Japon (2019): Fukuoka – Yanagawa – Fukuoka

Vendredi 22 novembre 2019

Après un petit déjeuner de salade de pommes de terre, de croquettes, d’œufs brouillés, de yaourt et de soupe miso (le petit déjeuner de l’hôtel Croom est son seul point négatif – pas un fruit en vue et le pain est du genre industriel), je cherche un 7Eleven pour retirer de l’argent, je réserve mon ticket de train pour Beppu et je me perds dans la gare de Hakata. J’arrive finalement à celle de Tenjin vers 11h, ce qui est fort tard, sachant qu’il faut encore presque une heure pour arriver à Yanagawa, le but de visite du jour, conseillé par le blog Béné Fukuoka. Cette petite ville, construite à l’origine au milieu du 16e siècle, est connue pour ses canaux et ses anciennes maisons de samouraïs.

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La météo est plutôt triste, les nuages sont bas, et à la sortie de la gare, je suis prise d’un doute: la ville a l’air très laide. Je vais chercher un plan à l’office du tourisme et visite d’abord le sanctuaire de Mihashira qui malheureusement n’est pas mis en valeur par le temps maussade.

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Je prends ensuite une barque, avec d’autres touristes, pour faire un tour sur les canaux. Il y a quatre compagnies principales, et je prends une de celles qui sont proches de la gare (tout cela est bien indiqué sur le plan de l’office du tourisme). Le batelier fait avancer son embarcation avec un long bâton qu’il enfonce dans l’eau, tout en racontant des histoires ou interprétant des chansons traditionnelles. Je me dis que le paysage doit être joli sous le soleil mais là, je n’en profite pas du tout. J’ai froid et mal aux fesses. Bref, ce qui devait être l’apogée de la journée ne se passe pas trop bien à cause de mon humeur qui dégringole au fil des minutes.

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Après une heure de barque, je me retrouve de l’autre côté de Yanagawa et quand le batelier annonce qu’il y a un minibus qui peut me ramener à la gare, je n’hésite pas, même si dans mes plans initiaux, je comptais flâner dans la petite ville et revenir à pied. Je ne m’attarde pas devant les jolies maisons, ni à la résidence en style européen (Ohana). Je reste juste un moment à regarder les acrobaties de certains rameurs qui escaladent un pont tandis que leur barque passe en dessous.

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J’avoue que je le regrette un peu, je suis complètement passée à côté d’une jolie petite ville juste à cause de mon humeur qui était aussi maussade que la météo. (Et quand je relis le blog de Bénédicte, je vois qu’il lui est arrivé un peu la même chose, mais avec la pluie en prime).

Je suis congelée: j’attends le train dans les courants d’air et le train lui-même n’est pas chauffé. Je souhaitais combiner ma visite de Yanagawa avec le temple des Grenouilles situé à Ogori mais je n’ai plus le courage.

De retour à Fukuoka, je me reprends, me disant que je peux encore changer le cours de cette journée. Je me promène dans la ville, passant par des lieux visités l’année passée, comme le bâtiment Acros et son mur / toit végétal et la rivière.

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Mon but est le Musée des Arts Asiatiques où il y a une exposition rétrospective. Je me réchauffe enfin et admire l’évolution de l’art de l’Asie du Sud, de l’Est et du Sud-Est depuis le 19e siècle. Il y a quelques oeuvres qui me plaisent tout particulièrement comme cet intérieur de tuk-tuk transformé en discothèque ou des affiches de cinéma pakistanais.

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Sur le chemin du retour, mes pas croisent le sanctuaire de Kushida-jinja. La lumière est superbe: même s’il reste des nuages, le soleil apparaît à l’horizon et prend des couleurs roses, rouges, oranges.

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J’ai envie de sushis ce soir mais évite un premier resto parce que j’y ai été l’année passée. Je continue mes recherches mais après avoir pas mal marché dans les dédales des centres commerciaux, j’abandonne et retourne à un autre restaurant où j’avais déjà été, Isoragi. C’est nouveau: on m’y donne une carte en japonais mais avec un QR code qui me permet de lire la traduction sur mon smartphone. Je commande un plateau avec du riz, du poisson cru, un bouillon et divers condiments et je me régale.

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Rassasiée, je passe un moment à admirer les décorations de Noël autour de la gare, tout en regardant de loin de concert de chansons romantiques.

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Une fois de retour à l’hôtel, je vais me détendre à l’onsen, repensant à mes humeurs de la journée. Je me sens un peu stupide d’être totalement passée à côté de Yanagawa mais quand même contente d’avoir réussi à changer mon humeur et d’avoir vu une belle exposition ainsi qu’un superbe coucher de soleil.

Statistiques du jour: 15 429 pas ou 11,5 km

Plus de photos de Yanagawa sur flickr.

Est-ce que cela vous arrive aussi, en voyage, que votre humeur gâche une journée ?

Japon (2019): Osaka – Fukuoka

Jeudi 21 novembre 2019

Je quitte Osaka aujourd’hui et le shinkansen que je voulais prendre à l’origine était déjà complet. J’ai donc réservé une place sur le précédent mais cela veut dire que je dois me lever avant 7h et que je me retrouve en pleine heure de pointe dans le métro. J’essaie de prendre le moins de place possible mais ce n’est pas facile avec une valise, même petite.

Hier soir, j’ai fait envoyer la grande valise à Beppu avec le service de livraison Takkyubin, la meilleure invention du monde – et ce n’est pas extrêmement cher. Cela me permet de voyager sans trop m’embarrasser et je retrouve ma grande valise une étape sur deux ou trois. Ici par exemple, je saute les étapes Fukuoka et Kokura, la retrouvant à Beppu. De là, je l’ai envoyée à Kobé, évitant Kurokawa Onsen et Kumamoto. Et de Kobé, elle est partie à l’hôtel près de l’aéroport, sans m’encombrer à Wakayama. Je ne me souviens pas du prix exact, mais ça doit tourner autour des 60-70 euros pour les trois envois. Un montant que je suis tout à fait prête à payer pour avoir ce confort de voyage, sachant qu’il n’y a pas d’escalators partout (ça s’améliore néanmoins) et que les shinkansens limitent maintenant la taille des valises qu’on peut y emmener (à moins de payer un supplément). Et les réceptionnistes d’hôtel sont habitués: ils remplissent sans problèmes le bordereau d’envoi en japonais.

Heureusement, tout le monde sort à la gare de Shin-Osaka. Je suis évidemment bien à l’avance et j’en profite pour acheter une jolie peluche en forme de poulpe, que je nomme Tomoko.

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Dans le train, la place à côté de moi est vide, mais je déchante vite: à Kobé vient s’installer le genre de personnes que personne ne souhaite avoir comme voisin: un grand gaijin malpoli, prenant toute la place, accoudoirs y compris, s’affalant de tout son long, les jambes bien écartées. Et puis surtout, dès le début du voyage, il a commencé à boire, du vin rouge, du saké… empestant de plus en plus l’alcool (et il n’était que 8h30 du matin environ). A chaque arrêt du voyage durant un peu plus de trois heures, j’espérais qu’il débarquerait. Il sort finalement à l’avant-dernier arrêt. L’année passée, j’ai eu le bavard invétéré, cette année, j’ai l’alcoolique. Que me réserve le prochain voyage ?

J’avais beaucoup aimé Fukuoka et j’ai donc remis cette ville au programme mais j’ai dû aménager mes plans initiaux. Je voulais y rester trois nuits, puis partir pour Beppu. Or le très bon hôtel où j’avais logé était complet pour la troisième nuit (un weekend où le samedi était un jour férié pour les Japonais). Je me suis donc arrangée différemment, en faisant une étape à Kokura, ce que je raconterai plus tard.

Une fois arrivée, j’ai été déposer ma valise à l’hôtel, le Nishitetsu Hotel Croom Hakata et je suis repartie en métro jusqu’à l’arrêt Muromi pour visiter un temple conseillé par Bénédicte (beaucoup de mes visites à Kyushu sont inspirées par son blog lors de ce voyage). La météo est superbe, il y a juste un peu de vent quand je traverse le fleuve, la ville de ce côté est très calme et il n’y a presque pas de passants. Je ne repère pas de suite le temple mais un tori à la base d’une longue volée d’escaliers m’indique le chemin. J’ai chaud et j’enlève quelques couches.

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Je vois des tori rouges sur la gauche et je décide de d’abord suivre ce chemin me menant vers le sanctuaire shinto. Comme me l’expliquait Yann à Osaka, dans chaque temple bouddhiste se trouve un (petit) sanctuaire shinto (et inversement). Je m’efforcerai de les trouver tous les deux à chaque fois lors de ce voyage.

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Le petit sanctuaire s’appelle Otojiri. Je fais quelques photos quand un vieux monsieur m’aborde. Il est le gardien et m’explique l’histoire de l’endroit dans un anglais un peu limité mais nous arrivons à nous comprendre. Il me montre également comment me purifier au début de la visite, en versant de l’eau d’abord sur la main gauche, puis sur la droite, puis toucher légèrement la bouche. Il me mène ensuite devant le sanctuaire en montant à gauche. Je sonne à la cloche pour prévenir les esprits de ma présence, fais une offrande en donnant une pièce, frappe deux fois dans mes mains puis m’incline très bas – tout cela en suivant les explications du vieux monsieur.

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Je suis ravie de cette rencontre qui m’a appris beaucoup. Je pars ensuite en direction du temple bouddhiste, le Washio Atago, qui se trouve au sommet de la colline. La vue sur la ville et la mer est superbe. Je profite des bancs pour pique-niquer, tout comme d’autres dames qui sont déjà là.

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Mais l’après-midi n’est pas encore fini et je repars vers le métro, descendant à l’arrêt près du parc Ohori. Je le traverse par l’allée qui serpente au milieu du lac, entre les pins. De l’autre côté, je m’installe sur un banc, au soleil, et sors mon livre. J’y reste un long moment, je me sens bien, le soleil me réchauffe. J’oublie un moment mes courbatures et ma fatigue toujours bien présente.

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L’année passée, je n’avais plus eu le courage de visiter le parc Maizaru et le château et même cette fois-ci, je dois me motiver. Mais j’y vais finalement, malgré mes douleurs aux jambes, et aussi parce que c’est juste à côté du parc Ohori. Il y a une installation du Teamlab, des grands oeufs blancs qui seront illuminés la nuit (mais après mon départ). Le soleil est déjà bas et les jeux de lumière sont magnifiques, entre les arbres qui perdent leurs feuilles. Je monte ensuite dans les ruines du château pour voir le panorama de la ville.

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Fatiguée, je retourne à la gare de Hakata et ses centre commerciaux. Je me promène un moment dans l’ère de perdition qu’est le Tokyu Hands mais je reste sage, achetant juste un thermos à thé. J’avais repéré un restaurant qui me tentait ce midi mais je me perds un peu, puis je le retrouve. Il est un peu vide mais j’avais une envie précise de thon à l’avocat. C’est un plat très fusion, un peu n’importe quoi, mais c’est parfait pour mon quota de légumes.

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Je retourne à l’hôtel et prends possession de ma chambre (remplie de gadgets divers), puis je vais me détendre à l’onsen (qui est la raison principale pour laquelle je voulais retourner à cet hôtel). Le bonheur…

Statistiques du jour: 19 368 pas ou 14,6 km – 40 étages

Avez-vous déjà eu des voisins de train ou d’avion difficiles à supporter ? Comment avez-vous réagi ?

Japon (2019): Osaka

Mercredi 20 novembre 2019

Bien avant que je ne décide d’aller au Japon, j’avais lu les récits de Brice du blog de voyage WorldWideBrice à propos des Osaka, Kyoto et Tokyo Safaris et j’étais très tentée par l’idée. Si j’ai décidé d’aller à Osaka pendant ce voyage, c’est en partie pour pouvoir participer à une de ces journées de visites guidées. J’ai eu de la chance: il restait des disponibilités pour Osaka à mes dates (et j’en ai réservé un pour Kobé également). Pour tout contact, c’est ici: Osaka Safari.

Quand je descends de ma chambre, mon guide pour la journée, le photographe suisse Yann Becker m’attend déjà. Nous nous présentons rapidement (« oh mais je peux dire septante et nonante alors, si tu es Belge ? ») et nous partons ensemble à la découverte de la ville. Il me parle en quelques mots de sa proposition pour la journée: un marché, un quartier populaire et Dotonbori pour terminer. Je ne rentrerai pas trop dans les détails de la situation des divers lieux, même si pour Osaka, c’est moins « secret » que pour Kyoto par exemple.

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Nous prenons le métro vers le sud et dès la sortie de la station, Yann me montre plein de choses que je n’aurais pas remarquées ou comprises, les vendeurs de tickets de « seconde main » ou les cafés à l’américaine, par exemple. Nous nous perdons dans un grand marché couvert, loin de la splendeur des centres commerciaux modernes. Beaucoup d’échoppes ont l’air bricolées ou construites de travers, ce n’est pas toujours très propre, de très vieilles enseignes survivent au dessus de magasins diverses. Yann me fait remarquer les petits autels mais surtout les minuscules tori au niveau du sol: ils sont fréquents dans les environs proches des débits de boissons, éloignant les hommes poussés par un besoin pressant d’uriner, vu que ça ne se fait pas sur un objet sacré.

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C’est là que nous avons un moment « conseils photos » mais que je ne trouve pas comment changer l’exposition – l’option est bien cachée et je la chercherai encore pendant un moment dans la soirée avec le mode d’emploi. Pour la petite histoire, je découvrirai comment faire à la maison, lors d’un atelier photo, en dérapant avec mon doigt sur une des molettes.

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C’est mercredi, jour de fermeture, et beaucoup d’échoppes sont fermées dans le marché mais c’est malgré tout intéressant à visiter. Et puis, surprise, les vendeurs de poissons sont bien là – ils ont ouvert aujourd’hui en échange du samedi suivant qui est férié. C’est un peu comme Tsukiji à Tokyo, mais en bien plus réduit. Yann me montre les divers poissons, du fugu notamment, des coquillages, des algues. Il me guide entre les étals de konbu, de katsuobushi, et parle par la même occasion avec les vendeurs qu’il connaît, comme ce vieux couple qui vend toutes sortes de petits poissons frits. La dame nous en fait goûter, et nous souhaite une bonne journée en nous offrant du Yakult (enfin son équivalent).

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Plus loin, Yann commence une conversation auprès d’un autre couple âgé, dans une échoppe qu’il pensait définitivement fermée. En effet, ces marchés se vident, rattrapés par la modernité, et souvent les magasins ne trouvent plus de repreneurs. Il y a un côté triste et nostalgique à visiter ce genre d’endroits pourtant bien plus photogénique et authentique qu’un centre commercial clinquant.

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Plus loin se trouvent les magasins de produits coréens, vendant du kimchi et diverses pâtes de piments.

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Comme nous avons déjà beaucoup flâné et parlé, et qu’il est presque midi, nous décidons d’aller manger dans le quartier des yakiniku, les barbecues coréens. C’est la bonne occasion pour moi vu que c’est le genre de plat qui est plus agréable à partager. Nous nous installons et nous commandons le lunch de midi qui propose plusieurs morceaux différents de viande de boeuf, salade et kimchi. Avec une bière, parce que ça se marie bien !

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Nous parlons de nos goûts en commun, du cinéma japonais d’Ozu et de Naruse, de notre amour pour l’enka (les chansons populaires un peu larmoyantes aimées par une frange de la population assez âgée), de photographie, d’architecture, de la vie au Japon…

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De là, nous reprenons le métro pour aller à la tour Harukas à Tennoji qui offre un beau panorama de la ville – une ville quasiment plate par ailleurs. Nous marchons un moment et nous nous retrouvons dans un quartier très populaire, avec des petites maisons en bois couvertes de fausses pierres en plastique.

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Il y a des coiffeurs, des magasins d’alcool et de cigarettes, des minuscules restaurants sans panneau, connus uniquement par les locaux… Yann me montre les détails, le linge qui pend, les compteurs de gaz ou d’électricité qui sont à l’extérieur.

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Plus loin se trouve une galerie couverte, à l’ancienne – un shotengai. Beaucoup de commerces ont fermé mais il reste des bars qui rassemblent les personnes âgées ou des espaces de jeu, du go ou des échecs. Nous ne sommes pas très loin du quartier où « disparaissent » certaines personnes, des personnes qui préfèrent quitter la société, ou des paumés, des chômeurs, des anciens criminels.

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Ce n’est pas aussi glauque que certains quartiers de villes européennes où personne n’oserait mettre les pieds. Ils restent propres mais ils donnent une impression de tristesse, de « mis de côté », d’oublié.

Le quartier suivant que nous visitons est beaucoup plus connu, Shinsekai ou « Nouveau Monde ». Il a été créé en 1912 sur les modèles de Paris et New York, et possède même sa tour Eiffel. Des échoppes de vêtements bon marché et des pachinkos (nous entrons rapidement dans un de ceux-ci pour l’expérience) se succèdent, mais aussi un cinéma à l’ancienne, avec une salle qui diffuse des films relativement récents, dont l’affiche est peinte à la main, et une salle pour les films érotiques. Il y a également un sento, avec dans son entrée, une grande statue de girafe. Pourquoi une girafe ? Mystère !

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Après avoir repris le métro, nous terminons la visite à Dotonbori. Je commence à fatiguer et mon attention n’est plus optimale mais j’avais déjà visité ce quartier en 2015. Nous flânons près du canal et dans les artères bondées de touristes chinois (remplissant des valises de produits de beauté pas chers – c’est pour cela qu’il y a tellement de grandes drogueries dans la ville, et ailleurs au Japon). Les restaurants attirent le chaland avec de grandes figurines animées, des crabes souvent.

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Yann me montre le petit temple de Hozen-ji avec sa statue couverte de mousse, puis un ancien théâtre, et quelques bâtiments modernes.

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Je reprends le métro vers mon hôtel et vais acheter de quoi grignoter vu que j’ai bien mangé ce midi. J’ai adoré ma journée et je conseille vraiment ce genre de visite – celles d’Osaka Safari sont vraiment top. Même plusieurs semaines plus tard, je me rends compte que j’observe les paysages et les villes différemment, à la recherche de détails que je n’aurais pas remarqués auparavant. J’ai eu l’impression de passer une journée avec un ami qui me montrait une ville qu’il connaissait vraiment bien. Il s’est adapté à mes goûts et mes envies et a rajouté au circuit une petite surprise qui m’a fait très plaisir (mais ça reste entre nous).

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Statistiques du jour: 14 274 pas ou 10,4 km

J’ai pris bien plus de photos que celles présentées ici, elles sont sur flickr (le lien inclut celles du voyage de 2015). Est-ce que vous avez une ou plusieurs favorites ?

Japon (2019): Osaka – Minoh et Katsuo-ji

Mardi 19 novembre 2019

J’ai dormi plus de 11 heures et pourtant le réveil reste difficile – quand je me lève au Japon, il est minuit en Belgique. Il faudra quelques jours pour que je m’habitue.

Je prends le petit-déjeuner mais je n’ai pas très faim. L’hôtel propose cependant une sélection assez variée de plats divers mais vise essentiellement une clientèle asiatique. D’ailleurs, la salle est remplie de Taïwanais et Chinois.

Je m’étais promis que je partirais à 9h30 mais à cette heure-là je suis encore dans ma chambre. Je me presse un peu parce que mon but de visite n’est pas à proximité. Pour mon premier jour, comme l’année passée, je sentais que j’avais besoin d’un moment d’adaptation à la vie japonaise et j’ai choisi une destination plutôt bucolique, Minoh, connu pour sa cascade et ses beaux feuillages d’automne. Je vais à pied jusqu’à la station de métro de Yodoyabashi pour éviter un changement et une fois à la gare d’Umeda, je prends le train vers Minoh, ce qui implique encore un changement.

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— La gare d’Umeda —

Le wagon est rempli de personnes âgées et de quelques touristes. Pendant que je les observe, je sens que mon téléphone vibre: l’aéroport m’informe que ma valise est arrivée et qu’elle sera envoyée à mon hôtel entre 18h et 21h. Je suis soulagée – j’avais déjà imaginé tout ce qui me manquerait si elle n’arrivait pas.

Aujourd’hui, la température a baissé de 10 degrés et je suis bien contente d’avoir mon manteau et mon écharpe. Le ciel est d’un bleu éclatant, ce qui me met de bonne humeur.

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La cascade Minoh se trouve à l’extrémité d’une promenade d’un peu moins de trois kilomètres et est un lieu d’excursion populaire pour les habitants d’Osaka. Le chemin est très agréable, il monte doucement entre les arbres. Certains ont un feuillage encore bien vert, d’autres se teintent déjà de rouge. L’endroit est idéal pour me remettre du décalage horaire.

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Arrivée à la cascade, je prends un bain de foule, tout en tentant de prendre des photos. Le site n’a rien d’exceptionnel à vrai dire, mais c’est joli.

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Avant mon départ, j’avais repéré que le temple de Katsuo-ji n’avait pas l’air éloigné de la cascade mais une tentative de recherche d’itinéraire via google maps m’indiquait une marche de plus de 10 kilomètres, me demandant de rebrousser chemin et de prendre la route parallèle à la promenade. Cela ne me semblait pas logique et je me disais qu’il devait y avoir moyen de rejoindre cette route depuis la cascade. J’ai également cherché sur divers blogs mais personne n’avait visité les deux sites le même jour.

Sur place, j’ai donc cherché s’il n’y avait pas de panneau indiquant la direction du Katsuo-Ji mais celui que j’ai trouvé était en japonais uniquement. Par contre, j’y reconnais le signe des temples, une croix gammée. Je ne parle pas le japonais mais je réussis à me faire comprendre et un vieux monsieur me confirme que c’est bien par là que je dois aller.

Je prends donc le chemin, une montée très raide, qui mène en fait au parking et à la route indiquée sur google maps. Je commence mon trajet mais je me demande dans quoi je me suis embarquée. Il n’y a personne à pied et peu de voitures. Le gps me raconte que je dois marcher trois kilomètres, et je suis rassurée quand je vois la distance diminuer petit à petit. Il me faut environ trois quart d’heure en fin de compte et c’est donc tout à fait faisable à pied, même si ça monte un peu. Et j’ai croisé quelques taxis vides, c’est donc une autre option.

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Je voulais absolument visiter le Katsuo-ji après avoir vu des photos sur le net. Ce temple bouddhiste est aujourd’hui réputé pour l’amoncellement de Daruma, des petites statuettes qui sont symbole de bonne fortune et vœux exaucés. Quand on les achète, les yeux sont blancs. Au moment où on fait un vœu, on peint le premier œil en noir et quand le vœu est exaucé, on peint le second et on le ramène au temple.

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Me voilà donc arrivée. Le complexe du temple a l’air assez étendu mais dès l’entrée, je sais que l’endroit va me plaire. Il y a plein de statuettes de Daruma partout: certaines sont rassemblées sous un auvent, d’autres sont posées le long d’un mur, et puis il y celles qui sont dans les plantes ou les arbres. C’est un plaisir de les photographier, surtout que je sais maintenant utiliser mon grand angle.

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A un moment, une jeune femme japonaise m’aborde et propose de me prendre en photo. Nous ferons aussi quelques selfies ensemble et nous échangeons nos instagram.

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Je profite vraiment de l’endroit, des feuilles d’érables rougies, du petit lac et je me dis que je n’aurais voulu rater cet endroit pour rien au monde. Je ressors de là déjà satisfaite de ma journée alors que ce n’est que le début de l’après-midi.

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A l’arrêt du bus, je vois que celui-ci vient de passer et que le suivant est vraiment beaucoup plus tard. Je décide du coup de refaire le chemin inverse vers la cascade et cette fois-ci, je profite vraiment du paysage, du soleil qui brille, des grands arbres qui bordent la route, tout en grignotant le sandwich que j’avais acheté à l’avance (cela peut sembler bizarre, mais j’aime vraiment beaucoup les « egg sandwich » des kombinis). Et en plus ça descend ! A certains endroits, on voit encore clairement les traces du typhon de l’année précédente, avec des dizaines d’arbres qui sont tombés dans le même sens.

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Je croise deux vieux messieurs; l’un des deux insiste pour me serrer la main et me parler un peu. Je les quitte en souriant, cette première vraie journée au Japon est vraiment très réussie.

Il commence à faire plus frais et à la cascade, la lumière a changé, prenant des teintes plus douces. Je sens la fatigue mais le trajet du retour reste agréable. Je m’arrête à une échoppe pour acheter la spécialité du coin: des tempura de feuilles d’érable. Cela n’a aucun intérêt gustatif mais ça fait une jolie photo.

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Je reprends le train vers Umeda où je me promène encore un moment dans le grand magasin Hankyu, dans la partie alimentaire, et je m’achète un bento pour le repas du soir. Je sais qu’une fois arrivée à l’hôtel, je n’aurai plus le courage de sortir et les courbatures commencent déjà à se faire sentir. Et en effet, ce sera le jour où j’aurai marché le plus avec 21,6 km parcourus.

La réception de l’hôtel avait promis de me prévenir de l’arrivée de ma valise mais je n’entends rien, je descends donc vers 20h30 et on me dit qu’elle est là depuis l’après-midi. J’aurais dû poser la question en rentrant de ma ballade !

Statistiques du jour: 28 349 pas ou 21,6 km – 38 étages

J’ai posté ces photos mais aussi d’autres sur flickr.

Japon (2019): Osaka

Lundi 18 novembre 2019

L’avion atterrit finalement un peu en avance, vers 9h30 – les courants du jet stream étaient très forts d’après le pilote. L’aéroport d’Osaka ne me fait pas une très bonne impression, il semble en travaux – et puis je me souviens qu’il a été inondé suite à un typhon l’année passée.

Au carrousel à bagages, je vois les valises défiler sans trouver la mienne. Je suppose qu’avec toutes mes aventures de vol annulé, elle est restée à Bruxelles. Et en effet, une employée arrive avec une pancarte portant mon nom. Elle m’annonce que ma valise n’était pas dans l’avion et que je dois remplir une déclaration pour qu’elle me parvienne au plus vite. Et là j’apprends qu’elle n’est pas à Bruxelles: elle a fait un bout de voyage mais est restée bloquée à Helsinki.

Je craignais être fort encombrée pour prendre les transports en commun mais du coup, je suis fort légère. Avant d’aller à Osaka, j’ai une série de formalités à accomplir: chercher la carte SIM que j’avais commandée avant de partir (le service de Mobal est très efficace), retirer de l’argent, valider mon Japan Rail Pass et recharger ma IC card (Suica) pour prendre facilement les transports en commun. Je fais également un passage aux toilettes pour retirer les nombreuses couches hivernales: il fait en effet plus de 20° aujourd’hui.

J’avais repéré le parcours vers mon hôtel et prends donc le train et le métro. Une fois sortie de la station, je me dirige dans la direction supposée de mon hôtel, le Best Western Plus Hotel Fino Osaka Kitahama (ces noms à rallonge !), mais je ne le trouve pas. Je fais demi-tour et me rends compte qu’il est dans une rue perpendiculaire à la grande avenue.

Il est environ 12h30 et je me dis que, comme d’habitude au Japon, je ne pourrai pas prendre possession de ma chambre avant l’heure officielle du check-in, en général à 15h. Je suis en manque de sommeil et crevée, et donc je demande quand même, avec peu d’espoir, s’il n’y a pas moyen de faire une exception. L’employée m’explique que si je deviens membre gratuitement du programme de fidélité des hôtels Best Western, je peux avoir ma chambre tout de suite. Je n’ai pas hésité longtemps !

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— Eddy s’est évidemment tout de suite installé sur le lit —

La chambre est confortable, mais la vue donne sur les bureaux du bâtiment voisin, situé à maximum deux mètres. Je m’affale dans le lit et m’endors pour le reste de l’après-midi. J’avais mis mon réveil à 16h et je me rafraîchis un peu avant de partir pour une ballade. Il se met à pleuvoir et au lieu de marcher, je prends le métro pour la gare d’Umeda. J’y réserve mes premiers tickets de shinkansen – celui que je souhaitais prendre est déjà complet mais il y a une alternative un peu plus tôt.

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— la gare d’Umeda —

Je me promène sans but, montant et descendant les escalators du centre commercial, trouvant par hasard le magasin Ghibli et ses Chatbus et Totoro géants. Je me dis que le voyage ne peut pas mieux commencer, en rappel du précédent l’année passée où dans chaque ville, je suis tombée par hasard sur les magasins Ghibli.

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— graouw —

J’ai faim et je pars à la recherche d’un restaurant. Au sous-sol, les établissements proposant de la cuisine européenne se succèdent jusqu’à ce que je trouve un bar à ramens. Je choisis une soupe de nouilles de Hakata, crémeuse, grasse et salée (dans le bon sens du terme).

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La pluie s’est arrêtée et je prends quelques photos de la rivière et de la mairie d’Osaka, un bâtiment ancien. Puis je rentre à mon hôtel pour une longue nuit de sommeil.

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Comment faites-vous quand vous arrivez tôt le matin dans un pays après un long vol et avec un grand décalage horaire ?

(J’aurais dû poser la question sous l’article précédent: quelle est la pire histoire d’avions que vous avez vécue ?)

Statistiques du jour: 9503 pas ou 7,2 km (pas mal pour un premier jour)

Japon (2019): Bruxelles – Osaka

Dimanche 17 novembre 2019

Ce dimanche, le réveil est fort matinal mais c’est pour la bonne cause. Je me prépare en vitesse, refais le tour de la maison pour être sûre de n’avoir rien oublié, vérifie trois fois que j’ai bien mon passeport, attends avec impatience le taxi commandé hier soir. Il arrive à l’heure prévue et m’emmène à l’aéroport par une autoroute déserte ou presque. Je suis bien évidemment très en avance et j’ai deux bonnes heures à perdre, pendant que le soleil se lève sur le terminal.

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mon avion, à l’arrivée à l’aéroport

Le départ vers Munich, ma première escale, est prévu pour 9h10 et nous embarquons dans l’avion de la Lufthansa qui attend à la première porte du terminal. Le pilote nous annonce qu’il est bientôt prêt à partir mais qu’il faut que l’avion soit d’abord dégivré – il a en effet gelé cette nuit.

Soudainement, la cabine se remplit d’une fumée blanche sentant assez fort l’eau de javel. Le personnel de bord se précipite pour ouvrir à nouveau les portes. La cabine est assez vite aérée mais j’entends le ton monter dans le cockpit. Le pilote fait ensuite une nouvelle annonce, d’abord en allemand. Je ne comprends pas tout mais je sens que la nouvelle n’est pas très bonne. Il confirme mes suspicions en anglais: les ouvriers responsables du dégivrage n’ont pas communiqué avec le pilote avant de commencer leur travail et le système d’air-conditionné qui aurait dû être arrêté a été compromis par le produit (dans la version allemande, j’ai compris que le pilote disait que c’était toujours à Bruxelles que ça se passait – un employé de l’aéroport me dira par la suite que ça arrive une fois par an en moyenne). Après discussion avec la tour de contrôle à Munich, le pilote nous prévient que le vol est annulé.

Mon coeur se serre. Comment vais-je arriver à Osaka ?

Tous les passagers débarquent et les hôtesses de l’aéroport nous demandent d’attendre un moment: nous recevrons par mail des informations concernant un vol de remplacement. Après une demi-heure, elles annoncent que toutes les personnes allant uniquement à Munich trouveront de la place dans l’avion suivant, deux heures plus tard. Pour moi, cela aurait signifié que je ratais ma correspondance pour Osaka. Ce n’est donc pas gagné.

Je reçois un mail qui m’indique un vol vers Francfort mais rien de plus. Après avoir attendu un moment au comptoir, l’hôtesse me précise que la Lufthansa m’a reroutée automatiquement sur un vol Francfort – Beijing – Osaka, arrivant cinq heures plus tard que l’horaire initial. Avant que je n’aie eu le temps de dire quoi que ce soit, elle me dit que ce trajet est stupide et part tout de suite à la recherche d’une autre solution. Quelques minutes plus tard, elle m’imprime deux nouveaux boarding pass, me disant que j’ai eu la dernière place sur un vol Bruxelles – Helsinki – Osaka avec Finnair, arrivant deux heures plus tard que l’horaire initial.

Je suis soulagée: non seulement, je ferai le voyage avec une meilleure compagnie mais en plus j’arriverai moins tôt à Osaka. Mon vol Lufthansa atterrissait en effet à 7h20 et je ne savais pas trop comment m’occuper sans m’endormir avant d’avoir ma chambre à l’hôtel. Avec Finnair, l’heure d’arrivée était de 10h.

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l’avion en panne, vu depuis celui qui m’emmène à Helsinki

Je remercie l’homme d’affaires allemand avec qui j’avais un peu parlé et qui m’a soutenue moralement et je vais attendre mon avion vers Helsinki à la porte correspondante. Avion qui part à l’heure et qui arrive sous un crachin des plus déprimants, avec le soleil qui est déjà presque couché. Il y a déjà quelque chose d’asiatique dans l’aéroport: il est envahi de Chinois, Coréens et Japonais.

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l’avion qui m’emmènera à Osaka, vu depuis l’aéroport d’Helsinki

Je suis enfin en route pour Osaka.

Japon (2019): préambule

A l’origine, il n’était pas du tout prévu que je retourne au Japon un an après le voyage précédent. J’avais décidé très tôt, dès le mois de mai, que je voulais aller à Hong Kong, et j’avais réservé mon vol et mes hôtels. Si la décision était prise, pourquoi traîner, m’étais-je dit. Sauf qu’une semaine après mes réservations, les premières manifestations ont eu lieu. Je ne me suis pas inquiétée, il restait encore six mois avant mon départ et elles étaient très pacifiques, ce qui n’a malheureusement pas duré. Pendant tout l’été, j’ai suivi l’actualité de près, restant malgré tout confiante.

Et puis, début octobre, les affrontements ont été beaucoup plus violents, bloquant l’aéroport et tous les transports de la ville pendant plusieurs jours de suite. Je craignais être bloquée à mon hôtel et ne pas pouvoir circuler plus ou moins librement. J’ai eu un très grand moment de doute et j’ai pris la décision d’annuler ce voyage que j’attendais pourtant depuis si longtemps. Cela ne posait aucun souci pour les hôtels que je n’avais pas payés mais bien pour mon ticket d’avion.

Mon assurance m’a dit que je ne serais pas remboursée d’un centime; par contre, la Lufthansa (où j’avais réservé mon billet) m’a proposé un rebooking, moyennant des frais administratifs de 250€. C’est élevé mais toujours moins cher que de racheter un billet complet.

Mon cerveau a alors fait des heures supplémentaires: où aller ? au Costa Rica en voyage organisé ? mais alors je perdrais mon ticket d’avion parce que cette destination ne fait pas partie des vols de la Lufthansa. J’ai donc repensé à l’Asie, à la Corée ou à Taïwan mais organiser un voyage dans un de ces pays que je ne connaissais pas cinq semaines avant le départ me semblait vraiment trop compliqué. C’est comme ça j’ai repensé au Japon. Ce n’était pas simple non plus, la mi-automne est la pleine saison touristique et le premier circuit que j’ai investigué (dans l’île de Shikoku) n’était déjà plus possible parce que les hôtels étaient complets.

Je suis donc partie du fait que je devais garder la Lufthansa comme compagnie aérienne, ce qui m’imposait d’office une escale. Alors pourquoi ne pas voler sur Osaka plutôt que Tokyo ? A partir de là, j’ai tracé un circuit en fonction de mes envies et des disponibilités d’hôtels. Il est un peu bizarre et je ne le recommanderais pas comme tel mais il combine une partie de Kyushu que je n’avais pas vue l’année passée – avec Beppu comme lieu principal – et la région d’Osaka. Mes principales inspirations ont été les blogs de Bénédicte et de Lucie qui m’ont donné beaucoup de pistes de visites.

N’ayant pas eu le temps de lire les guides avant de réserver mes hôtels, j’ai choisi le nombre de jours où je restais dans chaque ville un peu au hasard. Et c’est là qu’on voit que j’ai dû organiser ce voyage dans la précipitation: les durées de séjour dans chaque ville n’étaient pas très équilibrées, mais je raconterai tout ça au fur et à mesure de mon récit. Je cherche souvent un thème à mes voyages et pour celui-ci c’est « onsen » et « deep Japan » qui se sont imposés.

Dans la foulée, j’ai acheté un Japan Rail Pass et réservé deux trajets de bus, puis cherché le plus possible d’informations sur les endroits où je comptais aller.