Inde – Rajasthan: Bruxelles – Munich – New Delhi

Wild Frontiers étant une compagnie britannique, les vols proposés ne me convenaient pas et j’ai donc réservé auprès de la Lufthansa. Pour éviter de rater ma correspondance à Munich, j’ai préféré prendre l’avion avant celui qui m’était proposé mais cela impliquait un réveil avant les aurores. Je ne me sens pas très en forme, j’ai en effet été malade la nuit précédant celle-ci et je n’ai pas avalé grand chose depuis plus de 24 heures.

Mon voisin chauffeur de taxi me conduit à l’aéroport sous la pluie et j’arrive évidemment bien trop tôt, d’autant plus que le check-in se fait en 30 secondes – il n’y a personne dans la file au comptoir Lufthansa. Pas de contrôle d’identité non plus – je reste dans l’espace Schengen. Je commence à avoir faim mais je me dis que je pourrai acheter quelque chose à l’aéroport de Munich. Une fois dans l’avion, les hôtesses distribuent un snack – une tartine au fromage et ciboulette – juste ce qu’il me fallait.

L’aéroport de Munich est gigantesque: le tableau des vols prévoit 20 minutes pour arriver à la porte d’embarquement pour New Delhi. Et en effet, je dois prendre un petit train puis passer le contrôle d’identité. Juste avant le vol, un agent de sécurité vérifie si tout le monde a bien l’autorisation d’entrer sur le territoire indien. Une fois à bord de l’avion, je me dis que j’ai de la chance: il n’y a personne à côté de moi, mais je me suis réjouie trop tôt: la place est prise in extremis par une jeune femme. Je cède ma place à son amie pour qu’elles puissent être assises ensemble. Peut-être que je n’aurais pas dû: elles sont plutôt gamines et font du bruit pendant tout le vol, à tel point que les hôtesses les grondent plusieurs fois.

Je me retrouve donc à côté d’un couple indien dont les deux enfants sont assis juste devant. Et de l’autre côté de l’allée, même scénario. C’est un vol de jour et les langues se délient, celles des femmes en fait. Elles sont d’origine indienne mais vivent au Canada et retournent en Inde pour les vacances.

Pour occuper mon temps en dehors des conversations, je regarde Wonder Woman – j’apprécie le fait que la Lufthansa propose des sous-titres aux films proposés, ce qui facilite la compréhension avec le bruit ambiant de l’avion. Même si le vol ne dure que 7 heures, il me semble interminable, et ce ne sont pas les repas qui ont aidé: le premier est un plat de poulet à la sauce barbecue bien trop fumée et le second un wrap de poulet très peu digeste. Mais j’ai eu un gin tonic.

J’arrive enfin à New Delhi vers 23h20. A l’immigration, je remarque très vite que la première file que j’ai empruntée n’avance pas très vite et je passe à la seconde mais cela dure quand même un moment. Une partie des bagages tourne déjà sur le carrousel mais peu de gens sont présents pour les prendre, ce qui empêche les nouveaux d’y accéder. Et donc j’attends, et j’attends encore. Une hôtesse m’apprend finalement que le reste des valises a été débarqué sur le côté et j’y trouve enfin ma valise – je dois dire que je commençais à m’inquiéter.

Je me dépêche de changer un peu d’argent puis vais à la rencontre du représentant de Wild Frontiers qui m’attend – j’avais en effet réservé un transfert vers l’hôtel à l’avance. L’arrivée dans un nouveau pays est toujours étrange, surtout quand il fait nuit. Les alentours d’aéroport ne sont pas très excitants, et ceux de New Delhi se caractérisent par une collection de casse-vitesse (en fait, c’est une constante dans tout le pays). Le taxi m’emmène ensuite dans de larges rues fort vides et arborées, longées par diverses ambassades. L’air me semble empli de fumée, et en effet, le représentant m’explique que se sont les résidus des nombreux feux d’artifice de Diwali, qui a eu lieu un jour avant.

J’arrive enfin à l’hôtel Claridges vers 1h30 – tout le monde me souhaite déjà « good morning ». Je reçois une chambre immense, une suite avec salon, mais je ne remarquerai que le lendemain que la fenêtre donne sur un mur. Le style de l’hôtel est très classique et luxueux mais les chambres sont très beiges. Je ne traîne pas et me mets au lit très rapidement, m’endormant comme une souche après quelques minutes.

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Sri Lanka: Colombo – Dubaï – Bruxelles

(article sans photos parce que je ne suis pas une bonne blogueuse)

Je m’installe dans le taxi, une petite voiture de marque Tata, ces véhicules en plastique de fabrication indienne. Le chauffeur a mis trop d’after-shave qui se mélange au désodorisant de type sapin magique. Je ne peux pas dire que j’apprécie. Je me rends rapidement compte qu’il roule n’importe comment, accélérant et freinant constamment, roulant bien trop vite à certains endroits et changeant de bande tout le temps. Il me demande s’il peut prendre l’autoroute. J’acquiesce, me disant que cela raccourcira le trajet. Il y roule à cheval sur deux bandes, ou très près du parapet central. J’ai le cœur serré et un début de nausée à cause des odeurs. Nous arrivons à bon port et je suis soulagée.

C’est la foule devant l’aéroport. Il faut faire passer les bagages dans un détecteur à métaux dès l’entrée – l’aéroport a en partie été détruit lors d’une attaque à la bombe en 2007. Je change mes dernières roupies en euros puis je me rends compte que je dois à nouveau attendre parce que mon vol n’est pas encore annoncé. J’entame le quatrième récit d’Aki Shimazaki. De nouveaux contrôles aux rayons X, puis une nouvelle file pour déposer mon bagage. Et encore, j’ai de la chance: la mienne est plus courte parce que je me suis déjà enregistrée et j’ai choisi mes places dans les deux avions. Je me promène un peu dans la zone tax-free mais elle n’est pas très intéressante. Il est déjà une heure du matin et je commence à fatiguer mais je suis incapable de dormir tant que je ne suis pas dans l’avion. De nombreux pèlerins musulmans rejoignent la porte d’embarquement, mais ils bifurquent vers l’autre avion qui se trouve à côté. Tout est fort mal organisé lors de l’embarquement et l’avion prend du retard.

Il fait glacial mais j’arrive à obtenir une couverture. Peu avant l’heure d’atterrissage prévue, le commandant de bord nous signale qu’il y aura du retard d’une heure au moins: il y a du brouillard à Dubaï et il est impossible d’atterrir. Je panique – je n’ai que deux heures avant mon prochain avion pour Bruxelles. J’appelle l’hôtesse pour lui poser la question et elle me dit que je raterai sans doute ma correspondance mais elle part quand même s’informer. Elle revient, me rassurant: tous les avions ont du retard, y compris ceux qui doivent décoller.

Etait-ce une prémonition ? En choisissant ma place dans l’avion, j’avais sélectionné un siège très à l’avant, ce qui me permet de sortir très rapidement pour tenter de trouver des nouvelles au plus vite sur ma correspondance. Le premier panneau n’est pas très loin et me rassure: « Brussels – delayed +1hr ». Je me calme enfin – j’ai toujours les deux heures  devant moi et je ne dois pas changer de terminal, chose qui m’inquiétait très fort aussi sachant qu’il faut une demi-heure de trajet entre chaque terminal. Je fais un tour du tax-free shop et achète une bouteille de rhum jamaïcain que je ne connais pas, puis me dirige vers ma porte d’embarquement. Il est environ 7h30 du matin et je n’ai pas encore beaucoup dormi.

On pourrait croire qu’un grand aéroport international comme Dubaï est un modèle d’efficacité. Loin de là. La suite de l’histoire tient plus du burlesque qu’autre chose. La porte d’embarquement est ouverte, je m’y installe. Un appel nous demande de la quitter, tout le monde se lève et va s’installer ailleurs, par terre souvent vu qu’il n’y a pas de fauteuils. Une fois vide, nous pouvons y retourner, après qu’on ait contrôlé nos tickets. Pour aller aux toilettes, il faut sortir de la zone et donc se désembarquer informatiquement, puis se ré-embarquer. Un appel nous annonce qu’il y a du retard, plus que celui prévu initialement: il n’y a pas assez de portes d’embarquement (« gate congestion »). Un peu plus tard, un appel demande à l’economy class de se lever et de suivre l’hôtesse – avant la business et la première classe. Nous descendons et un premier groupe de passagers prend un bus pour aller à l’avion. Et puis la porte se ferme et nous attendons. Et nous attendons. Au moins une demi-heure. L’hôtesse ne sait pas quoi faire, va voir au loin si un bus arrive, mais ne fait pas plus. Quand elle se décide enfin à quitter un poste qu’elle n’est pas censée quitter pour des raisons de sécurité, elle doit remonter à contre-courant une foule de passagers mécontents. A mi-chemin, on lui crie qu’un bus est là.

Je monte dans celui-ci, avec une cinquantaine d’autres passagers. Et puis commence le trajet vers l’avion. Nous ne voyons pas trop bien à travers les vitres recouvertes de publicités mais nous avons l’impression de faire de le tour de l’aéroport une première fois. Puis une seconde fois. Cela dure bien une demi-heure. Le chauffeur ne sait clairement pas où il doit aller. Il trouve enfin notre avion garé entre une multitude d’autres. Je m’installe à ma place, à côté d’une Chinoise vivant en Malaisie. Et puis nous attendons, encore et encore. Enfin, les derniers passagers sont à bord et nous pouvons nous préparer au décollage. L’avion n’est qu’à moitié plein et les hôtesses ne voient aucun problème aux changements de place. Je m’installe dans une rangée de trois près d’un hublot.

Le brouillard s’est levé et le soleil brille. L’avion décolle, proposant un superbe panorama de la ville de Dubaï, celle ville gigantesque et artificielle au milieu du désert. Il fait un cercle autour du Burj-Khalifa, la tour la plus haute du monde, puis part vers la mer. Je me dis que je n’ai plus besoin de visiter la ville, j’ai vu le plus beau. Le vol du retour est très calme, je m’installe sur les trois fauteuils et dors une partie du trajet. Nous arrivons finalement à Bruxelles avec une bonne heure de retard – le pilote ayant rattrapé une autre heure et demie en vol. Ainsi se termine ma plus longue journée du voyage (la prochaine fois, j’essaierai de mieux organiser ça – l’attente à Colombo était vraiment interminable).

 

Sri Lanka: Bruxelles – Dubaï

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Un avion à l’heure du midi, c’est très confortable ! La personne qui s’occupe de mon papa me conduit à l’aéroport vers 11h30. Je suis plutôt angoissée, comme souvent avant un voyage, mais sa présence me calme un peu. Je suis encore fort congestionnée et très fatiguée après une semaine passée à la maison avec un rhume qui n’évoluait que très lentement. J’ai heureusement retrouvé une voix presque normale mais mon nez se bouche régulièrement et je tousse beaucoup.

Je suis évidemment bien trop tôt à l’aéroport. J’avais fait le check-in à la maison et j’avais pu choisir ma place dans les deux vols qui m’attendaient. Il ne restait pas beaucoup de choix mais j’ai pu me mettre du côté allée pour bouger comme bon me semble. Je découvre que le tax-free shop vend des parfum Diptyque et j’en essaie un qui me plaît, sans noter son nom. Je retiens juste que l’étiquette est assez travaillée (ça n’aidera pas quand j’irai en magasin pour le retrouver). Je passe le reste du temps d’attente à surfer (j’avais remis le mot de passe à jour pour être sûre de pouvoir me connecter – contrairement à mon voyage précédent à Saint-Jacques de Compostelle).

Dans l’avion de la compagnie Emirates, je me retrouve à côté de deux hommes, probablement pakistanais, qui ne bougeront pas du vol. C’est un vol d’après-midi et je n’ai aucune envie de dormir. L’occasion de me rattraper en cinéma: je sélectionne d’abord Legend of Tarzan, le film d’avion idéal: une action incessante. Mais c’est bien nul, les personnages sont inconsistants et tous les animaux sont en 3D. J’enchaîne avec The Nice Guys, que je trouve plaisant mais sans plus: les conditions de l’avion ne sont jamais idéales pour apprécier un film. Après un gin tonic, le repas est convenable: du poulet au curry mais le pain est mou et immangeable (selon mes standards).

L’avion atterrit à Dubaï à l’heure et j’espère que je n’aurai pas à changer de terminal vu que l’aéroport est gigantesque. Dès la sortie de l’avion, il faut faire la file pour le contrôle des bagages à mains. Je peux heureusement rester sur place et explorer la zone tax-free, prenant quelques photos du rayon rhum pour préparer mes achats au retour. J’attends mon second avion et me rends compte peu avant d’embarquer que le wifi est gratuit et sans mot de passe ou encodage de données diverses. Il doit être environ deux heures du matin – heure locale – et je commence à fatiguer.

Japon 2015: Tokyo – Bruxelles

Je me lève tôt, prépare toutes mes affaires, prends un rapide déjeuner et pars pour la gare d’Ueno. Je suis évidemment en avance pour le Keisei Skyliner. Après un confortable trajet, j’arrive à Narita où j’ai encore un peu de temps à épuiser après les formalités. Cette fois-ci, je craque et un deuxième Totoro, un tout moelleux me rejoint, ainsi que le petit personnage blanc à longues oreilles. Et puis, grande surprise: je trouve enfin du rhum japonais, du Cor Cor ! Mais je ne peux acheter que ça, c’est maximum une bouteille pour les voyages en Belgique. C’est là que je regrette de ne pas avoir acheté du whisky hier, je l’aurais mis dans ma valise bien calé au milieu des vêtements. Je vois également de belles théières en fonte mais je me dis que j’achèterai ça en Belgique, ou la prochaine fois.

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L’avion est rempli de personnes âgées, voyageant en groupe. Même en réservant ma place le jour avant, je n’avais plus beaucoup de choix mais je suis assise côté couloir, c’est tout ce que je demandais. A côté de moi se trouve un couple d’une septantaine d’années. Nous faisons connaissance. Yasujiro parle assez bien anglais, sa femme Keiko, pas du tout. Ils partent pour un voyage de huit jours en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne. Je donne plein de renseignements touristiques (ou pas), notamment sur la manière de prendre le train pour Gand et payer le prix +65 ou pour indiquer où se trouve le Hema. Ou pour dire que la confiture Matterne est l’équivalent de Bonne Maman. Yasujiro, voyant que je bois du vin blanc, s’occupera de faire remplir mon verre et le sien plusieurs fois. Il raconte qu’il est originaire d’Hiroshima mais quand je lui pose une discrète question à propos de la bombe, son anglais s’embrouille. Je n’insiste pas et on change de conversation. Finalement, cela aura été ma discussion la plus longue avec quelqu’un de tout mon voyage. Je repenserai beaucoup à lui et à sa femme qui se sont retrouvés à Bruxelles en plein lockdown. J’espère qu’ils n’ont pas eu peur et qu’ils ont quand même pu visiter ce qu’ils voulaient.

Quand je sors de l’aéroport à Bruxelles, le contraste est rude: je croise un militaire armé jusqu’aux dents et les chauffeurs de taxis se disputent pour me prendre.

Japon 2015: Bruxelles – Tokyo

Il y a cinq jours, j’étais encore à Budapest et j’ai travaillé les deux derniers jours. Heureusement mon avion ne part qu’à 20h50, ce qui me laisse le temps de faire ma valise. Je suis hyper nerveuse et j’ai l’impression de ne pas avancer. J’hésite beaucoup sur les vêtements à prendre, ne sachant pas trop quelles températures il fera. Quelque chose entre été et mi-saison. J’emballe donc des sandales et des chaussures fermées, des t-shirts à manches courtes et à manche longues, plusieurs gilets superposables en cas de froid, une veste de pluie d’été et un imperméable de mi-saison. Malgré tout ça, il reste encore pas mal de place dans ma valise, ce qui était le but recherché, et j’en suis à environ 14 kilos. Finalement, j’ai encore le temps de terminer quelques activités diverses et mon voisin taximan vient me chercher pour aller à l’aéroport.

L’avion n’est pas très grand, et la classe Economy non plus. Je n’avais pas fait le check-in à l’avance et heureusement que je suis arrivée assez tôt, parce qu’il ne restait qu’une seule place couloir. En fait, plus de la moitié de l’avion est constitué de première ou de business class (et c’est plein). Mes deux voisines japonaises m’ignorent, de même que les autres passagers, dont beaucoup ont atteint l’âge de la pension.

L’apéro est assez vite servi et je prends mon traditionnel gin tonic d’avion, qui est assez bien dosé et accompagné de crackers au riz que je mange parce que j’ai faim. Pour le repas, choix entre menu japonais au poisson ou boeuf en sauce. J’opte pour la seconde option qui n’est franchement pas très bonne. Le dessert par contre est une surprise: sorbet à la framboise. Je commence à regarder Love & Mercy (sur la vie de Brian Wilson) mais arrête très vite à cause du mauvais son puis entame le dernier film de Takeshi Kitano, Ryuzo 7, à propos de yakuzas vieillissants, sauf que je m’endors. Je me réveille après un moment, prise d’un malaise. Chute de tension et légère nausée. Je me lève pour aller aux toilettes et m’effondre devant la porte. Une hôtesse me trouve là, puis une deuxième. Elles m’apportent un verre d’eau et une lingette humide qui me font du bien. Après un moment, j’arrive à me lever et je suis une des hôtesses vers le fond de l’avion où je m’assieds un moment. Il n’y a malheureusement pas la place pour que je me couche. L’hôtesse me parle, je lui explique que je suis hyper stressée et que j’ai fait une chute de tension. Elle me rassure sur le Japon et me raconte qu’elle a 27 ans et pas de petit ami. Je retourne à mon siège après un moment et dors par à coups, me réveillant finalement au-dessus de Khabarovsk en Sibérie. Je pense à mon papa, il a été là dans les années 80 et c’est le point le plus à l’est où il a voyagé.

C’est déjà vendredi et le petit déjeuner est servi deux heures avant l’atterrissage. Je n’ai pas très faim et me sens encore un peu nauséeuse. Je me rendors puis me réveille en sursaut, sentant une présence à côté de moi: ce sont les deux hôtesses qui m’ont aidée. Elles me rassurent encore et me tendent une enveloppe. Elles m’ont écrit une très jolie carte, me souhaitant un très beau voyage et la rencontre d’un beau Japonais. Je suis toute émue de leur gentillesse.

L’avion tourne quelques fois avant de pouvoir atterrir à Narita, attendant son tour. Il est 16h30 et le soleil est déjà très bas. Je passe le contrôle des passeports sans problèmes et je repère immédiatement ma valise sur le carrousel. Je change de l’argent et hésite devant les différents opérateurs de cartes SIM, aucun ne correspondant à celui que j’avais noté comme le plus intéressant. J’en achète une chez U-Mobile (3890 Yens) puis vais activer mon Japan Rail Pass (ce sera le seul endroit chaotique du voyage mais du coup, je suis très vite servie, passant sans le faire exprès avant tout le monde). Mon hôtel étant situé à Ueno, j’opte pour la solution de facilité et de rapidité et achète un ticket pour le Keisei Skyliner (2470 Yens). Je réussis à me tromper de voie, puis à entrer dans le train avant qu’il ne soit nettoyé. J’échange quelques mots avec un touriste californien tout juste débarqué de Los Angeles.

Le trajet de 66 kilomètres prend une quarantaine de minutes et j’arrive à Ueno. J’avais très peur de ne pas trouver mon hôtel, le Guest 1 Ueno, mais j’avais bien noté les instructions du petit clip youtube publié sur le site. Je traverse donc toute la station d’ouest en est et j’arrive à destination vers 18h (en fait, le clip semblait montrer un trajet très compliqué alors qu’il aurait suffit de suivre les indications pour Showa Dori et les lignes Ginza et Hibiya). Je traîne un peu sur le net, mange un biscuit et m’endors, soulagée d’être arrivée sans encombres.

Thaïlande: Bangkok (- Bruxelles)

C’est mon dernier jour et je me réveille tôt. Je comptais visiter le BACC, le Bangkok Art & Culture Centre mais je n’avais pas vérifié les heures d’ouverture: c’est fermé le lundi. J’hésite un peu sur ma destination du jour mais je préfère éviter d’être trop dehors vu que je prends l’avion ce soir et je n’ai pas envie de transpirer (en fait il fait frais aujourd’hui à Bangkok, juste 27°, je ne devais donc pas m’inquiéter). Comme je suis toute seule, je fais ce que je veux et je me décide donc pour une deuxième journée shopping, toujours déçue par celle d’hier. Je retourne au Central World (avec sa forêt de Snoopy) et trouve un autre magasin de livres, tout à fait retiré au fond d’un couloir. C’est une succursale de la librairie japonaise Kinokuniya et je me laisse tenter par un roman de Tom Vater qui était sur ma wishlist ainsi que par un livre d’une Japonaise qui donne envie d’apprendre à dessiner de jolis petits personnages ou animaux. Oui, moi qui ne dessine jamais. Je trouve aussi un joli t-shirt soldé chez Dorothy Perkins (on reviendra pour l’exotisme) et sens un bon parfum Dyptique au géranium. Sauf qu’une heure après, je ne l’aime plus du tout.

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Je passe au mall suivant, le Siam Paragon, m’y promène un peu tandis que mon ventre crie famine. Evidemment visiter un supermarché n’aide pas. Je descends à l’étage des restaurants et m’installe chez un… japonais. Pourquoi me priver de sushis alors qu’ils sont de très bonne qualité, très variés et peu chers ? Je commande des sushi à l’hamachi, des sashimi de saumon et des maki/rolls saumon avocat qui sont si immenses que j’ai de la peine à les mettre en bouche, le tout arrosé d’un thé vert glacé.

Je rentre à l’hôtel vers 14 heures et doit réarranger ma valise avec mes nouveaux achats. Je change aussi de vêtements, me rendant compte que je les ai tachés avec de la sauce soja. Comme j’ai pris une chambre supérieure, je peux y rester jusque 15 heures, ce qui m’arrange bien. J’ai aussi droit à un massage des pieds gratuit de 10 minutes et le matin, au petit déjeuner, j’ai gagné un deuxième massage de 10 minutes. La masseuse combine les deux et me fait un massage de tout le dos, ce qui me détend bien. Je passe le reste de l’après-midi en bord de piscine en tentant de commencer mon blog de voyage. Des bugs sur l’app de wordpress me font perdre mon texte plusieurs fois et quand je tente par la suite un copier-coller depuis un bloc-note, je fais une mauvaise manipulation et efface tout ce que je viens d’écrire. Et je ne vois pas comment faire crtl-z sur un iPad. De guerre lasse, je prends mon livre et me plonge dans John Burdett donc l’action se passe en partie à Bangkok. Et d’où le selfie où j’ai l’air fatiguée et un peu triste !

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J’avais acheté une carte de skytrain pour la journée et je le prends pour aller au restaurant le soir, même si ce n’est que pour deux arrêts. J’ai sélectionné le Namsaah Bottling Trust situé dans une maison coloniale rose fuschia et caché entre de grands immeubles. L’intérieur est rétro, avec des fauteuils et des canapés autour de petites tables. Des vieilles photos pendent aux murs et un costume de samouraï donne une touche exotique. Même si le serveur me demande comme toujours « a table for two ? », l’accueil est très chaleureux et il s’occupe de moi pour m’expliquer le menu des cocktails et des plats, me conseillant en fonction de mon appétit moyen. Le menu lui-même est présenté dans de vieux cahiers d’écoliers. Je choisis comme cocktail un « Aide de camp », composé de gin, jus de litchi, graines de grenade, basilic thaï et sans doute encore autre chose. C’est délicieux et très rafraîchissant. Pour le plat, je me décide pour du thon mi-cuit de la mer Andaman accompagné d’une sauce curry des Maldives et de mini pak-choi. Une réussite ! Les prix sont élevés pour Bangkok et la Thaïlande où on peut manger pour quelques euros, mais pas tant que ça par rapport aux normes occidentales. Pour ce repas et ce cocktail, j’ai payé environ 25 euros et cela les valait vraiment. J’ai passé là un excellent moment, à écouter une bande son rétro et à rêvasser mais aussi à revenir sur tout ce que j’ai fait pendant un mois.

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En sortant, l’hôtesse d’accueil qui n’était pas là tout à l’heure m’adresse la parole. Elle connaît la Belgique à cause de Tomorrowland et rêve d’y aller un jour. Elle me demande quand je reviens manger là mais c’est mon dernier soir… et puis la conversation dévie sur notre célibat à toutes les deux et nous espérons que la situation changera bientôt !

Je fais encore quelques dernières photos depuis la passerelle du skytrain et retourne à l’hôtel où je me fais piquer une dernière fois par un moustique. Je lis un peu en attendant l’heure de partir.

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L’hôtel me commande un taxi et le réceptionniste installe mon bagage sur le siège avant. Je trouve ça bien plus malin que dans le coffre en cas de problème. Normalement la course doit me revenir à 400 bhats environ. Le chauffeur me demande s’il peut éteindre son compteur pour une raison que je ne comprends pas bien mais il me dit que la course me reviendra à 300 bhats plus les 75 pour le péage. J’accepte mais je ne suis pas tout à fait sûre d’avoir bien compris et pendant tout le voyage, j’angoisse un peu. Mais l’aéroport approche et au débarquement, le chauffeur va même jusqu’à me chercher un chariot pour ma valise. Comme quoi, il faut parfois faire confiance et ne pas toujours craindre le pire. Je suppose qu’il ne voulait juste pas payer de taxe sur la course.

J’enregistre mon bagage, passe l’immigration qui se trouve dans une pièce assez minable en rénovation (ou pas ?) et me retrouve dans le grand terminal. Je trouve qu’il est devenu lugubre et les magasins ne sont pas très intéressants. J’achète cependant un rouge à lèvre MAC pour dépenser mes derniers bhats. Et je vais au Mango Tree pour une bière. Par la vitre, j’observe un groupe de gamins pseudo-hippies affalés par terre et je suis toujours aussi dégoûtée de leur peu d’attention par rapport aux normes vestimentaires locales.

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L’avion de Thaï Airways n’est pas rempli et j’ai à nouveau la chance d’avoir une voisine thaïe très silencieuse et une place entre nous deux. Le vol est calme et passe plus au nord que d’habitude, presque via Moscou. Et mon chauffeur de taxi à Zaventem est charmant également, refusant tout pourboire et me rendant toute ma monnaie.

Birmanie: Bruxelles – Bangkok

Pas besoin de me dépêcher ce matin, mon avion de Thai Airways est à 13h30. Ce qui veut dire que c’est un vol de jour et que je ne dormirai pas beaucoup mais rien ne vaut un vol direct (ou presque). Mon voisin taximan me conduit à l’aéroport et nous discutons du prix des maisons dans la rue. A part les petites anxiétés concernant ce que j’aurais pu oublier, je me sens remarquablement bien et calme, contrairement à d’autres départs. La file est longue à l’enregistrement des bagages et cela n’augure rien de bon: l’avion sera sans doute plein. En fait, un nouveau programme ralentit l’affaire et je ne reçois pas de boarding pass pour mon second vol parce que l’hôtesse ne maîtrise pas encore tout le fonctionnement. Juste avant moi, une famille mixte avec trois enfants et une montagne de valises doit les trier pour cause de surpoids. Derrière moi, un guide raconte des anecdotes de voyages à son petit groupe. Je passe un peu de temps en faisant des photos d’Eddy et Jeero. Eddy qui hésite d’ailleurs entre l’avion et la luge du Père Noël.

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Dans l’avion, je me retrouve assise à côté d’une jeune Thaïe qui ne dira rien de tout le voyage, avec une place vide entre nous deux. Plus de confort donc pour s’étaler un peu. Mais c’était sans compter la Française de service, qui a d’abord raconté toute sa vie à ses compagnons de voyage (je sais beaucoup de choses que je ne voulais pas savoir) et qui après l’apéro s’est plusieurs fois violemment cognée contre moi. Quand je lui ai demandé de faire attention, elle m’a regardé fixement, prête à m’engueuler. Un peu plus tard, l’hôtesse, affolée, est venue demander si quelqu’un la connaissait: elle faisait pipi avec la porte des toilettes ouverte ! Le leader de son groupe a alors demandé qu’on ne lui serve plus d’alcool mais sa présence est restée envahissante pendant tout le vol. Et sa bêtise aussi: elle était incapable de compléter le formulaire pour l’immigration et n’a pas arrêté de poser des questions.
Pour me changer les idées, j’ai regardé 22 Jump Street, un film particulièrement stupide, mais bon… tout en buvant mon gin tonic avec Jeero. J’ai tenté de dormir un peu, sans y arriver vraiment.

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