Kassel (2022): Documenta Fifteen (III)

Mercredi 17 août 2022

C’est la dernière matinée pour moi (mes amis restent un peu plus longtemps en Allemagne) et je sais que je ne verrai pas tout, il reste trop d’endroits à découvrir. La prochaine fois je prévoirai un peu plus de temps. (Je me suis rendue compte que je n’ai quasi pas pris de photos ce dernier jour.)

Après un solide petit-déjeuner, nous partons pour visiter le Fridericianum, un des gros morceaux de la Documenta. Il y a du monde, même à l’ouverture, même en milieu de semaine. Le rez-de-chaussée a été organisé comme un espace de vie commune pour les artistes mais aussi comme endroit où les enfants peuvent passer un moment à jouer, et il y a même une crèche pour les tout-petits.

Au troisième étage, je m’arrête un moment devant la vidéo de Shero Hinde qui filme les chanteurs traditionnels Bédouins arabes et kurdes et qui décrit le « raweh » assyrien. Le reste de l’étage est un peu labyrinthique avec même des œuvres dans la tour mais j’ai un peu de mal à m’y intéresser.

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Il en va de même à l’étage en dessous, qui rassemble le travail des divers collectifs. Ce ne sont pas toujours des œuvres à proprement parler mais souvent ce sont des documents qu’il faut lire, des photos ou des films d’archives qu’il faut regarder avec attention, depuis le début.

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Je retrouve mes amis et nous allons voir les vidéos dans les caves voûtées (où il fait horriblement chaud et où l’air est vicié dès le matin – un Hollandais fait judicieusement la remarque que les Allemands n’ont pas appris les règles de la ventilation pour lutter contre le covid). Il s’agit de films de Saodat Ismailova qui dans l’un, montre le travail quotidien des femmes, et dans l’autre, quelque chose qui ressemble à un culte aux esprits sous forme d’une visite de femmes à un lieu isolé dans la nature.

L’heure de partir approche pour moi, et nous nous arrêtons encore devant la façade du C&A sur laquelle pend une oeuvre de Taring Padi. Je retourne à l’hôtel chercher ma valise et me rend à la gare où je prends le premier train pour l’autre gare de Kassel. Je suis bien trop tôt, mais pendant mon attente, l’app m’annonce que les trains sont interrompus entre les deux gares – j’ai donc bien fait. Par contre, je ne suis pas du tout rassurée: je vois que le train qui vient de Hambourg et qui doit m’emmener à Francfort est en retard, mais au final il rattrape une partie du temps perdu. Ce premier bout de voyage se passe au calme.

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La gare de Francfort

Je prend ensuite ma correspondance à Francfort, pour Bruxelles, et c’est tout de suite un peu la foire, avec une famille indienne (avec un petit enfant) qui s’installe à des places différentes de celles de leur réservation. Une fois à Cologne, le train est envahi, il n’y a plus assez de places pour tout le monde (le wagon 21 a été fermé pour cause d’airco cassé – ça me rappelle quelque chose) et me voilà entourée d’enfants et d’adultes assis par terre, bloquant tout passage. Je rêve d’écouteurs anti-bruit et le temps est long. Je ne garderai vraiment pas un bon souvenir de la Deutsche Bahn, mais pour rejoindre Kassel, il n’y a pas d’autres solutions à part la voiture.

C’était ma quatrième édition de la Documenta, et très clairement la plus différente de toutes. Les curateurs ruangrupa ont mis en avant le collectif et l’activisme du monde non-occidental, avec essentiellement des installations et des vidéos, et pas mal de work-in-progress. Cela ne rend pas toujours la visite aisée, et il y a parfois des œuvres qui ne sont pas des plus intéressantes, mais cette manière de travailler est tout à fait nouvelle pour la Documenta, et cela fait du bien de sortir des convenances et habitudes, de recevoir un coup de pied et de découvrir le reste du monde. J’ai beaucoup apprécié cette manière de faire différente, même si je regrette la quasi absence de photos, et le manque de temps. L’organisation aurait peut-être pu donner un signe en proposant des billets pour trois jours au lieu de deux ? Si j’avais prévu plus de jours sur place, j’aurais sans doute moins saturé et pris plus de plaisir pour tout découvrir à mon aise.

J’ai aussi beaucoup apprécié le fait que les espaces d’exposition soient disséminés dans la ville, beaucoup plus qu’avant. Cela a permis de découvrir des endroits inconnus, pas spécialement beaux mais appartenant au passé industriel de Kassel – il y avait un petit côté urbex par moments. C’est faisable à pied, mais les trajets ne sont pas toujours des plus agréables, longeant des autoroutes urbaines ou des chaussées bordées de garages ou autres petites industries. En total contraste avec ces quartiers, le grand parc est un vrai lieu de repos et de respiration. Il y avait apparemment des oeuvres dans un autre parc mais je n’ai pas réussi à aller jusque là.

Mes coups de cœur de cette édition: Taring Padi, Khvay Samnang (ce n’est pas nouveau), Wakaliga Uganda, Saodat Ismailova – et le fait que les curateurs étaient indonésiens et non occidentaux.

Distance parcourue: 12 801 pas ou 9,1 km

Kassel (2022): Documenta Fifteen (II)

Mardi 16 août 2022

Après une nuit convenable (mais il faisait malgré tout un peu trop chaud), je retrouve mes amis autour d’un copieux petit déjeuner. Il faudra bien ça pour la journée qui nous attend, la seule journée complète de visite pour moi.

Nous décidons de visiter les endroits plus excentrés, et il faut suivre une longue route où aux commerces divers se succèdent des garages et autres industries plus ou moins acceptables en ville. Bref, ce n’est pas des plus beaux. J’hésite pour le premier arrêt: on voit des panneaux au loin mais comment y arriver ? En fait, l’oeuvre en question est dans le passage souterrain pour piétons et vélos, sous la Platz der Deutschen Einheit. Il y a des collages indonésiens mais aussi une installation sonore du collectif activiste danois Trampoline House dénonçant le système rigide des demandes d’asile.

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La route un peu sinistre se poursuit et nous emmène au point suivant, le Hallenbad Ost, une ancienne piscine. La pelouse devant le bâtiment est parsemée de cartons peints, collés sur des piquets plantés dans le sol, des œuvres du collectif indonésien Taring Padi. Ce même groupe d’artistes activistes remplit également l’espace intérieur, avec des affiches et des tableaux assez monumentaux, représentant leurs diverses luttes à Java, en Indonésie, notamment contre l’implantation d’une usine. C’est souvent satirique, et très politique, et surtout très prenant. C’est une des endroits qui m’aura le plus marqué (j’avais le vague souvenir d’avoir vu certaines œuvres au Japon, et j’ai pu le confirmer en consultant un catalogue acheté à Fukuoka).

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Taring Padi
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Taring Padi

La visite suivante est consacrée à l’église St. Kunigundis, un bâtiment vide qui rassemble diverses statues et installations d’artiste haïtiens du groupe Atis Rezistans | Ghetto Biennale from Haiti. C’est un mélange assez étrange de traditions vaudou et de christianisme. Il y a de nombreuses vidéos aussi, mais la sacristie qui les abrite est un endroit surchauffé (à en devenir tropical) et sans air (une constante, malheureusement, à cette Documenta – l’organisation n’a apparemment jamais eu vent des conseils de ventilation en temps de covid).

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Il fait de plus en plus chaud, mais nous allons vaille que vaille vers l’endroit suivant, traversant des quartiers où résidences privées côtoient des terrains industriels.

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L’Hübner Areal est une ancienne usine où étaient fabriquées des parties de voitures, autobus et tanks. Et c’est immense. Au début j’avance plutôt vite, en me disant que je reviendrai en arrière et c’est vrai que je survole un peu certaines œuvres, et d’autant plus les vidéos. Je m’arrête cependant devant la vidéo en trois volets nommées « Sleepers » de Díaz Morales et Gentong puis devant les installations de la Fondation Festival sur le Niger, montrant des bouts de culture malienne. Toutes les œuvres ne sont pas si intéressantes que ça, parfois l’activisme semble plus important et c’est juste une juxtaposition d’éléments qui n’attirent pas spécialement le regard.

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Je me promène, je flâne, glanant des bouts de films, parcourant le sous-sol dans une installation très sombre mais organique.

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Et puis voilà une partie qui est mise en place par le Sa Sa Art Project du Cambodge, avec une de ces envoutantes vidéos de Khvay Samnang que j’avais découvert lors de l’édition précédente de la Documenta. J’aime toujours autant.

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Khvay Samnang
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C’est plus ou moins à ce moment-là que je retrouve mes amis (nous visitons à des rythmes différents) et nous décidons de quitter cet endroit, non sans entrer dans une dernière pièce où est diffusée un immense triptyque vidéo qui semble intéressant mais parfois on sature. C’est surtout l’heure pour une radler au pamplemousse (c’était pas très bon).

C’est sous le soleil brûlant du début d’après-midi que nous allons au projet suivant, le Sanderhaus, qui rassemble divers projets mais qui est bien vide à ce moment-là de la journée. Nous retournons au Hallenbad où le jardin était parsemé de foodtrucks bien tentants et c’est enfin l’heure d’une collation bien méritée (une pita pour moi).

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Il y a des nuages menaçants et nous partons au plus vite pour un autre gros morceau de la journée, l’ancienne usine désaffectée de la Hafenstrasse 76 – Kassel possédait autrefois un port et divers entrepôts et usines y étaient rassemblés. L’endroit me semble moins intéressant, je n’ai plus trop la patience, notamment pour l’immense roman photo pour lequel il faudrait bien une heure pour lire tous les dialogues. Je m’installe cependant devant les vidéos des Chinois Cao Minghao & Chen Jianjun s’intéressant notamment à la construction d’un barrage au Sichuan et les conséquences environnementales.

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Nous sommes bien fatigués après ça mais loin du centre. Heureusement nous trouvons une promenade agréable le long de la rivière Fulda pour retourner à la RuRuHaus qui abrite une librairie où je fais quelques achats. C’est aussi l’heure de la bière de la Documenta, puis du choix du restaurant qui sera vietnamien ce soir.

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La journée a été bien remplie et nous avons beaucoup marché, je suis complètement vidée.

Distance parcourue: 22 144 pas ou 16,3 km

Kassel (2022): Documenta Fifteen (I)

Lundi 15 août 2022

La Documenta, c’est cet événement qui a lieu tous les cinq ans à Kassel, en Allemagne, autour de l’art contemporain. De nombreux artistes du monde entier y exposent, artistes choisis par un curateur. J’y ai été une première fois pour la dixième édition en 1997, puis à nouveau en 2002. Il y a ensuite eu une longue pause, mais j’y suis retournée en 2017 pour la quatorzième édition, et enfin cette année pour la quinzième. Le plus court est d’y aller en voiture (même s’il faut compter quand même environ cinq heures) mais le trajet est fatigant, passant par des autoroutes très fréquentées. Reste alors le train, mais il faut compter quasi six heures depuis chez moi. C’est cette option que nous avons choisie cette année, moi et un couple d’amis (qui ne conduisent pas) et nous avons réservé à la mi-mai (le billet a coûté environ 180€ aller-retour en première classe – le prix était identique à celui de la seconde + les 20€ de réservation de la place qui me semble vraiment nécessaire à moins de voyager à une période vraiment creuse).

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L’arrêt à la gare de Liège Guillemins

Je suis donc partie de tôt matin ce lundi férié pour rejoindre mes amis à la gare du Midi, où nous attendait le ICE de la Deutsche Bahn en direction de Francfort. J’avais entendu beaucoup de mal des trains allemands et c’est effectivement le cas. Il fait chaud dans notre wagon et nous comprenons très vite que l’airco est cassé. Trois heures dans un wagon surchauffé, c’est pénible. De plus il est bondé et il y a eu des doubles réservations. Une fois arrivés à Francfort, nous constatons que le ICE pour Kassel a une demi-heure de retard, ce qui nous fait une heure d’attente, debout, vu que comme dans beaucoup de gares, il y a peu de sièges.

Enfin, il reste un court trajet dans un troisième train pour aller de la gare de Kassel-Wilhelmshöhe à la gare située dans le centre de la ville d’où nous rejoignons notre hôtel après avoir cafouillé un peu avec google maps. Kassel n’est pas une ville avec beaucoup d’hôtels et ils sont relativement chers (surtout en période de Documenta). Le Deutscher Hof a l’air assez ancien de l’extérieur (enfin années 1960-70) mais a été complètement rénové de l’intérieur. Les chambres sont spacieuses, de même que les salles de bain, mais la déco est un peu « provinciale » (tout ça pour dire que c’est du moderne pas tout à fait à la page, avec un grand mur d’un turquoise un peu criard dans ma chambre). Le souci, c’est qu’il n’y a pas d’airco (qui aurait imaginé un hôtel 3 étoiles sans airco ?) et qu’en plein été, il fait chaud dans les chambres. Le petit-déjeuner était quant à lui très varié (avec plusieurs sortes de thé – ce qui est toujours un critère qui rehausse ma note).

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Je dépose ma valise, et je repars avec mes amis pour une première découverte de la ville et de la Documenta. Notre premier arrêt est la RuRuHaus, le centre névralgique de l’événement. Après une limonade, nous décidons de visiter les installations dans le parc en attendant que le ticket pour la soirée soit utilisable (12€ pour une visite de 17h à 20h, 45€ pour le ticket pour deux jours que nous avons pris pour la suite). Le curateur cette année est le collectif indonésien ruangupa qui a choisi des artistes (et tout particulièrement des collectifs) de manière très organique, loin des conventions de l’art occidental, avec quasi uniquement des artistes asiatiques, africains et centre/sud-américains.

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A vrai dire, ce parc est plus grand qu’on ne l’imagine en voyant la carte et certaines des installations sont assez loin (je vais faire de mon mieux pour citer les noms des artistes, mais je n’ai pas pris de notes et je ne retrouve pas toujours qui est qui). Il y a une série d’œuvres assez organiques, des espèces de pavillons construits en bois, et plus loin, le « Compost Heap » qui sert de point de rencontre pour le collectif La Intermundial Holobiente. Est-ce que ça vaut la peine d’aller jusque là ? non, pas vraiment, mais la promenade dans le parc est vraiment agréable, surtout quand les températures baissent en fin d’après-midi après une journée de canicule.

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La Intermundial Holobiente

La « Greenhouse » est plus intéressante: c’est une serre dans laquelle se trouvent des troncs d’arbres empilés, avec un paysage sonore (créé par Más Arte Más Acción).

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Más Arte Más Acción

En face de l’Orangerie, il y a deux installations hébergeant des vidéos, l’une construite avec des vêtements de seconde main envoyés en Afrique, et avec d’autres déchets soi-disant recyclables (c’est ce que dénonce le collectif). L’autre, était plus simple et montrait un film chinois, il me semble. Le souci, c’est que si on visite la Documenta en deux jours, il est impossible de les regarder tous en entier. Il faut faire des choix et c’est un peu dommage.

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Nous longeons la terrasse de l’Orangerie, où un café/resto propose des plats alléchants, mais nous préférons encore visiter deux-trois choses. Il y a quelques installations le long de la rivière Fulda, puis direction la Documenta Halle, dont l’entrée a été transformée en une sorte de long couloir sombre bordé de tôle ondulée. Le Wajukuu Art Project (Kenya) propose quelques oeuvres intéressantes mais je n’ai pris aucune photo dans cette première partie. Plus loin, il y a un concert d’un rappeur cubain.

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La dernière salle est dominée par une rampe de skate du collective Baan Noorg Collaborative Arts and Culture, associant skate et marionnettes du théâtre d’ombre, mais aussi par un « magasin » aux denrées parfois décalées. Enfin, une dernière salle présente les films du studio Wakaliga d’Ouganda. C’est kitsch à mourir mais ça manque un peu d’action (la seule scène que j’ai vue était pourtant très drôle). Quant au making-off, il est lui aussi intéressant pour voir comment avec peu de moyens on peut créer quelque chose (et tout en subissant les coupures d’électricité, ce qui complique la création des effets spéciaux).

Il est 20h, et il est temps de quitter l’expo. Nous décidons de retourner à l’Orangerie pour des bières et du currywurst – le plat qu’il faut manger au moins une fois quand on va en Allemagne. Le soleil s’est couché et il fait très agréable sur la terrasse où nous restons discuter un long moment avant de rentrer à l’hôtel.

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Distance parcourue: 20831 pas ou15km

Andalousie (2021): Malaga-Bruxelles et post-scriptum

Mercredi 13 octobre 2021

Je me lève bien tôt ce matin et arrive au petit-déjeuner juste pour l’ouverture. Je me dépêche d’avaler quelque chose avant d’aller rechercher ma valise, de prendre un taxi et d’aller à l’aéroport de Malaga où m’attend mon avion Brussels Airlines pour Bruxelles, où j’arrive en début d’après-midi.

La pandémie a mis pas mal de chaos dans mes projets de voyages lointains, mais je souhaitais quand même partir quelque part cette année. J’ai donc repris cette idée abandonnée l’hiver 2020 quand les premiers signes de l’épidémie pointé leur nez. Les guides papier et les blogs voyage disent qu’il vaut mieux louer une voiture pour circuler en Andalousie, mais je n’ai jamais regretté de ne pas l’avoir fait: le réseau des trains (et des bus) est assez bien développé, en tous cas pour rejoindre les grandes villes. Je n’ai donc eu aucun souci à circuler entre mes différentes étapes.

Si je devais changer quelque chose, c’est sans doute le fait de passer par Madrid. Sur papier, c’était une bonne idée pour ne pas devoir faire une boucle, mais la ville est grande et aller de l’aéroport au centre près de la grande gare d’Atocha n’est pas des plus rapides. Ou alors j’aurais dû rajouter un jour ou deux pour au moins visiter un tout petit peu la ville. Par contre le tgv pour aller à Cordoue est vraiment pratique, de même que le train entre Cordoue et Grenade. Je n’aurais pas dû m’inquiéter pour les prix des taxis: ils sont bien moins élevés qu’en Belgique (15€ par exemple pour aller du centre de Malaga à l’aéroport – soit la moitié du prix pour le trajet de ma maison jusqu’à l’aéroport de Zaventem qui est pourtant beaucoup plus proche).

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Début octobre est un moment idéal pour aller en Andalousie: il fait encore chaud, mais pas étouffant comme en plein été – pour moi les températures oscillant entre 25 et 30° étaient parfaites, et pourtant c’est déjà quasi la basse-saison. Il y avait cependant du monde, surtout dans la seconde moitié de mon séjour, mais c’était dû au long weekend lié à la fête nationale – et c’étaient donc essentiellement des touristes espagnols (même si j’ai entendu toutes les langues européennes durant mon séjour).

Il faut impérativement réserver sa visite à l’Alhambra à l’avance (à une époque, c’était même trois mois plus tôt, il vaut donc mieux vérifier); pour les autres visites, je n’ai quasi jamais fait la file. A Cordoue, il est intéressant de faire l’excursion à la Madinat Al-Zahra, qui se réserve à l’office du tourisme et à Malaga, le jardin botanique est peut-être un peu excentré mais il vaut la visite.

J’ai beaucoup aimé mon voyage, même si j’ai eu un peu de mal avec les horaires espagnols, surtout pour manger. Le soir, c’est vraiment trop tard pour moi, et donc j’ai plutôt mangé copieusement en début d’après-midi et juste grignoté un snack le soir. J’ai toujours cette petite appréhension pour aller au resto toute seule mais une fois que je suis entrée quelque part, en général je me plais bien. J’ai aimé me plonger dans la culture arabo-andalouse, mais il y en a pour tous les goûts avec des jardins d’autres époques et de l’art en tous genres, y compris l’art contemporain à Malaga. Je retournerai sans doute en Espagne à un moment ou un autre, mais sans doute pas cette année. J’ai mis beaucoup de temps à écrire ce récit de voyage et cette conclusion reflète mon sentiment environ dix mois après mon séjour, mais il est assez fidèle à mes premières impressions. J’espère en tous cas que vous avez apprécié mon récit. (Et au moment où je publie cet article, je suis toujours indécise quant à mon prochain voyage d’au moins une dizaine de jours).

En bonus, une photo de ce que j’ai ramené dans ma valise (le magasin de l’aéroport était fort décevant, d’où le classique gin Tanqueray):

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Andalousie (2021): Malaga

Mardi 12 octobre 2021

Je me sens toujours bien fatiguée ce matin, mais c’est mon dernier jour de vacances. C’est la fête nationale espagnole, et il y aura donc beaucoup de monde partout, mais j’ai un avantage, je suis (devenue) une lève-tôt, ce qui n’est pas le cas des Espagnols (même s’il est déjà 10h du matin en fait). Je prends donc un bus vide (le n°2) qui remonte toute la ville pour me déposer à proximité du jardin botanique de Malaga. Il faut encore marcher 15 minutes et le décor n’est pas des plus agréables vu qu’on longe l’autoroute et qu’on passe même en dessous à un moment.

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Une fois arrivée, c’est le bonheur total – j’adore les jardins botaniques et celui-ci est particulièrement bien réussi avec ses différentes zones et divers styles de plantations. Je découvre d’abord plein de types de palmiers, puis le jardin historique qui est superbe (sauf que je me fais manger par les moustiques).

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Je me dirige ensuite vers les zones arides et les jardins de cactus et autres plantes grasses, jusqu’à une gloriette située en hauteur et donnant un superbe point de vue. Difficile par contre de faire une photo quand on y arrive en même temps qu’une instagrammeuse professionnelle qui prend mille fois la pose.

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L’autre côté du jardin est moins intéressant et je retourne au centre, et c’est à mon tour de faire mille photos de l’eau, des poissons et des plantes aquatiques (j’ai en effet une idée derrière la tête: cela pourrait servir de photo de bannière pour un blog). Je m’installe aussi un moment sur un banc avec mon bouquin.

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Je retourne finalement en ville, poussée par la faim. Je sélectionne le Gorki (je crois que c’est une chaîne en fait) et j’y mange de la tortilla, des tempura de scampis à la Robuchon et des nems au canard – bref un mélange moitié raffiné moitié rustique, le tout accompagné d’une bière.

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Je retourne ensuite vers le parc central, puis vers le phare et le bord de mer, la plage de Malagueta. Il fait chaud et je m’installerais bien mais je n’ai pas pris d’essui pour m’assoir sous un palmier. Et donc je rentre finalement à l’hôtel où je fais la sieste.

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En soirée, je me dis que je testerais bien le rooftop bar mais impossible d’y accéder à cause d’une porte fermée et d’ascenseurs récalcitrants. Je prends finalement un gin tonic au bar du rez-de-chaussée et il est tellement bien servi que je suis un peu saoule pour ce dernier soir à Malaga. Je fais ma valise et elle se ferme sans problèmes vu que je n’ai quasi rien acheté lors de ce séjour, puis je m’endors pour une dernière nuit en Espagne. Demain le réveil est matinal.

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Distance parcourue: 18648 pas ou 14,4km.

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Andalousie (2021): Malaga

Lundi 11 octobre 2021

Le petit-déjeuner est pas mal, mais on est dans la lignée de l’hôtel, donc un peu moins varié que celui des précédents. Je sens que j’ai déjà pas mal bougé cette semaine et je suis un peu fatiguée ce matin. Je dois prendre mon courage à deux mains pour partir, mais il y a malgré tout une série de choses intéressantes à visiter et que je ne voudrais pas rater.

Il est encore tôt et il fait encore relativement frais et je me promène un peu dans les rues de Malaga. J’apprécie l’architecture locale.

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Je me rends d’abord à l’Alcazaba et il n’y a pas encore grand monde, ni de file pour les tickets (je prends un ticket combiné avec le château de Gibralfaro). Le palais-forteresse construit au 11e siècle s’élève en hauteur, sur une colline, et un chemin fortifié mène au sommet, en passant pas divers patios et jardins. Et à son pied, il y a des ruines romaines.

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Une classe de Hollandais trouble un peu l’atmosphère calme du lieu et j’attends un moment qu’ils passent devant moi et qu’ils aillent plus loin pour faire des photos à mon aise. Du coup, plus de touristes arrivent et ça continue à être un peu compliqué pour les photos sans personne dessus (je dois m’armer de patience à certains endroits). Je ne m’étais pas rendue compte que le lendemain est la fête nationale espagnole, et donc beaucoup de locaux ont pris un long weekend et visitent leur pays. De plus, Malaga est une ville extrêmement touristique attirant divers publics: vacanciers qui séjournent sur les plages toutes proches, personnes qui arrivent par les immenses bateaux de croisière et puis des gens qui s’intéressent à la culture locale (en minorité, je crois).

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Je visite les moindres recoins du palais, m’extasiant devant les patios, les jolies arches découpées, les décorations de style arabe, et la vue sur la ville et les environs. Je redescends vers la sortie et c’est là que je me rends qu’il faudra bien grimper pour arriver au château.

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L’allée est parfois raide par moments, et surtout elle est en plein soleil. Une fois au sommet, je me rendrai compte qu’il y avait moyen de prendre un bus, ça m’aurait épargné quelques litres de transpiration et beaucoup d’essoufflement (que j’ai compensé en m’arrêtant souvent pour prendre des photos). Et puis, il y a une longue file pour entrer. Je me trouve coincée entre des Français et c’est parfois fatigant de comprendre ce que les gens disent. Il y a des gens qui dépassent et je me demande pourquoi. Une fois au contrôle des tickets, je me rends compte que j’aurais pu faire de même avec mon ticket combiné mais ce n’était indiqué nulle part. Bref, j’ai attendu une demi-heure au soleil pour rien.

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A vrai dire, le site du château n’est pas super intéressant, à part pour une vue encore plus panoramique sur la région. De plus, la fatigue me tombe dessus et je ne profite pas vraiment. Je me repose un moment avant de redescendre mais sans trouver d’endroit vraiment agréable pour me poser. Plus loin cependant, dans la descente, j’en trouve un dans un petit parc à flanc de colline et je me mets à lire. Je retourne ensuite à l’hôtel pour une pause bien méritée.

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Je repars une heure plus tard (il doit être environ 15h) et cherche le restaurant que François m’a conseillé, La Cosmopolita. L’accueil est un peu froid et on me dit qu’il reste une seule table, en terrasse, dans la rue en fait. Table que je prends avec plaisir même si je m’étonne que le restaurant soit vide. A vrai dire, toutes les tables étaient réservées et les gens arrivent au compte goutte. N’empêche, je me sens un peu mal à l’aise – un mauvais accueil est juste ce qu’il ne faut pas quand on n’est pas tout à fait à l’aise d’aller au restaurant seule (en plus, je suis bien consciente que j’occupe une table de quatre et qu’il n’y aura donc qu’un seul repas payé).

Je suis toujours étonnée que les serveurs en Espagne prennent d’abord les commandes des boissons, sans avoir donné la carte. Je commande donc un verre d’albariño avant de savoir ce que je vais manger. Le serveur s’est adouci entre temps et me demande ce que je souhaite manger. Il approuve mes choix et me conseille même l’une ou l’autre chose, m’expliquant que je peux prendre des demi-portions de quasi tout. Les plats sont petits, de type tapas, et le but est d’en découvrir plusieurs. La carte est alléchante et originale, on sent une cuisine inventive et étudiée. Je commande donc une demi salade de tomates bio (elles étaient exquises), une demi portion de tempura de cabillaud, un tartare de gambas cru avec de l’os à moelle grillé (je crois que c’est ce choix qui a convaincu le serveur que je n’étais pas une touriste lambda – même si j’ai du utiliser google translate pour comprendre ce que c’était). Et je termine par un dessert (chose que je commande rarement), une pannacotta au miel. C’était tout simplement délicieux et je suis très contente de m’être fait plaisir avec ce bon repas.

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Pour terminer la journée, je visite encore la cathédrale, entre style Renaissance et baroque. Elle est gigantesque et montre une fois de plus la richesse de l’Espagne à l’époque.

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Je flâne ensuite dans les ruelles, passant devant diverses églises. Je termine ma promenade en achetant un vermouth rouge local dans un magasin d’alcool (bien fourni en alcools bas de gamme et avec très peu de choses tentantes).

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Je ne bouge plus et profite de mon roman le reste de la soirée. Autant épargner mes forces pour mon dernier jour demain.

Distance parcourue: 15 596 pas ou 11,7km, et 29 étages.

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Andalousie (2021): Grenade – Malaga

Dimanche 10 octobre 2021

Comme le petit-déjeuner n’est accessible qu’à partir de 8h30, c’est un peu la course. J’ai en effet un bus à prendre et la station est à l’autre côté de la ville. Je prends un taxi pour faire simple (ce n’est pas très cher en Espagne) et il traverse une cité encore très vide à cette heure précoce. A vrai dire, je n’aime pas les trajets en car, et j’aurais préféré prendre le train, mais quand j’ai fait mes recherches sur le site Trainline, les connexions entre Grenade et Malaga étaient assez mauvaises et très longues, à part en car. Et ce n’était vraiment pas cher. C’était une autre expérience et j’ai pu admirer le paysage depuis l’autoroute.

Le car m’a déposée à la gare de Malaga, et de là, j’ai repris un taxi jusqu’à mon hôtel, le Molino Lario. C’est un bâtiment moderne, construit entre des immeubles anciens (la photo sur Booking m’avait induit en erreur), et même si ma chambre est tout à fait agréable, c’est le moins bon des quatre hôtels de mon séjour. De plus, comme je suis au dernier étage et en bout de couloir, le wifi laisse parfois un peu à désirer. Mais j’ai une belle vue sur la cathédrale. Il y a une mini-piscine et un bar sur le toit où je n’irai finalement pas pour une sombre histoire de porte fermée et d’ascenseur récalcitrant lors de ma seconde tentative (à la première, ce n’était pas l’heure du cocktail).

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Je n’ai pas encore mangé et donc je repars me promener, à la recherche d’un restaurant. Je trouve plus ou moins facilement la Marisquería Casa Vincente conseillée par François. C’est un restaurant tout simple spécialisé en fruits de mer et il reste juste une table dans la ruelle au moment où j’arrive. Je commande un plat de gambas et une salade de tomates, le tout avec une bière, et je me régale. C’est le genre de plat tout simple qui est délicieux quand les produits sont de première fraîcheur. Je ne traîne pas, je vois qu’il y a de nombreux candidats pour occuper ma place.

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L’activité du dimanche, c’est visiter des musées. Malaga possède son propre Centre Pompidou et c’est ma première destination. Je traverse la grande « palmeraie », cette promenade longeant la mer et le quai des grands bateaux de croisière. Comme je ne suis pas pressée, je m’installe un moment sur un banc pour lire.

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Le Centre Pompidou est sous terre mais se repère par un cube aux vitraux rouges, bleus et jaunes du plus bel effet. Il n’y a pas de collection permanente et du coup je dois me contenter des deux expositions du moment, l’une sur l’art espagnol du 20e siècle qui montre quelques œuvres intéressantes, l’autre sur le sculpteur Julio González (1876-1942) qui ne me parle pas vraiment.

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Je reprends ma promenade le long du quai et je me sens minuscule à côté des immenses bateaux de croisière. A voir leur taille, je me dis que ce n’est vraiment pas un style de voyage qui me plairait. Du coup, Malaga est envahi par encore plus de touristes (c’est un long w-e pour les Espagnols et il y a beaucoup de monde).

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Ma prochaine destination est le CAC, le centre d’art contemporain hébergé dans un vieux bâtiment industriel (et il n’y a pas grand monde, ce qui est bien après la foule du centre qui n’est pourtant qu’à cinq minutes à pied). J’y trouve bien plus d’œuvres et d’artistes à mon goût, notamment une belle vidéo de Bill Viola, mais aussi les œuvres à selfie de Michelangelo Pisotoletto et les photos du Chinois Rong Rong. Dommage que la librairie était fermée…

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Je retourne ensuite à mon hôtel pour une pause, puis descends au restaurant Matiz situé au rez-de-chaussée. Ce n’est pas l’heure du repas, mais il y a moyen de commander des snacks avec un apéro. Je choisis donc un vermouth rouge Casa Guardia, suivi d’un verre de verdejo, ainsi des croquettes de jambon ibérique et une mini brioche de joue de porc à la sauce au fromage, aux pickles de jalapeños et aux graines de sésame. C’est parfait pour mon petit appétit ! Je passe le reste de la soirée à lire mon livre.

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Distance parcourue: 10843 pas ou 8,1km.

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Andalousie (2021): Grenade

Samedi 9 octobre 2021

Ce matin, je n’ai pas besoin de me dépêcher, je n’ai rien de prévu à un moment fixé à l’avance. Après le petit-déjeuner, je pars donc à mon aise, descendant vers le centre de Grenade via la promenade ombragée. Il fait même encore frais à l’ombre mais la journée s’annonce chaude (autour des 30° en ce début octobre). La lumière du matin est belle et il n’y a pas encore grand monde – l’Espagnol a un autre rythme que moi.

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Je longe le fleuve Darro, m’arrêtant devant les maisons anciennes et l’église où se prépare un mariage. Je suis en contrebas de l’Alhambra qui s’élève en contre-jour à ma droite, tandis qu’à ma gauche se trouvent les hauteurs de l’Albaicín, le but de ma promenade d’aujourd’hui.

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Pour y arriver, ça monte sérieusement et je fais quelques arrêts sous prétexte de prendre des photos (même s’il n’y a pas grand-chose à photographier). J’avais noté la Casa del Chapiz que je visite pour ses jardins mais c’est un peu décevant, à part une vue sur l’Alhambra depuis un autre endroit.

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A ma droite, je vois la route pour monter à Sacromonte, que j’avais noté dans les choses à visiter, mais je me dégonfle, en tous cas pour y aller à pied. Il y a bien un bus mais je décide d’aller plutôt de l’autre côté et d’explorer les ruelles de l’Albaicín. C’est un vrai dédale bordé de maisons peintes dans un blanc étincelant pour réfléchir la lumière du soleil andalou. Je monte et je descends, croise l’une ou l’autre église fermée.

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En cherchant bien, je trouve le Palacio de Dar al-Horra, bien caché au détour d’une ruelle qui semble ne mener nulle part. L’endroit est calme, peu visité et je profite un moment de l’ambiance, puis je continue ma route, longeant une école de musique où les élèves répètent le même morceau en suivant les conseils de leur professeur.

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Je redescend ensuite vers le fleuve et trouve le quartier que j’ai visité ce matin envahi de monde, touristes et convives du mariage qui vient d’être célébré. Je me retrouve dans la foule et tente de fuir au plus vite. Je trouve encore quelques endroits à visiter: El Bañuelo, d’anciens bains arabo-andalous et puis le musée archéologique qui m’apprend certaines choses sur l’histoire de la région depuis la préhistoire.

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Je me rends ensuite dans la Casa Horno de Oro puis dans la Casa de Zafra, deux anciennes demeures agencées autour d’un rafraîchissant patio.

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Je commence à saturer, je suis fatiguée et j’ai faim. Mais tous les restaurants que je vois sont pleins. Je finis par m’installer à La Reina, le genre d’endroit un peu hype (et où il n’y a pas grand monde) qui sert des poke bowl. Pas vraiment le truc typique de l’Andalousie mais ça me satisfait. J’y assiste à une scène en miroir. En face de moi s’installe une jeune femme aux cheveux clairs, une touriste comme moi, qui commande la même chose, avec également un verre de vin, tout en consultant son téléphone et son guide touristique. Le verre de vin à midi (enfin il est déjà bien 14h à ce moment-là), même s’il était délicieux, ce n’était pas la meilleure idée du siècle et je reprends le minibus pour remonter à mon hôtel où je m’endors pour le reste de l’après-midi. Je ne ferai pas beaucoup plus cette journée-là, à part boire un gin tonic et continuer la lecture de mon livre.

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Distance parcourue: 15 284 pas ou 11,5km, et 13 étages.

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Andalousie (2021): Grenade

Vendredi 8 octobre 2021

Le petit-déjeuner se fait par shifts, ce qui est un peu ennuyeux, mais pas la fin du monde non plus. Il est très varié et délicieux, tout en étant fort classique. Aujourd’hui, c’est le jour tant attendu: je vais visiter l’Alhambra. J’avais réservé mon ticket bien à l’avance (mais à cause du Covid, il restait des tickets quelques jours avant, voire le jour même) et je n’ai pas très loin à aller vu que mon hôtel se trouve en face. Cependant, il y a deux entrées et la réceptionniste me dirige de suite vers la bonne, ce qui est un gain de temps énorme au vu de la distance entre les deux. Je me mets donc la file pour entrer au palais des Nasrides – avec une belle vue sur la région, et s’il y a une certaine souplesse, c’est quand même bien réglementé au point de vue de l’heure d’entrée.

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A vrai dire, je n’avais pas trop lu au sujet de l’Alhambra avant aujourd’hui, et c’est avec un enchantement certain que je découvre ce palais (en fait je m’étais focalisée sur la photo du jardin qu’on voit partout). Par contre, la foule est assez dérangeante, parce qu’elle n’est pas dans un grand mouvement fluide. Non, tout le monde veut faire des selfies partout et bloque les passages. Je tique en particulier sur deux jeunes filles qui se sont habillées (dénudées ?) exprès pour l’occasion et qui s’arrêtent partout pour la photo.

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Je m’extasie devant la finesse des sculptures et des motifs, qui ressemblent à de la dentelle, passant d’une pièce à l’autre, d’un patio à l’autre. Il y a de nombreux endroits qui valent le détour, et puis ces endroits où il faut faire la photo type, comme le reflet du bâtiment dans l’eau du bassin. C’est un peu compliqué avec tout ce monde et je me sens parfois un peu frustrée. Mais en même temps, la visite de ce palais ne fait qu’animer encore plus mon envie d’en voir d’autres, dans d’autres pays. Je me rends compte que j’ai visité les extrêmes du monde arabe: l’Andalousie et l’Inde (ces palais au Rajasthan…), mais pas grand-chose au milieu (quelques jours à Istanbul, deux semaines en Ouzbékistan quand j’étais adolescente).

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Après tous ces émerveillements, je suis impatiente de visiter les jardins qui sont censés être le clou de mon voyage. Un long chemin me mène vers l’autre côté de l’Alhambra, au travers d’une végétation variée mais sans trop de choses pour attirer mon regard. Il fait beau et je profite de l’ambiance, surtout que la foule est un peu plus éparpillée.

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De l’autre côté donc, il y a encore des constructions, plus réduites – le Généralife -, et des jardins, dont les plus célèbres. Vous voyez certainement celui avec les jets d’eau, pris des milliers de fois en photo. J’ai failli passer à côté. Enfin non, je l’ai bien visité, mais je l’imaginais bien plus grand, et surtout, il est quasi impossible de faire une photo convenable, la foule me talonnant n’a pas aidé. Un peu abasourdie par cette immense déception, je me suis assez vite retrouvée à la sortie, me rendant compte que je n’avais pas vraiment profité de l’endroit que j’attendais tellement de visiter. Voilà ce qui se passe quand les attentes sont trop grandes, et que le site n’est pas tout à fait à la hauteur. Cela ne sa passe pas toujours comme ça heureusement: le Taj Mahal à Agra par exemple reste impressionnant malgré sa popularité.

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J’avais prévu une grande partie de ma journée pour visiter l’Alhambra, et là, il n’est pas encore midi et j’ai vu l’essentiel. Je visite encore le palais de Charles Quint qui fait bien pâle figure à côté de l’art arabo-andalou, même s’il est imposant. Et un peu plus loin, je grimpe sur les murailles de l’Alcazaba qui offrent un très beau panorama sur la ville et les collines environnantes.

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J’ai faim, et il y a quelques restaurants autour du site, mais dans celui que je sélectionne, je suis assez rudement renvoyée avec comme commentaire « complet ». Je ne sais pas trop quoi faire du reste de ma journée et je retourne me poser un moment à l’hôtel, ce qui me permet de remettre mes idées en place et de concocter un plan pour le reste de la journée. Il y a un autre jardin tout près, mais ses horaires d’ouverture sont encore selon le modèle estival et je dois attendre jusque 18h (ça me frustre un peu, je dois dire).

Je décide donc de descendre vers la ville basse pour trouver un des restaurants conseillés par la réceptionniste d’hier. La promenade est très agréable: je descends des dizaines d’escaliers le long de jolies maisons andalouses qui resplendissent au soleil. Je ne m’attarde pas trop, je prendrai des photos au retour. Voilà le restaurant, l’Asador de Castillo. La terrasse est pleine et donc je m’aventure à l’intérieur. On m’installe dans une partie très chic, avec des tables recouvertes de nappes en tissu et des familles qui ont l’air de fêter l’un ou l’autre événement. Je me sens un peu mal à l’aise, aussi parce que le service est relativement froid. Mais la carte me parle et je commande une entrecôte grillée accompagnée de légumes et un verre de vin (ce qui n’était pas spécialement la meilleure idée du monde en milieu de journée mais tant pis). On me sert une assiette gigantesque, et c’est délicieux. Je savoure cette viande tendre et juteuse, cuite à perfection au feu de bois. Le bonheur (ou presque, le cadre m’intimide toujours un peu).

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Largement repue, je prends le chemin du retour. Il faut bien remonter toutes ces marches maintenant. C’est vrai, j’aurais pu prendre le minibus mais j’applique ma technique habituelle pour les montées: faire plein de photos toutes les dix marches, surtout que je n’en avais pas fait à l’aller.

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Après une nouvelle pause à l’hôtel, il est enfin 18h et je me rends donc vers les jardins de Carmen de los Martires, situés non loin. Et là, c’est la bonheur total. Un petit palais du 19e siècle est entourés de jardins aux styles différents: un jardin français baroque avec une belle statue de Neptune, un jardin à l’anglaise, un jardin tropical avec des palmiers et une fontaine en son centre, un petit lac avec une fausse tour médiévale en ruine, et bien d’autres choses encore.

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Des paons se promènent librement, et il y a peu de monde ce qui fait du bien après le bain de foule de la matinée. Ma journée se termine sur une note positive après ma demi-déception du matin quant aux jardins de Généralife.

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Je rentre à l’hôtel et profite encore de la terrasse pendant un moment avec un gin tonic. Je n’ai plus vraiment faim après le repas tardif de milieu d’après-midi. Je me dis que cette tactique est finalement assez intéressante pour l’Espagne et ça me permet d’éviter les gros repas d’après 20 heures, à la mode espagnole. (Evidemment, ça ne fonctionnera pas à chaque fois).

Distance parcourue: 20 162 pas ou 15,1km, et 27 étages.

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Andalousie (2021): Cordoue – Grenade

Jeudi 7 octobre 2021

Il y a eu pas mal de bruit dans le patio intérieur au début de la nuit, un groupe de Français s’y était installé pour manger et discuter pendant de longues heures. Et puis il y a toujours cette minuscule angoisse liée à la grève des trains. Après le petit-déjeuner et le check-out, je décide d’aller à pied à la gare. Je suis bien à l’heure et l’exercice me fera du bien. Mon train arrive sans retard et j’arrive à Grenade en moins d’une heure et demie, après avoir traversé un paysage dominé par les champs d’oliviers.

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Là, je ne peux pas éviter le taxi – j’ai toujours cette crainte des plans foireux où je me fais arnaquer par le chauffeur, mais en Espagne, je ne devrais pas: tous mes trajets ont été confortables et peu chers. J’ai sélectionné un hôtel près de l’Alhambra, l’Eurostars Washington Irving (un écrivain britannique qui a vécu dans la ville), sans me rendre tout à fait compte de la topographie de la ville. Il est donc situé très en hauteur, et même si les restaurants ne sont pas très loin en distance, il faut compter sur de sacré dénivellements et volées d’escaliers pour y arriver.

Ma chambre est située à l’arrière de l’hôtel, avec une vue sur la cour intérieure. Elle est très spacieuse et je m’installe dans le canapé pour organiser la suite de ma journée. Il est passé midi et le premier but de ma balade sera de trouver un endroit pour manger, même si pour le moment, ma faim est tout à fait contrôlée.

Le personnel de la réception est tout particulièrement aimable, et c’est armée de recommandations et cartes que j’emprunte le chemin vers le centre de Grenade. Il s’agit d’une longue allée piétonnière et boisée, très en pente évidemment, mais très agréable pour la promenade (et donc je n’ai pas pris une seule photo cette fois-ci). Une fois arrivée en ville, le monde m’assaille – je comprendrai très vite que de nombreux touristes espagnols profitent du long week-end qui arrive bientôt pour visiter leur pays (le mardi suivant est la fête nationale et donc férié).

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Je me promène un peu au hasard, attirée par les ruelles de l’ancien souk, et plus loin par la cathédrale qui est imposante. Sur la place devant celle-ci, je repère un café qui a l’air agréable, le Rollo, et j’y mange une tosta de porc avec fromage et pimientos.

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Rassasiée, je décide de visiter la cathédrale – j’en fait d’abord deux fois le tour avant de trouver l’entrée – je crois que j’étais bien distraite à ce moment mais on pourrait aussi mettre en cause la digestion.

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Le bâtiment est immense, baroque, foisonnant – on se rend bien compte comment les rois catholiques espagnols ont voulu imposer leur autorité après la reconquista, et l’or des Amériques leur a permis d’en rajouter une couche. Je visite ensuite la chapelle royale (où on ne peut pas faire de photos).

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Pour la suite de l’après-midi, j’avais noté quelques églises marquantes et je suis donc un parcours proposé par le guide Michelin. Je passe par le marché de San Augustin mais je ne me sens pas super à l’aise entre les Espagnols qui mangent et qui discutent entre eux (et hop, le retour de ma timidité !). Je me dirige d’abord vers le monastère de San Jeronimo mais il est fermé sur l’heure de midi pour la sieste. Je retourne sur mes pas vers l’église de San Juan de Dios et je suis écrasée par le baroque foisonnant de l’intérieur de l’édifice.

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De retour au monastère enfin ouvert, je me promène dans le cloître, entendant les chants des moniales au loin. L’église est à peine moins chargée, mais l’ambiance est différente, plus feutrée malgré tout.

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J’ai les pieds en compote et je décide de rentrer à l’hôtel. Heureusement, il y a un minibus qui fait la montée à ma place et me dépose devant la porte. Dans ma chambre, il fait un froid glacial alors qu’il me semblait avoir éteint l’air conditionné. Je m’installe sur le lit pour prendre des notes sur ma journée, et les lumières s’allument alors que je ne bouge même pas. Bizarre. L’airco lui aussi se remet en route alors que je l’avais arrêté cinq minutes auparavant et ça, ça m’ennuie bien plus.

Je préviens le réceptionniste, qui bloque l’airco depuis le système informatisé central et qui promet d’envoyer quelqu’un pour investiguer l’histoire des lumières. Pendant ce temps, je m’installe sur la patio intérieur et commande un gin tonic et une assiette de jambon et charcuterie. Vers 18h, le restaurant n’est évidemment pas ouvert et je n’ai pas l’envie d’attendre jusqu’à 20h – surtout que le menu ne m’inspire pas plus que ça. L’assiette est hyper copieuse et je profite de ce moment au calme.

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Quand je repasse devant la réception, l’employé m’annonce qu’il va me changer de chambre; il ne veut pas que je me réveille la nuit parce que les lumières se sont allumées de manière impromptue. Je me retrouve avec un espace un peu plus petit mais avec une vue sur les murailles de l’Alhambra. Je n’ai pas perdu au change ! Je m’installe avec délectation dans le confortable lit et me mets à la lecture pour un long moment avant de m’endormir. Demain est le grand jour où je visiterai enfin l’Alcazar et ses jardins.

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Distance parcourue : 14 812 pas ou 10,9 km

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