Japon: Okayama – Takamatsu – Okayama

Vendredi 2 novembre 2018

Comme je me suis rendue compte bien trop tard hier soir que je n’avais pas réservé le petit-déjeuner, je n’ai rien prévu de très consistant, à part quelques biscuits, accompagnés de thé. Cela fera l’affaire pour le moment.

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Une fois à la gare, je réserve un ticket pour le Marine Liner vers Takamatsu – les trains ont tous de jolis noms au Japon – Marine Liner est quand même plus joli que IC538. Ce n’était pas vraiment une bonne idée et pas nécessaire du tout: je me retrouve dans un wagon à deux étages, mais évidemment à celui d’en dessous, et ce n’est pas une place fenêtre. Et au Japon, on ne change pas de place !

C’est d’autant plus dommage que le paysage est magnifique. Le clou du spectacle est la traversée de la Mer Intérieure sur l’immense pont qui relie Honshu à Shikoku. Je me promets de trouver une bonne place au retour ! Un peu moins d’une heure plus tard, j’arrive à Takamatsu. En préparant mon voyage, cette ville m’a attirée par son jardin japonais, parmi les plus beaux du Japon. J’aurais également pu aller à Naoshima, l’île aux musées, ou commencer à explorer les 88 temples de Shikoku, ou encore visiter les environs d’Okayama. Ce sera pour une prochaine fois !

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De la gare, il faut marcher quelques minutes pour aller à l’arrêt du tram que je peux payer avec ma carte Suica de Tokyo. Le véhicule est tout mignon, tout kawaii, et je le prends pour trois arrêts. Je me retrouve dans un quartier très banal et la route vers le jardin, le Ritsurin-koen (420 yens) est fléchée (en gros, c’est tout droit et à une dizaine de minutes à pied).

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L’entrée est assez imposante, parsemée de pins taillés en nuages. Ce n’est pas trop mon style de jardin mais ce n’est que le début de mon parcours. En fait, la beauté de l’endroit se dévoile progressivement, certaines parties sont plus boisées, d’autres plus exotiques – ces cycas ! – la plus éloignée de l’entrée quant à elle fait penser aux jardins chinois, notamment ceux de Hangzhou. Un grand étang est traversé par un joli pont de pierre et des maisons de thé bordent ses rives. Je prends mon temps pour flâner, m’asseoir, intégrer toutes les sensations, profiter pleinement. Le temps est superbe, le ciel est un d’un bleu profond et les températures sont plus qu’agréables, en grand contraste avec la journée précédente.

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Une grande partie du côté nord du jardin est fermée: un sanglier rôde ! Ce n’est d’ailleurs pas la meilleure saison pour le visiter: les lotus sont fanés et les feuilles des nombreux cerisiers sont déjà presque toutes tombées. Par contre, c’est beaucoup plus calme que l’autre côté et j’y mange le pique-nique que j’avais prévu (ici commence une longue série de « egg sandwich », une spécialité japonaise paraît-il).

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Je commence ensuite à pied le trajet qui retourne vers la gare, d’abord le long d’une grande avenue sans intérêt, jusqu’à un petit parc où traînent quelques sans-abri et où trône une statue kawaii. Je prends un passage souterrain très bien aménagé et décoré d’œuvres d’art pour traverser la rue et trouve un peu plus loin une galerie marchande couverte, ce qui rend mon parcours bien plus agréable.

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Je m’arrête au Takamatsu Art Museum (200 yens), bien décidée à visiter l’exposition Starting points: Japanese art of the ’80s. Sauf qu’elle n’ouvre que le lendemain, à mon grand regret. Il y a cependant quelques œuvres intéressantes dans la collection permanente: Takashi Murakami, Yoshitomo Nara, Kenji Yanobe (l’homme aux scaphandres jaunes) mais les photos sont interdites (et des caméras de surveillance).

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En sortant des toilettes, la dame qui vend les tickets s’approche de moi et se baisse pour ajuster ma jupe qui avait fait un pli, tout en s’excusant et souriant. C’est à mon tour d’être un peu gênée et de lui sourire en retour, la remerciant. Elle me demande d’où je viens, et une fois de plus « Belgique » a un côté un peu exotique (et chocolaté) pour la Japonaise.

Je continue ma route, m’approchant de la côte et du château de la ville (200 yens). Je ne m’attends pas à grand chose et je suis du coup agréablement surprise par le superbe jardin et les fortifications rénovées qu’on peut escalader pour voir la mer d’un côté et la ville de l’autre.

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J’avais décidé que lors de ce voyage, j’irais voir la mer de près. Je me rends donc à l’embarcadère et m’installe là un moment, avant de vérifier l’horaire des trains. Si je ne veux pas attendre une demi-heure, je dois partir de suite, et surtout ne pas traîner ! J’arrive un peu essoufflée et en sueur à la gare et embarque dans le Marine Liner de 15h10 qui démarre quelques minutes plus tard. Je m’installe dans le premier wagon, à la fenêtre, ce qui me permettra d’admirer le paysage au retour. Et comme j’ai l’impression que les Japonais n’aiment pas s’asseoir à côté des gaijins (ils pourraient faire quelques chose de gênant), la place à côté de moi reste libre jusqu’à l’arrivée à Okayama.

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Je suis fourbue et me couche un moment pour une sieste. Je me réveille en sursaut: j’ai l’impression que tout tremble. Était-ce un tremblement de terre ? C’est bien possible, mais sans doute juste une légère secousse. Un peu reposée, je pars explorer la galerie marchande pour trouver un restaurant. Mon choix se porte sur le bar à sushis, avec juste un comptoir pour une quinzaine de personnes. Personne ne daigne me donner un menu en anglais (ils existent pourtant – je les verrai plus tard) et je choisis donc en regardant les photos. C’est là que mon voisin japonais, un salaryman, me propose de commander pour moi. Notre conversation est un peu limitée mais il me raconte qu’il mange en attendant le train pour Tokyo et qu’il voyage beaucoup: il a visité toutes les préfectures du Japon. Mais quand je lui décrit mon voyage, il me dit qu’il n’a jamais été à Yakushima. J’avais vu qu’il avait mangé des coquilles saint-jacques légèrement grillées et je lui demande s’il peut aussi me commander ça. Je me régale (3080 yens) et cette interaction en toute simplicité me fait du bien.

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Je passe ensuite au 7-11 pour retirer de l’argent (seuls ces distributeurs acceptent les cartes étrangères, avec ceux de la poste mais il n’y en a pas à chaque coin de rue) et au supermarché pour acheter mon petit déjeuner du lendemain, des croissants industriels au chocolat.

Demain, je reprends le shinkansen et je descend dans l’extrême sud.

Statistiques du jour: 19 820 pas – 15,2 km

Beaucoup plus de photos sur flickr, surtout du jardin.

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Japon: Tokyo – Okayama

Jeudi 1er novembre 2018

La nuit a été moyenne – il faut absolument que je pense à ne plus boire de thé après 14h, ce qui n’est pas toujours simple au Japon vu que les restaurants en servent souvent avec le repas. Je me réveille malgré tout avant mon alarme, me prépare rapidement et prends mon petit déjeuner à l’aise.

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Voyager avec juste ma petite valise est bien pratique, même si je me rends compte qu’un modèle à quatre roues et à pousser prend encore moins de place quand on est dans la foule. Je prends la ligne Yamanote jusqu’à la gare de Tokyo d’où part mon shinkansen en direction du sud. Le train est rempli mais se vide au fil des arrêts. Je somnole un peu, je lis, puis je mange le bento acheté un peu au hasard à la gare. Il était composé de riz, de légumes en saumure, d’un dim sum, d’un beignet de viande, d’omelette… un très bon choix et délicieux.

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La dernière heure, le trajet me semble long, le train s’arrêtant toutes les 15 ou 20 minutes à toutes les gares. Mais voilà Okayama. En sélectionnant mes hôtels, j’ai choisi des établissements situés à proximité des gares, par facilité. Le Granvia est même accessible directement par une galerie commerçante. C’est un hôtel immense et chic, avec piscine (je me rends vite compte que mon bikini est dans l’autre valise), et un lieu très prisé pour les mariages. C’est aussi le seul hôtel où je n’ai pas fait attention lors de ma réservation: j’ai pris une chambre sans petit-déjeuner inclus.

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Même si ce n’est pas encore l’heure officielle du check-in, je peux accéder à ma chambre (je ne suis qu’une demi-heure trop tôt). Elle est spacieuse selon les normes locales et, située au 18e étage, offre une vue superbe sur la ville et les voies de train.

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Je repars tout de suite et me fais accoster par deux jeunes filles accompagnées par leur professeur. J’ai appris à éviter ce genre de rencontre parce que c’est souvent long et peu intéressant mais ici, je me laisse faire et je réponds gentiment à leurs questions en anglais. Quand je dis que je viens de Belgique, elle me répondent « chocolate » en riant.

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J’hésite: aller à pied ou prendre le tram. J’opte pour la seconde option pour arriver plus vite à ma destination (je découvre que je peux payer avec ma carte Suica de Tokyo). Il fait relativement frais, nuageux et venteux, en contraste total avec la capitale où le soleil brillait ce matin. J’arrive près du château que je prends en photo de loin mais décide de ne pas le visiter, préférant garder mon temps pour le jardin japonais, le Korakuen (400 yens), situé juste à côté. Il est considéré comme un des plus beaux du Japon et c’est cela qui ma poussée à faire un arrêt à Okayama dans ma grande descente vers le sud.

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Le jardin couvre une large superficie et présente de larges étendues couvertes de pelouse mais il possède aussi les caractéristiques des jardins japonais, une colline censée représenter le Mont Fuji, un étang avec des lotus, de nombreux cerisiers, des conifères et des érables. L’automne n’est pas encore assez avancé pour que les arbres montrent leurs belles couleurs rouges, à part une ou deux exceptions que je photographie, tout comme les touristes locaux.

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Je me promène un long moment, regrettant qu’il ne fasse pas plus chaud pour m’installer sur un banc avec mon livre (je l’ai pris cette fois-ci !). Le soleil baisse, les hauts-parleurs annoncent la fermeture imminente du jardin. Le coucher de soleil a probablement été magnifique mais j’ai déjà pris le chemin du retour. Je marche le long d’une grande avenue sans trop d’intérêt – j’aurais dû reprendre le tram. Je ne me sens pas entièrement satisfaite de ma journée, je suis un peu de mauvaise humeur à cause de la fraîcheur et du vent mais je me dis que tout cela n’est que passager. Le jardin était beau mais ce n’est pas mon préféré.

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Je me rends compte que je n’ai pas envie de chercher un restaurant et la galerie commerçante de la gare héberge un grand supermarché qui vend plein de plats à emporter. Je sélectionne un bol de chirashi (riz et sashimis) et du poulet grillé et laqué, ainsi qu’une canette de whisky highball, le cocktail type du salaryman japonais – ou un mélange de whisky et soda. C’est pas mal mais un peu trop sucré.

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Je passe ma soirée à préparer la journée du lendemain avant de m’endormir.

Statistiques du jour: 11 339 pas – 8,6 km

Plus de photos sur flickr

 

Japon: Tokyo

Mercredi 31 octobre 2018

En ce troisième jour, je dors parfaitement bien et je me réveille même avant mon alarme, vers 8h. Mes mollets sont par contre très douloureux à causes des courbatures et les piqûres de moustiques d’hier ont gonflé, créant une belle allergie. Cette fois-ci je tartine donc mes jambes de répulsif, je visiterai la ville avec un léger parfum de géranium citronné.

Je range toutes mes affaires et divise mes vêtements entre mes deux valises. A la réception, je demande qu’on envoie la plus grande à Kagoshima, tout au sud du Japon (2450 yen – ou 19,40€). Il faut minimum deux jours pour la livrer mais peu importe puisque je n’y arriverai que dans quatre jours.

Au lieu de prendre la ligne Yamonote, gratuite avec mon Japan Rail Pass, je prends le métro pour m’éviter de la marche inutile. A Ueno, la station est décorées de pandas, rappelant ceux du zoo tout proche.

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Mon but est le MOMAT, le musée d’art moderne de Tokyo, situé au nord du jardin du palais impérial. Il s’y déroule une exposition temporaire qui m’intéresse, Awakenings: art in society in Asia 1960s-1990s  (1200 yens). Elle présente l’art contemporain de divers pays asiatiques, de l’Inde au Japon en passant par le sud-est du continent, datant de la seconde moitié du 20e siècle, présentant des œuvres souvent provocantes ou expérimentales produites pendant cette période marquée par des événements comme la guerre du Vietnam, la décolonisation et l’émergence de la société de consommation. L’exposition est intéressante mais je ne suis pas subjuguée. Le catalogue rejoint malgré tout ma collection de livres parce que le sujet me passionne.

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Comme j’avais mal compris les règles photographiques, je n’ai qu’une image à vous proposer (on pouvait prendre en photos deux œuvres, j’avais compris le contraire, qu’on pouvait tout prendre en photo sauf les deux en question, et quand je m’en suis rendue compte, je ne suis pas retournée pour photographier la première).

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Je visite ensuite la collection permanente, m’arrêtant peu pour l’art plus ancien mais retrouvant avec plaisir quelques œuvres plus contemporaines, comme celle de Yoshitomo Nara.

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Pour la suite de la journée, j’hésite: je pourrais suivre le circuit à pied que j’ai encodé dans mon smartphone mais j’ai envie d’épargner mes jambes. Je décide donc d’aller juste dans le jardin impérial, entouré d’immenses murs de défense. Et c’est là que je regrette mon manque d’organisation: je n’ai pas de pique-nique (et il n’y a pas d’échoppe dans le parc) et pas de livre (par la suite, il sera toujours dans mon sac). J’aurais adoré m’installer sur un banc et lire une heure ou deux. Du coup, je me promène dans les différentes parties du parc, des grands espaces dominés par les pelouses à une partie plus « japonaise ». Des groupes de personnes âgées s’occupent de l’entretien, pas une feuille ne traîne.

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Un peu déçue de mon début d’après-midi (et à ce point-là, affamée), je décide de renter à l’hôtel. Sauf que la gare de Tokyo se trouve sur mon chemin. C’est un très beau bâtiment ancien en briques rouges et l’intérieur regorge de ressources. Je trouve la « kitchen street » où je mange un petit bol de tonkatsu ramen, ce qui me fait le plus grand bien.

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Voyant qu’il n’y a pas top de monde aux guichets de vente des tickets, j’y réserve mes trajets suivants, et comme l’employée me comprend relativement bien, qu’elle est aimable et qu’il n’y a personne qui attend, je réserve tous mes billets. Je m’étais bien préparée: j’avais noté tous les trajets, avec heures préférées, noms et numéros de trains.

Je retrouve ensuite Character Street et traîne au magasin Ghibli, le premier d’une longue série. Et je trouve « Ramen Street », que je cherchais au départ. Il y a moyen d’y manger des soupes ramen de toutes les régions du pays.

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De retour à Ueno, le soleil est déjà bien bas à l’horizon et j’en profite pour faire quelques photos du parc et surtout des lotus, sachant que quand je reviendrai dans deux semaines, ils seront vraiment fanés.

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Pour ce voyage, je m’étais promis certaines choses: manger plus souvent au restaurant, et plus varié (tester les ramen notamment) et tenter les onsen. L’hôtel Coco Grand où je réside en possède un tout petit et la marche à suivre est bien expliquée. Je revêts donc le pyjama fourni dans la chambre, chausse les pantoufles, prends la carte électronique qui donne accès aux bains réservés aux femmes et je descends au second étage. L’endroit est tout petit, avec un bel espace pour se refaire une beauté après le bain, et de l’autre côté d’une porte vitrée, l’onsen en tant que tel. Je suis seule, donc pas moyen de copier sur d’autres personnes mais je m’en sors assez bien. J’affinerai ma technique par la suite, je me suis un peu embrouillée avec les serviettes la première fois, ne remarquant pas qu’il y a un tas de petits essuies. Ce sont derniers qu’il faut prendre avec soi dans l’onsen: ils permettent de se couvrir un strict minimum et d’essuyer le gros du mouillé en sortant.

J’embarque donc ma grande serviette et me récure sous la douche, assise sur le petit tabouret en plastique, avant de m’installer dans le bain qui est ici un grand jacuzzi. L’eau est bien chaude et cela détend mes jambes courbaturées par mes premières journées de marche. C’est extrêmement agréable et je suis directement conquise ! Après ça, je suis un peu molle mais comme j’ai faim, je ressors dans le quartier pour manger.

J’ai envie de tonkastu, de porc pané, et retourne donc au restaurant qui m’avait plu lors de mon premier voyage, dans la gare d’Ueno. Je commande un plat combinant porc et scampi, le tout posé sur du chou cru finement coupé, accompagné de riz et d’une délicieuse sauce. C’est un peu gras, et j’ai du mal à terminer, mais j’ai très bien mangé. Je rentre repue à mon hôtel.

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Statistiques du jour: 16 740 pas – 12,7 km

Plus de photos sur flickr, de nouveau avec un lien qui reprend toutes mes photos de Tokyo

 

Japon: Tokyo – Kamakura – Enoshima – Tokyo

Mardi 30 octobre 2018

Mon corps n’a pas encore compris le concept du décalage horaire, et donc qu’il faut dormir quand il fait nuit ici au Japon. Mon sommeil est un peu agité en début de nuit mais quand le réveil sonne à 7h30, je dors profondément, évidemment. Ce sont peut-être les vacances mais comme j’ai décidé d’aller à Kamakura aujourd’hui, je préfère ne pas partir trop tard. Surtout que mon programme est bien chargé et que j’ai l’habitude d’être attirée par la moindre attraction se trouvant sur mon chemin.

J’avais déjà visité Kamakura en 2015 mais j’avais manqué de temps après mon programme quelque peu mal organisé. Je souhaitais donc visiter à nouveau la petite ville et découvrir les temples importants que j’avais raté, et puis voir la mer en allant à Enoshima.

J’arrive donc en gare d’Ueno à 9h15 et décide en dernière minute de suivre le trajet que me propose Hyperdia. Au lieu d’aller à la gare de Tokyo et d’y prendre le train direct pour Kamakura, je prends le train en direction de Totsuka où je devrai changer. C’est apparemment plus rapide mais le train a du retard et la correspondance se fait attendre. J’ai même failli embarquer dans le mauvais train après avoir demandé à deux Japonaises lequel je devais prendre. Au final, ce sont elles qui m’ont remerciée ! (Tout ça avec mes cinq mots de japonais et des gestes). Le wagon est bondé, rempli de personnes âgées qui profitent comme moi du beau temps pour une excursion hors de la capitale.

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Je sors à Kita-Kamakura et commence ma visite avec le petit temple de Meigetsu-in (prix d’entrée: 500 yens), situé dans un écrin de verdure. C’est joli mais c’est juste très vert. Il est surtout populaire en juin quand fleurissent les hortensias. Je continue ma route, suivant la voie ferrée, enlevant ma veste puis mon gilet parce qu’il fait très agréable au soleil, voire même chaud.

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J’arrive au Kencho-ji, un grand temple zen très réputé et visité. A vrai dire, il me laisse de marbre. Je ne suis pas vraiment impressionnée par les grands bâtiments, même si l’intérieur du sanctuaire est intéressant. Il y a un jardin japonais (500 yens) mais il n’est pas très spécial et je ne m’y attarde pas. Autour du complexe, il y a divers petits temples situés en hauteur mais ils ne se visitent pas. Je résiste – avec difficulté – à l’attraction de plusieurs petites routes et chemins censés mener vers d’autre temples assez secondaires, sachant que j’ai encore de nombreuses choses à voir.

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Je visite par contre l’Enno-ji (200 yens) qui se trouve en face, au sommet d’un escalier un peu caché. Il se démarque par ses terrifiantes statues (qu’il est interdit de photographier).

Je poursuis mon chemin, le long d’une route très banale et assez animée pour arriver à un temple très populaire, le Tsurugaoka Hachiman-gu. Il y a foule et je fuis: ce n’est pas le Kamakura que j’ai envie de visiter.

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Je bifurque dans une petite rue et me retrouve dans un quartier très résidentiel où se situent plusieurs points d’intérêt. Je m’arrête d’abord au sanctuaire d’Egara Tenjin, puis à celui de Kamakura-gu. Ce n’est pas renversant de beauté mais au moins il y fait calme. Je commence à avoir faim mais évidemment, il n’y a pas le moindre café sur ma route. Je grignote quelques biscuits prévus à cette occasion.

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Mon but suivant est le Zuisen-ji (200 yens). Le chemin pour y arriver est assez long et quand j’arrive à un grand escalier entre les arbres, je me demande dans quoi je m’aventure. Au sommet, une porte annonce le temple, à côté d’une petite fontaine. Je suis tout de suite conquise: le lieu est superbe et peu visité. Je profite du calme, des arbres anciens qui ont déjà perdu leurs feuilles et qui ont des formes très tarabiscotées, des anémones, des fougères. J’ai dû marcher beaucoup et attendre longtemps mais j’ai trouvé mon coup de cœur à Kamakura, un de ces lieux qui transportent vers l’ailleurs et qui apportent sérénité et plénitude. Je me sens bien.

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C’est avec regret que je rebrousse chemin et j’avoue que je n’ai plus trop d’énergie. Je visite encore quelques temples qui se trouvent sur ma route, le Hoka-ji (200 yens) et l’Hongaku-ji. Je m’assieds un moment et me fais vicieusement attaquer par des moustiques qui me piquent à travers mes bas et sur le pouce. Ce sera une constante pendant une grande partie du voyage, même en mettant du répulsif.

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Je trouve enfin quelque chose à grignoter pour apaiser ma faim mais mes jambes refusent de me porter plus loin alors que je voulais vraiment visiter Enoshima. Je calme mes envies en prenant l’Enoden Electric Railway qui me mène jusqu’à la station balnéaire, en suivant la côte, mais n’y descends pas. En fait, juste prendre ce petit train me plaît déjà – le Japon possède toute une collection de véhicules plus ou moins anciens qui apportent un certain charme au trajet emprunté. Je poursuis ma route jusque Fujisawa où je reprends le train pour Tokyo. Je m’endors quasiment, un peu comme tous les Japonais, dont la tête tombe parfois sur celle des voisins.

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Je me repose un moment dans ma chambre et cherche un endroit proche pour manger. J’utilise pour cela Tripadvisor qui permet de chercher les restaurants proches de la localisation actuelle. Je choisis un restaurant de sushis, Itamae, où les commandes se font par l’intermédiaire d’un écran. Je sélectionne des sushis au thon, deux poissons blancs et crevettes ainsi que des makis au saumon, le tout accompagné d’une bière. Je peux observer les chefs, mais aussi mes deux voisines, probablement moyen-orientales (mais qui parlent anglais), qui se font une vraie orgie de plats.

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Statistiques du jour: 20 981 pas – 16,2 km

(Plus de photos sur flickr – avec celles du voyage précédent)

 

Japon: Tokyo

Lundi 29 octobre 2018

Ma nuit est un peu troublée – les effets du décalage horaire probablement. Je m’endors puis me réveille avec des maux de tête puis je me rendors comme une masse. J’ai du mal à émerger quand le réveil sonne à 8h30. Je vais d’abord petit-déjeuner: c’est assez varié à cet hôtel et je goûte du salé et du sucré, du japonais et de l’occidental. En me préparant, je me rends compte que mon appareil photo est complètement déréglé. Je n’ai évidemment pas pris le mode d’emploi avec moi et je peste. Il me faut bien 15 minutes pour trouver le problème. Je pars finalement vers 10h30, retrouvant très facilement mes repères à Ueno. Il fait déjà chaud, plus de 20°, et même mon gilet est de trop.

Je prends la ligne Yamanote pour Shinjuku. Le trajet est fortement troublé par un homme bizarre, très probablement sans-abri, qui souffle très fort et semble surtout souffrir beaucoup de ses pieds gonflés, purulents et bandés. Les Japonais s’écartent de lui et moi aussi je décide à un moment de sortir du wagon et d’attendre le train suivant. Shinjuku est un dédale mais je trouve quasi sans chercher le quai du train de la ligne Odakyu Odawara. C’est l’app Hyperdia qui m’a guidée dans la recherche du trajet le plus efficace et rapide et je conseille de l’installer (mais pas trop tôt sur un iPhone où elle est payante après trente jours d’utilisation – ce n’est pas le cas sur Android). Je descends quelques stations plus loin, à l’arrêt Gotokuji, du même nom que le temple que je vais visiter. Je profite du peu de monde à l’arrêt pour recharger ma carte de transports Suica à un distributeur. Je ne pense même pas avoir activé l’option « English », le fonctionnement est assez clair: insérer la carte, insérer des billets, appuyer sur le montant de recharge, reprendre la carte.

(Parenthèse pratique: la ligne Yamanote fait partie du groupe JR et est donc gratuite pour les détenteurs du JR Pass qu’il faut montrer au responsable de chaque station traversée. Passer par les portillons est impossible. Pour le métro ou les lignes de train privées, il existe plusieurs cartes, notamment Pasmo et Suica, qui se rechargent et qui sont utilisables dans un grand nombres de villes du Japon. J’avais acheté la mienne en 2015 et elle est valable cinq ans. Elle permet aussi de payer de petits achats, de l’entrée à certains temples à des repas comme des ramen.)

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Je suis donc bien arrivée dans le quartier de Setagaya qui est très calme et résidentiel, loin du Tokyo urbanisé des photos. Dès la gare, un panneau indique quelle direction prendre et google maps fait le reste. Par contre, la carte n’indique pas où est l’entrée et j’ai donc fait quasi le tour complet de l’enceinte. C’est beau, c’est serein, l’air sent la mousse et la nature. La ville me semble bien loin. Il y a quelques touristes locaux et étrangers mais l’endroit est encore fort préservé, sans doute parce qu’il est assez éloigné de toute autre attraction.

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Il y a plusieurs bâtiments, temples et pagodes et je découvre bien vite où sont cachés les chats. Car le Gotokuji est célèbre pour ses statuettes. La légende raconte qu’au 17e siècle, un daimyo, un chef local, s’est retrouvé dans un orage violent et qu’un chat l’a invité à se protéger dans ce temple. Depuis, de nombreux Maneki Neko sont rassemblés là, censés apporter le bonheur. C’est un bonheur de les photographier sous toutes le coutures – ils sont vraiment photogéniques !

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Je me promène encore un moment dans l’enceinte du temple, profitant pleinement de ce retour au Japon et de cette première journée qui commence décidément très bien. Ma destination suivante me semble tout à fait accessible à pied et je me promène au son du chant des oiseaux dans les petites rues du quartier résidentiel, admirant comment même sur de toutes petites parcelles, les Japonais arrivent à créer de petits espaces verts, avec juste un arbre ou quelques plantes en pot.

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Le chemin devient moins intéressant après un moment et je me trompe un peu, allongeant mon parcours mais je trouve en fin de compte la jolie boulangerie et restaurant Tolo (lien 1lien 2, je n’ai pas compris pourquoi le nom est différent – google map). On m’installe sur la seule table du balcon à l’étage et je profite du calme, sous un grand arbre. La carte est plutôt italienne, avec des plats de pâtes, mais ce n’est pas pour cela que je suis venue. Comme j’ai faim, je commande cependant un spaghetti bolognaise aux légumes racine de saison et un thé glacé. La sauce est très bonne mais je ne comprends pas trop l’ajout de fromage frais en cubes.

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Et puis c’est le moment du dessert: l’endroit est connu pour ses choux à la crème en forme de Totoro et il était évident je devais en manger un. Je prends le plus simple, à la crème vanille. Après l’avoir photographié sous toutes les coutures, je lui assène un coup de fourchette, le tranchant en deux. C’est tout simplement délicieux (et je suis extrêmement difficile en pâtisserie).

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Je suis repue quand je pars de là. Je reprends le train de la ligne Odakyu Odawara à la gare de Setagaya Daita et retourne à Shinjuku. Il y a trois ans, je n’avais pas vraiment visité le quartier, et certainement pas la partie ouest avec les grands buildings. En sortant de l’immense gare, je repère assez vite un magasin Bic Camera qui me permet d’acheter un accessoire fort utile pour le Japon: un chargeur avec deux USB à prise locale. Je pourrai ainsi recharger plus facilement et en même temps iPhone, IPad, liseuse ou appareil photo, sans devoir sortir à chaque fois l’adaptateur.

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Je suis plus ou moins le trajet que j’avais tracé dans ma google map, recopié depuis le livre Tokyo: 29 walks. Je me laisse aussi surtout guider par mes envies, admirant les grands buildings et le soleil qui apparaît parfois entre ceux-ci. Mon but est le Metropolitan Building qui possède un observatoire gratuit offrant un panorama sur la ville. J’hésite: la file est longue et puis je me décide. Je regrette juste de devoir supporter la conversation des gens juste après moi – j’aurais préféré qu’ils parlent autre chose que le français (mais ça va, j’ai vécu bien pire).

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Le panorama est beau mais le Mont Fuji est dans la brume. Je cherche le joli cachet de l’endroit pour décorer mon carnet (énormément de lieux au Japon en possèdent, mais j’oublierai souvent de le chercher) puis je redescends assez vite: j’ai encore un but alors que le soleil baisse déjà fort.

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Je tente donc d’aller de l’autre côté de la gare de Shinjuku mais je me perds un peu, j’ai dévié un peu trop sur le côté, trop au sud, mais peu importe, la vue est plutôt intéressante et je vois les trains passer. Je croise plusieurs fois le même touriste, habillé avec un t-shirt ligné et un béret. A la troisième fois nous nous sourions avec pas mal de timidité et nous en restons là. Je trouve finalement le magasin que je cherchais, Fewmany, où j’achète une pieuvre Ugly Doll.

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Je me perds à nouveau en cherchant une entrée à la gare de Shinjuku. Cette fois-ci, je suis trop au nord mais le soleil se couche et les néons s’allument, donnant une ambiance particulière au quartier.

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Je traverse un pont sous les voies où dorment des sans-abris puis retourne sur mes pas et emprunte finalement le premier escalier qui descend, espérant trouver plus facilement mon chemin sous-terre. C’est le cas et je reprends la ligne Yamanote vers Ueno. A la gare, je réserve le shinkansen pour Okayama et passe au supermarché pour acheter quelque  chose de léger à grignoter (j’ai tellement bien mangé ce midi que je n’ai plus très faim). Je passe ma soirée à l’hôtel, préparant ma soirée du lendemain.

Statistiques du jour: 20 708 pas ou 15,8 km

(Il y a quelques photos de plus sur flickr mais je n’arrive pas à mettre de lien précis pour celles de cette journée – bref, c’est un lien vers l’album complet et donc un avant-goût de la suite)

 

 

Japon: Tokyo

Dimanche 28 octobre 2018

C’est un vol de nuit. Je termine mon roman puis je dors un peu, me réveillant au-dessus de Khabarovsk comme la fois passée et je pense à mon papa qui a visité cette ville il y a longtemps. Quelques heures plus tard, nous commençons la descente sur le Japon et la vue des côtes est belle.

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Les contrôles se passent sans encombres, en deux temps: il faut d’abord donner ses empreintes digitales à des postes tenus par des papys et mamies, puis passer devant le douanier. Au tapis roulant des bagages, je me fais aborder par un employé tenant une liste en main: mon nom n’est pas dessus, ce qui veut dire que ma valise était dans l’avion et devrait arriver dans quelques minutes. La liste était pourtant longue mais j’ai de la chance et je suis soulagée (toutes mes angoisses ont été inutiles en fin de compte). Et j’admire cette efficacité !

Me voilà donc à traîner mes deux valises dans l’aéroport de Narita bondé. J’ai du mal à me situer et j’erre un peu… ce qui est ma chance en fait: je tombe sur un petit comptoir qui permet d’échanger mon Japan Rail Pass et de récupérer la carte SIM que j’avais commandée par internet. Le site Mobal propose des SIM japonaises à prix tout à fait convenable et de diverses capacités et j’ai pu effectuer ma commande sans encombre avant mon départ. En descendant à l’étage des trains, je constate que le grand centre JR est là et qu’il y a plein de monde alors que je n’ai pas dû attendre en haut (pour info, c’est à gauche après le contrôle de douane, après les portes coulissantes.

Mon hôtel est situé à Ueno et je prends donc le Keisei Skyliner, le moyen le plus efficace et rapide pour y accéder. Le ticket n’est pas donné (2470 yens – 19€) mais avec mes deux valises et la fatigue du voyage, c’est le plus pratique. Après 40 minutes de trajet, j’arrive à destination. J’ai un moment de flou en sortant de la gare mais je retrouve bien vite la direction de mon hôtel. Je connais le chemin: j’ai à nouveau réservé au Coco Grand Ueno, comme il y a trois ans. Je retrouve avec plaisir l’animation de ce quartier, les pioupiou des feux pour piétons, les lumières, l’étang du parc d’Ueno…

Le check-in est rapide – mes données sont encore enregistrées dans le système et je reçois une chambre au 6e étage. Elle est toute petite mais joliment décorée, dans des tons chauds (je n’ai pas pris de photos – j’en ai par contre de la fin du séjour). La salle de bain est toujours aussi petite mais cela me dérange moins que la première fois. A vrai dire, je me sens un peu chez moi ! Je m’installe puis ressors assez vite pour m’acheter de quoi grignoter au combini tout proche, un Family Markt. Quand je retourne dans ma chambre, je me rends compte qu’il y a beaucoup de bruit: il y a concert dans le parc mais ça se termine tôt. Je range mes affaires et teste la nouvelle carte SIM qui se connecte de suite.

Je suis prête pour demain.

Je suis crevée et je m’écroule.

Japon: Bruxelles – Tokyo

Samedi 27 octobre 2018

Depuis jeudi soir, deux jours avant mon départ, j’angoisse: les bagagistes qui s’occupent des vols ANA font grève à l’aéroport de Zaventem. Et voilà que le site de l’aéroport annonce que cela va durer au moins jusque dimanche matin. Que faire ? Partir avec juste une valise cabine pour trois semaines me semble quasi irréalisable, pas tant au niveau des vêtements – quoique, ça ferait beaucoup de lessives – mais plutôt pour des accessoires de type coupe-ongles ou produits liquides (crèmes, anti-moustique, etc.). Quand je contacte l’aéroport par messenger, Alessio me répond que normalement il ne devrait pas y avoir de problèmes pour mon vol mais le site d’ANA contredit cette information.

Et puis je repense au système du Takkyubin, le service d’envoi japonais des bagages et de colis très efficace. Et si je prenais le risque de prendre la grande valise ET la valise de cabine ? J’aurais la sécurité d’avoir mes affaires principales avec moi à l’arrivée mais aussi des choses de rechange et des accessoires qui, au pire, arriveront avec quelques jours de retard. Et je ne devrai pas traîner les deux bagages partout grâce au Takkyubin.

J’opte finalement pour cette solution après avoir beaucoup hésité et angoissé pendant deux jours. Et ces angoisses font que je fais mes bagages un peu n’importe comment et que j’aurais pu prendre certaines choses en plus, comme un essuie de bain et deux ou trois t-shirts supplémentaires.

Samedi, je suis prête vers 17h après avoir barré tous les items de ma to-do list. Il ne reste plus qu’à attendre mon chauffeur qui me conduira à l’aéroport. Je m’inquiète parce qu’il n’arrive pas, quand je l’appelle il me dit qu’il est en route. Heureusement, je lui avais donné une heure qui me laissait beaucoup de marge et le trajet se fait sans encombres en quinze minutes.

Une fois sur place, l’hôtesse du check-in m’apprend que tous les bagages ont été embarqués sur le vol d’hier mais que ce n’est pas sûr pour aujourd’hui. Et à l’embarquement, je reçois confirmation que toutes les valises ne sont pas dans l’avion. Suspense donc…