Birmanie: Kyaiktiyo – Bago – Yangon

Je déjeune de toasts à la confiture et de thé. Je me sens déjà mieux même si je crains la descente en camion suite aux événements d’hier. Nous montons dans un premier véhicule qui nous amène quelques centaines de mètres plus bas. De là nous prenons un second. Il y a toujours autant de monde mais la descente se passe mieux. J’ai toujours un peu le vertige et je ne préfère pas regarder le précipice au bord de la route. Les camions roulent très vite et je me demande combien d’accidents ont déjà eu lieu. Mais je discute pendant tout le trajet avec Olga: elle me raconte un peu sa vie, et moi la mienne, ce qui permet d’oublier les conditions du transport. J’ai tenté de faire quelques photos mais elles ne sont pas des plus réussies et ne donnent aucun impression de la pente réelle.

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Moe Moe a prévu que nous puissions sortir avant tout le monde, là où est garé le minibus qui nous a attendus pendant la nuit. Nous reprenons la route et nous arrêtons dans une exploitation de caoutchouc où nous montre comment il se récolte. La plantation a été fortement touchée par le cyclone Nargis en 2008 et les arbres sont jeunes. De plus, le commerce n’est plus aussi rentable qu’auparavant à cause des matières synthétiques qui le remplacent. Nous faisons ensuite à nouveau un pause au stand de pomelo frais. Le fruit est vraiment très sucré et même si je fais encore attention, je me régale.

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A Bago (Pegu), nous visitons la reconstruction du Palais Royal. Je ne trouve pas cet endroit très intéressant, les bâtiments ayant été érigés de manière plus clinquante que proche de la réalité historique. Il y a deux bâtiments principaux et un auvent qui abrite les restes de piliers en teck originels.

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Nous n’allons pas visiter la pagode de Shwemawdaw au stupa doré parce qu’il fait trop chaud et que le revêtement du sol en carrelage blanc nous brûlerait les pieds, nous explique Moe Moe. Nous allons par contre à la pagode Shwethalyaug. Un grand Bouddha y est couché dans une sorte d’immense hangar. Il y a beaucoup de monde et la vie continue. Ce n’est pas parce qu’on est dans un lieu sacré qu’on ne peut pas y pique-niquer ou y faire des achats.

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A la pagode de Kyaik Pu, ce sont quatre grandes statues de Bouddhas qui dominent le site. Il fait en effet très chaud et ça nous change des derniers jours.

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Nous dînons dans un restaurant au bord de la route, près d’un lac et d’un parc d’attractions. Je partage mon plat de riz et légumes avec Olga. En entrant, je me suis sentie observée (déshabillée ?) par un groupe d’hommes de type indien. A un moment, le visage de Moe Moe se décompose. Elle demande à une serveuse de nous prendre en photo, mais je vois bien que l’objectif n’est pas tout à fait dirigé vers nous mais plutôt vers la table du groupe d’hommes. Bizarre…

Sur la route, nous nous arrêtons près d’une voiture de police et Moe Moe va leur parler. A son retour, nous lui demandons ce qui se passe: elle pense avoir reconnu dans le groupe d’hommes celui dont l’avis de recherche était affichée à l’aéroport de Bagan. Tout cet épisode me semble toujours aussi bizarre aujourd’hui et ne fait que confirmer l’impression que j’avais, celle que notre guide était plutôt proche du gouvernement.

La route est longue vers Yangon mais d’assez bonne qualité. Nous nous arrêtons au Cimetière des Alliés de la Seconde Guerre Mondiale. C’est devenu un lieu de rencontre des jeunes qui s’y promènent, en couple ou avec des amis. L’endroit est émouvant mais en même temps, il vit.

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Embouteillages, arrêt au Green Elephant pour qu’Olga puisse acheter les foulards qu’elle y avait vus et chez un joaillier. Nous arrivons enfin au Summit Parkview Hotel où nous retrouvons Jodell qui attend de pouvoir partir à l’aéroport. Nous profitons de la happy hour et avec trois gin tonic et un petit snack, je peux me déclarer guérie !

Birmanie: Kyaiktiyo – Golden Rock Hotel

Le Golden Rock Hotel est situé aux deux-tiers de la montée vers le Rocher d’Or. Ce n’était pas l’hôtel prévu, l’agent de voyage ayant sans doute fait les réservations trop tard en ce jour fort animé. Le lobby est éclairé au néon, les chambres aussi. La nôtre était minuscule, laissant juste assez de place autour des lits jumeaux pour passer. Pas d’air conditionné mais il faisait assez frais. La salle de bain contient tout ce qu’il faut, et même une douche assez grande. Aucune isolation sonore. Apparemment, il y aurait des bungalows qui sont assez jolis. Le petit déjeuner était assez basique, offrant le choix entre divers plats de toasts, d’oeufs ou de nouilles sautées. Je n’ai pas fait de photos, à part une d’Eddy sur le lit, tout fier d’avoir volé avec Yangon Airways.

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situation: 2,5/5
aménagement des parties communes: 2/5
aménagement de la chambre: 2/5
salle de bain: 3/5
propreté: 4/5
petit déjeuner: 2,5/5
wifi: pas essayé

Birmanie: Lac Inle – Yangon – Kyaiktiyo

Après une nuit très moyenne, je me sens encore faible ce matin et je n’ai pas très faim. Je mange quelques biscuits, une banane et je bois du thé très sucré. Le car nous emmène vers l’aéroport de Heho où nous prenons un vol Yangon Airways pour Yangon. Là, le groupe se sépare: nous faisons nos adieus et nous prenons un minibus à cinq: Angelo et Margaret, Robyn, Olga et moi. Moe Moe nous accompagne pour le reste du voyage.

Evitant Yangon, nous nous dirigeons vers Kyaiktiyo et le Rocher d’Or. Comme l’heure de midi s’approche, nous nous arrêtons dans une teahouse au bord de la route. Il y fait très chaud sous le toit de tôle et je me force à manger quelque chose, juste du riz bouilli en fait, avec du thé. Moe Moe achète du pomelo fraîchement découpé et le partage avec nous. Je commence à me sentir un peu mieux, ayant eu l’occasion de dormir dans le minibus.

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Au camp de base de Kinponsakan, il faut changer de véhicule, la route est trop raide pour les voitures normales. On nous entasse dans la benne aménagée d’un camion. Plus de soixante personnes se pressent sur dix rangées de banquettes ne laissant aucune place pour bouger. Il fait très chaud mais le camion démarre enfin. Je me sens de moins en moins bien. Le camion s’arrête pour laisser passer les véhicules qui descendent. Je vois les nuages noirs de pluie au loin. Moe Moe nous distribue des imperméables en plastique rose. Je sens à nouveau le sang se vider de mon corps, je fais une chute de tension carabinée, exacerbée par la claustrophobie et l’idée de la montée vertigineuse. Je suis en sueur et je grelotte en même temps. Je me sens vraiment coincée: pas moyen de descendre du camion. De toutes façons, on est au milieu de nulle part. Olga qui est assise à côté de moi me ventile avec un journal, Moe Moe m’achète une boisson gazeuse isotonique qui me remet un tout petit peu d’aplomb. Le camion démarre enfin et je regarde un point fixe droit devant moi, je compte plusieurs fois jusqu’à cent juste pour me concentrer sur quelque chose. La montée est un enfer pour moi, quasi à la verticale (c’est l’impression que j’ai eue en tous cas).

Au sommet, c’est encore pire: c’est un des derniers camions de la journée et de nombreux pèlerins veulent redescendre. Ils prennent le camion d’assaut, ne laissant pas sortir les passagers mais les poussant de toutes parts. L’échelle qui permet de monter dans le camion est envahie. J’ai les jambes qui tremblent. J’arrive enfin à m’extraire sur la plate-forme de l’échelle mais dois me retenir avec mes deux mains pour ne pas tomber dans le vide. Quand finalement on me laisse descendre, après de nombreuses engueulades en birman autour de moi, de Moe Moe et d’autres passagers voulant sortir (et qui ont tout fait pour protéger le mieux possible les touristes), je fais une crise de nerfs et de larmes. Claustrophobie, agoraphobie, vertiges et une condition physique très précaire ont eu raison de moi. Mais au moins, j’évacue.

Moe Moe nous emmène au Mountain Top Hotel où nous pouvons déposer nos affaires. Il se met à pleuvoir et je ne me sens plus capable de marcher encore quinze minutes vers le Rocher d’Or. Moe Moe me le montre depuis la fenêtre de l’hôtel. J’attendrai là les autres membres du groupe qui seront partis pendant une heure. J’ai à nouveau mal au ventre, à cause de la boisson gazeuse sans doute. Les deux photos ont été prises par Robyn.

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Moe Moe nous en avait vaguement parlé: cet hôtel est complet (c’était celui prévu au programme pourtant) et il faudra marcher 45 minutes pour atteindre celui plus bas. Je fouille mon sac, y trouve des biscuits et retrouve les Dextro-Energy donnés par mon papa avant le départ. Je retrouve un peu d’énergie et rassemblant toutes mes forces, je me prépare à partir. Heureusement la pluie s’est arrêtée mais il fait déjà noir. Moe Moe connait un raccourci mais c’est un long escalier aux marches irrégulières et dans l’obscurité la plus complète. Je tiens la main de la guide, derrière moi, deux autres couples s’entraident également, chacun avec une lampe de poche. A un moment donné, nous rejoignons la route et marcher sur la pente est encore plus compliqué. J’ai toujours mes sandales et elles glissent sur les plaques de béton mouillé. Nous nous arrêtons quelques fois et j’en profite pour faire mes uniques photos du Rocher d’Or. Cette descente dans le noir était dangereuse et angoissante, et n’aurait jamais dû avoir lieu.

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Nous arrivons enfin à l’hôtel où un lobby éclairé aux néons nous accueille. Les chambres sont tout aussi déprimantes. Je n’ai même pas le courage de prendre un douche et nous allons manger: riz et légumes vapeur pour moi, sans aucun goût – heureusement qu’il y a du sel.

Je peux enfin dormir, mais c’est sans compter le bruit ambiant: nous sommes proches du générateur et des moines psalmodient toute la nuit. Dès l’aube, les camions recommencent la montée et la descente, klaxonnant bruyamment. En fait, c’était la fête de la pleine lune et un samedi, ce qui explique la foule présente. Je sais aussi que s’il n’y avait pas eu la montée en camion dans ces conditions, j’aurais pu me reposer et reprendre des forces tout à fait normalement. Les aléas du voyage…