Vietnam: Ninh Binh et la baie d’Halong terrestre

Ce samedi 6 mars, nous quittons Hanoï pour rejoindre Ninh Binh, ses paysages pittoresques et ses monuments impériaux. Très vite, la circulation devient complètement dingue, avec concerts de klaxons et dépassages en cinquième bande (déjà que les 3èmes et 4èmes n’existent pas – le but, c’est de dépasser, d’aller plus vite, même s’il faut bloquer la circulation en face pour ça). Nous apprenons que la plus grande pagode du Vietnam vient de s’ouvrir et qu’aujourd’hui, c’est fête. Des milliers de personnes profitent de ce samedi pour faire leurs dévotions à tout prix, avec tous les moyens de transports possibles.

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Avant le repas, nous visitons la pagode Bich Dong: située à flanc de montagne, il faut monter une série de marches puis passer par une grotte pour y arriver. La vue d’en haut permet de découvrir cette région parsemée de roches karstiques. Pour éviter les vendeuses de nappes trop agressives, nous ne faisons pas le parcours habituel en sampan à Tam Coc, préférant découvrir le site de Trang An… Mais mangeons d’abord, en découvrant des brochettes de viande de chèvre ainsi que son accompagnement, du sang de chèvre au sésame et lèvres de porc (nous aurons juste goûté, cette mixture n’étant pas renversante, loin de là). Pas de contrôle sur le menu et donc nous recevons en plus de ça de la soupe au potiron, des boulettes de poisson frites, du curry de bœuf avec du pain, du poulet sauté aux légumes et à l’ananas, des jets de soja (trop salés), du riz et un dessert d’ananas frais pour clôturer le tôt. Difficile de faire honneur à une telle quantité de nourriture mais nous avons goûté à tout (et rappelé à notre guide que nous ne mangeons pas autant !).

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Je me souviens avoir visité l’ancienne capitale impériale de Hoa Lu dans le calme absolu, de tôt matin, avec une brume qui rendait l’ensemble assez mystérieux… Cette fois-ci, rien que la vue de l’immense parking aménagé à la va-vite ne présage rien de bon. Les monuments sont toujours les mêmes mais il fait chaud, très chaud et ils sont envahis de touristes locaux. Et quand le vietnamien fait du tourisme, il le fait en masse ! Nous visitons le temple de l’empereur Dinh ainsi que celui de l’empereur Le et de la reine-mère Duong Van Nga mais sommes très vite distraits par les gens qui regardent diane avec crainte et curiosité. Son tatouage et ses piercings ne passent pas inaperçus au Vietnam et on lui demande souvent (ou au guide) quelle religion il pratique. La plupart des gens n’ont jamais vu ça et ne comprennent pas, quelle que soit leur éducation (je pense à une dame qui était enseignante). La prochaine fois, il faudra amener un bol et demander des cacahuètes !

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En route maintenant pour rejoindre Trang An où nous devions faire une ballade en sampan dans les gorges de karst. J’avais demandé d’aller à cet endroit suivant un conseil du Guide du Routard qui parlait d’un endroit isolé, peu touristique et magnifique mais en cours d’aménagement. Un embouteillage monstre laisse présager le pire. Quand nous arrivons enfin, il y a foule et Hang désespère très vite de nous trouver un bateau et une rameuse pour notre promenade. Nous décidons de tenter un autre site… mais il faut d’abord sortir de là. La route étant trop étroite, certains véhicules avaient emprunté les bas-côtés pour s’y embourber gaiement. Notre chauffeur n’osait pas s’y engager mais tente finalement le tout pour le tout et nous réussissons enfin à nous extraire de là, ayant perdu une grande partie de l’après-midi. Encore faut-il arriver à un autre site… la circulation n’est vraiment pas facile, se bloque souvent et l’heure tourne. Je n’y crois plus trop… et je regrette surtout que diane ne verra pas ces paysages grandioses.

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Nous arrivons finalement à Vang Long où les rameuses rangent leurs barques pour la nuit mais Hang nous trouve encore un volontaire pour nous embarquer, volontaire qui cinq minutes après rentre à quai pour cause de maux de ventre… mais un remplaçant l’y attend. Nous voilà enfin partis pour une ballade d’une heure au crépuscule, dans un calme plat, sans aucun touriste, totalement seuls avec les aigrettes et les martins-pêcheurs. Le rêve… Le site est moins intéressant que d’autres mais jamais nous n’aurions de la sérénité d’un tel coucher de soleil sur un paysage de légende ! (Je rajouterais cependant qu’au loin, nous entendions les explosions dans les carrières de granit ou autre pierres et qu’à un endroit, le site de Vang Long a été barré au moyen d’une digue – bref aucun souci de préservation des paysages naturels).

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Découvrant notre hôtel pour la nuit, nous commençons un petit jeu que nous continuerons pendant tout le voyage: repérer tout ce qui est bizarre, moche ou kitsch ! En effet, les hôtels vietnamiens veulent se mesurer aux standards occidentaux mais une longue tradition communiste et un goût du kitsch invétéré rendent la tâche quasi impossible. Dans le cas du Thuy Anh III, nous noterons les lampes économiques blafardes (un problème récurrent), la fenêtre à barreaux et un matelas bien dur dans une chambre trop grande. Le restaurant quant à lui est très tarte à la crème, avec ses hauts plafonds où tout résonne et ses moulures en blanc et jaune.

Restaurant où nous décidons de manger face à l’absence d’autres possibilités accueillantes et/ou appétissantes dans le coin. C’est là que nous remarquons pour la première fois un autre élément récurrent du voyage: le grand groupe de Français en voyage organisé qui s’extasie devant tout et doit le faire savoir en parlant très fort. Mon dieu qu’ils sont cons et insupportables ! (désolée pour les Français qui lisent ce blog mais je sais que certains sont gênés de leurs compatriotes). Bref, nous mangeons du riz frit et du poulet sauté à la citronnelle qui ne laissent aucun souvenir, à part l’envie d’aller boire un verre dans le bar de l’hôtel.

Encore un contraste: autant le restaurant est kitschissime, autant le bar et surtout sa terrasse au 10e étage basiques: des tables et chaises en métal avec vue sur la ville et du linge qui sèche. Mais il y a quand même deux barmen qui s’emmerdent ferme ! Au loin, les derniers et nombreux klaxons s’enfoncent dans la nuit et l’endroit me rappelle cette terrasse en haut d’un hôtel de Battambang au Cambodge…