardiniers installent des structures de cordes autour des arbres pour que les branches ne retombent pas sous le poids de la neige. Au premier abord, il ne me plaît pas. Il y a beaucoup de monde et je le trouve relativement « banal ». Et puis, en me promenant, je découvre des endroits plus calmes, plus beaux, plus ombragés, avec de la mousse et des plans d’eau. Après en avoir fait le tour, je me laisse tenter par une glace vanille/matcha. Ce n’est pas quelques chose que je mange d’habitude mais là, c’était juste parfait !

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Je vais ensuite visiter le château qui est juste en face. Construit à l’origine en 1632, il a complètement brûlé lors de multiples incendies. L’édifice actuel a été reconstruit entre 1997 et 2001, dans le respect de la tradition, sans clous ni vis. Le contraste est grand avec le jardin: c’est vide en bâtiments, plantes et visiteurs mais le soleil brille et j’en profite pour emmagasiner toute cette lumière.

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J’avais noté une série d’autres choses à voir. Je pars donc à pied vers le quartier de Teramachi, le long d’une avenue bruyante et sans intérêt, puis traverse la rivière Saigawa. Je suis sans le faire exprès un couple âgé qui me mène vers un escalier qui est en fait un raccourci bien utile pour les piétons. Je rejoins une autre grande avenue parsemée de temples, cachés entre des bâtiments modernes. Les temples ont l’air intéressants mais ne sont absolument pas touristiques et j’ai un peu peur de déranger. Bref, ce n’est pas une promenade très passionnante et je laisse même tomber la visite du quartier de Nishi Chaya, de peur de m’éloigner encore plus du centre de Kanazawa.

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Je retraverse donc la rivière via un pont en métal bleu turquoise et je me dirige vers un autre quartier à l’ancienne, Nagamachi. Il est heureusement mieux préservé, le long d’un ruisseau. Je visite la maison de la famille des samouraïs Nomura (550 Yens). Le minuscule jardin est tout simplement magnifique, tout en niveaux, avec une petite cascade qui coule dans une pièce d’eau. Les photos ne lui rendent pas vraiment justice, aplatissant tout.

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Je visite également quelques autres maisons adjacentes, celles des familles Takada, Shimizu et Takanishi. Elles offrent une belle image de ce qu’était la vie quotidienne dans le passé.

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Il est encore tôt mais je ne suis plus très en forme: j’ai des courbatures et mon mal de tête empire de plus en plus. Je visite cependant encore le marché d’Omi-cho où j’admire les nombreux crabes géants. Je me demande s’il y a assez d’acheteurs pour une telle quantité de crustacés si vite périssables.

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Passant par l’imposant bâtiment de la gare, je retourne à l’hôtel où je tente de faire une sieste et finalement, je ne ressors même plus. Cette journée n’était pas vraiment nécessaire et je me suis dit que j’aurais mieux fait de reprendre le train pour Tokyo dans l’après-midi plutôt que de dormir deux nuits à Kanazawa. Ou mieux encore, j’aurais pu prévoir la visite de Kanazawa depuis Tokyo et revenir le soir même, le trajet n’étant finalement pas beaucoup plus long que pour Kawaguchi-ko. Je pense que le mauvais hôtel et la fin du voyage qui approchent ont joué sur ma santé et mon humeur. Chaque voyage possède ses jours de creux et ce n’est pas très grave.

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Japon 2015: Kyoto

Après plusieurs jours où je me suis dépêchée le matin pour attraper divers trains, je me permets de traîner un peu. Quoique, la journée sera chargée: je serai très contente si j’arrive à caser toutes les visites prévues. L’hôtel ne propose pas de petit déjeuner mais il y a un Tully’s Coffee juste à l’entrée. Je commande une couque aux poires (une viennoiserie donc) et un thé (670 Yens). Je me dis que pour ce prix-là, je ferais mieux de prévoir quelque chose à manger dans ma chambre les prochains jours.

Je rejoins ensuite à pied le terminus de la Randen Electric Railway – Arashiyama Line. Je m’imaginais un train moderne, or il s’agit d’un tout vieux tram plein de charme. Mon pass Suica fonctionne ici aussi. Le voyage est plutôt lent et le tram passe entre les maisons de Kyoto mais c’est une manière très agréable de voyager. Une chanson pop annonce le terminus. Je suis donc à Arashiyama et comme dans tous les lieux touristiques au Japon, il y a foule.

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Je me dirige d’abord vers le pont de Togetsu-Kyo puis longe la rivière Katsura pour visiter le premier temple que je rencontre, le Hogon-in (400 Yens ?). Le site est tout petit et n’est d’ailleurs cité dans aucun guide mais le jardin est très joli et commence à prendre ses couleurs d’automne.

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De là, je décide de rejoindre la forêt de bambou, un autre lieu qui était très haut sur ma liste de choses à voir. Je passe devant le Tenryu-ji mais le garde pour plus tard. Je me promène dans les petites rues et visite le tout petit sanctuaire de Nonomiya-jinja.

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En fait, il y a deux entrées au Tenryu-ji et je me retrouve quand même dans son jardin. Je ne visiterai pas le temple – je ne verrai jamais l’entrée – mais je m’arrête un instant comme le reste des touristes pour admirer le plan d’eau. La conception du jardin date du 13e siècle et est caractérisé par une « cascade » de rochers se jetant dans l’étang, inspiré par les peintures de la dynastie chinoise des Song.

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Je repars vers la forêt de bambous et croise un photographe de mariage. Je fais moi-même une belle collection de photos. J’imagine qu’avec du soleil, ce serait encore plus photogénique mais c’est déjà très impressionnant par temps gris.

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Le temple de Jojakko-ji (400 Yens) est beaucoup plus calme, il n’y a même pas d’indication en anglais. Il se déploie sur plusieurs niveaux et plus on monte, plus la vue sur Kyoto est belle. Les couleurs d’automne sont déjà très présentes, pas encore tout à fait flamboyantes mais presque.

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Je décide de retourner à la gare pour me laisser du temps pour les visites de l’après-midi. Pour ne pas prendre le même chemin, je fais confiance au gps qui me mène par les petites rues du village. Il y avait encore beaucoup de temples à visiter mais ce sera pour une prochaine fois.

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La gare est plus loin que je ne le pensais… Une fois arrivée là, je regarde ce que mangent les gens mais rien ne me tente et le tram va partir. Je change à Katabirano Tsuji pour prendre l’autre ligne de la Randen Railway, la ligne Kitano, et je descends à Omuro Ninnaji. Dans la rue qui monte vers le temple, je tombe sur un minuscule restaurant qui sert des currys. Je prends le plat du jour: curry aux patates douces, haricots, poulet, servi avec des pickles, une salade et du thé glacé (1050 Yens). C’est délicieux et je suis repue mais pleine d’énergie pour la suite.

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Je visite d’abord le temple de Ninna-ji, un ancien palais impérial. C’est assez calme et le jardin est agréable.

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Je reprends la route, à pied, pour rejoindre le Pavillon d’Or. On ne peut pas dire que ce soit particulièrement palpitant. C’est même plutôt moche et je me rends de plus en plus compte que le Japon est hyper urbanisé, souvent même assez anarchiquement et qu’à l’intérieur des ces zones souvent laides, il y a des petits îlots de pure splendeur. Je m’arrête à un tout petit temple, le Renge-ji, où il y a cinq statues de bouddhas puis je poursuis mon chemin.

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Premier arrêt: le Ryoanji (500 Yens) célèbre pour son jardin sec. La foule annule toute tentative de contemplation, le but premier de ce jardin. Le temple a été fondé en 1450 mais le jardin date du 16e siècle et est l’oeuvre du peintre Soami. Il a installé 15 rochers répartis en 5 groupes, créant un paysage toujours changeant. Il est d’ailleurs impossible de voir les 15 rochers en une fois.

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Je me dépêche: je veux encore voir le Kinkaku-ji ou Pavillon d’Or. Les flots de visiteurs doivent suivre le parcours fléché et font la file pour se prendre en photo aux plus beaux points de vue. N’empêche, cela facilite quelque part la tâche: si des gens prennent des photos à un endroit, c’est que la vue est intéressante. Le pavillon est impressionnant, de même que le jardin qui se fond presque dans les collines, et il aurait été dommage de ne pas le visiter. Par contre, je ne suis pas sûre que j’y retournerai.

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Armée de mon plan des bus, je vois que je peux prendre le n°12 qui me ramènera Shijo Dori. A l’arrêt, une maman japonaise me prend en photo avec se fille trisomique. Elle aussi est étonnée que je voyage seule. Le bus est bondé et se traîne dans les embouteillages. Je pensais que son terminus était à proximité de mon hôtel et quand je vois qu’on le dépasse, je me rends compte de mon erreur, mais comment sortir avec toute cette foule ? Heureusement, à la correspondance avec le métro, beaucoup de gens sortent et je suis le flot. Je m’achète quelques crasses pour souper et de quoi déjeuner le lendemain. Ce fut une journée très chargée mais j’ai réussi à voir tout ce qui était prévu ! Tant mieux, car les jours prochains risquent d’être pluvieux.