Andalousie (2021): Grenade – Malaga

Dimanche 10 octobre 2021

Comme le petit-déjeuner n’est accessible qu’à partir de 8h30, c’est un peu la course. J’ai en effet un bus à prendre et la station est à l’autre côté de la ville. Je prends un taxi pour faire simple (ce n’est pas très cher en Espagne) et il traverse une cité encore très vide à cette heure précoce. A vrai dire, je n’aime pas les trajets en car, et j’aurais préféré prendre le train, mais quand j’ai fait mes recherches sur le site Trainline, les connexions entre Grenade et Malaga étaient assez mauvaises et très longues, à part en car. Et ce n’était vraiment pas cher. C’était une autre expérience et j’ai pu admirer le paysage depuis l’autoroute.

Le car m’a déposée à la gare de Malaga, et de là, j’ai repris un taxi jusqu’à mon hôtel, le Molino Lario. C’est un bâtiment moderne, construit entre des immeubles anciens (la photo sur Booking m’avait induit en erreur), et même si ma chambre est tout à fait agréable, c’est le moins bon des quatre hôtels de mon séjour. De plus, comme je suis au dernier étage et en bout de couloir, le wifi laisse parfois un peu à désirer. Mais j’ai une belle vue sur la cathédrale. Il y a une mini-piscine et un bar sur le toit où je n’irai finalement pas pour une sombre histoire de porte fermée et d’ascenseur récalcitrant lors de ma seconde tentative (à la première, ce n’était pas l’heure du cocktail).

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Je n’ai pas encore mangé et donc je repars me promener, à la recherche d’un restaurant. Je trouve plus ou moins facilement la Marisquería Casa Vincente conseillée par François. C’est un restaurant tout simple spécialisé en fruits de mer et il reste juste une table dans la ruelle au moment où j’arrive. Je commande un plat de gambas et une salade de tomates, le tout avec une bière, et je me régale. C’est le genre de plat tout simple qui est délicieux quand les produits sont de première fraîcheur. Je ne traîne pas, je vois qu’il y a de nombreux candidats pour occuper ma place.

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L’activité du dimanche, c’est visiter des musées. Malaga possède son propre Centre Pompidou et c’est ma première destination. Je traverse la grande « palmeraie », cette promenade longeant la mer et le quai des grands bateaux de croisière. Comme je ne suis pas pressée, je m’installe un moment sur un banc pour lire.

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Le Centre Pompidou est sous terre mais se repère par un cube aux vitraux rouges, bleus et jaunes du plus bel effet. Il n’y a pas de collection permanente et du coup je dois me contenter des deux expositions du moment, l’une sur l’art espagnol du 20e siècle qui montre quelques œuvres intéressantes, l’autre sur le sculpteur Julio González (1876-1942) qui ne me parle pas vraiment.

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Je reprends ma promenade le long du quai et je me sens minuscule à côté des immenses bateaux de croisière. A voir leur taille, je me dis que ce n’est vraiment pas un style de voyage qui me plairait. Du coup, Malaga est envahi par encore plus de touristes (c’est un long w-e pour les Espagnols et il y a beaucoup de monde).

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Ma prochaine destination est le CAC, le centre d’art contemporain hébergé dans un vieux bâtiment industriel (et il n’y a pas grand monde, ce qui est bien après la foule du centre qui n’est pourtant qu’à cinq minutes à pied). J’y trouve bien plus d’œuvres et d’artistes à mon goût, notamment une belle vidéo de Bill Viola, mais aussi les œuvres à selfie de Michelangelo Pisotoletto et les photos du Chinois Rong Rong. Dommage que la librairie était fermée…

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Je retourne ensuite à mon hôtel pour une pause, puis descends au restaurant Matiz situé au rez-de-chaussée. Ce n’est pas l’heure du repas, mais il y a moyen de commander des snacks avec un apéro. Je choisis donc un vermouth rouge Casa Guardia, suivi d’un verre de verdejo, ainsi des croquettes de jambon ibérique et une mini brioche de joue de porc à la sauce au fromage, aux pickles de jalapeños et aux graines de sésame. C’est parfait pour mon petit appétit ! Je passe le reste de la soirée à lire mon livre.

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Distance parcourue: 10843 pas ou 8,1km.

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Andalousie (2021): Grenade

Samedi 9 octobre 2021

Ce matin, je n’ai pas besoin de me dépêcher, je n’ai rien de prévu à un moment fixé à l’avance. Après le petit-déjeuner, je pars donc à mon aise, descendant vers le centre de Grenade via la promenade ombragée. Il fait même encore frais à l’ombre mais la journée s’annonce chaude (autour des 30° en ce début octobre). La lumière du matin est belle et il n’y a pas encore grand monde – l’Espagnol a un autre rythme que moi.

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Je longe le fleuve Darro, m’arrêtant devant les maisons anciennes et l’église où se prépare un mariage. Je suis en contrebas de l’Alhambra qui s’élève en contre-jour à ma droite, tandis qu’à ma gauche se trouvent les hauteurs de l’Albaicín, le but de ma promenade d’aujourd’hui.

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Pour y arriver, ça monte sérieusement et je fais quelques arrêts sous prétexte de prendre des photos (même s’il n’y a pas grand-chose à photographier). J’avais noté la Casa del Chapiz que je visite pour ses jardins mais c’est un peu décevant, à part une vue sur l’Alhambra depuis un autre endroit.

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A ma droite, je vois la route pour monter à Sacromonte, que j’avais noté dans les choses à visiter, mais je me dégonfle, en tous cas pour y aller à pied. Il y a bien un bus mais je décide d’aller plutôt de l’autre côté et d’explorer les ruelles de l’Albaicín. C’est un vrai dédale bordé de maisons peintes dans un blanc étincelant pour réfléchir la lumière du soleil andalou. Je monte et je descends, croise l’une ou l’autre église fermée.

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En cherchant bien, je trouve le Palacio de Dar al-Horra, bien caché au détour d’une ruelle qui semble ne mener nulle part. L’endroit est calme, peu visité et je profite un moment de l’ambiance, puis je continue ma route, longeant une école de musique où les élèves répètent le même morceau en suivant les conseils de leur professeur.

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Je redescend ensuite vers le fleuve et trouve le quartier que j’ai visité ce matin envahi de monde, touristes et convives du mariage qui vient d’être célébré. Je me retrouve dans la foule et tente de fuir au plus vite. Je trouve encore quelques endroits à visiter: El Bañuelo, d’anciens bains arabo-andalous et puis le musée archéologique qui m’apprend certaines choses sur l’histoire de la région depuis la préhistoire.

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Je me rends ensuite dans la Casa Horno de Oro puis dans la Casa de Zafra, deux anciennes demeures agencées autour d’un rafraîchissant patio.

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Je commence à saturer, je suis fatiguée et j’ai faim. Mais tous les restaurants que je vois sont pleins. Je finis par m’installer à La Reina, le genre d’endroit un peu hype (et où il n’y a pas grand monde) qui sert des poke bowl. Pas vraiment le truc typique de l’Andalousie mais ça me satisfait. J’y assiste à une scène en miroir. En face de moi s’installe une jeune femme aux cheveux clairs, une touriste comme moi, qui commande la même chose, avec également un verre de vin, tout en consultant son téléphone et son guide touristique. Le verre de vin à midi (enfin il est déjà bien 14h à ce moment-là), même s’il était délicieux, ce n’était pas la meilleure idée du siècle et je reprends le minibus pour remonter à mon hôtel où je m’endors pour le reste de l’après-midi. Je ne ferai pas beaucoup plus cette journée-là, à part boire un gin tonic et continuer la lecture de mon livre.

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Distance parcourue: 15 284 pas ou 11,5km, et 13 étages.

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Andalousie (2021): Grenade

Vendredi 8 octobre 2021

Le petit-déjeuner se fait par shifts, ce qui est un peu ennuyeux, mais pas la fin du monde non plus. Il est très varié et délicieux, tout en étant fort classique. Aujourd’hui, c’est le jour tant attendu: je vais visiter l’Alhambra. J’avais réservé mon ticket bien à l’avance (mais à cause du Covid, il restait des tickets quelques jours avant, voire le jour même) et je n’ai pas très loin à aller vu que mon hôtel se trouve en face. Cependant, il y a deux entrées et la réceptionniste me dirige de suite vers la bonne, ce qui est un gain de temps énorme au vu de la distance entre les deux. Je me mets donc la file pour entrer au palais des Nasrides – avec une belle vue sur la région, et s’il y a une certaine souplesse, c’est quand même bien réglementé au point de vue de l’heure d’entrée.

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A vrai dire, je n’avais pas trop lu au sujet de l’Alhambra avant aujourd’hui, et c’est avec un enchantement certain que je découvre ce palais (en fait je m’étais focalisée sur la photo du jardin qu’on voit partout). Par contre, la foule est assez dérangeante, parce qu’elle n’est pas dans un grand mouvement fluide. Non, tout le monde veut faire des selfies partout et bloque les passages. Je tique en particulier sur deux jeunes filles qui se sont habillées (dénudées ?) exprès pour l’occasion et qui s’arrêtent partout pour la photo.

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Je m’extasie devant la finesse des sculptures et des motifs, qui ressemblent à de la dentelle, passant d’une pièce à l’autre, d’un patio à l’autre. Il y a de nombreux endroits qui valent le détour, et puis ces endroits où il faut faire la photo type, comme le reflet du bâtiment dans l’eau du bassin. C’est un peu compliqué avec tout ce monde et je me sens parfois un peu frustrée. Mais en même temps, la visite de ce palais ne fait qu’animer encore plus mon envie d’en voir d’autres, dans d’autres pays. Je me rends compte que j’ai visité les extrêmes du monde arabe: l’Andalousie et l’Inde (ces palais au Rajasthan…), mais pas grand-chose au milieu (quelques jours à Istanbul, deux semaines en Ouzbékistan quand j’étais adolescente).

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Après tous ces émerveillements, je suis impatiente de visiter les jardins qui sont censés être le clou de mon voyage. Un long chemin me mène vers l’autre côté de l’Alhambra, au travers d’une végétation variée mais sans trop de choses pour attirer mon regard. Il fait beau et je profite de l’ambiance, surtout que la foule est un peu plus éparpillée.

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De l’autre côté donc, il y a encore des constructions, plus réduites – le Généralife -, et des jardins, dont les plus célèbres. Vous voyez certainement celui avec les jets d’eau, pris des milliers de fois en photo. J’ai failli passer à côté. Enfin non, je l’ai bien visité, mais je l’imaginais bien plus grand, et surtout, il est quasi impossible de faire une photo convenable, la foule me talonnant n’a pas aidé. Un peu abasourdie par cette immense déception, je me suis assez vite retrouvée à la sortie, me rendant compte que je n’avais pas vraiment profité de l’endroit que j’attendais tellement de visiter. Voilà ce qui se passe quand les attentes sont trop grandes, et que le site n’est pas tout à fait à la hauteur. Cela ne sa passe pas toujours comme ça heureusement: le Taj Mahal à Agra par exemple reste impressionnant malgré sa popularité.

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J’avais prévu une grande partie de ma journée pour visiter l’Alhambra, et là, il n’est pas encore midi et j’ai vu l’essentiel. Je visite encore le palais de Charles Quint qui fait bien pâle figure à côté de l’art arabo-andalou, même s’il est imposant. Et un peu plus loin, je grimpe sur les murailles de l’Alcazaba qui offrent un très beau panorama sur la ville et les collines environnantes.

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J’ai faim, et il y a quelques restaurants autour du site, mais dans celui que je sélectionne, je suis assez rudement renvoyée avec comme commentaire « complet ». Je ne sais pas trop quoi faire du reste de ma journée et je retourne me poser un moment à l’hôtel, ce qui me permet de remettre mes idées en place et de concocter un plan pour le reste de la journée. Il y a un autre jardin tout près, mais ses horaires d’ouverture sont encore selon le modèle estival et je dois attendre jusque 18h (ça me frustre un peu, je dois dire).

Je décide donc de descendre vers la ville basse pour trouver un des restaurants conseillés par la réceptionniste d’hier. La promenade est très agréable: je descends des dizaines d’escaliers le long de jolies maisons andalouses qui resplendissent au soleil. Je ne m’attarde pas trop, je prendrai des photos au retour. Voilà le restaurant, l’Asador de Castillo. La terrasse est pleine et donc je m’aventure à l’intérieur. On m’installe dans une partie très chic, avec des tables recouvertes de nappes en tissu et des familles qui ont l’air de fêter l’un ou l’autre événement. Je me sens un peu mal à l’aise, aussi parce que le service est relativement froid. Mais la carte me parle et je commande une entrecôte grillée accompagnée de légumes et un verre de vin (ce qui n’était pas spécialement la meilleure idée du monde en milieu de journée mais tant pis). On me sert une assiette gigantesque, et c’est délicieux. Je savoure cette viande tendre et juteuse, cuite à perfection au feu de bois. Le bonheur (ou presque, le cadre m’intimide toujours un peu).

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Largement repue, je prends le chemin du retour. Il faut bien remonter toutes ces marches maintenant. C’est vrai, j’aurais pu prendre le minibus mais j’applique ma technique habituelle pour les montées: faire plein de photos toutes les dix marches, surtout que je n’en avais pas fait à l’aller.

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Après une nouvelle pause à l’hôtel, il est enfin 18h et je me rends donc vers les jardins de Carmen de los Martires, situés non loin. Et là, c’est la bonheur total. Un petit palais du 19e siècle est entourés de jardins aux styles différents: un jardin français baroque avec une belle statue de Neptune, un jardin à l’anglaise, un jardin tropical avec des palmiers et une fontaine en son centre, un petit lac avec une fausse tour médiévale en ruine, et bien d’autres choses encore.

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Des paons se promènent librement, et il y a peu de monde ce qui fait du bien après le bain de foule de la matinée. Ma journée se termine sur une note positive après ma demi-déception du matin quant aux jardins de Généralife.

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Je rentre à l’hôtel et profite encore de la terrasse pendant un moment avec un gin tonic. Je n’ai plus vraiment faim après le repas tardif de milieu d’après-midi. Je me dis que cette tactique est finalement assez intéressante pour l’Espagne et ça me permet d’éviter les gros repas d’après 20 heures, à la mode espagnole. (Evidemment, ça ne fonctionnera pas à chaque fois).

Distance parcourue: 20 162 pas ou 15,1km, et 27 étages.

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Andalousie (2021): Cordoue – Grenade

Jeudi 7 octobre 2021

Il y a eu pas mal de bruit dans le patio intérieur au début de la nuit, un groupe de Français s’y était installé pour manger et discuter pendant de longues heures. Et puis il y a toujours cette minuscule angoisse liée à la grève des trains. Après le petit-déjeuner et le check-out, je décide d’aller à pied à la gare. Je suis bien à l’heure et l’exercice me fera du bien. Mon train arrive sans retard et j’arrive à Grenade en moins d’une heure et demie, après avoir traversé un paysage dominé par les champs d’oliviers.

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Là, je ne peux pas éviter le taxi – j’ai toujours cette crainte des plans foireux où je me fais arnaquer par le chauffeur, mais en Espagne, je ne devrais pas: tous mes trajets ont été confortables et peu chers. J’ai sélectionné un hôtel près de l’Alhambra, l’Eurostars Washington Irving (un écrivain britannique qui a vécu dans la ville), sans me rendre tout à fait compte de la topographie de la ville. Il est donc situé très en hauteur, et même si les restaurants ne sont pas très loin en distance, il faut compter sur de sacré dénivellements et volées d’escaliers pour y arriver.

Ma chambre est située à l’arrière de l’hôtel, avec une vue sur la cour intérieure. Elle est très spacieuse et je m’installe dans le canapé pour organiser la suite de ma journée. Il est passé midi et le premier but de ma balade sera de trouver un endroit pour manger, même si pour le moment, ma faim est tout à fait contrôlée.

Le personnel de la réception est tout particulièrement aimable, et c’est armée de recommandations et cartes que j’emprunte le chemin vers le centre de Grenade. Il s’agit d’une longue allée piétonnière et boisée, très en pente évidemment, mais très agréable pour la promenade (et donc je n’ai pas pris une seule photo cette fois-ci). Une fois arrivée en ville, le monde m’assaille – je comprendrai très vite que de nombreux touristes espagnols profitent du long week-end qui arrive bientôt pour visiter leur pays (le mardi suivant est la fête nationale et donc férié).

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Je me promène un peu au hasard, attirée par les ruelles de l’ancien souk, et plus loin par la cathédrale qui est imposante. Sur la place devant celle-ci, je repère un café qui a l’air agréable, le Rollo, et j’y mange une tosta de porc avec fromage et pimientos.

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Rassasiée, je décide de visiter la cathédrale – j’en fait d’abord deux fois le tour avant de trouver l’entrée – je crois que j’étais bien distraite à ce moment mais on pourrait aussi mettre en cause la digestion.

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Le bâtiment est immense, baroque, foisonnant – on se rend bien compte comment les rois catholiques espagnols ont voulu imposer leur autorité après la reconquista, et l’or des Amériques leur a permis d’en rajouter une couche. Je visite ensuite la chapelle royale (où on ne peut pas faire de photos).

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Pour la suite de l’après-midi, j’avais noté quelques églises marquantes et je suis donc un parcours proposé par le guide Michelin. Je passe par le marché de San Augustin mais je ne me sens pas super à l’aise entre les Espagnols qui mangent et qui discutent entre eux (et hop, le retour de ma timidité !). Je me dirige d’abord vers le monastère de San Jeronimo mais il est fermé sur l’heure de midi pour la sieste. Je retourne sur mes pas vers l’église de San Juan de Dios et je suis écrasée par le baroque foisonnant de l’intérieur de l’édifice.

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De retour au monastère enfin ouvert, je me promène dans le cloître, entendant les chants des moniales au loin. L’église est à peine moins chargée, mais l’ambiance est différente, plus feutrée malgré tout.

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J’ai les pieds en compote et je décide de rentrer à l’hôtel. Heureusement, il y a un minibus qui fait la montée à ma place et me dépose devant la porte. Dans ma chambre, il fait un froid glacial alors qu’il me semblait avoir éteint l’air conditionné. Je m’installe sur le lit pour prendre des notes sur ma journée, et les lumières s’allument alors que je ne bouge même pas. Bizarre. L’airco lui aussi se remet en route alors que je l’avais arrêté cinq minutes auparavant et ça, ça m’ennuie bien plus.

Je préviens le réceptionniste, qui bloque l’airco depuis le système informatisé central et qui promet d’envoyer quelqu’un pour investiguer l’histoire des lumières. Pendant ce temps, je m’installe sur la patio intérieur et commande un gin tonic et une assiette de jambon et charcuterie. Vers 18h, le restaurant n’est évidemment pas ouvert et je n’ai pas l’envie d’attendre jusqu’à 20h – surtout que le menu ne m’inspire pas plus que ça. L’assiette est hyper copieuse et je profite de ce moment au calme.

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Quand je repasse devant la réception, l’employé m’annonce qu’il va me changer de chambre; il ne veut pas que je me réveille la nuit parce que les lumières se sont allumées de manière impromptue. Je me retrouve avec un espace un peu plus petit mais avec une vue sur les murailles de l’Alhambra. Je n’ai pas perdu au change ! Je m’installe avec délectation dans le confortable lit et me mets à la lecture pour un long moment avant de m’endormir. Demain est le grand jour où je visiterai enfin l’Alcazar et ses jardins.

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Distance parcourue : 14 812 pas ou 10,9 km

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Andalousie (2021): Cordoue

Mercredi 6 octobre 2021

Après un petit-déjeuner bien copieux, je traverse une fois de plus la ville pour aller visiter l’Alcazar. Devant l’entrée, il y a à nouveau quelques touristes complètement perdus face au système de réservation obscur, mais je rentre sans problème. Il est encore tôt, en tous cas pour les Espagnols, et il n’y a pas trop de monde. La visite commence par l’intérieur du bâtiment qui abrite quelques très belles et très grandes mosaïques romaines, puis se poursuit par les jardins.

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Ceux-ci sont magnifiques, et je suis comblée. Même si les températures de ce début de mois d’octobre sont tout à fait agréables pour moi (ça monte quand même à 30° dans l’après-midi, après des matinées plutôt fraîches), on sent tout de suite que la végétation et les jeux d’eau ont pour but de rafraîchir l’atmosphère pendant les étés brûlants de l’Andalousie.

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Je ne peux pas m’empêcher de faire plein de photos et de tester les possibilités de mon appareil, avec des gros plans et des flous à l’arrière.

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Je reste longtemps dans les allées, profitant à fond du calme de l’endroit. Je comprends juste que si j’avais bien désactivé les notifications de mon mail du boulot sur mon téléphone, je devais aussi désactiver les bannières. Je me retrouve en effet à lire des bouts de messages alors que je ne devrais pas, du genre « je serai présent à la réunion de tout à l’heure ».

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Après cette visite qui fait partie des incontournables de Cordoue, j’emprunte le pont romain jusqu’à la Tour de Calahorra mais je me rends compte que je n’ai pas envie de m’enfermer pour visiter l’exposition racontant l’histoire de la ville. La vue sur la cathédrale et les vieux quartiers est intéressante depuis cet endroit, et le pont est un lieu de flânerie, avec une statue de la Vierge en son milieu.

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Je me promène ensuite dans les ruelles, suivant un parcours défini par le guide Michelin. La calleja de la Flores est envahie de touristes et je n’ai pas la patience qu’ils partent tous pour prendre une photo. Je visite la Casa Arabe et diverses autres maisons avec patios.

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Puis je pars plus loin, sur le chemin des églises fernandines de Cordoue, l’Iglesia San Lorenzo, de San Augustin et d’autres encore. La plupart sont d’une architecture assez simple de l’extérieur mais d’un baroque dégoulinant à l’intérieur. A un moment, je me retrouve derrière un tout un groupe d’écoliers que je n’arrive pas à dépasser mais qui vont malgré tout un peu trop lentement. Je ronge mon frein en essayant de ne pas trop les approcher… ce sont les aléas de certaines visites.

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J’arrive enfin au Palacio de Viana, un très beau palais ancien qui s’étale sur plusieurs bâtiments reliés entre eux par des patios. Certains ont l’air très agréables, d’autres un peu moins, et quelque part, j’ai du mal à faire des photos intéressantes et en fin de compte, je suis même un peu déçue.

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Je commence à avoir faim et je me rends compte que je ne suis pas si loin du Bar de Paco Morales conseillé par mon ami belgo-madrilène (en fait, j’avais organisé mon itinéraire ce matin plus ou moins en fonction). J’hésite un peu avant d’entrer, c’est quasi vide, mais je suis bien accueillie. La carte est un mélange de tapas contemporains et de classiques de Cordoue. Mon premier plat est une réussite: de délicieux nigiri sushis aux épinards et saumon. Pour le second, il y a eu une confusion lors de la commande (mais je n’ose rien dire – c’est moi aussi ça), et au lieu du plat léger à l’avocat que je souhaitais, je reçois un salmorejo avec des oeufs sur le plat et des minuscules crevettes frites entières. Je ne peux pas dire que j’ai aimé, et c’était même fort consistant pour mon petit appétit (et je n’étais pas tout à fait à l’aise avec l’idée de manger ces crevettes avec carapace et tout).

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Et donc ce repas à moitié raté me frustre, et je suis fatiguée de mon longue promenade du matin. Je rentre donc à l’hôtel pour bouder (ben oui, on ne peut pas décrire ça autrement). Je ne fais donc plus rien du reste de l’après-midi, à part dormir et lire un peu.

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Je me venge du repas de midi en commandant des nachos au guacamole et labneh, et un gin tonic pour occuper ma soirée. Mon roman est passionnant et je suis de meilleure humeur. Et puis demain est un autre jour, et je découvrirai une nouvelle ville (si les trains roulent – il y a en effet toujours une grève en cours).

Distance parcourue: 17 233 pas ou 13,1 km

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Andalousie (2021): Cordoue

Mardi 5 octobre 2021

Je me réveille avant le réveil, comme souvent en vacances. Le petit déjeuner est sous forme de buffet, et il y a moyen de commander des oeufs. Je me régale avec d’abord une partie salée, puis des fruits et du yaourt, puis du sucré sous forme de pâtisseries locales. J’ai un bus à prendre ce matin, mais je me promène d’abord un peu dans le rues, longeant le mausolée romain qui est un peu perdu le long de cette immense avenue. Il y a aussi le marché Victoria dans un beau bâtiment en fer forgé, à l’ancienne, mais c’est encore fermé. Je prends donc un premier car (réservé le jour avant) qui m’emmène au site de Madinat Al-Zahra, situé à environ huit kilomètres de Cordoue. Il s’agit des ruines d’une ancienne ville construite par les califes au 10e siècle. Elle est détruite au début du 11e siècle et abandonnée avant d’être redécouverte au début du 20e siècle. Des fouilles ont commencé en 1911 et continuent encore aujourd’hui. Depuis 2009, un musée très moderne, en partie sous terre, a été construit à proximité, et c’est là que nous dépose le car. On a donc trois heures pour visiter le site.

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Je n’aime pas trop ces visites chronométrées à ma place mais il n’y a pas d’autre solution pour aller à cet endroit, à moins de prendre un taxi, ce qui revient cher quand on est seul (et il faut réussir à en appeler un autre pour le retour, ce qui n’est pas si évident quand on ne parle pas espagnol). Le car se réserve via internet ou à l’office de tourisme de Cordoue, et inclut le second bus qui relie le musée aux ruines.

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Je visite donc d’abord le musée, gratuit pour les ressortissants de l’Union Européenne, et en apprends beaucoup sur la ville, les califes, l’irrigation, la vie quotidienne, et puis sur les fouilles. Je prends ensuite le second bus (qu’il ne faut pas réserver, et qui est beaucoup plus régulier) pour monter jusqu’au site des ruines. Le parcours est fléché et le circuit est fixe, ce qui est évidemment un peu ennuyeux quand on arrive en même temps qu’une cinquantaine d’autres personnes, dont beaucoup en groupe et avec guide. Sans doute que j’aurais mieux fait de prendre aussi une visite commentée, mais je me contente des informations que donne mon guide Michelin (que j’ai trouvé très détaillée, bien plus que le Lonely Planet que j’avais aussi acheté – et pour voyager léger, j’avais fait des photocopies des pages concernées).

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Beaucoup de bâtiments ne subsistent que par quelques murs, d’autres plus rares ont conservé leurs arches, et ce sont évidemment les plus intéressants et les plus photogéniques (mais difficile de prendre des photos sans touristes). Je suis donc le parcours fléché, et à un moment je me rends compte que la partie avec les jardins n’est pas accessible. Ils sont juste visibles de loin. Ma déception est immense, je m’était décidée de visiter ces ruines en dehors de la ville à cause de la présence de ceux-ci.

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Je continue donc le parcours, passant par d’autres arches très bien conservées, et après peu de temps, je me rends compte que j’ai fait le tour du site. Il reste bien trop de temps avant le départ du car pour Cordoue et je décide donc de refaire le circuit en espérant faire des photos sans touristes.

Je rate le bus retournant au parking et au musée et je m’installe par terre (où sont les bancs à cet endroit stratégique ?) pour lire mon roman en l’attendant. De retour au parking, je suis aussi bien trop tôt, mais je trouve finalement un banc à l’ombre pour continuer ma lecture. Je râle un peu de perdre autant de temps dans ma journée, mais réserver ce car était la seule solution pour voir les ruines.

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Il est environ 14h quand je suis de retour à Cordoue et je suis affamée. Suivant les conseils d’un ami belgo-madrilène, je vais manger à La Regardera, un restaurant du chef Adrian Caballero. Il y a heureusement de la place, et je commande un ceviche de poisson de saison aux pommes, oignon rouge, lime, coriandre et gaspacho de carottes marinées. C’est tout simplement délicieux et la petite quantité est suffisante pour moi. J’ai juste été stupide de prendre une bière plutôt que du vin !

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Les horaires des diverses attractions sont assez aléatoires mais j’avais reçu un papier à l’hôtel me résumant tout cela. C’est parfois un puzzle pour organiser au mieux les visites. Il me restait donc une demi-heure avant la réouverture de la Mezquita, et j’en ai profité pour découvrir le quartier juif tout proche. Je me suis donc baladée dans les ruelles, près de la porte d’Almodovar, découvrant patios, synagogue et églises (la Capilla mudejar de San Bartolomé, notamment).

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Le monument le plus important de Cordoue est la Mezquita, la mosquée-cathédrale qui, d’église wisigothique a été transformée en mosquée au 10e siècle, puis à nouveau en cathédrale après la Reconquista. C’est assez impressionnant de se perdre à l’intérieur, entre les centaines de colonnes ocre et rouge.

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Mon parcours a tout à fait été aléatoire, partant plutôt des parties extérieures avant de me recentrer vers le milieu. De cette manière, j’ai d’abord vu les nombreuses chapelles chrétiennes et la partie typiquement musulmane, avant d’être complètement surprise par le centre qui est une vraie cathédrale baroque dédiée à la religion catholique. C’est imposant et exagéré, et à part cette impression de grandeur, il n’en émane aucun charme ni mystère. La forêt de colonnes est bien plus attirante, bien plus fascinante.

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Après une longue visite, je retourne à mon aise à l’hôtel en passant encore par divers patios et un joli théâtre dans une des rues principales.

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Une fois à l’hôtel, j’ai demandé l’assistance du réceptionniste pour réserver une entrée pour l’Alcazar le lendemain. En effet, il faut s’inscrire sur un site (c’est sans doute lié au covid) mais celui-ci est uniquement en espagnol et, pour ce que j’en ai compris, propose de prendre rendez-vous avec l’administration communale, demandant de d’abord remplir toutes ses données personnelles avant de préciser pourquoi on prend rendez-vous. Le lendemain, devant la porte de l’Alcazar, tous les touristes étaient aussi perdus que moi face à cette inscription électronique. En attendant que le réceptionniste s’occupe de moi, j’ai assisté à une scène un peu risible: une touriste française était en train d’élever la voix (en franglais) pour qu’on lui trouve un concert « wizz ambiance ». Tout lui semblait dû et elle ne comprenait pas que ce n’était pas possible à cause du covid.

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J’ai beaucoup marché aujourd’hui et je n’ai plus le courage de sortir. Je profite donc une fois de plus du très reposant patio de l’hôtel pour déguster un verre de vin blanc et un plat cordouan associant boulettes de calamar frit, jambon, oeuf et sauce tomate. On ne peut pas dire que c’était des plus légers mais c’était pas mal quand même. En tous cas, c’était une très belle journée et la Mezquita est vraiment un monument à visiter.

Distance parcourue: 14,2 km et 18 888 pas.

J’ai eu du mal à sélectionner les photos de la Mezquita, il y a en a bien plus sur flickr.

Andalousie (2021): Madrid – Cordoue

Lundi 4 octobre 2021

Comme prévu, la nuit a été mauvaise malgré le lit confortable et les draps tout doux. Et je n’en sais toujours pas plus sur la grève. Mais d’abord, le petit déjeuner. Il est à la carte et je choisis les toasts à l’avocat (à nouveau) et à l’oeuf poché, ainsi qu’une salade de fruits. C’est accompagné de pain et viennoiseries et c’est très copieux.

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L’app de Trainline me signale que mon train est à l’heure, je me dis que c’est bon signe et je pars vers la gare. L’organisation des voies n’est pas très claire au premier abord, mais je comprends que je dois monter au premier étage, puis passer par un contrôle des bagages aux rayons x. Et puis j’attends une demi-heure, debout, vu que les quelques places assises disponibles sont toutes occupées. Il y a pas mal de monde et la voie de mon train n’est annoncée que 15 minutes avant son départ. C’est un TGV comme en France, et j’ai la chance de ne pas avoir de voisin durant tout le voyage.

En moins de deux heures, j’arrive à Cordoue et je vais à pied à mon hôtel qui à 15 bonnes minutes de là. Il fait encore frais mais le ciel est bleu, et on sent que ça va se réchauffer en cours de journée. Je traverse la partie moderne de la ville, suivant un long parc qui a été construit au-dessus des voies de train, puis je bifurque pour me retrouver dans un dédale de ruelles, me trompant évidemment de direction mais je m’en rends compte bien vite.

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Au moment de choir mon hôtel, booking.com me proposait l’Hospes Palacio del Bailio, le meilleur établissement de la ville. Comme j’avais envie de me faire plaisir, et que d’autres hôtels me tentaient moins, je l’ai sélectionné pour mes trois nuits à Cordoue. Il est aménagé dans un ancien palais et s’organise autour de plusieurs patios; la salle du petit-déjeuner surplombe même des ruines romaines qu’on peut voir à travers le sol vitré. Je suis accueillie avec chaleur et je peux prendre possession de suite de ma chambre (ça change du Japon où l’heure c’est l’heure et en général 15h). Elle est très agréable, dans des tons sable, et le lit est parfait. Je chausse mes sandales et enlève quelques couches puis je pars à la découverte de la ville, pour une promenade sans but précis (à part l’office du tourisme).

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Je flâne dans les ruelles, absorbant l’ambiance espagnole que je reconnais de mes voyages à Séville et Saint-Jacques de Compostelle. Je descends au fur et à mesure, me rapprochant de la mosquée-cathédrale et débouchant finalement sur le fleuve Guadalquivir. A l’office du tourisme tout proche, j’achète un billet pour l’excursion de demain. Je commence à avoir sérieusement faim, il est déjà presque 14h (pas que ce soit un souci en Andalousie où les horaires des repas sont bien décalés). Je choisis la Bodega Mezquita qui propose des tapas divers et mange une salade de pommes de terre et thon (rien de spécial), du salmorejo (une soupe épaisse au pain, à l’ail et aux tomates) – une spécialité locale – et des aubergines frites avec une réduction de pedro jimenez et sésame, le tout accompagné d’un verre de verdejo (au prix d’une limonade). J’ai vu un peu grand – difficile de bien juger la taille des plats en Espagne – et j’ai une forte envie de faire une sieste.

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Je retourne à mon aise vers mon hôtel, en passant par les vestiges du temple romain qui est assez impressionnant.

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Je me couche un moment pour digérer. Quand je me réveille, je me force à ressortir, me disant que la lumière doit être belle en cette fin d’après-midi mais je ne fais pas tant de photos que ça au final; j’ai d’ailleurs toujours du mal le premier jour.

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Je m’installe ensuite dans le patio de l’hôtel et commande un gin tonic. Je me fais manger par la même occasion par les moustiques. Dans la foulée, je commande un salade de mangue et poulet (frit) et profite des températures encore très clémentes du crépuscule. Après ça, je m’effondre dans mon lit pour une nuit bien méritée. Demain, je commence vraiment les visites !

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Comme toujours, il y a plus de photos sur flickr.

Distance parcourue: 10,7 kilomètres ou 14 063 pas.

Andalousie (2021): Bruxelles – Madrid

Dimanche 3 octobre 2021

Aéroport, un dimanche midi. Cela fait maintenant deux ans que les voyages étaient fortement déconseillés et que je n’étais plus sortie de Belgique (à part quelques heures au Luxembourg). Juste avant le début de la pandémie, j’avais envisagé d’aller en Andalousie, mais j’ai tardé à réserver pour diverses raisons. Fin février, je m’étais ensuite décidée pour un voyage organisé en mai en Géorgie, mais le jour où je m’étais dit que j’allais m’inscrire, un vendredi, j’ai préféré attendre jusqu’au lundi. Le lundi, je me suis dit qu’il serait plus sage de ne pas le faire. Trois semaines plus tard, les frontières du monde entier se fermaient.

L’été passé, j’aurais pu partir, c’était même vaguement prévu, et puis mon papa a eu un AVC en juillet et est décédé en août. En octobre, la pandémie reprenait de toutes ses forces. J’ai beaucoup pensé à mon papa, il me demandait toujours quelle était ma destination suivante, et j’aurais bien aimé pouvoir partir à l’automne passé. J’ai finalement encore attendu presque un an avant d’enfin me sentir assez à l’aise pour prendre l’avion. Les voyages étant limités à l’Europe, je me suis décidée pour l’Andalousie – la boucle était bouclée.

J’ai beaucoup hésité sur la forme qu’allait prendre mon circuit: il était clair que je voulais aller à Grenade et Cordoue. Malaga s’est imposé à cause des vols directs, et pour ne pas y aller deux fois, j’ai décidé de passer par Madrid à l’aller, puis de rejoindre Cordoue en train à grande vitesse. Ce n’était peut-être pas la meilleure idée, je n’avais pas pensé à certains détails pratiques liés aux grandes villes.

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Aéroport de Zaventem, donc. Je me sens très vite submergée d’émotions. Je suis heureuse d’enfin partir, même si j’ai des appréhensions, et surtout, je pense très fort à mon papa. Quelques larmes ont coulé pendant que je regardais les avions sur le tarmac, sous la pluie. La météo est en effet très sombre, une dépression domine toute l’Europe de l’Ouest et je ne verrai pas une seule fois la terre pendant le vol. Juste avant d’éteindre mon téléphone, je vois un mail en espagnol uniquement venant de Renfe, la compagnie des trains, annonçant une grève, mais aussi certaines heures. Je ne suis pas sûre de comprendre et je commence évidemment à m’inquiéter un peu. Près de Madrid, la couverture nuageuse commence à se démanteler mais les turbulences sont d’autant plus fortes pendant la descente. Me concentrer très fort sur ma respiration est la seule solution pour ne pas être malade.

Nous débarquons au Terminal 2 de l’aéroport de Madrid Barajas, un lieu qui aurait besoin d’être rafraîchi. Le contrôle du Passenger Locator Form local prend 5 secondes, le temps de scanner le code QR que j’avais reçu à l’avance. Google maps m’avait proposé trois manières de rejoindre le centre de la ville: le bus, option que j’ai balayée de suite parce que j’avais peur de la circulation et que je n’aime pas les bus (je le regretterai plus tard), une combinaison de métro et de train de banlieue, ou un train direct mais partant du terminal 4. J’ai d’abord tenté l’option 2 mais j’ai marché des centaines de mètres sans trouver où aller (j’ai probablement raté un panneau à un endroit précis). Comme je m’étais retrouvée au terminal 1 après ces 15-20 minutes de marche, j’ai tenté d’y prendre le bus pour le terminal 4. Il est parti devant mon nez, et le suivant tardait à arriver. J’ai donc demandé où était le métro, et j’ai dû retourner sur mes pas, marchant à nouveau une quinzaine de minutes. Cette fois-ci je n’ai pas raté les panneaux et ai trouvé la station. Et là, on m’a expliqué qu’il fallait deux tickets différents pour mon option métro/train, mais que si je changeais deux fois de métro, j’arriverais aussi à destination. Après réflexion, je crois que j’ai malgré tout acheté un ticket combiné vu son prix élevé mais les explications n’étaient pas très claires.

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Après 45 minutes de trajet (plus le temps perdu à l’aéroport), j’arrive enfin à la gare d’Atiocha, au centre de Madrid. Le soleil se couche déjà et il fait frais. Les bâtiments qui m’entourent sont imposants, mais c’est tout ce que je verrai de la ville. J’avais espéré arriver plus tôt pour me promener un peu. Mon hôtel n’est qu’à dix minutes à pied heureusement. J’ai choisi le Blu Radisson Madrid Prado pour sa situation et ses chambres qui avaient l’air très agréables. Et en effet, celle qui m’est attribuée est très stylée, avec ses murs bleu foncé et ses photos en noir et blanc aux murs. Je tente d’éclaircir la situation de la grève, et le réceptionniste m’aide autant qu’il le peut. Il m’annonce donc qu’il y a effectivement un mouvement syndical depuis quelques jours, et que ça va continuer encore une bonne semaine. Il n’arrive pas à joindre Renfe, mais tente d’acheter le même billet de train que moi, et il a l’air toujours disponible, tandis que d’autres trains sont clairement supprimés. Je commence à élaborer des plans B, mais ils prendraient bien plus de temps que le train et je me dis que je risque d’être bloquée à Madrid, sans hôtel, le plan C donc. Je tente malgré tout de me dire que le plan A est toujours possible vu que tous les trains n’ont pas l’air d’avoir été supprimés et que le système de grève n’est pas le même qu’en Belgique vu qu’un système de service minimum est obligatoire.

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J’essaie de me calmer, et décide d’aller manger. Je n’ai plus le courage d’aller plus loin que le restaurant de l’hôtel, je suis épuisée de ma trop longue marche à l’aéroport (ainsi que de ma frustration de ne pas trouver mon chemin rapidement). Un pineapple margarita, et ça va tout de suite mieux ! Je complète ce cocktail avec deux tapas, des toasts à l’avocat aux pimientos padron et des mini croquettes de crabe. C’est délicieux et juste assez pour moi et mon petit appétit.

Je m’installe ensuite avec délectation dans le très confortable lit mais le sommeil met du temps à venir à cause de mes soucis autour de cette grève.

Japon (2019): Kansai Airport – Munich – Bruxelles

Samedi 7 décembre 2019

Ce matin, je n’ai que 500 mètres à parcourir pour aller à l’aéroport, et c’est bien pratique. Je me dis que je devrais penser plus souvent à ces hôtels d’aéroports pour les départs matinaux.

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Je suis assez déçue par les magasins tax-free, ne trouvant aucun souvenir Ghibli. Le vol de retour avec la Lufthansa se passe sans encombres mais est un peu bizarre: l’équipe de stewards et hôtesses qui s’occupe de ma partie de l’avion semble en grande dispute, tout particulièrement la grande et forte hôtesse allemande et la petite et menue hôtesse japonaise. Les deux stewards bedonnants ne s’en mêlent pas mais l’ambiance est tendue. Tous tentent de donner un bon service mais le coeur n’y est vraiment pas. Je me rends compte que même si la Lufthansa est tout à fait convenable comme compagnie aérienne, Finnair que j’ai pu essayer par hasard à l’aller, et surtout ANA sont des compagnies bien supérieures qualitativement, mais aussi un peu plus chères. Je m’en souviendrai pour des voyages futurs.

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Arrivée à Munich avec son long parcours entre les terminaux, et un peu de repos avant la dernière étape. Et puis un superbe coucher de soleil au départ. J’arrive enfin à la maison en fin d’après-midi.

Je reviens encore avec un dernier billet qui fait le bilan de ce voyage (billet qui n’aura jamais été écrit finalement).

Japon (2019): Wakayama – Kansai Airport

Vendredi 6 décembre 2019

Après avoir préparé mes affaires, je me rends à l’arrêt de bus, mais je me rends vite compte que celui que j’ai pris ne me mène pas à la bonne gare. Je descends. Je ne monte pas dans le suivant parce qu’il n’y a pas de ticket qui sort de la machine et je ne comprends pas bien le système. Je me mets à marcher un bout, fulminant sur moi-même, sur mon inattention et la perte de temps occasionnée. De retour sur la grande avenue, je prends finalement un autre bus qui m’amène enfin à la gare. Je range ma valise dans un casier et me précipite vers la dernière voie pour prendre le petit train local de l’Electric Railway de Kishigawa qui part quelques secondes plus tard.

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Cette ligne locale de trains était vouée à un arrêt définitif, faute de voyageurs, et puis le village de Kishi, au terminus, a eu une idée de génie pour attirer les touristes. J’en parlerai plus loin. Comme j’ai pris un pass pour la journée, je peux interrompre mon voyage quand je veux pour visiter les alentours. Mon premier arrêt est Idakiso, où se trouve un petit temple. Je n’y reste pas très longtemps, il fait bigrement froid aujourd’hui. Et je ne veux pas rater le train suivant.

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Il y en a trois différents qui roulent sur la ligne, tous trois joliment décorés. J’ai de la chance, celui qui arrive est celui dédié à Tama, le chat chef de gare à Kishi. La petite gare a en effet adopté il y a plus de 10 ans un chat errant, et l’a promu chef de gare. L’effet a été immédiat: les touristes ont voulu voir le chat et sont venus en masse, sauvant par la même occasion la ligne de train. Tama est décédé entre-temps mais il a un successeur, Nitama. Et donc les wagons sont entièrement décorés sur le thème des chats, avec une petite bibliothèque, des lampes spéciales et même un emplacement spécial pour quand Nitama prend le train.

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A la gare de Kishi, je m’extasie devant le chat, comme tout le monde. Il est protégé par une vitre d’un côté, et par le comptoir du magasin de souvenirs de l’autre. Il a sa propre couverture chauffante et n’est de service que certains jours et heures. Sa vie ne semble pas trop difficile mais j’imagine qu’il aime aussi se promener à l’air libre quand il ne joue pas son rôle de chef de gare.

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Je ne suis pas fan de chats au point de faire un grand détour dans mon voyage mais comme j’étais à Wakayama, cela aurait été dommage de ne pas faire l’excursion. J’étais également très tentée par une immersion dans la campagne japonaise et je m’étais dit que je visiterais différents villages, allant même à pied de l’un à l’autre. Sauf qu’il faisait fort froid et que je n’arrivais plus à me réchauffer et je ne me suis plus arrêtée au retour. Je pense que l’été est une bien meilleure saison pour se promener dans la régions.

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Une fois arrivée à Wakayama, je récupère ma valise et prends le train pour aller à l’aéroport du Kansai, à mi-chemin entre Wakayama et Osaka. J’y ai en effet réservé une dernière nuit à l’hôtel de l’aéroport, ce qui me permettra le lendemain de ne pas me lever aux aurores et d’avoir peur de rater mon train puis mon avion.

Je récupère mon autre valise qui est bien arrivée depuis Kobe, installe le tout dans la chambre et repars. Mon voyage touche à sa fin mais j’étais vraiment déçue de ne pas avoir trouvé de jolis tissus japonais (et hawaïens, comme à Tokyo). Et donc l’idée a mûri: pourquoi ne pas retourner pour un aller-retour à Osaka ? J’avais noté une adresse et cherché mon parcours via google maps. Je prends donc le train pour Osaka, sans me rendre compte que j’ai choisi un omnibus, et j’avoue que je perds un peu patience, mais j’arrive finalement à Tennoji, d’où je prends le métro pour Namba. J’avais vraiment bien préparé mon voyage, et j’ai donc suivi les indications données par une blogueuse qui indiquait la sortie à prendre et le chemin à suivre pour trouver le magasin de tissu en question, Toraya. Je tombe droit dessus, sans devoir chercher. Et j’y trouve mon bonheur.

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Le système d’achat est un peu bizarre, mais expliqué partout: les rouleaux de tissus ne sont pas présents en entier, seuls des pans d’exposition. Il faut alors demander au vendeur qui en découpe un petit carré et note le métrage voulu. Il envoie le tout à l’étage via un système pneumatique et quelques minutes plus tard, la commande arrive à la caisse où on peut payer.

Je retourne à Tennoji et je me mets dans la file pour le train. Je ne le vois pas arriver alors qu’il est déjà presque l’heure de départ. Je me retourne et le vois derrière moi ! Et c’est un train Hello Kitty, ce qui me fait un second train chat dans la journée. C’est le train rapide et en une demi-heure je suis de retour à mon hôtel.

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Je choisis un restaurant dans le centre commercial attaché à l’aéroport, mais mon choix n’est pas tout à fait réussi pour ce dernier repas. J’ai été tentée par un restaurant-buffet pour pouvoir goûter à plein de choses, mais c’est essentiellement de la cuisine occidentale.

Reste une chose importante: tout ranger dans la valise. Ce n’est pas une mince affaire, j’ai finalement acheté plus que prévu. Je peine, je n’y arrive pas. Et puis je me rends compte que si je veux utiliser au mieux l’extension externe de ma valise, je dois également ouvrir la partie interne. Et j’y arrive finalement. Le lendemain, je verrai qu’elle est passée de 13kg à 20kg…

Une dernière nuit, et puis c’est le grand départ.

Statistiques du jour: 10 373 pas ou 7,7km – 12 étages.