Madère: levada do Calderão Verde

Lundi 18 février 2019

Madère est très connue pour ses nombreuses possibilités de randonnées. Sans voiture, c’était compliqué mais j’ai pu réserver une excursion organisée. Un bus est donc venu me chercher à l’hôtel (j’ai eu la chance d’être la dernière personne à rejoindre le groupe) et le guide pour la journée m’a accueilli. J’ai très vite compris que ce ne serait pas idéal mais c’était la seule possibilité que j’avais pour marcher le long d’une levada, celle de Calderão Verde (PR9). Les levadas sont d’étroits canaux qui ont été construits pour acheminer l’eau des montagnes vers les côtes et pour irriguer les cultures. Elle sont à flanc de colline et souvent bordées d’un chemin qui permet de faire de très jolies randonnées.

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Le guide marque le rythme et il est soutenu. C’est fort dommage parce que cela donne très peu de temps pour faire des photos, ou alors juste des photos sans chercher un bon angle. Mais le paysage est superbe, très vert, vallonné, avec parfois la mer qui se dévoile au loin. A certains moments, je pense à la forêt de Yakushima… mais les nombreux groupes de randonneurs ôtent pas mal de poésie et de mystère au lieu. Le sentier est très facile, un peu boueux mais quasiment plat. Parfois, il faut se mettre en file indienne pour marcher sur le muret qui borde la levada mais tout le parcours est protégé par des barrières.

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Il fait fort frais et je regrette une veste plus chaude. Heureusement le soleil se montre parfois entre les nuages et la marche donne chaud. Le parcours est parsemé de quatre tunnels plus ou moins longs. Dans certains, il faut une lampe torche (ou un gsm). Le second est inondé, il y a environ 20cm d’eau. Le guide nous donne un choix: soit nous y allons avec nos chaussures et devons supporter qu’elles restent mouillées pour le reste de la journée, soit nous y allons pieds nus. J’opte pour la seconde option mais l’eau est glacée. J’avoue que je lance de petits cris, ne sentant plus mes pieds, et je suis bien contente quand je peux remettre mes chaussettes et chaussures malgré mes pieds un peu sales (il faut toujours prendre un essuie avec soi – ce n’était pas le cas et donc un peu rock’n’roll).

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Au bout du trajet se trouve une grande cascade. En été, c’est l’endroit idéal pour une baignade mais là il faisait bien trop froid. J’ai mangé mon pique-nique préparé par l’hôtel et après une demi-heure, c’est le moment de repartir par le même chemin, toujours au pas de course. Il faut normalement environ 5h pour faire cette randonnée d’environ 13km, nous mettrons 4h… Je n’ai pas trouvé ça trop fatigant, juste trop rapide pour vraiment profiter de la nature.

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Nous nous arrêtons un moment au café près du parking avant de repartir et je prends un jus, m’installant à une table où se trouve une autre personne du groupe. Cette Hollandaise, Magriet, me pose les questions usuelles (mariage, enfants, boulot…) puis me parle de religion. Je lui dit poliment que chacun a ses croyances et que ce n’est pas quelque chose dont j’ai envie de parler. Elle insiste, me disant que croire est nécessaire pour avoir une vie réussie. Je suis dégoûtée par son prosélytisme et fuis vers les toilettes pour ne pas m’énerver, vu que ça n’en vaut pas la peine. Je reste persuadée qu’il y a des sujets qu’on n’aborde pas avec des étrangers, et la politique et la religion en font partie. Malheureusement, elle me tient encore la jambe dans le bus, et je réponds par des monosyllabes. Heureusement, je suis la première à être déposée à mon hôtel.

Je me prélasse dans un bain bien chaud pour me décrotter et me détendre, surtout que j’ai mal à un pied et à la cheville. Je ne sais pas à quel moment j’ai fait un faux mouvement. Cela sera passé le lendemain, heureusement.

Ensuite, je profite d’un gin tonic devant le feu ouvert avant de manger du canard à l’orange et au madère, bien trop copieux, ainsi qu’une crème brûlée en dessert. Après les activités sportives de la journée, je m’endors tôt.

Statistiques du jour: 16,8 km – 22 373 pas

Japon: Yakushima

Mardi 6 novembre 2018

Ma nuit est assez agitée mais c’est sans doute parce que j’ai bu du thé. Et puis mes voisins se lèvent très tôt et l’hôtel n’est pas très bien insonorisé. Je me régale au petit-déjeuner qui est servi sous forme d’un buffet très complet et varié. Il y a même des fruits frais, chose très rare au Japon !

Aujourd’hui, c’est une journée un peu spéciale, celle que j’attendais depuis des mois et aussi le but de mon voyage. Je suis à Yakushima pour découvrir la forêt de cèdres et les mousses qui ont inspiré Miyazaki dans Princesse Mononoké. Quand je me suis intéressée à Yakushima, y aller me semblait un rêve bien lointain. Il n’y a que peu de transports publics et louer une voiture et la conduire à gauche me semblait trop compliqué. Et puis j’ai cherché un peu sur le net, notamment sur Tripadvisor, et j’ai découvert Yakushima Experience qui propose des randonnées dans la forêt et des visites de l’île. Cela a évidemment un coût mais je me suis dit que ce serait mon cadeau après cette année difficile. J’ai contacté Cameron, le guide principal,  fin mai et je lui proposé une fourchette de dates – je n’avais encore rien réservé d’autre. Il m’a très vite répondu en me proposant les 6 et 7 novembre. J’ai pris cela comme un signe, c’étaient les dates provisoires (mais idéales) que j’avais notées dans mon projet de circuit. J’ai donc réservé deux journées avec lui. Et c’est sa femme, Sato, qui en septembre a réservé pour moi le jetfoil sur le site uniquement en japonais.

J’ai mis mes nouvelles chaussures de randonnée et, un peu anxieuse, je suis sortie à l’avance pour attendre Cameron devant l’hôtel. Une grosse voiture est arrivée un peu après, conduite par une toute petite Japonaise, Sato. Elle m’a expliqué que son mari avait un empêchement et que ce serait elle qui me guiderait pendant ces deux jours. Ce qui quelque part a un peu fait retomber mon anxiété: j’avais un peu peur de passer deux journées avec un homme inconnu (même si son métier est guide et que normalement il n’y avait rien à craindre) et aussi de ne pas être à la hauteur à côté d’un homme fort et sportif.

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Nous partons pour les montagnes du centre de l’île, prenant une petite route sinueuse pour monter jusqu’à plus de 600 mètres. J’avais choisi de marcher sur le chemin de Shiratani, un parcours pas trop difficile et montrant la forêt qui a inspiré Miyazaki. Il fait beaucoup plus frais en altitude et je mets ma veste. Sato m’explique les options sur la carte et j’opte pour le parcours orange, moins visité, pour ensuite rejoindre le parcours vert, ce qui permet de faire une boucle. Le début du parcours est facile, tout à fait aménagé mais monte déjà beaucoup. Je prends l’excuse des arrêts photos pour souffler un peu ! Mais ce n’est pas vraiment une excuse, le paysage est photogénique dès les premiers pas.

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Le parcours se complique par la suite: le chemin est balisé mais il faut marcher entre les racines, les branches, les rochers et donc bien regarder où on met chaque pied. Et cela monte et descend constamment, vu que le parcours traverse plusieurs ruisseaux. J’absorbe le paysage: c’est vert, très vert, des arbres tout jeunes alternent avec des cèdres millénaires, des mousses recouvrent le sol et les branches. Le soleil filtre entre les feuilles, créant des jeux de lumière. Je suis tout simplement émerveillée et je fais des centaines de photos.

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Sato et moi parlons de mille et une choses, de notre vie quotidienne, de notre passé, de la condition de la femme, des hommes… A un moment, au début de la randonnée, je lui explique pourquoi je suis ici, et je fonds en larmes. J’ai réservé mon voyage fin mai et l’idée de venir ici m’a beaucoup soutenue pendant les difficiles mois d’été. Je sens que je relâche enfin beaucoup de tensions, que je les abandonne aux esprits de la forêt, aux kodamas (que Miyazaki a représenté en créant de petits personnages blancs aux yeux qui tournent). Sato m’écoute et me réconforte. Je suis aussi très soulagée que la météo soit superbe sur cette île où il pleut 365 jours par an.

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Nous voyons une famille de biches et de cerfs, c’est rare d’en voir plusieurs en une fois. Je n’ai que des mauvaises photos au smartphone, je n’avais pas emporté le gros zoom avec moi, mais peu importe. On entend aussi les oiseaux chanter.

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Les cèdres millénaires ont des noms; souvent il ne reste que la souche d’origine mais un nouvel arbre a pris racine sur celle-ci, créant un nouvelle génération. Certains ont un tronc creux et on peut passer en dessous. Un de ceux-ci est connu comme un passage vers une nouvelle vie, vers une renaissance. J’aime beaucoup la symbolique, parce que c’est en effet ce que je ressens. Au retour, je ne passerai plus en dessous, pour ne pas jouer avec le sort !

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Mes jambes fatiguent vite avec les montées et descentes incessantes mais c’est l’heure du pique-nique. Nous nous installons près d’une famille de singes qui se poursuivent dans les arbres tout en se chamaillant. Sato a prévu un bento de riz, de salade de chou et de poulet pané, accompagné d’une excellente tisane avec des herbes locales. Elle m’en apportera le lendemain (il s’agit d’un mélange de feuilles de goyave et de tulsi ou basilic sacré).

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Nous reprenons le chemin pour aller à un des endroits qui a tout particulièrement inspiré Miyazaki pour Princesse Mononoké. Les mousses y sont magnifiques, recouvrant les rochers sur le sol et les branches des arbres. Ce lieu ne peut qu’inspirer de belles choses et donne envie de croire à l’existence d’esprits de la forêt. J’avais l’impression d’être entourée et protégée.

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Sato m’explique que le chemin devient abrupt à partir de là, et sort de la forêt. Je sens que mes jambes sont déjà fort fatiguées et je préfère ne pas continuer. Le retour reste tout aussi superbe, de colline en vallée, de ruisseau en torrent. Comme il n’a pas plu depuis quelques jours, ils se traversent tous à sec, en passant de rocher à rocher. Lors de fortes pluies, il débordent et se transforment en torrents infranchissables.

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Je sens mes genoux flancher de plus en plus mais nous arrivons à la fin et rejoignons le parking. Je suis très fière d’avoir réussi cette randonnée jusqu’au bout, moi qui ne fait que peu d’exercice physique. J’ai les genoux en vrac, et je sais que j’aurai des courbatures, mais ce n’est pas très grave. Je suis juste ravie et heureuse.

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Nous redescendons en voiture vers la côte et Sato propose d’aller nous rafraîchir les pieds dans la rivière, à un endroit qui appartient en fait à une des industries locales – une propriété privée donc – mais qui est connu des locaux. La rivière est envahie de grands blocs de granit usés par les eaux, et il faut un peu crapahuter sur les rochers pour arriver au bord de l’eau. Celle-ci est glaciale – elle vient des montagnes – mais cela fait du bien !

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Une fois de retour à l’hôtel, je vais barboter à l’onsen, ce qui détend mes jambes qui commencent à me faire souffrir de plus en plus fort. Puis c’est l’heure du repas, et à nouveau je reçois tout un choix de mets délicieux: des entrées diverses, du shabu-shabu (une sorte de fondue), des sashimis, un pudding à l’anguille, des nouilles soba au thé vert, et en dessert un cheesecake et une glace un peu bizarre. Mizaki est heureusement là pour m’expliquer tout ça et nous parlons un peu de ma journée.

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Après cette journée très active, je m’écroule dans mon lit, hésitant à prendre du paracétamol contre les courbatures, mais je m’endors de suite en rêvant des esprits de la forêt. Depuis ce jour, j’y repense souvent et je visualise les kodama de Miyazaki quand je me sens moins bien. Et ça m’aide beaucoup !

Statistiques du jour: 12 618 pas – 9,1 km – mais surtout 72 étages !

Et il y a vraiment plein d’autres photos de mes trois jours à Yakushima sur flickr, allez voir !

Sri Lanka: Nuwara Eliya – Horton Plains – Bandarawela

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Le réveil est très matinal – 5h45 – et je fais une toilette de petit chat dans la salle de bain glaciale. Nous recevons un petit-déjeuner à emporter et partons avec deux minibus parce que le car ne passe pas par les petites routes sinueuses qui mènent aux Horton Plains. Ce parc national est situé à une trentaine de kilomètres au sud-est de Nuwara Eliya et s’élève à une altitude de 2000 à 2300 mètres. La route nous emmène à travers un paysage superbe, d’abord très suisse avec de nombreuses vaches qui paissent dans les pâturages et des potagers aux nombreuses cultures. Au fur et à mesure de la montée, la végétation change et je peux admirer de superbes fougères arborescentes que je rêve d’avoir dans mon jardin mais qui ne supporteraient pas le climat belge.

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Une fois arrivés au centre des visiteurs, nos sacs sont contrôlés – pas pour des armes mais bien pour tout plastique qui pourrait polluer l’endroit. Nous commençons une randonnée qui fera 11 kilomètres en tout à travers des plaines herbeuses et une forêt de petits arbustes. Le paysage change plusieurs fois sur le parcours. Nous nous arrêtons à Mini World’s End et à World’s End, des endroits où le plateau s’arrête abruptement pour plonger dans un vide vertigineux et qui offrent une vue sur la plaine en contrebas, jusqu’à la mer (paraît-il). Il est encore tôt mais la brume se lève déjà et je ne verrai pas la mer – Roshan lui-même dit qu’il ne l’a jamais vue d’ici. Comme nous sommes au Sri Lanka, la sécurité est inexistante et il n’y a aucun parapet pour protéger les humains du vide.

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Nous marchons ensuite vers une cascade un peu cachée dans entre les arbres puis à nouveau à travers la plaine herbeuse parsemée de rhododendrons dont quasi aucun n’est en fleurs. Certains membres du groupe filent à toute allure – ils nous raconteront qu’ils se sont lancé le défi d’arriver au bout du chemin plus vite que le temps prévu par Roshan – tandis que je traîne à la queue avec Nick, Ellen et le guide. Ce ralentissement est idéal pour s’imprégner du paysage et je me remplis des sensations du moment. C’est très silencieux, le soleil est légèrement voilé, les grandes herbes ondulent sous une brise légère et c’est tout simplement superbe, bien plus que ce que j’ai capturé en photo. Un des grands moments du voyage.

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235-hortonplainsune belle vue sur Adam’s Peak, la plus haute montagne du Sri Lanka

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Je ne suis pas mécontente de retourner au minibus parce que j’ai mal à un endroit précis à mon pied. Quand j’enlèverai mes chaussures – des Palladium en tissu – je découvrirai une belle ampoule sur le côté du talon, à endroit insolite. Pour un prochain voyage, il faudra que j’investisse dans une bonne paire de chaussures de marche, légère mais solide. Les Palladium étaient un choix réfléchi pour les pays chauds – pour visiter Angkor notamment – mais elles ne tiennent pas la route pour de longues randonnées et elles ont toujours serré un peu au niveau du coup de pied.

Nous redescendons en minibus jusqu’à Pattipola où nous mangeons diverses spécialités locales de street food: des beignets, des crêpes et autres choses fourrées au curry. Même si le lieu ne paye pas de mine, tout est délicieux.

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Nous rejoignons la petite gare à pied, via les voies. Le bâtiment fait penser à une station de la campagne anglaise, avec ses nombreux géraniums et autres fleurs. Le matériel est antédiluvien mais fonctionne toujours. Un premier train passe dans la direction de Nuwara Eliya et Colombo. Nous attendons celui qui est parti ce matin de la capitale; il a du retard pas plus d’une demi-heure, ce qui est très honorable. Un vendeur ambulant propose ses marchandises sur le quai et de nombreux autres font l’aller-retour dans le train.

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Il n’y a plus de places assises et nous nous installons au niveau des portes qui ne sont jamais fermées. Ceci rend le trajet assez impressionnant: la voie est construite sur le bord des collines et propose 800 mètres de dénivelé en quelques dizaines de kilomètres. Je m’accroche bien, pas très à l’aise… Il est en effet très facile de tomber du train et dans le ravin. Après quelques arrêts, une place assise se libère à côté de la petite Aïcha. Elle me raconte dans un excellent anglais qu’elle revient de Kandy où elle été visiter sa future école en compagnie de ses parents et de sa petite sœur. Elle doit avoir une dizaine d’années et parle déjà trois langues, cinghalais, tamoul et anglais, ainsi qu’un peu d’arabe parce qu’elle est musulmane.

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Nous descendons à Bandarawela où nous attend le car qui nous dépose à l’Hotel Orient, un hôtel assez récent avec un joli jardin en hauteur. Je me repose un peu puis j’en profite pour écrire mon journal vu que j’ai pris du retard. Au crépuscule, une multitude de corbeaux se mettent à croasser tous en même temps. L’appel à la prière de la mosquée toute proche se mêle à la chanson « Girls just want to have fun ».

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Le dîner sous forme de buffet propose de nombreuses spécialités, des hoppers, des dosas et je me régale des nombreux currys. Fatiguée par la marche du matin, je ne traîne pas mais je commence quand même un nouveau roman avant de m’endormir.

Sri Lanka: Kitulgala – Nuwara Eliya

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Le petit-déjeuner est du même niveau que le reste – pas très bon donc – et je ne mange quasi rien: un toast un peu mou et un oeuf dur. Nous partons pour une promenade dans la jungle. Indications vestimentaires de Roshan: « good walking shoes and shorts – no pants – so you can see the leeches ». Des sangsues donc, ça promet ! C’est à Kitulgala qu’a été tourné en grande partie le film Le pont de la Rivière Kwaï. Il ne reste quasi rien de celui-ci – il a été dynamité à la fin du film – juste les socles en béton. Il fait chaud et humide et le chemin monte et descend. Il n’y a pas grand chose à voir, des arbres, des plantes, un caméléon qui fait caméléon. Au loin, on entend des sirènes et des détonations. Nous sommes en effet tout près des grands travaux pour la construction d’un tunnel et d’un barrage sur la rivière. C’est un peu triste de voir comment la nature est transformée par la main de l’homme… J’ai de la chance, je n’ai pas été attaquée par les sangsues, contrairement à Anna qui la détache en l’aspergeant de DEET. En fait, c’est minuscule, ces bestioles. Même si la promenade n’était pas de plus intéressantes, c’était agréable de bouger et de marcher.

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Nous rentrons à l’hôtel pour une douche bien méritée et un repas de… toast fromage-tomates. Mon menu n’est décidément pas très original mais au moins, je n’aurai pas trop mangé.

La route vers Nuwara Eliya est assez spectaculaire, ondulant entre les plantations de thé. Nous nous arrêtons pour en boire une tasse, justement, accompagnée de cake au chocolat. Plus loin, des cueilleuses sont au travail – la photo cliché pour le Sri Lanka. Ces photos ne sont pas sans coût: Roshan avait rassemblé de l’argent au début du voyage notamment pour donner un pourboire à ces femmes. Mon sentiment est donc partagé: j’ai de jolies photos mais j’ai dû payer pour les faire, chose que je n’apprécie pas.

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Quand nous arrivons à Nuwara Eliya, il est déjà 16h. Cette station d’altitude (1900 mètres) était un lieu très prisé par les coloniaux britanniques et a été rebaptisé « Little England ». Tout fait penser à l’Angleterre: le terrain de golf, le circuit pour les courses de chevaux, les bâtiments en style « normand ». A peine arrivés à l’hôtel, nous partons en promenade pour profiter de la dernière heure de lumière du jour. Il fait frais, le gilet est nécessaire. Le centre-ville est un peu décevant: de nombreux bâtiments modernes gâchent la vision idyllique que je me faisais de cette station d’altitude. Il y a certes quelques beaux bâtiments comme la poste mais la plupart sont plus loin du centre et je n’aurai plus l’occasion d’aller les voir. Je me sens en effet mal, j’ai la nausée et ma tension est en chute libre.

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De retour à l’hôtel, je me rends compte qu’Aneta n’a pas remis la clé de la chambre à la réception et je dois courir partout pour la retrouver alors que je me sens défaillir. Je la récupère enfin et me couche un moment. Heureusement, mon malaise n’était que passager et je me sens déjà mieux une demi-heure plus tard. Je sors ma jolie robe à oiseaux exotiques et décide d’explorer l’hôtel. Nous logeons en effet au Hill Club, ancien club pour la gente masculine de l’époque coloniale. Superbe bâtiment en pierre, il domine un grand jardin aux plantes exotiques (ces fougères arborescentes !).

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Il était interdit aux femmes, du moins les pièces principales, et elles devaient entrer par une entrée réservée pour elles. Il y a une immense salle de billard (où les tables ne nécessitaient sans doute pas de cartons de bière pour les redresser), une bibliothèque avec de nombreux fauteuils, une immense salle à manger, un petit bar. Bar où je retrouve les autres membres du groupe. Tout le monde s’est mis sur son trente-et-un, y compris les hommes qui ont emprunté vestons et cravates pour nous rejoindre. Aujourd’hui encore, il faut en effet respecter les conventions de ce lieu chic ! Tout le monde s’y est plié avec plaisir et ce n’est pas plus mal de revivre pour un court moment une époque révolue. Cela fait très Indian Summers comme ambiance. Vu le lieu, je commande un gin tonic mais je reçois à nouveau une minuscule dose de gin et une grande bouteille de tonic mais cela aurait été dommage de ne pas respecter les traditions.

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Nous allons ensuite manger dans la grande salle du restaurant, où les serveurs en smoking et gants blancs s’affairent autour de nous. Je commande un plat simple, des crevettes grillées géantes, accompagnées de riz et de légumes. C’est très bon et très peu srilankais mais peu importe. Je me laisse même tenter par un verre de vin blanc, un Sauvignon du Chili. Mon voisin Nick me parle de son intérêt pour les musiques du monde et il en connaît bien plus que la moyenne des gens, ce qui me fait plaisir.

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Après le repas, je retourne bien vite à ma chambre: je me sens mieux mais pas tout à fait au top et je préfère aller dormir tôt pour être en forme pour la journée du lendemain. J’y découvre que le chauffage a été allumé – il fait en effet frisquet – et qu’on a glissé une bouillotte dans le lit, chose qui ravit Eddy – il se précipite dessus. Tout cela était bien nécessaire: je suis une grande frileuse et je dormirai mal à cause des courants d’airs qui traversent la chambre, l’isolation n’étant pas au point dans cette vieille bâtisse. On a également déposé une fleur sur le lit, avec une phrase de Shakespeare.

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Même si c’était une belle journée, j’ai un grand regret. Je pense que suis frappée de la malédiction des stations d’altitude coloniales. Cela doit être la quatrième que je visite mais à chaque fois, le temps manque pour s’y promener, et s’imprégner de l’atmosphère si spéciale – un mélange entre les Alpes suisses et de l’exotisme local. J’aimerais vraiment rester plus longtemps dans ce genre d’endroit. J’ai eu ce sentiment en Birmanie à Pyin-U-Lwin où j’aurais aimé passer la nuit, à Dalat où je voulais prendre plus de temps pour visiter la ville mais où j’ai été retenue par mon compagnon de l’époque, à Ooty en Inde du Sud où je n’ai fait que dormir – dans un bel hôtel colonial certes – mais sans ballade locale.

 

Japon 2015: Tokyo – Kyoto

Je me sens à nouveau un peu angoissée ce matin mais une fois que je décortique ces peurs, je ne trouve pas vraiment de raisons. Mais c’est quand même du sport de traîner la valise dans le métro, malgré les escalators. J’arrive (évidemment) plus qu’à temps à la gare de Tokyo. Je me trompe d’entrée mais le contrôleur est attentif et me renvoie à la suivante. Le train est plein, mon voisin regarde un concert des Rolling Stones puis recherche des enceintes audio sur le net.

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A la gare de Kyoto, je trouve sans problème l’entrée du métro mais hésite sur la bonne direction. Un Japonais voit mon embarras et m’indique le chemin, tout en me confirmant que je peux utiliser mon pass Suica de Tokyo. Dans le métro, j’ai un gros doute: deux arrêts ou trois arrêts ? Je sors le Lonely Planet qui augmente encore ma confusion mais je sors finalement au deuxième, me disant que je peux toujours reprendre le métro pour un arrêt si nécessaire. Une fois sur le quai, je me rends compte que le LP n’a pas bien indiqué les noms des stations et que je devais bien sortir à la deuxième. Une fois à l’extérieur, je mélange est et ouest mais pars finalement dans la bonne direction. Je suis sur Shijo dori, la grande rue commerçante et centrale de Kyoto. L’hôtel Unizo Kyoto Shijo Karasuma n’est pas très loin mais ma chambre n’est pas encore prête (une constante – alors qu’il est bien 12h30).

Je réaménage mes affaires et confie valise et sac de voyage à la réception. Je fais demi-tour et retourne à la gare de Kyoto pour prendre un train local. A nouveau j’hésite et à nouveau, quelqu’un m’aide, une vieille dame tenant une boutique de nourriture. Je prends donc la ligne vers Nara pour deux arrêts et descends à l’arrêt Inari. Il fait chaud, 25°, mais je n’ai pas osé sortir une tenue estivale et mes sandales, observant les Japonais déjà tous habillés en vêtements d’automne, avec vestes et bas.

Le Fushimi Inari, donc. Un lieu qui était très haut sur ma liste de choses à visiter absolument. D’ailleurs, j’ai changé l’ordre de mes visites prévues à Kyoto pour être sûre de le voir sous le soleil (la météo n’annonce rien de très bon pour les prochains jours). Ce sanctuaire, élevé au 8e siècle, est en l’honneur du kami Inari qui est associé au renard et qui protège les cultures du riz. Il se caractérise par les chemins parsemés de plus de 30 000 torii oranges sur lesquels sont gravés les noms des donateurs. Plusieurs petits sanctuaires interrompent ces tunnels de portiques.

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Il y a foule et ça monte très vite et très fort. Je me dis que je ne vais pas aller jusqu’au sommet pour me laisser un peu de temps pour voir le jardin et le temple de Tofuku-ji à un arrêt de train de là. A un moment donné, je me dis que ça suffit. N’ayant pas trop d’idée de l’endroit où je me trouve, je demande à d’autres touristes si ça continue à monter plus loin. Et c’est là que je me rends compte que je suis au sommet ! Il n’y a plus qu’à redescendre pendant 4 kilomètres (le touriste avait une montre qui comptait ses pas et la distance parcourue).

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Autant la montée était un peu difficile et mon esprit occupé par le chemin à parcourir, autant la descente est totalement différente, surtout qu’il ne faut pas prendre le même chemin (en tous cas pour une partie). Je commence à profiter vraiment de l’ambiance, assez isolée (la plupart des visiteurs s’arrêtent assez vite et ne vont pas jusqu’au sommet). Dans les bois, l’air se rafraîchit et la lumière diminue très vite, dès 15h00. Pas de chance pour moi, les moustiques sont présents et je réussis à me faire piquet au poignet, quasi la seule zone non couverte par mes vêtements d’automne. Je redescends à bon rythme sur les chemins dominés par les torii orange, m’arrêtant cependant pour faire des dizaines et des dizaines de photos.

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Sur mon parcours, j’ai croisé plusieurs fois la même jeune fille et finalement nous nous parlons devant la supérette située à côté de la gare. Elle est originaire d’Osaka et admire le fait que je voyage seule. J’aurai d’ailleurs souvent la question « alone ? » suivi du regard médusé de la personne à ma réponse positive.

Déception: je n’ai pas été assez vite et il est trop tard pour aller au Tofuku-ji qui ferme à 16h au mois de novembre. J’aurais dû commencer par là mais j’étais trop impatiente de visiter le Fushimi Inari. Comme je passe par la gare de Kyoto, j’en profite pour réserver mes tickets de train suivants. Je suis très bien reçue, dans un excellent anglais. Je ne comptais réserver qu’une partie mais quand on m’annonce que certains trajets sont déjà complets à l’heure voulue, je réserve tous mes trains jusqu’à la fin de mon voyage. Au pire, je peux toujours les échanger.

Kleo m’avait dit de visiter la gare et c’est ce que je fais. Le bâtiment, construit en 1997 pour fêter le 1200e anniversaire de la ville et conçu par l’architecte Hara Hiroshi, est très spécial, très moderne, un espèce de grand cube noir vu de l’extérieur mais complètement éventré de l’intérieur, donnant l’impression d’un trou noir, et montant sur neuf étages, faisant penser à des cités imaginaires dans des films de SF. Ce n’est clairement pas un immeuble pour personnes atteintes du vertige. Je monte au dernier étage et me retrouve sur une terrasse arborée, avec chant d’oiseaux venant des enceintes cachées entre les plantes. Je redescends à l’office du tourisme où je prends des informations pour mes visites prochaines puis je retourne au sous-sol pour faire quelques achats alimentaires, admirant au passage la quantité de sucreries magnifiquement emballées. Je recharge également mon pass Suica, craignant quelque peu les machines mais me débrouillant sans problèmes. Je peux enfin découvrir ma chambre d’hôtel et je constate que j’ai bien choisi. Entre les kilomètres de marche à Kamakura et ceux au Fushimi-Inari, je m’écroule bien vite après un massage sommaire de mes mollets courbaturés.

Kyoto

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Japon 2015: Tokyo – Kamakura – Tokyo

Grâce à l’excellente application Hyperdia (gratuite sur Android, gratuite les premiers 30 jours sur Apple), j’ai pu déterminer les heures de mes trains futurs, ce qui m’évitera d’attendre 40 minutes comme à Nikko. Pour Kamakura, j’attrape finalement le train précédant celui que j’avais noté. C’est un train de banlieue qui passe par Yokohama, pas extrêmement confortable, mais je suis assise. Je sors à la gare de Kita-Kamakura (juste avant la gare principale) pour pouvoir visiter les temples proches. Il y a toujours ce moment de flottement pour se repérer, mais parfois il suffit de suivre les nombreux touristes locaux.

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Je commence par l’Engaku-ji, un très beau site avec des bâtiments en bois, érigé en 1282, mêlant le style chinois et l’austérité de l’architecture zen.

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De l’autre côté de la voie se trouve le Tokei-ji, fondé en 1285, plus petit mais assez intéressant grâce à la configuration du site qui héberge un cimetière entre les arbres tout au fond. L’ambiance est assez spéciale, proche du recueillement s’il n’y avait pas un ouvrier ramassant des feuilles à la souffleuse à essence. Je n’ai pas noté le prix d’entrée de ces deux temples: j’ai pu les payer avec ma carte de transports Suica.

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Je passe ensuite devant le temple de Jochi-ji mais ne le visite pas. Je trouve assez facilement la chemin de randonnée Daibutsu qui débute sur le côté du site. J’avais noté cette randonnée et avais vraiment envie d’en profiter, me faisant une idée tout à fait idyllique d’un sentier entre les temples. Très vite, des classes entières d’enfants me dépassent ou me croisent et je répète des dizaines de « hello » ou « konichiwa ».

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A l’aire de repos, après avoir visité un petit sanctuaire, j’hésite: les explications ne sont pas extrêmement claires et je choisis finalement le chemin sans enfants. C’est calme et perdu dans les bois mais je ne vois jamais les embranchements dont parle mon guide pour me mener à d’autres temples. Il y a de beaux points de vue sur la région, jusqu’à la mer. Je vois par contre le chemin qui mène au Cafe Terrace Itsuki Garden et je crois comprendre que je peux juste boire un verre, pas manger. En fait, il fallait juste choisir et payer, puis rejoindre une table avec un petit cône comportant le ticket de ma commande. Je me sens un peu stupide de n’avoir rien compris mais l’endroit est très agréable, dans les bois et tout en terrasses.

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Un peu reposée, je reprends ma route et arrive finalement au grand Bouddha si célèbre, le Daibatsu, envahi par les touristes et les enfants. Je ne profite pas vraiment de l’endroit. Je commence à comprendre que j’ai raté tous les temples que je voulais voir en route et je râle sur mes mauvaises décisions. Mais la journée n’est pas finie et j’ai encore un peu d’énergie.

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Je suis les indications du gps et reviens plus ou moins sur mes pas mais par l’intérieur du village. Je trouve enfin le petit autel en honneur des renards, le Sasuke Inari-jinja, qui se trouve au bout d’une allée de torii oranges.

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Plus loin, je vois le tunnel qui marque l’accès au Zeni-arai Benten, un temple dans un site assez spécial, entouré de collines et envahi par le fumée de l’encens. Les Japonais y lavent quelques billets de banque pour obtenir fortune et santé.

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Je me dis que j’ai peut-être encore le temps de voir d’autres temples, notamment le Kencho-ji mais je suis déjà bien fatiguée et prends une série de mauvaises décisions. Sur la carte, cela n’a pas l’air loin si je reprends le chemin de randonnée et tourne à droite. Je me retrouve sur un chemin très isolé, de plus en plus étroit et je commence à paniquer, surtout que le soleil est déjà fort bas. Seul le gps me rassure en me disant que je vais dans la bonne direction. J’ai sans doute dû déranger quelques esprits de la forêt sur mon passage et réveillé les âmes enterrées dans les cimetières que j’ai croisés sur ma route mais je débouche finalement sur une rue, une vraie, avec des maisons. J’avoue qu’à la fin, je courrais presque… Revenue à la civilisation, j’abandonne tous mes plans de visite et je mets un certain temps à me calmer. Je rejoins la gare de Kamakura et grignote une crasse avant de reprendre le train, un peu serrée entre mes voisins.

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A la gare de Tokyo, je m’achète un bento, trop fatiguée pour encore chercher un restaurant et sachant que je dois préparer ma valise pour mon départ à Kyoto le lendemain matin. Cette journée ne fut pas la meilleure du voyage même si en fin de compte, j’ai vu pas mal de choses. J’en voulais plus et j’ai été frustrée par mes mauvaises décisions. C’est certain, la prochaine fois, je retourne à Kamakura visiter d’autres temples et me promener un peu plus loin en bord de mer à Enoshima.

Japon 2015: Tokyo – Kawaguchi-ko – Tokyo

Pour mes excursions à partir de Tokyo, j’avais noté celles que je voulais faire mais sans trop préciser les jours longtemps à l’avance. J’en ai déplacé certaines et je me suis arrangée pour être sûre qu’il fasse grand soleil pour aller voir le Mont Fuji. J’ai longtemps hésité avant de choisir l’endroit où l’admirer. La région d’Hakone me tentait beaucoup mais il me semblait qu’une journée, c’était un peu court et j’ai bien fait quand je lis le récit de Shermane. Je me suis donc rabattue sur le village de Kawaguchi-ko qui borde un des cinq lacs de la région du Mont Fuji. Le trajet est long: d’abord une demi-heure de ligne Yamanote entre Ueno et Shinjuku, puis une heure de Limited Express Kaiji jusqu’à Ostuki, dans lequel je parle avec plusieurs touristes Thaïs. Dans cette gare, il faut payer un supplément: le train vers Kawaguchi-ko n’est pas compris dans le réseau global du Japan Rail, juste dans le pass régional. C’est la file au guichet et je me débrouille avec la machine à tickets (1140 Yens). Je suis par contre refoulée du joli train express décoré de Monts Fuji (je le verrai plus tard à la gare de Kawaguchi-ko) et je dois prendre le tortillard (je comprendrai plus tard qu’il fallait acheter un ticket combiné dès le départ, avec place réservée). Seize arrêts et une heure plus tard, je débarque enfin à Kawaguchi-ko, une petite ville sans charme au bord d’un des cinq lacs.

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Pour admirer au mieux le Mont Fuji, il faut monter sur une colline avec un téléphérique. Le sommet est aménagé comme de nombreux lieux hyper touristiques japonais, avec stand de nourriture et de souvenirs et statues de la mascotte locale, un gros lapin dans ce cas-ci. La vue est superbe et le devient encore plus un peu plus loin, dès que je prends le chemin qui part en direction du Mont Mitsutoge (qui est à plusieurs heures de marche). Un couple argentino-espagnol me demande de les prendre en photo, puis je croise un couple de Français. Je parle un peu avec l’homme mais me rend compte très vite qu’il est juste énervant à vouloir raconter sa vie. D’ailleurs je crois que sa femme a du mal à le supporter aussi à certains moments !

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Je m’installe un moment sur un banc pour profiter de la vue et tester plein de nouvelles combinaisons sur Hipstamatic. La température est très agréable au soleil, un peu fraîche à l’ombre.

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Je n’avais pas pris de billet aller-retour pour le téléphérique, comptant redescendre la colline à pied. Les indications sur mon plan parlent de 45 minutes, et situent un champ d’hortensias à 10 minutes du sommet. Or il me faut une vingtaine de minutes pour arriver jusque là et je commence à m’inquiéter. Combien de temps me faudra-t-il pour descendre, sachant que mon genou me fait déjà mal ? Je me fais dépasser par des randonneurs bien plus sportifs et mieux équipés que moi (oui, je suis en jupe et ballerines). Je travaille mon mental et décide de prendre mon mal en patience – remonter serait encore plus stupide. Je me prépare à la longue descente… sauf qu’en quinze minutes, je suis finalement au pied de la colline !

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Je visite les magasins de souvenirs, admire les peluches et rate complètement de jolis verres dont j’entendrai parler quelques jours plus tard sur le net: genre de verre à whisky, il y a un petit Fuji évidé dans le fond (dans ce style-là). Je me promène un peu le long du lac (et réussis à me perdre – je voulais prendre un raccourci pour aller à la gare) mais je m’ennuie en fait – c’est en partie dû au fait que je n’ai plus consulté mes guides sur place (Lonely Planet et Rough Guide) pour trouver d’autres choses à faire. L’idée du tour en bateau ne me tentait guère et l’ambiance fait très Mer du Nord en basse saison. En chemin, je mange un sandwich industriel au fromage acheté au Lawson local. Dans le train du retour, c’est un jeune homme de Hong Kong qui m’adresse la parole, il m’avoue s’être ennuyé et a trouvé l’endroit fort vide.

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De retour à la gare d’Ueno, j’explore à nouveau les lieux et vais manger des sashimis, sushis de poisson blanc et makis au thon (1922 Yens). Je suis installée au bar et j’ai une vue sur le poissonnier qui puise ses futures victimes dans de gros aquariums puis les découpe encore vivants. Pour mon assiette de sashimi, le chef attrape une sardine et en prend les filets tandis que la bestiole bouge encore. (Ne lisez pas ceci si vous être sensibles – j’avoue que j’ai eu du mal aussi et que j’ai dû penser très fort à autre chose: le chef a mis la tête et le corps sans les filets sur mon assiette et ce fichu poisson a continué à avoir des soubresauts pendant que je mangeais mes sashimis. On m’a ensuite servi les arrêtes frites – bref, une expérience légèrement traumatisante). Mes deux voisins, de vieux monsieurs, me montrent gentiment comment bien tenir mes baguettes. Je ne comprends rien à la discussion mais cela devient le sujet de conversation de mes deux autres voisins qui font rire tout le monde en montrant comment certains gaijins piquent les aliments sur une baguette ! Je sais aussi maintenant que pour les sushis, on ne trempe pas le côté avec le riz dans la sauce soja mais le côté avec le poisson. J’avoue que je n’ai pas encore la dextérité pour effectuer le bon mouvement de rotation sans décomposer le sushi. Malgré toutes ces aventures, j’ai très bien mangé.

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