Inde – Rajasthan: Bhenswara

Il n’y a pas d’activités prévues avant la fin de la journée et donc, je me réveille à l’aise, surtout après la mauvaise nuit due au matelas trop fin et trop dur et à l’oreiller trop plat. Après le petit déjeuner, je lis puis je tente de dormir encore un peu. Et après le repas végétarien avec frites du midi, je fais de même.

Il y a la fatigue du voyage évidemment mais aussi un certain ennui provoqué par cet endroit isolé du monde où il n’y a pas grand chose à faire et où les abords de la minuscule piscine sont déjà occupés. Notre groupe a en effet rejoint un autre circuit de Wild Frontiers et à partir de maintenant, nous voyagerons en parallèle. Cela a changé la dynamique, nous n’avons plus ce sentiment d’exclusivité et c’est un peu dommage. Il y a aussi une certaine lassitude après deux semaines de circuit bien remplies et l’idée que les prochains jours sont beaucoup moins occupés.

Nous partons finalement vers 16 heures pour un « shepherd and leopard safari », avec l’autre groupe. Trois jeeps nous attendent – la nôtre date de la seconde guerre mondiale – et « Eyecandy » a mis son plus beau costume d’explorateur avec chapeau assorti pour nous mener à la chasse. Il est à ce point stylé que cela en devient presque drôle.

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Nous nous arrêtons dans un petit village habité par des Bhils, un peuple indigène à l’Inde (adivasi). Il y a un temple en plein air, organisé autour d’un arbre sacré. C’est là que se déroulent les rituels de guérison en cas de maladie ou de morsure de serpent. Nous nous promenons un peu entre les maisons parfois encore très primitives, entourés d’enfants, mais je me sens très voyeuse et pas très à l’aise dans cette situation, surtout que certaines personnes de l’autre groupe sont très demandeuses de photos, voire même exigeantes.

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Nous reprenons la route, enfin plutôt des chemins poussiéreux, et nous nous arrêtons dans un autre village peuplé par des Rabari, une ethnie semi-nomade qui s’y fixe pour l’hiver avant de repartir vers le Gujarat avec les troupeaux. Nous sommes immédiatement assaillis par des enfants, à un point tel que je quitte le groupe. Connie me suit tout de suite et nous tentons de nous réfugier près de la jeep et près de Tej qui au moins sait communiquer avec eux et leur dire d’arrêter. Ce qui n’empêche pas une gamine particulièrement insistante d’exiger que je lui donne le badge qui orne mon sac à main.

Ou comment le tourisme détruit certaines relations humaines.

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Après ce moment que j’ai trouvé très compliqué, nous continuons la route et nous nous arrêtons dans un endroit qui est heureusement très isolé, avec une belle vue sur la campagne et les collines environnantes. Les chauffeurs et guides installent un feu de bois et nous proposent chai et rhum tandis que le soleil se couche.

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« Eyecandy » avec son téléphone

Une fois la nuit tombée, nous partons à la recherche des léopards. Je n’y crois pas trop, et en effet, aucun ne se montrera dans la lumière des grands phares qui balayent les collines. Mais c’est aussi l’occasion de voir les étoiles sans effet de la pollution lumineuse des endroits plus urbanisés. Pendant le chemin du retour, nous croisons des sangliers et un porc-épic qui s’enfuit.

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La route me semble bien longue mais nous arrivons enfin à l’hôtel où nous mangeons un repas un plus épicé qu’hier. Je prends ensuite une douche bien méritée et je vais dormir.

Plus de photos sur flickr.

Inde – Rajasthan: Manwar Desert Camp – Jaisalmer

Je me réveille en entendant les chants religieux hindous de Tej dans la tente voisine après une excellente nuit. Le soleil n’est pas encore très haut dans le ciel et la lumière est belle ce matin, pendant que je prends mon petit déjeuner. Mais c’est bientôt l’heure de retourner à la civilisation.

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Le trajet est à nouveau fort long, environ 4 heures, et la route vers Jaisalmer est en partie en construction. Nous croisons des convois militaires et voyons les nombreux terrains d’exercices, avec notamment des lance-roquettes. C’est clair: le Pakistan est très proche. Et je n’ai jamais vu autant de matériel de l’armée.

En arrivant dans la ville de Jaisalmer, nous avons une belle vue sur le fort. L’hôtel Gorbandh Palace est situé un peu en dehors de la cité ancienne et ressemble à un palais de maharadja mais est en fait une construction moderne déjà un peu défraîchie. Ma chambre est cependant très propre mais pas spéciale du tout. Nous prenons le repas de midi puis, Tej nous propose de nous reposer près de la piscine en attendant que les températures baissent. Une base militaire est toute proche et de nombreux jets nous survolent à basse altitude pour atterrir sur des pistes qui se cachent très vite en sous-sol – paraît-il.

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Nous repartons vers 16h45 pour une promenade dans la ville, d’abord dans le bazar. Mais le but premier est d’arriver à un point de vue en hauteur pour profiter du coucher de soleil. Le fort est superbe sous les lumières jaunissantes et rougissantes du soir. L’ambiance est cependant troublée par un enfant mendiant qui chante à tue-tête une version très fausse de « Frères Jacques » et nous fuyons.

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Nous retraversons une partie de la ville à pied pour aller manger dans un restaurant dont la terrasse offre une très belle vue sur le palais du maharadja. Parmi les plats, je me délecte tout particulièrement du curry à l’œuf et du curry d’aubergines. Une promenade digestive de 30 minutes nous ramène à l’hôtel. Cela fait un bien fou mais dans le noir, c’est un peu périlleux  d’éviter les crasses et bouses de vache. Une fois dans ma chambre, je suis rattrapée par la fatigue et m’endors sans tarder.

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Inde – Rajasthan: Gajner – Nagaur

Ce matin, il faut quitter ce lieu idyllique qu’est Gajner… Nous reprenons la route, en traversant Bikaner où nous sommes témoins d’une collision entre un tuk-tuk et d’une moto. C’est assez confrontant de voir le motocycliste faire des convulsions et l’attroupement qui se forme de suite autour de lui. Heureusement l’ambulance arrive déjà.

Le trajet prend 4 heures mais nous faisons un arrêt à Deshnoke où se trouve un temple assez particulier. En effet, l’édifice consacré à Karni Mata, une sage hindoue qui est une incarnation de Durga, est un sanctuaire pour les rats. Plus de 25.000 rongeurs y vivent et y sont vénérés. Je dois bien avouer que je ne suis pas très enthousiaste à l’idée de visiter cet endroit mais la curiosité l’emporte. Comme dans tous les temples, il faut se déchausser et le sol n’est pas propre. Ma visite est vite écourtée, dégoûtée par les déjections qui s’accrochent à ma plante des pieds. De plus, les rats courent partout et l’odeur est nauséabonde, ce qui n’a pas l’air de déranger les dévots. Des lingettes humides viennent à la rescousse et permettent de nettoyer mes pieds pour la suite du voyage. C’était en tous cas une expérience assez spéciale !

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(Quelques photos supplémentaires sur flickr).

Nous continuons la route vers Nagaur. En arrivant dans la petite ville, le chauffeur peine quelque peu à trouver la bonne route mais finalement nous pénétrons dans le fort d’Ahhichatragarh. L’hôtel Ranwas est en fait au coeur de la citadelle ! Nous ne nous attendions pas à ça et ouvrons grand les yeux. C’est un établissement de grand luxe (noté à 9,7 sur booking) mais ancien, appartenant à la catégorie des « heritage hotels ». Comme la ville de Nagaur est en dehors des sentiers battus, c’est encore plus ou moins abordable (autour des 200€ quand même) sauf au moment du grand festival de musiques du monde organisé chaque année par le maharadja de Jodhpur dont dépend la ville.

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Nous sommes les seuls touristes à y loger cette nuit-là, ce qui augmente évidemment le sentiment de vivre une expérience exceptionnelle. Le personnel est d’ailleurs aux petits soins pour nous pendant toute la journée et la soirée.

Les chambres sont dispersées dans différents havelis, comportant un rez-de-chaussée et un étage, avec chaque fois une cour intérieure couverte meublée de fauteuils et joliment décorée. A chaque étape, nous (les trois femmes voyageant seules donc) tirons  au sort les clés pour les chambres et j’ai de la chance: j’obtiens la plus grande, avec un lit immense, un salon, une minuscule cour privée et une grande salle de bains.

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Même Eddy trouve son bonheur en feuilletant les livres déposés dans la chambre.

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Nous prenons ensemble sur la terrasse le repas de midi: divers plats locaux – notamment à base de haricots du désert -, des currys évidemment, mais aussi un assortiment de desserts que je laisse volontiers à mes compagnons de voyage. L’après-midi est libre et je m’installe à la piscine avec mon livre, observant le ballet des pigeons qui viennent s’abreuver. Après un moment, je décide d’aller nager mais l’eau est très fraîche: je mets donc un temps fou à y entrer !

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Vers 16h, c’est afternoon tea et les serveurs nous amènent un assortiment de sandwiches, pakoras et de gâteaux, tous plus délicieux les uns que les autres. Et c’est inclus dans le prix.

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Le soleil commence tout doucement à baisser et c’est le moment de commencer la visite du jour, celle du fort. Un serveur et guide nous emmène dans le dédale des couloirs et nous explique comment tout a été patiemment rénové. La cour principale est immense et les bâtiments prennent des couleurs dorées superbes en cette fin de journée. C’est aussi un plaisir immense de visiter l’endroit sans autre compagnie que les membres du groupe et cela donne le sentiment d’être maharadja pour un moment.

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Nous montons à l’étage d’un des palais, sur un toit plat qui donne une vue panoramique sur la région. Des serveurs nous suivent avec des bières fraîches que nous prenons en apéritif pendant que le soleil se couche. Ils nous ramènent ensuite au restaurant à la lueur des lampes torches (et des smartphones).

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Le dîner, bien trop copieux, est constitué de laal mas, dhal, haricots du désert, poulet tikka, soupe de carottes-coriandre, légumes divers, betteraves et un dessert (halva et gâteau au chocolat). Après m’être empiffrée, je décide que je mangerai moins les prochains jours !

La journée était mémorable et je m’endors avec le sentiment d’avoir vécu une expérience exceptionnelle, réservée à peu de monde.

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Plus de photos sur flickr.

Inde – Rajasthan: Gajner – Bikaner – Gajner

Avant d’aller manger mon petit-déjeuner, je profite de la lumière douce du matin pour faire quelques photos du lodge de chasse qui nous a hébergé cette nuit. La vue sur le lac est vraiment superbe et donne envie de s’y attarder. Mais de nouvelles visites nous attendent.

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Nous prenons le minibus pour rejoindre Bikaner, la ville principale de la région. Le premier arrêt se fait au Junargarh Fort érigé au 16e siècle mais souvent transformé au cours des siècles. De multiples cours sont entourées de bâtiments aux pierres finement découpées et décorées. Des filets les recouvrent pour empêcher les pigeons d’entrer et de faire des dégâts. Les murs intérieurs sont embellis par des fresques ou peintures, ou par un décor de pierres et miroirs. Et le grand hall que nous visitons à la fin abrite même un avion offert par les Britanniques. Depuis plusieurs jours déjà, je suis émerveillée par la richesse et la magnificence de cette architecture et ce palais n’est pas en reste.

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Sur notre route se trouve ensuite le temple jain Bhandeshwar. L’architecture est tout de suite fort différente et ressemble aux temples hindous que j’ai vus en Inde du Sud. L’intérieur est très travaillé, avec des fresques, sculptures et des milliers de petits miroirs reflétant la lumière. La visite est rythmée par le chant des fidèles.

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De là, nous partons à pied dans les rues de Bikaner, d’abord dans le bazar qui embaume les épices mais le guide local ne nous laisse pas vraiment de temps pour nous y attarder. Ensuite vient le quartier des havelis, tous plus superbes les uns que les autres, mais parfois difficiles à photographier dans ces ruelles étroites envahies d’obstacles au sol et de fils électriques en l’air.

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Le guide propose de prendre un tuk tuk pour rejoindre le minibus mais nous refusons, préférant marcher encore un peu. C’était sans compte son rythme effréné: il marche en effet à grand vitesse sur une avenue envahie par la circulation et les échoppes, le tout en plein soleil. Jilian garde le rythme à côté de lui, et moi je tente de les suivre avec Connie à mes côtés, fixant le chapeau de Jilian avec concentration pour ne pas la perdre. Ce n’était vraiment pas agréable comme marche, ressemblant plus à une marche forcée qu’une flânerie dans une ville. De plus, j’avais cru que la journée serait juste consacrée à quelques visites et j’avais mis mes tongs au lieu de mes sandales de marche. Tej quant à lui s’occupait de l’arrière-garde et j’aurais préféré rester avec lui plutôt que de faire la course.

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Qu’est-ce qui motivait ce guide local ? Sans doute l’appel de sa commission dans le magasin de pashminas, châles en laine de chameau et autres textiles. Heureusement, il y fait frais, mais à nouveau cela dure des heures. Je suis bien tentée par un couvre-lit / immense châle au motif soi-disant créé pour Hermès (des échassiers) mais je résiste à la tentation. A un moment, après avoir terminé de trier mes photos et patienté plus que nécessaire, je pousse un peu mes compagnes de voyage vers la sortie en leur disant que nous n’aurons plus de temps pour faire le safari du soir si nous traînons encore longtemps. Et j’ai faim.

Pour le repas du midi, nous sommes invités chez des particuliers qui nous ont préparé un succulent repas composé de paneer à la cardamome, de dhal, de curry de pommes de terres et de poulet et d’un dessert – une crème aux bananes et kiwis tout simplement délicieuses. Nos hôtes sont charmants et c’est agréable de discuter un peu avec eux. Je n’ai juste pas osé mitrailler mon repas…

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Plus de photos de Bikaner sur flickr.

Nous rentrons à Gajner où une jeep nous attend pour le safari du soir. Le terrain est fort différent de Ranthambore, moins arboré et plus herbeux. Cette savane est habitée par diverses gazelles et antilopes, des chacals mais aussi quelques variétés d’oiseaux. Nous sommes les seuls à rouler là ce soir et c’est bien agréable. Nous rejoignons le lac que j’ai photographié ce matin mais nous sommes de l’autre côté. En rentrant, le soleil se couche.

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Avant de manger, des musiciens du Rajasthan donnent un concert dans la cour principale et c’est agréable d’écouter cette musique encore très traditionnelle tout en prenant l’apéritif. Le repas quant à lui est à nouveau peu intéressant mais Tej a une surprise: il a acheté du gin, du tonic et des citrons et nous profitons de gins tonics dans une des chambres tout en discutant de tout et de rien. Une belle manière de terminer cette journée.

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Plus de photos de Gajner sur flickr.

Inde – Rajasthan: Agra – Fatehpur Sikri – Bharatpur – Ranthambore

Le petit déjeuner de l’hôtel Trident est très varié mais il n’y a pas beaucoup de temps pour en profiter: le départ est très matinal. Nous recevons cependant de quoi nous sustenter en cours de route. Nous partons pour Fatehpur Sikri, quittant l’Uttar Pradesh pour enter au Rajasthan que nous ne quitterons plus. Après un peu moins de deux heures de route, il faut à nouveau abandonner notre véhicule à une certaine distance du site historique pour prendre un bus au gaz. Sauf que deux des trois sont en panne et le seul qui roule est pris d’assaut par des Indiens. Le guide local essaie pourtant de nous y faire monter mais nous refusons, préférant attendre son retour. Ce qui ne prend que 15 minutes et ce qui nous permet d’être à l’aise.

Fatehpur Sikri est une ville-fort ancienne construite par l’empereur Moghol Akbar et utilisée comme capitale entre 1571 et 1585, date où elle a été abandonnée. Ville fantôme, elle est particulièrement bien préservée et est un bel exemple du style architectural indien du 16e siècle. Les bâtiments et palais sont construits en brique rouge du Rajasthan et sont entourés de cours et jardins. Les pierres sont finement découpées et ornementées.

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Il est encore relativement tôt et il n’y a presque pas de monde, ce qui fait un bien immense après les visites du jour précédent. Nous quittons l’enceinte par une autre sortie où le minibus nous attend pour nous conduire à Bharatpur.

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(Quelques autres photos de Fatehpur Sikri sont visibles sur flickr).

La gare est joliment décorée de peintures d’oiseaux. Nous allons d’abord dans la salle d’attente, où Connie et Bob nous font une démonstration de yoga. Plus tard, sur le quai, nous sommes très rapidement entourés d’un groupe d’étudiants de plus en plus curieux et de plus en plus nombreux. Heureusement, Tej arrive à les canaliser en plaisantant avec eux et ils s’éloignent. Ce qui n’est pas plus mal, je commençais à me sentir mal à l’aise.

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Le train arrive et nous allons jusque Sawai Madhopur, deux heures plus loin, et proche du parc national de Ranthambore. Les vitres sont un peu opaques et ne permettent pas trop d’admirer le paysage, fort monotone d’ailleurs: des plaines très sèches et un peu de végétation. Nous faisons la conversation pour passer le temps, tout en grignotant les biscuits et bananes de l’hôtel. Je ne peux pas dire que l’expérience de ce voyage en train ait été inoubliable…

Une fois arrivés à la gare, des voitures nous conduisent à notre hôtel – le minibus est encore en route. Le Juna Mahal est un établissement récent construit sur le modèle des anciens palais mais le service est quelque peu désorganisé: on nous attribue les clés des chambres alors qu’elles ne sont pas prêtes. Nous y mangeons dans une grande salle un peu vide différents plats sous forme de buffet.

Les chambres ont un certain caractère anglais, plutôt romantique, avec des rideaux à fleurs et un lit à baldaquin. J’ai même un petit balcon et la salle de bain est grande, surtout la douche (mais l’eau chaude est très lente à venir, restant même plutôt tiédasse). Pour le wifi, par contre, c’est uniquement à la réception et je n’ai pas la patience d’attendre une connexion.

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Je me change, prévoyant un pantalon et surtout un châle pour la poussière. Nous partons en effet en safari en jeeps ouvertes. Chaque jour, les touristes se voient allouer une zone dans le parc naturel de Ranthambore, connu pour les tigres. Nous n’avons pas de chance et devons rouler une petite heure avant d’arriver à celle qui nous est allouée. Quand nous arrivons, le chauffeur constate qu’il a crevé mais c’est très vite réparé !

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Le parc est un genre de savane, avec des arbres épineux. Y vivent des daims, des cerfs, des paons et surtout des tigres. Le but premier est évidemment de les repérer et comme une mère et ses deux petits ont été vus le matin même dans cette zone, toutes les jeeps de visiteurs convergent vers un point précis. En contrebas se trouve un point d’eau, dans une gorge bordée de rochers abrupts, très verte, avec quelques palmiers. Et là commence une longue attente. Il y a pas mal de monde et ça parle beaucoup, souvent fort. Je me dis que si j’étais un tigre, je ne me montrerais pas ! J’ai quelques frayeurs: la jeep descend via des rochers fort abrupts. Le vide est proche et le seul moyen de regagner un point plus élevé est de faire de la marche arrière, les moteurs à fond. En fermant les yeux, j’arrive à éviter le pire de mes angoisses du vide.

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De retour sur le plateau, nous attendons encore un peu mais les tigres ne se montrent pas. Je suis déçue évidemment, surtout quand je compare ce safari à celui de l’année passée au Sri Lanka où j’ai vu tant d’animaux différents, dont des léopards. Je profite cependant du paysage de savane et de collines; les couleurs sont superbes au soleil couchant.

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Le chemin du retour me semble très long. Il fait nuit et il commence à faire fort frais dans la jeep qui roule à grande vitesse. Avec la poussière ambiante, le décrassage est plus que nécessaire une fois de retour à l’hôtel.

Nous mangeons à nouveau au buffet, avec une grande Kingfisher et les discussions dérivent sur la condition des femmes en Inde. A part dans les grandes villes, le système reste très traditionnel: elles s’occupent de la maison et des enfants, ainsi que des champs. Au Rajasthan, elles portent un voile coloré transparent qui peut cacher le visage et le regard. Le couple et la fidélité ne sont pas au cœur des traditions: les mariages sont souvent arrangés dès l’enfance et ils donnent l’impression de ne servir qu’à la procréation (je m’avance sans doute un peu trop en disant cela). Les maisons abritent la famille au sens large, les femmes (et les petits enfants) dormant d’un côté et les hommes de l’autre. Quant aux relations sexuelles, il faut s’arranger: soit attendre que tout le monde dorme, soit trouver un endroit discret en journée. Nous abordons aussi le sujet des viols et des procès qui ont suivi. En pleine période de #metoo, ce thème me touche particulièrement et je constate surtout qu’il y a encore un très long chemin à parcourir en Inde.

Sri Lanka: Ahangama

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Je passe une partie de la nuit à batailler avec un moustique malgré l’insecticide branché dans la prise et malgré l’airco que j’allume pour le faire fuir. Il n’y a pas à dire, ils m’adorent ! Je me lève donc assez tard (mais quand même avant la sonnerie du réveil). Je retrouve Nick, puis Sarah au petit-déjeuner. La journée est libre aujourd’hui et je compte bien en profiter pour faire une chose que j’adore: lire un roman allongée à l’ombre d’un palmier avec les vagues en bruit de fond. Mais d’abord, j’aimerais trouver une bouteille d’arrack, l’alcool local à base du jus des fleurs encore fermées du cocotier. Je pars avec Nick pour une ballade dans le petit village sous un soleil de plomb. Je trouve mon alcool, choisi un peu au hasard, et nous observons la vie locale, les étals de légumes et fruits, le train qui passe.

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De retour à l’hôtel, je passe par ma chambre pour me mettre en bikini (j’y trouve un Eddy en bonne compagnie) et je constate avec joie que Sarah m’a réservé un lit de plage à l’ombre, juste comme je préfère. Je lis un roman, puis commence un second et je m’endors pendant un moment. Je remarque aussi les allers-retours de Sarah et Mark, quelque peu décalés, mais en phase quand même. Il y a de la romance dans l’air !

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Vers 17h30, je vais admirer le coucher de soleil puis prendre une douche pour me laver de la crème solaire et des embruns. On est au bord de la mer, mais le restaurant n’a pas de crevettes géantes aujourd’hui. Je me rabats par dépit sur un plat de poulet cacciatore parce que je commence à en avoir assez du rice and curry.

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Roshan clôt la soirée en chantant quelques chansons, s’accompagnant à la guitare.

Sri Lanka: Sigiriya – Giritale

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Départ à l’aise en car ce matin, vers 9 heures, avec encore un arrêt pour des dernières photos du rocher du Lion. Nous passons à l’hôtel à Giritale pour une courte pause avant de repartir pour une ballade à vélo. C’est un parcours facile, toujours plat, de 15 kilomètres sur de petites routes asphaltées ou en terre. Au début, je ne me sens pas trop à l’aise, agrippant mon guidon mais des crampes me forcent à lâcher du lest en cours de parcours et je m’en sors bien jusqu’au bout. Les arrêts sont fréquents – normal quand il y a des amateurs d’oiseaux ! Je peux ainsi admirer des martins-pêcheurs, des aigrettes, des paons… ainsi que toute la vie locale et rurale de la région. Les routes longent de petits canaux ou des rizières; le paysage est très vert. Il se met à pleuvoir mais pas très fort, assez quand même pour les gouttes se mélangent à ma sueur, mouillant mon t-shirt.

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Nous faisons une première pause « noix de coco ». Un cueilleur grimpe à un cocotier et montre comment il détache les fruits, les faisant tomber plusieurs mètres en contrebas. Pendant que la femme du cueilleur ouvre les noix, Roshan fait une démonstration de cricket, montrant ses talents avec le fils de la famille, puis avec quelques membres du groupe. Nous recevons notre noix de coco pour boire l’eau désaltérante pendant qu’il explique ses divers usages.

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La pluie qui s’était interrompue recommence à tomber et je crains le pire – je n’ai aucune envie de continuer cette ballade à vélo complètement trempée. Heureusement ça se calme et il n’y a plus que des gouttes plus ou moins intermittentes. Le paysage ne change pas vraiment mais c’est vraiment agréable de rouler sur ces petites routes de campagne.

Il est temps de manger ! Nous nous arrêtons au détour d’un chemin un peu perdu auprès d’une famille srilankaise qui a préparé un repas complet de soupe et de rice and curry pour nous. Il y a du riz blanc et rose, du dhal, des currys de jacquier (c’est un peu pâteux), de courge et de pommes de terre, un curry de porc et différents condiments. C’est servi sur des feuilles de bananier. J’accompagne le tout d’une ginger beer locale (mais produite par Coca-Cola) qui est une bombe de sucre: 100 millilitres contiennent 11 grammes de sucre !

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Après ce repas, le retour sur le vélo est un peu pénible, les selles étant assez inconfortables et la fatigue de la matinée se faisant sentir mais le chemin à parcourir n’est plus très long, une demi-heure tout au plus. La toute dernière partie est la plus compliquée, la route étant parsemée de grands nids de poule mais j’arrive au bout, en mettant pied à terre lors des endroits les plus détériorés.

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Nous retournons à l’hôtel, l’Hotel Giritale. Il est magnifiquement situé avec une vue surplombant un grand réservoir. La piscine est petite mais agréable tandis que la chambre se veut contemporaine mais ne l’est pas tout à fait. Je prends une douche bien nécessaire, me décrassant de partout, évacuant sueur, crème solaire et boue qui se sont mélangés. Je profite de la grande terrasse pour finir mon roman tout en buvant un jus de fruits. Quand je commence le livre suivant, le soleil se couche, embrasant le ciel entre les nuages.

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Après ce moment toute seule, je rejoins les autres membres du groupe pour l’apéro, un gin tonic pour ma part. Ce n’est pas particulièrement réussi: je reçois 2 cl de gin ainsi qu’une bouteille de 33 cl de tonic pas très frais et pas très bon. Je m’en tiendrai dorénavant à la bière ! Un groupe de Français arrive et ça devient très bruyant.

Le repas est sous forme de buffet dans une salle fermée et air-conditionnée et ce n’est pas fameux. Il y a essentiellement de la nourriture occidentale mal préparée, de la viande trop cuite et des légumes à l’eau. Un des Français demande au chef srilankais si le poisson est de l’espadon, pas en anglais mais en français. Le pauvre chef ne comprend rien évidemment et du coup le Français répète la question plusieurs fois de plus en plus fort. Il n’aura jamais de réponse. Après le repas, je fuis – à cause du bruit.

Je me sens un peu triste, sans trop savoir pourquoi. La pluie ? Le rythme du voyage un peu trop lent ? Encore rien vu d’extraordinaire ? Le besoin de solitude ? Je m’endors, me réveillant plus tard parce que j’ai mal aux bras et parce que mon nez est bouché.