Inde – Rajasthan: Jaipur

Ma nuit a été assez agitée: j’ai eu trop chaud et j’ai extrait la couette de sa housse en milieu de nuit. Dès les aurores, les bruits ambiants me réveillent. Le petit déjeuner est du genre minimaliste et mal organisé – je dois mendier pour avoir une assiette qu’un serveur mettra un certain temps à m’apporter.

Aujourd’hui, la visite de Jaipur est au programme. Capitale du Rajasthan, la ville a été fondée en 1727, ce qui est relativement récent pour la région. Entourée d’une grande muraille, elle a été conçue en damier et est surnommée « ville rose ». Tous les bâtiments sont en effet de cette couleur suite à la visite du Prince Albert en 1876 – le rose étant symbole de la bienvenue. J’ai l’occasion de faire une photo du palais qui a été construit en cette occasion à travers la vitre du minibus.

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Nous nous arrêtons un court moment près du Palais des Vents ou Hawa Mahal, une des merveilles de l’architecture rajpute. Le bâtiment est impressionnant mais nous ne visiterons pas l’intérieur.

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Nous partons ensuite vers le City Palace où nous visitons d’abord l’observatoire. Terminé en 1734 sous les ordres du roi Sawai Jai Singh II, il possède le plus grand cadran solaire du monde. Il fait chaud et il n’y a pas beaucoup d’ombre mais c’est intéressant de voir comment fonctionnent les divers instruments astronomiques. J’en profite pour me faire photographier tout près de la sculpture représentant mon signe du zodiaque, le cancer.

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Un peu plus loin, toujours dans l’enceinte du Palais, se trouvent deux musées, l’un consacré aux textiles et vêtements des maharadjas et l’autre aux armes et poignards impressionnants par leur inventivité. Cela grouille de monde et je ne suis pas spécialement passionnée.

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Après une porte se trouve un pavillon hébergeant deux immenses jarres en argent et un lustre colonisé par les pigeons. Plus loin encore, une cour intérieure dévoile de magnifique portes peintes et décorées avec des paons où il est très compliqué de faire une photo sans humain en quête de selfie (mais j’y arrive avec un peu de patience). C’est là que je commence une longue série de photos de portes du Rajasthan, tentant à chaque fois de trouver le point central pour obtenir une belle symétrie.

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La visite du palais se termine avec Durbar Hall, le lieu où se tenaient les audiences officielles et où sont pendus les portraits de différents princes. Je ne peux par dire que j’ai été subjuguée par cet endroit mais ce n’est que le début du voyage.

Il est temps d’aller manger (je n’ai pas noté le nom du restaurant) puis de visiter un atelier de fabrication de tapis et d’impressions sur tissus. Pour ne pas déranger mes compagnons de voyage, je me dépêche d’acheter deux étoffes qui me plaisent beaucoup, oubliant même de marchander. Mais je n’aurais pas dû, je suis accompagnée de personnes qui aiment le shopping et qui hésitent beaucoup. Je trouve même le temps fort long à la fin.

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Les visites sont terminées pour aujourd’hui – plus personne n’a envie d’aller au bazar – et le retour à l’hôtel se fait dans les embouteillages. Je me dis que si nous n’avions pas traîné autant dans le magasin, nous aurions encore eu assez d’énergie pour des visites supplémentaires – ce sont les aléas des voyages en groupe… Il y a malgré tout moyen de prendre quelques clichés au travers de la vitre.

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Le repas du soir, pris à l’hôtel, est léger: curry de légumes, curry au paneer, pakoras et naans à l’ail – tous des plats à la carte bien plus goûtus que ceux du buffet. Il fait très agréable sur le toit et je reste discuter avec mes compagnons de voyage jusqu’à 22 heures, en sirotant une Kingfisher (ou deux).

(Il y a quelques photos supplémentaires sur flickr.)

 

Inde – Rajasthan: Ranthambore – Jaipur

Pour une seconde tentative d’apercevoir des tigres, nous nous levons aux aurores et recevons du thé chaud et quelques biscuits. Aujourd’hui, c’est la zone 5 qui nous a été attribuée et heureusement, elle se situe bien plus près de l’hôtel que celle du soir précédent. Il fait encore fort frais et je frissonne dans la jeep mais je résiste: je ne mettrai pas de gilet ! La route est belle, encaissée entre des rochers et couverte de végétation. Les différences de température sont sensibles entre les endroits plus verts et ceux qui sont plus ouverts. Le fort de Ranthambore – que nous ne visiterons pas (dommage) – domine le paysage, ancré au sommet d’une falaise.

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Le guide local et naturaliste qui nous accompagne raconte que la zone 5 est favorable pour apercevoir des tigres dans leur milieu naturel et c’est plein d’espoir que nous commençons ce second safari. Cette zone s’articule autour de trois points d’eau que nous verrons l’un après l’autre. Il y a plus d’animaux qu’hier et je photographie avec bonheur biches, sambars (un type de cervidé), sangliers, aigles, hiboux, aigrettes, martin-pêcheurs… L’utilisation de mon téléobjectif n’est pas toujours aisée: il est lourd et j’ai parfois du mal à le stabiliser. Sur l’écran de l’appareil photo, les photos semblent toutes floues mais au final, ce n’est pas le cas et je suis assez satisfaite du résultat. Je trouve aussi une bonne combinaison entre l’utilisation du zoom pour les gros plans et l’appareil photo de l’iPhone pour les panoramas.

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Le paysage est composé de plaines aux hautes herbes jaunissantes, de forêts de feuillus de petite taille et de zones plus sèches et rocailleuses. Malgré de nombreuses recherches, et des traces fraîches sur le chemin, pas un seul tigre ne se montre. Je suis vraiment déçue mais je ne regrette pas ce second safari que j’ai trouvé bien plus actif et varié que le premier où nous sommes restés garés au même endroit pendant une heure. Ici, nous avons roulé, nous arrêtant deux ou trois fois à chaque point d’eau, observant la faune sous un soleil qui montait de plus en plus dans le ciel.

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En sortant de la réserve, les gardes annoncent que des tigres ont été vus uniquement dans la zone 1. De retour à la route principale, suite à une courte discussion avec d’autres jeeps, nous partons en trombe dans le sens inverse de notre hôtel: un tigre est sorti de la réserve et a tué une vache le long de la route. Quand nous arrivons au lieu dit, il ne reste que son cadavre et un attroupement mais nous avons eu droit à un petit moment de montée d’adrénaline !

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(Plus de photos via ce lien).

De retour à l’hôtel, nous prenons notre petit-déjeuner puis c’est le moment du grand décrassage, la poussière s’est infiltrée partout ! Nous partons vers midi pour rejoindre Jaipur. Le choix de la route est déterminé par google maps et parfois il n’est pas très adapté à un véhicule comme un minibus. Il y a de nombreux chantiers et la route alternative est défoncée. Parfois la route en construction est juste à côté de l’ancienne route et malgré les interdictions, le chauffeur Jitu emprunte le tronçon moderne en sens inverse. Il n’est pas le seul: tout le monde cherche la route la plus confortable et la plus rapide sans que cela ne provoque trop de chaos dans ce cas-ci. Le moment le plus drôle, c’était quand le gps disait avec insistance « turn right » alors que c’était tout simplement impossible: nous aurions roulé droit dans la voie ferrée.

Il n’y a pas eu d’arrêt pour le repas de midi mais le petit-déjeuner était tardif. Tej avait en effet une idée derrière la tête et nous propose un arrêt surprise pour le thé au « château » de Kanota. Construite en 1872 à 15 kilomètres de Jaipur, cette résidence était la propriété du maharadja local et a été transformée en « heritage hotel ». Mais le lieu est surtout connu parce qu’il a servi de décor pour quelques scènes du film The Best Exotic Marigold Hotel. Tej a tout préparé et sort son ordinateur portable, nous montrant quelques extraits.

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Après un désaltérant lime soda, on nous sert de délicieux pakoras de légumes et des biscuits, accompagnés de chai. Pour une fois, je me risque au thé alors qu’il est déjà plus de 16h et que la théine en fin d’après-midi provoque des insomnies chez moi. La salle principale, ouverte sur une large esplanade, est décorée d’un mélange d’objets indiens et de meubles victoriens, avec de nombreuses vitrines et les portraits des maharadjas de Jaipur, aux barbes impressionnantes. Aucun n’a l’air très commode et ils sont tous engoncés dans leurs habits d’apparat.

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(Plus de photos sur flickr).

Ce moment est le bienvenu après la longue route et il y règne une nostalgie du passé qui m’enchante en cette fin d’après-midi. C’est aussi la première fois depuis le début du voyage que nous pouvons visiter un endroit seuls, sans autres touristes et le calme fait un bien fou.

Il reste quinze kilomètres à parcourir avant d’arriver à Jaipur. La ville est grande et la circulation doit suivre des chemins précis, évitant le centre historique. Notre hôtel, le Khandela Haveli, se situe dans la partie plus moderne de la ville mais a été construit sur le modèle des anciennes maisons des riches négociants, les havelis, combinant matériaux modernes et anciens. Toutes les chambres sont situées autour d’une cour intérieure et la mienne est au rez-de-chaussée. Elle me semble un peu froide et elle se révèle être fort bruyante, mais je m’en accommoderai. J’ai un gros coup de pompe mais il est l’heure d’aller manger. Le restaurant de l’hôtel est situé sur le toit et une légère brise nous rafraîchit. Pour la facilité, nous mangeons des plats du buffet mais je ne trouve pas que la nourriture soit très bonne: les plats manquent d’épices et de piquant.

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Inde – Rajasthan: Agra – Fatehpur Sikri – Bharatpur – Ranthambore

Le petit déjeuner de l’hôtel Trident est très varié mais il n’y a pas beaucoup de temps pour en profiter: le départ est très matinal. Nous recevons cependant de quoi nous sustenter en cours de route. Nous partons pour Fatehpur Sikri, quittant l’Uttar Pradesh pour enter au Rajasthan que nous ne quitterons plus. Après un peu moins de deux heures de route, il faut à nouveau abandonner notre véhicule à une certaine distance du site historique pour prendre un bus au gaz. Sauf que deux des trois sont en panne et le seul qui roule est pris d’assaut par des Indiens. Le guide local essaie pourtant de nous y faire monter mais nous refusons, préférant attendre son retour. Ce qui ne prend que 15 minutes et ce qui nous permet d’être à l’aise.

Fatehpur Sikri est une ville-fort ancienne construite par l’empereur Moghol Akbar et utilisée comme capitale entre 1571 et 1585, date où elle a été abandonnée. Ville fantôme, elle est particulièrement bien préservée et est un bel exemple du style architectural indien du 16e siècle. Les bâtiments et palais sont construits en brique rouge du Rajasthan et sont entourés de cours et jardins. Les pierres sont finement découpées et ornementées.

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Il est encore relativement tôt et il n’y a presque pas de monde, ce qui fait un bien immense après les visites du jour précédent. Nous quittons l’enceinte par une autre sortie où le minibus nous attend pour nous conduire à Bharatpur.

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(Quelques autres photos de Fatehpur Sikri sont visibles sur flickr).

La gare est joliment décorée de peintures d’oiseaux. Nous allons d’abord dans la salle d’attente, où Connie et Bob nous font une démonstration de yoga. Plus tard, sur le quai, nous sommes très rapidement entourés d’un groupe d’étudiants de plus en plus curieux et de plus en plus nombreux. Heureusement, Tej arrive à les canaliser en plaisantant avec eux et ils s’éloignent. Ce qui n’est pas plus mal, je commençais à me sentir mal à l’aise.

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Le train arrive et nous allons jusque Sawai Madhopur, deux heures plus loin, et proche du parc national de Ranthambore. Les vitres sont un peu opaques et ne permettent pas trop d’admirer le paysage, fort monotone d’ailleurs: des plaines très sèches et un peu de végétation. Nous faisons la conversation pour passer le temps, tout en grignotant les biscuits et bananes de l’hôtel. Je ne peux pas dire que l’expérience de ce voyage en train ait été inoubliable…

Une fois arrivés à la gare, des voitures nous conduisent à notre hôtel – le minibus est encore en route. Le Juna Mahal est un établissement récent construit sur le modèle des anciens palais mais le service est quelque peu désorganisé: on nous attribue les clés des chambres alors qu’elles ne sont pas prêtes. Nous y mangeons dans une grande salle un peu vide différents plats sous forme de buffet.

Les chambres ont un certain caractère anglais, plutôt romantique, avec des rideaux à fleurs et un lit à baldaquin. J’ai même un petit balcon et la salle de bain est grande, surtout la douche (mais l’eau chaude est très lente à venir, restant même plutôt tiédasse). Pour le wifi, par contre, c’est uniquement à la réception et je n’ai pas la patience d’attendre une connexion.

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Je me change, prévoyant un pantalon et surtout un châle pour la poussière. Nous partons en effet en safari en jeeps ouvertes. Chaque jour, les touristes se voient allouer une zone dans le parc naturel de Ranthambore, connu pour les tigres. Nous n’avons pas de chance et devons rouler une petite heure avant d’arriver à celle qui nous est allouée. Quand nous arrivons, le chauffeur constate qu’il a crevé mais c’est très vite réparé !

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Le parc est un genre de savane, avec des arbres épineux. Y vivent des daims, des cerfs, des paons et surtout des tigres. Le but premier est évidemment de les repérer et comme une mère et ses deux petits ont été vus le matin même dans cette zone, toutes les jeeps de visiteurs convergent vers un point précis. En contrebas se trouve un point d’eau, dans une gorge bordée de rochers abrupts, très verte, avec quelques palmiers. Et là commence une longue attente. Il y a pas mal de monde et ça parle beaucoup, souvent fort. Je me dis que si j’étais un tigre, je ne me montrerais pas ! J’ai quelques frayeurs: la jeep descend via des rochers fort abrupts. Le vide est proche et le seul moyen de regagner un point plus élevé est de faire de la marche arrière, les moteurs à fond. En fermant les yeux, j’arrive à éviter le pire de mes angoisses du vide.

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De retour sur le plateau, nous attendons encore un peu mais les tigres ne se montrent pas. Je suis déçue évidemment, surtout quand je compare ce safari à celui de l’année passée au Sri Lanka où j’ai vu tant d’animaux différents, dont des léopards. Je profite cependant du paysage de savane et de collines; les couleurs sont superbes au soleil couchant.

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Le chemin du retour me semble très long. Il fait nuit et il commence à faire fort frais dans la jeep qui roule à grande vitesse. Avec la poussière ambiante, le décrassage est plus que nécessaire une fois de retour à l’hôtel.

Nous mangeons à nouveau au buffet, avec une grande Kingfisher et les discussions dérivent sur la condition des femmes en Inde. A part dans les grandes villes, le système reste très traditionnel: elles s’occupent de la maison et des enfants, ainsi que des champs. Au Rajasthan, elles portent un voile coloré transparent qui peut cacher le visage et le regard. Le couple et la fidélité ne sont pas au cœur des traditions: les mariages sont souvent arrangés dès l’enfance et ils donnent l’impression de ne servir qu’à la procréation (je m’avance sans doute un peu trop en disant cela). Les maisons abritent la famille au sens large, les femmes (et les petits enfants) dormant d’un côté et les hommes de l’autre. Quant aux relations sexuelles, il faut s’arranger: soit attendre que tout le monde dorme, soit trouver un endroit discret en journée. Nous abordons aussi le sujet des viols et des procès qui ont suivi. En pleine période de #metoo, ce thème me touche particulièrement et je constate surtout qu’il y a encore un très long chemin à parcourir en Inde.

Inde – Rajasthan: New Delhi – Agra

Après une très bonne nuit, je me régale d’un excellent petit déjeuner au Claridges. Nous partons aujourd’hui pour Agra, reliée à New Delhi par une autoroute à trois bandes très vide et clôturée pour que les animaux ne puissent pas y déambuler. Cela n’empêche pas des humains de la traverser à pied et des véhicules de la prendre à contresens. L’idée des bandes est d’ailleurs très occidentale: tout le monde roule où il le veut et j’imagine qu’en cas d’embouteillages, il y a plutôt quatre bandes. Et ce n’est qu’un premier aperçu fort civilisé des routes indiennes.

Avant d’arriver à Agra, nous nous arrêtons pour manger dans un restaurant préparant des spécialités d’Inde du Sud. Je choisis un thali, puis me reprends de suite, le mini-thali me suffira. Quoique, mini ? Il est bien trop copieux pour moi, composé de riz, puri (les pains tout gonflés), différents currys et yaourt. Ce n’est que le début de mes découvertes culinaires mais je ne suis pas trop emballée par mon choix.

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Nous arrivons au Fort d’Agra, surnommé Fort Rouge. Il a été construit au 16e siècle par Akbar, l’empereur moghol qui décida de faire d’Agra sa capitale. Je me sens écrasée par la taille des murs d’enceinte en pierre rouge flamboyante sous le soleil de ce début d’après-midi (les températures sont écrasantes aussi – aux alentours des 37° – et je recherche l’ombre). A l’intérieur, plusieurs cours se succèdent, certaines sont bordées de bâtiments en marbre blanc aux fines découpes. Les arcs sont très ornementés et les plafonds décorés finement d’inserts en pierres semi-précieuses colorées et miroirs. Il y a foule – le tourisme local se développe de plus en plus et la classe moyenne grandissante en profite pour visiter le pays.

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C’est ensuite le moment de découvrir l’hôtel pour la nuit qui vient, le Trident, un établissement moderne et luxueux, dont les chambres entourent un grand jardin avec piscine. Les chambres standard à la décoration très passe-partout et beige ne sont pas immenses mais possèdent tout le confort nécessaire à une bonne nuit et dans la salle de bain, tout est bien étudié et tout fonctionne correctement.

J’ai juste le temps de me rafraîchir et nous voilà repartis pour la visite d’une des merveilles du monde, le Taj Mahal. Nous ne sommes pas seuls, il y a même foule – plus de 40.000 personnes en ce dimanche qui suit la grande fête de Diwali ! Les véhicules à essence ne peuvent pas approcher du bâtiment pour des questions de pollution et il faut emprunter un bus au gaz. Or ces bus n’arrivent pas à avaler la foule et dès qu’il en arrive un vide, il est pris d’assaut par les Indiens qui ne connaissent pas le concept de file. Presque littéralement poussés par le guide local, nous nous engouffrons avec les locaux dans un véhicule et perdons par la même occasion Tej qui a juste le temps de passer nos tickets au guide local. Je suis compressée au fond du bus, à moitié affalée contre Jane qui a pu s’asseoir. Il fait étouffant et je transpire de partout, dégoulinant à grosses gouttes. Je prie pour que ce calvaire s’arrête vite, et une fois parti, le trajet n’est pas bien long (je me demande pourquoi on a pris un bus).

A l’entrée du complexe, il y a à nouveau une immense file mais les touristes étrangers peuvent la couper. Pas que ce soit très agréable, nous sommes malgré tout poussés de toutes parts avant de passer le contrôle de sécurité. Comme conseillé, je n’avais pris que le strict minimum (appareil photo, argent et bouteille d’eau) mais il faut passer dans un portique détecteur de métaux qui sonne pour tout le monde puis à une fouille corporelle plutôt anecdotique.

Nous avons perdu le guide local maintenant mais il réapparaît dix minutes plus tard. Quand il entend que je viens de Belgique, il me parle en français et me raconte qu’il a pu faire visiter le Taj Mahal à Sarkozy et au roi Albert et à la reine Paola.

C’est la fin de l’après-midi et la lumière prend de superbes teintes rosées, orangées, violettes… Il faut d’abord passer une grande porte – avec la foule – qui est un premier endroit où prendre des photos. Le guide local connaît tous les spots intéressants et nous les signale, faisant même parfois les clichés à notre place. Il faut se battre un peu avec les gens pour y accéder mais il n’y a aucune agressivité. Par contre, il n’y a aucune notion d’espace personnel – une constante en Inde – mais c’est particulièrement présent ici. Perches à selfies et brouhaha ambiant sont ce qui marquent le plus la visite. Lorsque j’en parle à Tej plus tard, il me dit qu’il trouve aussi que tout ce monde dénature un peu la visite de ce lieu sacré. Il n’y a aucune limitation du nombre de visiteurs et les prix très bas pour les Indiens invitent les gens à y retourner souvent.

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Après quelques photos essentielles, le guide nous emmène sur le côté pour parler du monument. Il s’agit d’un mausolée en marbre blanc construit au 17e siècle par l’empereur moghol Shâh Jahân pour abriter la tombe de son épouse bien-aimée. Joyau de l’architecture moghole, il combine des éléments des traditions persanes, ottomanes, indiennes et islamiques. Le jeu des perspectives et la symétrie sont extrêmement bien étudiés et il se dégage une certaine sérénité (malgré la foule) dans l’organisation du jardin et du mausolée.

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Pour visiter l’intérieur du bâtiment, il faut soit aller pieds nus soit enfiler des chaussons au-dessus des chaussures. A nouveau il y a foule et file – elle entoure tout le mausolée – mais à nouveau, les touristes peuvent la court-circuiter. Un garde au sifflet retentissant régimente les visiteurs et ce qui devrait être un lieu de recueillement devient un vrai cirque. Il est interdit de faire des photos mais tout le monde ne s’y tient pas – il est tellement tentant de faire un selfie – et donc le garde sermonne en sifflant encore plus fort. Autant à l’extérieur j’ai réussi à profiter un peu de l’endroit malgré la foule, autant à l’intérieur c’est juste impossible. J’essaie de ne pas penser à un attentat ou un mouvement de foule – tout le monde serait juste piétiné.

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Nous ressortons par l’autre côté qui présente une belle vue sur la rivière Yamuna. Le soleil s’est couché et la lumière a changé, permettant quelques nouvelles photos aux tons différents.

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Je crains devoir reprendre un de ces bus bondés mais non, nous allons tout simplement à pied et c’est une marche d’à peine vingt minutes en n’allant pas très vite ! Nous retrouvons Tej qui malgré plusieurs coup de fil du guide local ne nous a pas repérés à l’intérieur.

Je suis pressée de rentrer à l’hôtel, je sens que j’ai développé une importante irritation entres les jambes: mes cuisses n’ont pas apprécié les frottements mélangés à la transpiration (j’ai pensé prendre du Bariéderm avec moi mais le tube était trop volumineux). Mais non ! Le guide local nous emmène d’abord à un atelier où on nous montre comment les pierres semi-précieuses sont insérées dans du marbre, ce qui a priori est intéressant. Ce qui l’est moins, c’est le magasin où je découvre que mes compagnons de voyage sont des shopaholics invétérés et surtout lents à la décision. Oh well…

Nous rentrons enfin à l’hôtel pour l’heure du repas qui est sous forme d’un immense buffet. Je goûte à différents plats indiens, notamment un délicieux curry de poisson au lait de coco. Je ne l’avais pas encore précisé, mais avec ce voyage de Wild Frontiers, tous les repas sont inclus et il ne faut pas sortir un sou pendant tout le voyage (ou presque). C’est bien pratique lorsqu’il n’y a pas de buffet parce que les plats sont partagés et il a moyen de goûter de tout. L’eau à tous les repas et lors des excursions est également comprise et donc il ne reste que les autres boissons à payer.

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De retour dans ma chambre, je tente de soigner mon irritation (certaines de mes pores ont saigné) avec les moyens à ma disposition. Je tente la crème à la cortisone mais cela ne fait aucun effet (le lendemain, je penserai à la crème pour bébés que j’ai amenée, contenant de l’oxyde de zinc, que je combinerai avec de l’après-soleil pour le côté gras – ce sera la bonne solution en fin de compte). Il est finalement 22h quand je vais me coucher, après avoir pris mes notes pour la journée, et en insérant un essuie entre mes jambes pour ne pas aggraver mes maux.

J’ai pris énormément de photos pendant ce voyage et malgré mon tri, je ne vais pas tout publier sur le blog, mais elles sont visibles sur flickr.

Inde – Rajasthan: New Delhi

Quand mon réveil sonne à 9h30, je me sens encore trop fatiguée et je décide de sauter le petit déjeuner. Je me rendors jusque 10h30 puis me prépare à mon aise. Je dois en effet réorganiser ma trousse de toilette et appliquer la nouvelle routine du matin: appliquer de la crème solaire (combinée à de l’anti-moustique – la marque belge Picasol fabrique un produit très efficace) sur toutes les zones découvertes. J’ai pris avec moi une collection de vêtements relativement couvrants – jupes longues et pantalons, pas d’épaules nues – par respect pour la culture locale mais aussi pour ne pas affrioler l’homme indien qui n’a pas besoin de grand chose (parfois, croiser le regard peut être considéré comme une invitation – j’aurai beaucoup regardé mes pieds pendant ce séjour et cela fait partie des choses moins agréables liées à ce pays – en même temps, vu la crasse au sol, mieux vaut porter son regard vers le sol).

A midi, il est l’heure de rencontrer le guide, Tej, et le groupe qui n’est composé que de cinq personnes, moi y compris. Je fais donc connaissance avec un couple anglais, Bob et Jane, et deux femmes voyageant seules, l’anglaise Jillian et l’américaine Connie; tous ont environ 60 ans. Je suis un peu déçue – j’espérais des compagnons de voyage vaguement plus jeunes et j’ai quelques craintes: allons-nous nous entendre, étant juste cinq ? Tej est un peu moins âgé que moi et guide des groupes depuis plus de 10 ans; il a commencé sa carrière avec Intrepid (et a reçu un Wanderlust Award à cette époque). Originaire du Rajasthan, il est marié et a deux enfants mais il ne voit que peu sa famille pendant les six mois de la saison touristique. Ce qui n’a pas l’air de beaucoup le toucher, sa femme vivant de manière très traditionnelle avec la famille étendue dans un petit village.

Tej nous donne quelques explications sur notre futur périple, puis nous partons manger en minibus. Celui-ci, conduit par Jitu, sera notre véhicule pour le reste du voyage. Il est assez grand pour que nous puissions avoir un peu de place autour de nous. Je n’ai aucune idée de l’endroit où nous allons – il s’agit en tous cas d’un restaurant prisé par les Indiens mais aussi par de nombreux groupes de touristes. Tej commande pour nous, ce qui nous permet de goûter divers plats: butter chicken, dhal, paneer aux épinards, curry de légumes, riz et naan. Un lime soda complète le tout (cela deviendra une habitude). Tous ces plats sont délicieux et peu piquants.

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Les premières visites évitent la vieille ville de Delhi, privilégiant des monuments plus récents, dans le but avoué (par la suite) de ne pas nous plonger immédiatement dans la masse grouillante des Indiens. Il y a cependant pas mal de monde à l’India Gate – c’est le lendemain de Diwali, une période de congés pour les locaux – mais c’est assez aéré. Ce grand arc est un monument à la mémoire des anciens combattants tombés lors de la Première Guerre mondiale. A vrai dire, regarder les gens qui m’entourent est bien plus passionnant que l’architecture: les vêtements sont colorés, les smartphones sont partout et le culte du selfie ou du portrait de troupe est omniprésent. Et il fait chaud, plus de 35°.

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L’India Gate est à une extrémité d’une grande avenue nommée Raj Path qui se termine à son autre bout par le palais présidentiel et d’autres bâtiments liés à la vie politique, notamment le parlement qui est de forme circulaire. Cet ensemble a été aménagé sous l’Empire Britannique au début du 20e siècle par l’architecte Edward Lutyens. Le palais présidentiel a été achevé en 1929 pour servir à l’époque de résidence au vice-roi. Le quartier est immense et fort vide, mais aussi fort sécurisé. Cette première approche de New Delhi n’est pas particulièrement passionnante et les photos panoramiques montrent la pollution ambiante, aggravée par les fumées résiduelles des feux d’artifice de Diwali.

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Nous reprenons ensuite notre véhicule pour aller à la tombe d’Humayun, le deuxième empereur moghol, mort en 1556. La lumière de la fin d’après-midi est belle et met en valeur ce bâtiment précurseur du Taj Mahal. Constitué d’un dôme central en marbre blanc entouré de diverses pièces, il est agrémenté d’un jardin de style arabe, avec fontaines et petits canaux. Les fenêtres très découpées permettent des jeux de lumière très étudiés, changeant sans cesse selon l’heure du jour. Cet endroit est superbe et laisse rêveur en cette fin d’après-midi, malgré le nombre de touristes.

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De retour à l’hôtel, Jillian nous invite à partager le gâteau d’anniversaire qu’elle a reçu en arrivant. La discussion prend très vite un tour politique, avec le Brexit comme thème principal. Me voilà entourée de personnes qui ont voté pour celui-ci – ce qui correspond assez bien à leur génération. Elles expliquent cependant quelques-unes des raisons, du système judiciaire différent au protectionnisme de l’agriculture, mais sont tout à fait conscientes du tort que cela va causer à leur pays pendant les premières années.

Après une courte pause, nous repartons pour Connaught Place, une des places centrales de New Delhi, conçue sur un système de rues concentriques. Nous passons devant le magasin de sitars où les Beatles ont acheté leurs instruments et nous arrêtons un peu plus loin au Veda. Ce restaurant fort sombre mais très joliment décoré de miroirs et d’autres éléments arabisants propose une cuisine indienne délicieuse: différentes entrées de viandes grillées au four tandoor et currys de mouton et légumes, arrosés d’une bière locale Kingfisher.

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