Hambourg: rectangles et carrés (billet en bonus)

Pendant ce court séjour, j’ai fait beaucoup de photos, plus de 700. 190 ont été sélectionnées pour publication sur ce blog – ce qui est beaucoup aussi. J’ai donc préféré en garder quelques-unes d’une même série pour billet bonus. Elles ont toutes été prises à Hafencity, le nouveau quartier d’Hambourg. Est-ce que ce genre de billet vous plaît et est-ce qu’il n’y a pas trop de photos dans mes billets en général ?

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A l’ancienne

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Hambourg: où je me réjouis de mon choix d’hôtel

En cherchant un hôtel sur booking.com, je n’arrivais pas à me décider. Beaucoup d’endroits me semblaient tout à fait convenables, dans une gamme de prix tournant autour des 100 euros. Un hôtel sortait du lot mais était plus cher, jusqu’à 150 euros la nuit. Finalement en recoupant plusieurs sites et en adaptant mes dates de voyage, j’ai pu obtenir un tarif plus réduit sur le site de l’hôtel même: une nuit à 119€ et deux à 127€, auquel s’ajoute le petit déjeuner à 18€ (ce qui est fort cher mais le matin, il faut me nourrir très vite sinon je deviens difficile). Il s’agit du 25 Hours Hotel Altes Hafenamt, hébergé dans un bâtiment ancien en briques rouges et décoré comme tous les hôtels de la chaîne dans une idée très récup et colorée.

Cet hôtel est situé dans le nouveau quartier de Hafencity, à un jet de pierre de la station de métro Überseequartier sur la ligne de U-Bahn n°4. A pied, le centre n’est qu’à 15 minutes et permet un détour par Speicherstadt, un des sites les plus exceptionnels de la ville. La proximité de l’Elbe donne également un sentiment d’ouverture même si le quartier risque encore fort de changer au vu des chantiers.

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Ma chambre était située au troisième étage, sous les combles (c’était mon choix) et était très spacieuse. Le lit est très grand et la tête de lit est composée de vieilles portes. La couette était super aérienne mais un peu trop chaude et il y avait assez d’oreillers pour satisfaire mes besoins. Un petit mouton en peluche est là pour accueillir les voyageurs. Le reste du mobilier donne une impression de « à la maison »: un petit bureau avec une belle mappemonde illuminée, une table de salon et un fauteuil, le tout dans des couleurs variées, plutôt foncées – ce qui change du blanc intégral de certains hôtels. La salle de bain est simple et fonctionnelle, avec une grande douche, des essuies moelleux et des produits divers en grand format. Je pense que j’avais une des plus belles vues, celle qui donne sur la rivière au loin, là où accostent les paquebots.

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Le fidèle Eddy était de la partie.


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Les longs corridors ont un esprit très rétro et diverses très belles photos ornent les murs, donnant l’impression d’une exposition.

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Le petit déjeuner est sous forme de buffet et composé de produits frais mais des plats chauds sont disponibles, certains sur commande. J’ai été bluffée par la sélection de thés en vrac (une douzaine) et la possibilité d’infuser une théière entière. Il est servi dans un beau décor, celui dont je parle dans mon premier billet: l’endroit se transforme en restaurant, le Neni, le midi et le soir.

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Le service est très agréable, avec un côté pratique très « allemand ». Bref, j’ai adoré mon hôtel et je sais par expérience que cela joue beaucoup sur la manière dont je vis mon voyage. J’avais en effet à tout moment un endroit où je me sentais vraiment à mon aise pour me retirer, un endroit très proche d’un « chez moi », ce qui est une des phrases brodées sur les coussins. J’ai certes payé pour tous ces petits plus mais j’ai adoré cet endroit, que je recommande si vous avez le budget.

Hambourg: où je passe d’un musée à un jardin botanique

La météo, entre soleil et nuages, est plus fraîche aujourd’hui, ce qui ne m’empêche pas de mettre une jolie robe. Ce qui me fera remarquer en rue. Les Allemand(e)s s’habillent pratique, avec veste de pluie et chaussures de marche. Je n’ai quasi pas vu de femmes en jupe et en talons.

Je prends le métro jusqu’à la gare pour visiter le Kunsthalle, le grand musée d’art ancien et moderne de la ville. Un cube blanc très contemporain a été annexé au bâtiment de style classique et on y accède via un tunnel. Comme je m’intéresse surtout à l’art contemporain, je visite la partie moderne où se tient une exposition sur le thème de l’alphabet. Les œuvres exposées ne me parlent pas trop. Il y a bien quelques installations intéressantes mais la plupart sont très (trop) minimalistes. J’ai aimé ce film dans lequel John Baldessari tente d’apprendre l’alphabet au plantes (sans résultat évidemment – extrait) ou cette récitation d’une ligne du clavier allemand par Blixa Bargeld qui s’exprime avec toutes les intonations possibles et imaginables  (je n’ai pas retrouvé le nom de l’artiste).

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Comme cette exposition ne m’a pas séduite plus que ça, ma visite a vraiment été rapide et donc, contre toute attente, je me promène parmi les galeries d’art ancien, admirant (de loin) tous ces tableaux anciens. J’ai été gavée de musées étant enfant et j’ai eu une overdose. Dès que j’ai été en mesure de m’y promener seule, j’ai évité toutes les sections de vieilleries. Mais comme cela faisait tellement longtemps que j’avais occulté l’art ancien, j’ai apprécié ma visite, même rapide. Mes intérêts ont en partie changé et les vêtements des personnages peints par les maîtres anciens me fascinent. Et comment rester de marbre devant du Caspar Friedrich ?

Les nuages sont menaçants mais la promenade jusqu’au Rathaus se fait au sec. Il est temps de manger mais les snacks ne m’inspirent pas. Jusqu’au moment où je me rappelle que le Café de Paris n’est pas loin. J’ai beaucoup de chance: j’arrive à obtenir une table sans réservation. Les plats qui me tentent le plus me semblent fort lourds et du coup, je choisis mal: des pâtes aux scampis, coriandre et pastèque, une association fort bizarre, mais le verre de vin blanc est bon. A part ça, ma décision d’aller dans cet endroit était excellente: le décor est magnifique et, à peine assise, c’est le déluge dehors.

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Il ne me reste que quelques heures avant mon vol et je pense manquer de temps pour visiter le jardin botanique. J’y vais en accélérant le pas mais sur place, je me rends compte que c’est fort petit. Les jardins sont beaux, oui, mais à cause de la pluie, tout est mouillé et il est impossible de s’installer quelque part pour profiter du moment (ou accessoirement de lire) et les serres sont vraiment minuscules. Intéressantes mais très limitées en comparaison de celles du Jardin des Plantes de Paris.

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Cette visite rapide me permet de renter à l’hôtel en flânant dans des rues que je n’ai pas encore parcourues, voyant au passage quelques traces du G20. Je rencontre de beaux bâtiments anciens et d’autres plus modernes, ainsi que l’église Saint-Nicolas dont il ne reste que la tour suite aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale. C’est un sentiment bizarre de se trouver dans la nef alors qu’il n’y a plus de toit. Plus loin, une autre église, Saint-Michel, puis à nouveau Speicherstadt pour quelques dernières photos.

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Je récupère ma valise à l’hôtel et je pars pour l’aéroport. Le check-in n’est pas automatique et il n’est pas encore ouvert. Je ne sais pas trop ce qui s’est passé mais il n’ouvre finalement qu’une bonne heure avant le départ de l’avion. Et clairement tout ne tourne pas rond à l’aéroport: au moment d’embarquer, il n’y a pas de bus pour nous mener à l’avion et nous prenons du retard. En patientant, je reçois un sms qui m’informe qu’un fou a tué au couteau des personnes dans un supermarché dans un faubourg de la ville. Je me rends compte plus tard que je suis passée très près de ce quartier avec le train, à peu près à l’heure où c’est arrivé.

Je rentre sans encombres à Bruxelles, contente de mon voyage et d’avoir vu une si jolie ville qui mélange architecture et commerce, avec une présence très marquée de l’eau. Il reste encore deux billets après celui-ci, un premier à propos de mon hôtel et un second avec des photos bonus.

 

Hambourg: où je navigue dans le port

Ce matin, la météo est à nouveau fort hésitante, voire carrément nuageuse. J’avais prévu de faire quelques courses et donc je pars à pied. Premier arrêt, le Teehandelskontor Wasserschloß où j’achète du thé – Hambourg est un centre important de distribution de thé et de torréfaction de café. Je vais ensuite en direction de la gare et trouve un peu plus loin le magasin Mutterland où je trouve thé, autres produits à manger et du rhum Meermaid que je souhaitais acheter depuis longtemps. Comme mon sac de courses est bien lourd, je retourne de suite à l’hôtel, en prenant le métro cette fois. Le supermarché d’en face me fournit à nouveau mon repas du midi.

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Rassasiée, je repas en métro et sors à la Reeperbahn qui est l’artère principale du quartier rouge de Hambourg. Je cherche en fait la statue des Beatles, que j’aperçois de loin mais elle est gardée  par des sans-abris et autres énergumènes peu engageants. Tout le quartier d’ailleurs me laisse une mauvaise impression, que le météo grise n’améliore pas. Bref, je ne m’avance pas plus loin par là – d’ailleurs, qu’aurais-je fais de sex-toys et sous-vêtements criards ?

Je me tourne donc vers l’Elbe et le quartier du port. Le bâtiment du marché aux poissons est superbe mais vide à cette heure et je longe le fleuve, croisant sur ma route le sous-marin transformé en musée (cela ne m’inspire pas, je suis claustrophobe).

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J’arrive au Landungsbrücke, un long embarcadère bordé d’échoppes et restaurants, ainsi que de vendeurs de tickets pour des croisières dans le port. Je le parcours entièrement, puis je reviens, puis je repars, croisant au passage un navire ancien, le Rickmer Rickmers que je décide de ne pas visiter. Je suis frappée d’une grande crise d’indécision et je suis frustrée par mes hésitations. Et les bateaux partent en même temps, ce qui fait que je rate tous ceux de 14h15. Le bon plan est normalement de prendre le ferry 62 qui coûte le prix d’un ticket de métro ou est gratuit avec la Hamburg Card, mais il est pris d’assaut et je n’ai pas envie de faire la sardine. De plus, la météo est vraiment menaçante: sur le pont, je risque de me faire mouiller; à l’intérieur, les photos seront moches à travers la vitre bleutée.

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Au final, je me laisse happer par un des revendeurs de billets qui crie plus fort que les autres et me retrouve dans un petit bateau à l’arrière de l’embarcadère. Pendant les trente minutes d’attente avant le départ, j’ai le temps de ressasser mes pensées, persuadée que j’ai pris une très mauvaise décision et que ce petit bateau ne fait pas de circuit dans le port. A part le fait que je suis assise juste à côté du haut-parleur (et je ne comprends pas grand chose aux commentaires en allemand), le tour est finalement très intéressant. Il passe par les docks du port industriel – le troisième plus grand d’Europe, même s’il est situé à 100 kilomètres de la mer – et j’ai tout le loisir d’admirer divers bateaux: un grand paquebot de croisière, un yacht nouvellement construit et pas encore livré à son très riche propriétaire, un bateau de l’armée et divers immenses cargos. Le circuit se poursuit ensuite via une écluse pour passer près de l’Elbphilharmonie et rejoindre Speicherstadt que je vois cette fois-ci depuis le niveau de l’eau.

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Une fois débarquée, je retourne à pied vers mon hôtel sous un ciel de plus en plus menaçant. Je traverse à nouveau Speicherstadt et via le jeu des passerelles, je me retrouve dans Hafencity, le quartier très moderne dont la construction a commencé dans les années 2000 sur des terrains abondonnés depuis longtemps. J’ai une passion pour l’architecture et je suis fascinée par la construction de toutes pièces d’un nouvel environnement urbain. Je ne suis pas entièrement sûre de la réussite du projet – il y a peu de monde en rue – mais ces longues allées bordées d’eau invitent à la promenade. C’est peut-être juste l’absence de soleil et l’heure (on est au milieu de l’après-midi) qui causent cette impression de vide.

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J’hésite un peu pour le repas du soir et je n’ai pas envie d’aller très loin. Je sélectionne donc le Heimat Küche de l’autre hôtel 25 Hours situé au bout de la rue. Le même décor fait de bric et broc et un peu industriel m’accueille. Le restaurant propose de la cuisine germanique et après avoir pas mal hésité, je prends un plat qui ne l’est pas plus que ça: du poisson pané. Mais du poisson pané maison qui est tout simplement délicieux, accompagné de purée et de salade de concombre, ainsi que d’un verre de Grüner Vertliner. La plupart des restaurants locaux proposent en effet souvent différentes variétés de vin au verre et non juste le vin du patron. Ce qui m’arrange bien, mangeant en solo.

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Je vois que le soleil décline et je me dis que les couleurs du crépuscule seront belles. Une nouvelle séance photos à Speicherstadt s’impose mais n’est pas si intéressante au final. Je reviens par contre avec une série de photos thématiques que je rassemblerai dans un billet spécifique.

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Autant profiter pleinement du bar de l’hôtel, le Boilerman Bar, mis en place par le même Jorg Meyer du bar Le Lion. Le concept est différent: tous les cocktails sont des long drinks, des highballs et les recettes classiques sont déclinées de cette manière. Je m’installe au bar et commande un classique, le Gin Basil Highball (gin Finsbury Platinum, citron, sucre, basilic, eau pétillante), frais, acidulé et aux arômes puissants de basilic. Le barman est moins sympathique, il semble plus intéressé par les bimbos assises plus loin. Je profite cependant de la vue et de l’action et commande un second cocktail, le Philadephia Fish House Punch qui est plus sucré et fruité (cognac, rhum jamaïcain, pêche, citron, sucre et ginger ale). Je n’ai pas vu le temps passer et il est quasiment 22 heures quand je monte dans ma chambre. Et je vois qu’un grand bateau de croisière a accosté au loin.

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Hambourg: où je prends un bateau et où je me promène dans les faubourgs

Quand je me lève, il fait tout gris et je ne sais pas trop comment m’habiller. Je choisis finalement un pantalon (oui, moi !) mais je mets des sandales. Je me remplis l’estomac avec un délicieux et copieux petit déjeuner et profite du choix de thés assez étendu. C’est en effet rare qu’il y ait une dizaines de variétés, en vrac, à infuser dans des théières individuelles.

Mettant mon imperméable, je pars à mon aise, à pied, vers le centre de la ville, déambulant dans les rues en suivant plus ou moins les points d’intérêt que j’avais noté sur ma google map. Je passe par une des extrémités de la Speicherstadt mais ne trouve pas le bon chemin pour aller à un magasin de thé – ce sera pour une autre fois – puis je revois au loin les Dreichtorhallen et des bâtiments modernes dont le plus spécial abrite la rédaction de Der Spiegel.

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Je m’arrête ensuite à la Chilehaus, un exemple d’architecture expressionniste en briques du début des années 1920 et censé représenter un bateau. Ce que je ne remarque pas. Ce que je comprend enfin en faisant des recherches sur le net: il fallait l’aborder de profil, pas de face comme moi. Cela ne m’empêche pas d’admirer la grandeur de ce bâtiment et la cour intérieure m’impressionne. Une jolie boutique m’invite sur un de ses côtés et je me promène dans les rayons, entre ustensiles de cuisine et savons, papeterie et alcools.

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En face se dresse le Sprinkenhof, un autre bâtiment commercial imposant. Plus loin, je visite la Hauptkirche Sankt Jacobi pendant qu’un organiste répète pour le concert du soir.

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Je rejoins le quartier commerçant, croisant une autre église, celle dédiée à Saint Pierre, puis arrive au Rathaus, l’imposant bâtiment qui tient lieu de maison communale. C’est le centre de la ville où se rejoignent les habitants et touristes pour flâner. Et c’est très agréable, c’est bordé par un canal avec colonnade sur le côté et juste plus loin se trouve un grand lac, l’Alster. Le soleil est sorti de derrière les nuages et j’ai enlevé plusieurs couches de vêtements.

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Sur un coup de tête, je décide faire une ballade sur le lac et m’installe dans un des bateaux pour touristes. Le paysage n’est pas des plus intéressants – une belle vue sur la ville, quelques voiliers – mais la promenade d’une heure est très agréable, permettant de me reposer les pieds pendant un moment tout en profitant pleinement de la ville.

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Je n’avais pas vraiment de programme fixe et vu l’arrivée du soleil, je décide de visiter Blankenese cet après-midi. Je retourne d’abord à l’hôtel mettre des vêtements plus estivaux et découvre par la même occasion un supermarché tout proche qui a un salad bar, le genre de chose qui manque totalement en Belgique. Je fais une sélections de légumes et sauce et je paie le tout à la caisse, au poids. J’en profite pour acheter deux bières locales.

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L’hôtel est donc près d’un chantier mais les vues sont belles.

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Je pars donc pour Blankenese, un faubourg chic de Hambourg, à l’ouest de la ville et au bord de l’Elbe. Un métro direct est censé m’y amener, après un changement au centre ville. Sauf que ne comprenant pas assez bien l’allemand, je ne comprend pas qu’il y a des travaux sur toutes les lignes au niveau de la gare d’Altona (je pensais que c’était uniquement sur l’autre ligne). Bref, je suis éjectée de mon métro à cette station, et après un moment d’hésitation, je me lance dans l’aventure, me disant que j’ai déjà fait une partie du chemin. Je trouve donc le bus navette qui met bien une demi heure à rejoindre la ligne de métro quatre stations plus loin. Au lieu d’un trajet de trente minutes, il m’aura fallu plus d’une heure. Il est donc déjà 15h30 quand j’arrive à Blankenese et la sortie de la gare ne me laisse rien présager de bon. Cela ressemble à un village de banlieue en plein été – c’est à dire que c’est très vide et mort.

Avec l’aide de ma google map, je marche dans la direction de l’Elbe et puis soudain, un chemin pavé s’ouvre à moi. Je l’emprunte et je découvre le charme de Blankenese: de jolies maisons souvent anciennes bordent des allées et de grands escaliers qui descendent vers le fleuve qui ne s’offre pas de suite au regard, caché par la végétation et les maisons. Me voilà tout en bas, tout près du Strandhotel qui me renvoie à la Belle Epoque et au tourisme balnéaire d’antan.

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Je me promène un peu le long du fleuve mais j’ai un souci pressant. Malgré les panneaux indiquant les wc, je ne les trouve pas. Une fois de plus, je me laisse distraire par mes besoins sans pouvoir me soulager. C’est assez ennuyeux… J’essaie de penser à autre chose, au paysage donc, et remonte finalement vers la gare par un autre escalier. Je me sens en effet un peu pressée par le temps (en plus du reste), me disant que le retour va sans doute à nouveau être assez long. J’aurais certainement pu profiter plus longtemps de ce joli village au bord du fleuve – et faire plus de photos.

Pour poursuivre l’histoire de ma recherche de toilettes: ma claustrophobie m’empêche d’utiliser la sanisette se trouvant en face de la gare et aucun café ne m’interpelle.  A la gare d’Altona, il faut mettre de l’argent dans un tourniquet avant de pouvoir entrer dans les toilettes et cela me repousse aussi. Bref, je me retiendrai jusqu’à l’hôtel mais cela aura occupé une partie de mes pensées pendant l’après-midi. Et je regrette les toilettes qui se trouvent partout au Japon.

Il me semblait que le Boilerman Bar de mon hôtel organisait une happy hour entre 17h et 18h et donc je m’installe dans un des canapés. Le serveur m’apporte la carte mais aussi de suite le cocktail gratuit du jour, un mojito à base de tequila. Je ne suis pas persuadée que menthe et tequila fonctionnent ensemble mais c’est rafraîchissant. J’en profite pour organiser ma soirée: je suis encore pleine d’énergie malgré les trajets un peu longs de l’après-midi et il fait toujours beau, ce qui invite à la promenade.

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Un mélange robe et tapis colorés

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Je reprends cependant le métro pour arriver au plus vite au restaurant que j’ai sélectionné, le Matusmi, un japonais populaire à Hambourg depuis les années 1970. Il reste de la place au comptoir, ce qui m’arrange bien parce que c’est toujours agréable de regarder cuisiner les chefs. Le décor est japonisant et vieillot, avec des murs peints en orange mais le service est attentionné. Je me régale de sushis, sashimis et makis préparés devant moi.

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Et puis, c’est un peu intimidée que je me rends au Lion – Bar de Paris, considéré comme l’un des meilleurs bars à cocktails dans le monde et créé par Jorg Meyer, connu pour son Gin Basil Smash. Intimidée, parce que la vitrine est occultée et la porte est noire. Il faut sonner en appuyant dans la gueule du lion et c’est un portier à la mine quelque peu patibulaire qui ouvre (grande moustache, tatouages, rides profondes et costume rétro). Il m’invite avec grande gentillesse à m’installer au bar, où je suis accueillie par le serveur et le barman. Ils me mettent tous deux à l’aise, me donnant une carte mais aussi demandant rapidement ce qui me ferait plaisir et ce que j’aime.

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Je suis attirée par un Ranglum, un sour à base de rhum et de falernum. Un cocktail de facture classique mais délicieux. Quand je pose des questions sur le falernum utilisé, le serveur me le fait goûter: il s’agit d’une marque berlinoise. Je pensais que je serais mal à l’aise seule dans un bar, mais le temps passe sans que je ne m’en rende compte. J’observe les gens autour de moi, le travail du barman et l’environnement. Le bar est assez sombre, très speakeasy, avec du joli papier peint et une immense statue en bronze d’un lion. Je m’occupe aussi en tentant de reconnaître les alcools rangés dans le bar. Et puis le serveur et le barman me font un peu la conversation quand ils ont une pause dans le service, d’une manière tout à fait informelle et agréable.

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Quand ils me proposent un second cocktail, j’accepte volontiers et je choisis le Inpeartween, à base d’eau-de-vie à la poire et de quinquina Cap Corse (que je goûte également séparément). Je demande des informations sur les recettes et les reçois, écrites sur des cartes de visite. Ce second cocktail est bien plus spécial et différent, combinant des alcools peu usités, mais il me plaît par son côté amer et sec.

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C’est un peu grise mais très heureuse de mon expérience que je quitte le bar au moment du crépuscule. Je décide prendre l’air et de rentrer à pied à l’hôtel. C’est l’occasion aussi de prendre quelques (beaucoup de) photos nocturnes et de tester certains réglages de mon appareil photo: je voulais absolument réussir à monter un « filé » de lumières mouvantes en jouant avec les temps de pause. Il n’y avait plus beaucoup de circulation mais je pense avoir réussi à obtenir ce que je cherchais.

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Hambourg: où je me réfugie dans des musées face au déluge

Le réveil fait un peu mal ce matin: je dois partir vers 7h de la maison pour arriver à temps à l’aéroport (en taxi – les transports en commun auraient exigé de partir 30 minutes plus tôt, voir plus). Je ne suis toujours pas très habituée à l’enregistrement DIY et évidemment, je n’arrive pas à afficher sur mon téléphone le QR code de ma carte d’embarquement. Ce sera donc une hôtesse qui m’aide et qui m’imprime le papier (je penserai à l’imprimer aux machines de l’aéroport la prochaine fois, n’ayant pas d’imprimante à la maison). La porte n’est pas affichée à l’avance sur le grand tableau mais je constate que les vols sont renseignés à chacune d’entre elles et je me dis que je risque bien de trouver la mienne en regardant les indications. C’est le cas, après très peu de temps même. Tout ça pour obliger les passagers à flâner dans les magasins. Je préfère m’occuper avec mon iPad !

En entrant dans l’avion, je tente de voir qui sont les pilotes mais les reflets sur le hublot m’en empêchent. Décollage via le nord, en suivant le canal. Et puis l’hôtesse annonce le nom de notre capitaine, nom que je reconnais du groupe des blogueurs culinaires belges. Après l’arrivée à Hambourg, je vais me présenter et me rend compte que j’ai raté l’occasion de ma vie ! Sylvia m’aurait invitée avec plaisir dans le cockpit pour assister à l’atterrissage, ce que j’aurais adoré. Peut-être que le hasard fera bien les choses une prochaine fois.

A part ça, il pleut à verse et il fait triste et gris à mourir.

Je récupère mon bagage et achète une Hamburg Card à l’office du tourisme, conseillée par un très gentil vendeur qui parle français. Cette carte n’était peut-être pas tout à fait avantageuse pour moi mais je n’ai pas fait le compte. Coûtant environ 39€ pour quatre jours, elle m’a permis de prendre tous les transports en commun et a proposé quelques réductions sur des musées et excursions. Les tickets individuels du métro étant fort chers, je m’y suis peut-être retrouvée et, en tous cas, j’ai pris plus souvent le métro que je ne l’aurais fait sans avoir cette carte.

Le réseau des transports est clair et bien organisé, combinant les trains du S-Bahn à un métro nommé U-Bahn (et des bus que je n’ai pas pris). Le trajet vers mon hôtel prend une quarantaine de minutes, avec un changement. Quand je sors à ma station, Überseequartier, pas d’hésitation sur la direction à prendre: je me trouve au milieu d’un chantier, dos au fleuve, face à des bâtiments. Et en effet, l’Osaka Allee est en face. La pluie qui avait cessé un moment se remet à tomber de plus belle, un vrai déluge même et j’ai tout juste le temps d’arriver à l’hôtel, le 25 Hours Hotel HafenCity (j’en parlerai dans un billet séparé) sans trop me faire mouiller.

Vu les circonstances, et comme il est trop tôt pour prendre possession de ma chambre (il doit être midi et demie), je m’installe au restaurant de l’hôtel, le Neni, au très joli cadre, très chaleureux, décoré avec des objets de récupération. La carte est d’inspiration moyen-orientale et je commande houmous et aubergine grillée extra smoky sur le conseil du serveur barbu hipster. Les quantités sont un peu grandes pour moi mais je me régale.

HamburgC’est aussi l’occasion de mettre en place les plans pour l’après-midi. J’avais noté une série de choses à faire et à voir, créant par la même occasion une google map signalant points de vue, restaurants et magasins. La pluie s’est un peu calmée mais des gouttes tombent encore. Ce sera donc expos et musées. Je pars à pied vers les Dreichtorhallen, deux grands bâtiments industriels qui se font face. Le premier abrite un musée de la photographie et le second propose une exposition de Bill Viola. Je le connais de nom, je suis sûre que j’ai déjà vu ses œuvres mais je ne sais plus trop à quoi m’attendre.

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Il s’agit en fait d’installations filmées et la première est tout simplement superbe. Un écran immense. De l’eau tombe sur un personnage, au ralenti; les images sont diffusées dans l’ordre inverse. C’est un diptyque en fait, et la seconde partie montre un océan de feu. Dans beaucoup d’autres installations, les quatre éléments ont de l’importance mais aussi le déroulement de la vie humaine. Je suis subjuguée par cette exposition et ne peux rêver d’un meilleur début à mon séjour, malgré la pluie.

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Pluie qui tombe à verse quand je sors mais l’exposition de photos en face ne m’intéresse guère et j’attends un moment sous l’auvent puis dans la librairie que les gouttes soient un peu moins drues. Agrippée à mon parapluie, je tente de parcourir la courte distance vers le Musée de la Marine sans trop me mouiller. Cette immense collection privée est hébergée dans un ancien entrepôt de neuf étages, et je commence donc par le haut, descendant au fur et à mesure. La marine ne fait pas partie de mes intérêts premiers mais j’espère voir de nombreux exemples des grands paquebots qui effectuent les voyages transatlantiques. Je suis un peu déçue à ce niveau-là mais je dois bien avouer que l’histoire de la marine commerciale et militaire est très bien représentée dans le musée, notamment par des milliers de maquettes.

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Fatiguée par cette visite, je retourne à mon hôtel situé en face et je prends possession de ma chambre, la 333, située tout en haut. Je me repose un peu puis cherche un restaurant dans le quartier. Je repars donc à pied – il ne pleut plus ! – en direction de l’Elbphilharmonie, cette toute nouvelle salle de concert à l’architecture très contemporaine. J’avais noté un resto thaï, le Tai Tan et c’est là que je vais manger. L’accueil est un peu froid, par une patronne un peu raide et très masculine. Mon plat, un canard au curry massaman, est très moyen, peu épicé et manque de légumes mais le décor est joli – asiatique moderne.

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Au retour, je découvre la Speicherstadt, le quartier des anciens entrepôts, de grands bâtiments à l’unité architecturale. En briques rouges et aux toits verts, ils s’élèvent sur de nombreux étages le long de canaux. Je repasserai souvent par là, cherchant toujours à faire de photos différentes et inédites (mais pas ce soir).

Je rentre relativement tôt à l’hôtel et la fatigue de la journée se fait sentir. Je comate devant un documentaire intéressant sur l’histoire de l’Indonésie sur Arte mais c’est en allemand et j’abandonne. A 9h, j’éteins la lumière et tente de dormir, gênée par une couette qui, bien que très aérienne, est définitivement trop chaude pour la saison.

Hambourg: préambule

Je n’ai jamais pris le temps de raconter ici mes citytrips, parce qu’ils étaient liés à mon travail et que je n’étais pas entièrement libre de mes mouvements. Cette année-ci, je ne peux pas aller à Katowice pour diverses raisons qui ne dépendant pas de moi mais de mon employeur. J’ai donc décidé de choisir une destination de citytrip en Europe.

Le choix a été vraiment compliqué: j’ai commencé à y réfléchir en mars avec comme but de partir en juin, mais comme je ne me suis décidée qu’en mai, je suis partie en juillet. J’avais fait une enquête sur fb pour avoir des suggestions mais comme je suis contradictoire, je n’ai choisi aucune des propositions. Je cherchais en tous cas une destination pas trop populaire, Lisbonne était donc exclue d’office (aussi parce que j’y ai déjà été – il y a longtemps – j’en conviens); j’étais tentée par Ljubljana ou Malte mais je ne me suis pas décidée.

Et puis j’ai découvert le site de voyages Carnets de traverse et j’ai été inspirée par les photos de Hambourg. Une heure de vol, une ville organisée, une météo plus qu’instable (mais la Belgique n’est pas mieux), un port, de l’eau… Les dates de mon voyage ont été déterminées par mon choix d’hôtel, pour profiter des prix les moins chers. Quant à l’avion, Brussels Airlines propose des vols directs à prix doux (à partir de 39€ – j’ai payé 129€ mais ceci inclut un bagage en soute).

Pour déterminer ce que je voulais visiter, je me suis inspirée de divers blogs mais aussi du très pratique Cartoville, complété par Le petit futé, un guide que je n’ai pas du tout aimé par son côté fouillis et par le chapitre du nord de l’Allemagne du Lonely Planet acheté en epub lors d’une promo sur le site (ça m’a coûté 1,92€). J’ai noté de nombreux points d’intérêt sur une google map (que je peux partager sur demande).

Je m’étais donné deux buts / défis pour ce voyage: oser aller toute seule dans un bar à cocktail et améliorer mes photos en utilisant des modes autres que l’Intelligent Auto de mon tout nouvel appareil photo hybride, un Lumix DMC GX-80. (Les autres photos ont été prise à l’iPad, avec Hipstamatic).