Vietnam: baie d’Halong – Hanoi – Hué

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Ce matin, il bruine… mais peu importe, puisque nous allons visiter une grotte. Enfin, je vais visiter la Grotte de la Surprise qui n’est accessible que par un escalier assez raide et diane, atteint de vertige, préfère ne pas m’accompagner. C’est l’arrêt obligé des touristes qui se suivent en file indienne dans les diverses salles éclairées en technicolor. Quand je vous disais que les Vietnamiens n’avaient pas peur du kitsch ! Même les poubelles jouent le jeu !

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Nous entamons le retour vers Halong City. Le groupe de Français qui nous accompagne débat pendant au moins une heure du pourboire pour leur guide, en calculant, recalculant, en répétant, en ré-expliquant aux retardataires ou aux distraits. C’est tellement long que ça tourne au ridicule ! Vivement la fin de croisière, qu’on ne les voie plus ! (enfin, c’est ce que j’espérais…)

Des crevettes grillées me tenteraient bien ce midi… nous sommes en bord de mer, ça devrait être possible mais c’est sans compter l’organisation vietnamienne. Le repas du midi est compris dans la croisière mais comme la jonque doit être préparée pour les touristes suivants, on nous conduit dans un hôtel tarte à la crème à grand restaurant. Les plats y sont formatés pour le touriste moyen qui veut de la nourriture internationale sans surprise: porc pané et frites surgelées nous donnent envie de fuir tout de suite. Mais ce n’est pas si facile d’obtenir l’addition pour nos boissons: serveur n°1 demande à serveur n°2 qui vient nous dire qu’il doit appeler serveur-superviseur n°3.

Dans la voiture, Hang nous demande d’une voix timide si ça nous a plu. J’essaie de rester diplomate… tout de suite, Hang nous répond que d’autres touristes se sont plaints et qu’elle va essayer de changer ça par la suite, tout en nous proposant des fruits frais pour nous consoler.

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Que penser de cette croisière que j’attendais avec impatience ? Que je suis un peu déçue… Ma première visite s’était limitée à une ballade d’une journée, entrecoupée d’un délicieux repas de fruits de mer. Je me disais qu’une croisière de deux jours nous permettrait de visiter bien plus de choses mais ce n’est pas le cas: c’est juste une après-midi et une matinée. Bref un jour. Le circuit est formaté et tous les bateaux se suivent à la queue leu leu pour aller s’amarrer dans la même crique pour la nuit. Le repas du lendemain est l’apothéose de cette industrie du package tour pour touristes sans imagination. Est-ce qu’il y a des alternatives ? Oui, sans doute mais elles sont encore peu développées… Mais je dois bien rajouter que le site est magnifique et qu’il vaut vraiment la peine d’être visité !

Sur la route, visite rapide d’un atelier de céramique pour finalement rejoindre l’aéroport d’Hanoï et nos touristes français adorés ! Vol sans histoires d’une heure vers Hué avec Vietnam Airlines au service encore plus réduit que les compagnies européennes (sur KLM, nous avons reçu un jus d’orange et un biscuit, ici, c’est juste une petite bouteille d’eau.

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A Hué, excitation des Français autour de leurs bagages – toutes des grosses valises genre Samsonite ! Nous faisons connaissance avec notre nouveau guide, Youn (en transcription phonétique) et notre moyen de transport pour la semaine qui va suivre, un minibus Ford Transit bien trop grand pour nous deux. Notre hôtel se trouve en plein quartier touristique et malgré la vue qui donne sur le mur de l’hôtel voisin, nous avons une belle chambre où de petites attentions florales nous accueillent (« welcome » écrit en pétales de fleurs sur le lit, évier rempli de fleurs de frangipanier).

Il fait déjà noir… nous nous promenons un peu à la recherche d’un restaurant que nous ne trouvons pas pour finalement aller à La Carambole qui se trouve à côté de notre hôtel. L’endroit est joliment décoré et très couru autant par les touristes que par les expats locaux pour sa cuisine vietnamienne et européenne. Je me venge de la déception de ce midi en commandant de grandes crevettes grillées et diane des calamars farcis à la viande. Le petit creux qui reste est rempli par des banana fritters.

Vietnam: Hanoi (II)

Déçu par le petit déjeuner d’hier, diane décide d’aller dans la gargote en face de l’hôtel manger un pho, une soupe de nouilles au bœuf (ou au poulet) typiquement vietnamienne, avec herbes aromatiques et un goût prononcé d’anis étoilé. Moi je persiste et signe avec le mauvais petit déjeuner… alors que j’aurais mieux fait d’accompagner diane (et que finalement je ne mangerai pas cette spécialité de tout le voyage) !

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Pour cette matinée libre, nous décidons de nous promener un peu plus dans le vieux quartier d’Hanoï et de trouver la rue des épices et herbes médicinales. Difficile de marcher droit sur des trottoirs encombrés de vendeurs ambulants et de motos, et l’odeur des pots d’échappements n’invite pas vraiment à une longue ballade. Nous passons néanmoins par un marché couvert où se vendent des textiles de toutes sortes dans un bel enchevêtrement d’échoppes pour finalement aboutir dans la rue recherchée (grâce à une google map téléchargée sur l’iPhone de diane). Les murs des magasins tout sombres sont remplis de tiroirs contenant divers condiments et poudres de perlimpinpin et des vitrines proposent des alcools de serpents et autres bestioles (dieu sait comment on a réussi à l’introduire dans le flacon).

Nous fuyons le bruit et les odeurs (non sans l’achat pour diane d’un masque anti-pollution noir avec de grandes dents imprimées dessus) pour nous promener le long du lac de l’Ouest. L’ambiance est tout de suite plus calme et une table au bord de l’eau nous attire pour deux bières bien fraîches et un plat de riz sauté que nous nous partageons (comme de bons Hollandais). Il ne nous en faut pas plus, l’appétit de diane étant de toutes façons limité le midi et le mien n’étant pas encore au meilleur de sa forme. Nous nous rattraperons ce soir…

L’après-midi, nous quittons Hanoï pour visiter les environs, la province de Ha Tay. Nous découvrons que le pays possède une autoroute mais aussi qu’elle est encore en plein chantier et que les pagodes que nous voulions visiter ne sont accessibles que par de toutes petites routes. La pagode de Tay Phuong se trouve au sommet d’une colline mais la pâte au miel, au coco et au sésame que nous achète Hang nous occupe pendant la montée – il faut bien tout ce temps pour déloger ce machin collant d’entre nos dents ! Une deuxième pagode se trouve un peu plus loin en contrebas. Nous y comprenons que la religion vietnamienne est à l’image de la circulation: une confusion confucéenne, bouddhiste, taoïste et animiste (ce qui somme toutes vaut bien le lapin et les cloches de Pâques). Génies telluriques et effrayants côtoient des Bouddhas ventripotents ou « happy Bouddha ».

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Visite ensuite de la pagode de Tram Gian où toutes les vieilles dames veulent nous vendre un balai pour nettoyer notre autel des ancêtres… Nous goûtons ensuite la mangue verte et la goyave trempées dans un mélange de sel et de piment. Dommage qu’il est quasi impossible de trouver des mangues vertes par ici, parce que c’est vraiment bon.

Le retour est encore plus animé que l’aller: c’est l’heure de pointe et nous nous retrouvons dans une circulation anarchique, où c’est la loi du plus fort qui règne. Je n’ai toujours pas compris comment nous sommes sortis de ce rond-point, l’espace entre les voitures et motos n’étant parfois que d’un ou deux centimètres. diane en profite pour prendre une série de polaroids à l’iPhone…

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Pour le repas du soir, Hang nous propose de manger une spécialité de crevettes au bord du lac de l’Ouest mais un reportage d’Envoyé Spécial (ou Thalassa, je ne sais plus) et une petite note de François Simon nous ont intrigués: nous voulons découvrir La Verticale, le restaurant de Didier Corlou. Premier chef à revenir au Sofitel Métropole après l’ouverture du pays en 1992, ce breton rencontre une Hanoïenne qu’il épouse et décide en 2007 d’ouvrir son propre restaurant (dans une ancienne maison coloniale) où saveurs bretonnes se mêlent à la cuisine vietnamienne (du Nord) tout en expérimentant avec les épices. Heureusement que nous avions réservé, nous avons eu la dernière table, dans la cour où nous entendions les bruits de cuisine et le chef diriger son équipe. Je me décide pour un menu, le Hanoi Journey set tandis que diane choisit une entrée et un plat à la carte, que nous accompagnons d’un délicieux vin sud africain.

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Ma première entrée tourne autour de l’artichaut (de Dalat, évidemment): des cubes et des feuilles sont recouverts de petits coquillages et d’une petites sauces aux herbes. Je pense que c’est le plat dont je garde le meilleurs souvenir ! Pendant ce temps, diane déguste un pho de homard, au bouillon gastronomique. Ma deuxième entrée est basée sur la tomate: un coulis froid, un œuf poché et une mousse verte dont j’ai oublié la composition. Le plat principal est une déclinaison de canard: magret grillé, brochette au litchi, cuisse cuisinée en nem, foie gras et petits légumes. Pour diane, même idée, mais à base de buffle: ragoût, steak ultra tendre et goûtu, brochette à tremper dans un coulis de fruits de la passion, tartare sur pain, nem. Comme conclusion, un café (le seul élément raté de tout le menu) et armagnac pour diane et clafoutis de fruits de la passion accompagné d’une boule de glace pour moi.

Tous les plats étaient délicieux, inventifs, de la fine cuisine qu’on ne peut pas se permettre ici parce que c’est trop cher (ce n’était pas gratuit non plus, mais pour ce qu’on a eu, ça valait vraiment la peine). Une seule petite remarque de mon côté: chaque plat de mon menu contenait de l’anis étoilé et j’aurais préféré une plus grande variété d’épices, mais cela tient juste à l’élaboration du menu qu’il suffirait de changer. Un petit tour par le magasin du restaurant et hop, je ramène un nouveau livre (Ma cuisine du Vietnam) pour compléter ma collection et essayer de recréer les recettes.

Juste un bémol  au retour avec le taximan qui a arnaqué diane de 50.000 dongs. Ce n’est pas grand chose, 2 euros, mais quand même…

Vietnam: Hanoi (I)

En ce jeudi matin, encore un peu embrumés par le décalage horaire (surtout moi, diane n’a aucun rythme et ne souffre donc pas trop de ce genre de désagrément), nous commençons enfin la découverte du pays après un petit-déjeuner pas très passionnant: œufs, jus d’orange reconstitué, pain au goût de margarine, sucre et produits chimiques, quelques légumes et un horrible thé Lipton (mais bon, si je ne mange pas le matin, je tombe dans les pommes très vite, et je n’avais rien mangé depuis 4 jours).

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Nous commençons par le mausolée d’Ho Chi Minh devant lequel attend une file interminable d’écoliers en uniforme. « Hello », « Where are you from ? » fusent de toutes parts. Comme nous n’allons pas saluer son corps embaumé, nous dépassons tout le monde pour aller voir la maison sur pilotis dans laquelle il a habité ainsi que ses voitures, dont une vieille Peugeot. On sent la visite obligatoire, on fait le circuit imposé en file indienne. Et on revoit l’histrion d’hier, toujours aussi excité.

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Un peu plus loin se trouve la pagode au pilier unique, puis un autre temple. Ambiance très chinoise, avec statues grotesques et gros bouddhas. Les Vietnamiens font leurs dévotions devant l’autel et y placent des offrandes. Dans la cour, un ensemble musical et une chanteuse interprètent de la musique traditionnelle au son amplifié aussi criard que leurs costumes aux rubans fluo. Autant les musiques traditionnelles font partie de ma vie et de mon métier, autant je les fuis très souvent en voyage. Les spectacles pour touristes, ce n’est pas pour moi et en trois semaines, je n’ai pas le temps de faire des recherches pour trouver mieux. Bref, je préfère éviter, à moins que je ne tombe par hasard sur quelque chose d’intéressant.

Visite suivante: le temple de la Littérature, ancienne université à l’époque impériale. C’est un espace plus ou moins préservé du chaos des rues qui l’entourent, même si très couru.

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La faim m’assaille – nous avions précisé à l’avance auprès de nos guides que nous voulions manger des spécialités, que nous ne voulions pas de la nourriture arrangée pour touristes, même si je me rends compte maintenant que les repas de midi étaient souvent déjà réservés à l’avance. Hang nous emmène dans un restaurant (Cha Ca Thang Long) où l’on sert un plat unique, le cha ca. Il s’agit de poisson blanc mariné dans du turméric et puis cuit à table avec une quantité assez impressionnante d’aneth et d’oignons de printemps. Il est servi ensuite sur des nouilles de riz et avec des condiments tels piments, citron vert, cacahuètes, sauce poisson (nous n’avons malheureusement pas eu droit à la sauce traditionnelle de crevettes fermentées jugée trop forte pour nos palais d’occidentaux – dommage, nous aurions au moins aimé la goûter !). Délicieux, surtout avec une Hanoi Beer bien fraîche !

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Rien de tel pour la digestion qu’une promenade en cyclo dans le vieux quartier d’Hanoï et autour du lac Hoan Kiem. Les nuuk nuuk des motos ont remplacé les dring dring des cyclos, détruisant quelque peu le charme de ces petites rues commerçantes. Il y aurait apparemment des projets pour les rendre à nouveau piétonnes.

Comme nous n’allons pas dans le nord du pays, du côté des minorités ethniques, Hang nous propose de visiter le musée d’ethnographie. Il a été créé en collaboration avec le musée du Quai Branly de Paris et propose un bon résumé des différentes ethnies du pays. Un grand jardin abrite des reconstitutions de maisons, jardin qui sert également de décor à de nombreuses photos de mariage !

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Après cette visite, nous nous promenons sur le très joli pont rouge The Huc qui nous mène au temple Ngoc Son, au milieu du lac Hoan Kiem ou lac de l’épée restituée. Quelques vieux messieurs y jouent aux échecs sans se soucier des hordes de touristes qui les entourent. Nous nous perdons quelque peu dans les rues alentour pour finalement nous asseoir sur un banc dans le parc au bord du lac où se bécotent des amoureux et où quelques sportifs s’étirent ou méditent. La fin de cette après-midi se termine avec un spectacle de marionnettes sur l’eau, tradition du nord du Vietnam reconstituée très fidèlement dans une salle de spectacle. Les scénettes sont tantôt drôles, tantôt féeriques et les chansons très agréables à écouter, si ce n’étaient deux gamines de 3-4 ans qui n’ont arrêté de courir partout.

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Notre hôtel étant situé un peu loin de la plupart des restaurants, nous nous rendons au Seasons of Hanoi sur conseil de notre guide. L’endroit est très beau, situé dans une vieille maison coloniale mais le service est complètement aléatoire (nous nous y habituerons !) et la nourriture somme toutes très moyenne. Mon Singapore Sling (ancienne recette, sans jus d’ananas) est plutôt réussi et le B52 flambé de diane crée le spectacle, tous les serveurs étant tout à coup autour de notre table. Nous avions commandé une entrée puis un plat chacun mais ils sont arrivés dans le désordre. Soupe crabe-asperge et crevettes géantes cuites à l’eau de coco pour moi mais j’ai comme l’impression d’avoir reçu un autre plat, les crevettes cuites au beurre, ce qui ne m’aurait pas dérangé si elles n’avaient pas été cuites plutôt à la margarine. diane a mieux choisi en prenant les crevettes sautées à la citronnelle suivies du poulet au légumes de Dalat. Bref, ce ne fut pas un resto où nous avons traîné…