Japon: Nagasaki

Lundi 12 novembre 2018

Comme la météo prévoit des pluies torrentielles aujourd’hui, je prends mon temps en me levant. Le petit-déjeuner compris dans le prix de la chambre se prend au café en face de l’hôtel et propose quatre menus impliquant chacun quelque chose de frit. Je choisis les œufs sur le plat qui sont accompagnés de toasts, de salade et galette de pomme de terre. Disons que ça se mange mais je regrette les yaourts, fruits et viennoiseries des petits-déjeuners européens.

Quand je regarde par la fenêtre, je vois qu’il ne pleut pas et mon app météo précise qu’il devrait faire sec jusque 13h environ. Il va sans dire que ça m’arrange bien !

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Je prends le tram dans la direction opposée d’hier, pour aller vers le nord, jusqu’au Musée de la Bombe Atomique – je descends à l’arrêt du même nom mais je remarque par la suite que l’arrêt suivant est plus proche. Le ciel gris et plombé correspond tout à fait à l’ambiance. Je visite le musée qui est plus petit que celui d’Hiroshima et qui décrit assez sobrement les événements d’août 1945 avec vidéos, photos et divers objets retrouvés par la suite. Nagasaki n’était pas le but premier des bombardiers américains, c’était Kokura mais la ville était cachée par les nuages. A Nagasaki aussi le ciel était couvert mais juste au moment clé, il y a eu une éclaircie. L’ambiance du musée est assez feutrée et j’ai eu du mal à retenir mes larmes par moments, surtout en passant près d’un guide âgé qui racontait très certainement son expérience. Cet endroit fait partie des lieux difficiles mais qu’il faut visiter pour le souvenir, pour que cela ne se reproduise plus.

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Je repars vers l’arrêt du tram en me promenant dans le parc de la Paix et en m’arrêtant à l’hypocentre, marqué aujourd’hui par une statue.

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Mes plans pour la journée ne sont pas tout à fait établis et c’est dans le tram que je décide d’aller au sanctuaire de Suwa jinja. Un grand tori marque le début d’une longue volée d’escaliers qui montent à flanc de colline. La vue est superbe. A côté du sanctuaire se trouve un petit jardin japonais dont les érables sont de toute beauté avec leurs feuilles rougissant. Plus loin, un panneau m’informe qu’il faut absolument que je prenne le chemin qui monte, ce que je fait évidemment, mais une fois arrivée en haut, je ne sais toujours pas quel était le but. Je redescends vers le temple  et il se met à pleuvoir un peu. Je n’explore donc pas le petit sanctuaire qui se trouve à l’arrière et je remets le cap sur l’arrêt du tram.

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Un arrêt plus loin, je rejoins la rivière qui traverse Nagasaki et où se trouve une collection d’anciens ponts en pierre, dont un qui a des arches rondes, ce qui provoque de jolis reflets dans l’eau. C’est une des attractions les plus connues de la ville et les touristes s’y pressent avec des perches à selfies.

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Une carte de la ville me montre que les hauteurs regorgent de temples et sanctuaires. J’en ai visité un hier mais je manque de temps pour aller explorer les autres. Comme il fait toujours sec, je suis la rivière et rejoins une arcade commerçante où je trouve un snack. J’y mange un sandwich jambon-fromage accompagné d’un thé glacé. Cela m’a redonné des forces et je continue ma route, rejoignant le quartier de Dejima.

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Dans le passé, c’était une île et c’est là qu’étaient « parqués » les étrangers, les Occidentaux. Aujourd’hui, diverses maisons anciennes ont été reconstituées et consistent en un musée grandeur nature. Par malchance, j’arrive juste au moment où plusieurs cars d’écoliers débarquent et c’est très animé et bruyant. Grâce à ma visite, je comprends mieux le rôle de la ville comme unique porte d’entrée des influences étrangères. Des panneaux et divers objets montrent les liens entre le Japon et l’Europe, notamment les nombreuses céramiques hollandaises.

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Il se met à pleuvoir plus fort et je décide d’abandonner les visites. Nagasaki a encore beaucoup d’autres choses à offrir et je regrette de devoir repartir le lendemain. J’aimerais y retourner dans le futur, j’ai vraiment aimé l’ambiance de la ville. Je reprends le tram et quand j’arrive à mon hôtel, la pluie s’est calmée.

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Je traîne tout un moment au centre commercial et fais des achats chez Tokyu Hands, des ustensiles de cuisine et des cartes de vœux. Je regrette que l’électricité ne soit pas compatible avec l’européenne car j’y ai vu la cuiseuse à riz idéale pour une personne. Je rentre finalement à l’hôtel vers 16h et prends mes notes, puis refais ma valise en essayant d’y caser tous mes achats.

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Je ressors pour le repas et décide de goûter les ramens de Nagasaki. Les nouilles sont très fines, le bouillon très gras et les tranches de porc sont également très grasses, ce qui rend le tout assez écœurant, mais la sauce piquante atténue un peu cela. Encore une soirée où je vais prendre un certain temps à digérer !

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statistiques du jour: 11 921 pas – 9,1km – 31 étages

D’autres photos de mes deux jours à Nagasaki sont sur flickr.

Japon: Fukuoka – Dazaifu – Fukuoka

Samedi 10 novembre 2018

Ce matin, le soleil brille et mon humeur est tout de suite meilleure. J’ai comme projet d’aller à Dazaifu, sur les bons conseils de Béné no Fukuoka (une excellente source d’informations sur Fukuoka et sur le Kyushu), mais à la gare, je me demande si je suis dans le bon train, celui qui va vers Huis Ten Bosch. A vrai dire, je m’inquiète pour rien: il me faut juste descendre au premier arrêt, à Futsukaichi, puis marcher une dizaine de minutes pour atteindre l’autre gare de Nishitetsufutsukaichi où je reprends un autre petit train, très local. Cette escale à pied n’était pas dérangeante mais je tenterai un autre parcours pour le retour.

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Le petit village de Dazaifu est très connu pour le sanctuaire Tenman-gu en l’honneur du poète Tenjin et les croyants y vont pour obtenir le succès dans les études. Le souci, c’est que du coup, c’est blindé de monde dès la sortie de la gare et dans la rue commerçante menant au sanctuaire. Le Starbucks local a une architecture assez étrange mais tout à fait à mon goût et un peu plus loin se trouve l’inévitable magasin Ghibli dans lequel je m’arrête et me fais bousculer par les touristes chinois / coréens / taïwanais (je ne reconnais pas les langues entre elles). J’y trouve cependant un adorable petit kodama en peluche, tenant une brindille (peu de magasins Ghibli en vendent encore). Il deviendra mon doudou dans les moments plus difficiles, me ramenant immédiatement à Yakushima et aux esprits protecteurs de la forêt.

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Je suis la foule bruyante sur le joli pont rouge qui mène au sanctuaire et je fais un tour rapide de celui-ci, évitant les perches à selfies et fuyant très vite vers des lieux plus calmes. Avec le touriste asiatique voyageant souvent en meute et allant uniquement visiter les sites à trois étoiles, ce n’est pas très difficile de trouver des endroits plus sereins.

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Je ne sais pas quel homme politique un peu mégalomaniaque a eu l’idée de faire construire le Musée National du Kyushu à Dazaifu. Il n’a pas lésiné sur les moyens et même l’arrivée jusqu’au bâtiment est assez spectaculaire. Il faut d’abord monter plusieurs escalators puis en prendre un autre, horizontal, dans un long couloir où les lumières changent de couleurs. Le bâtiment en lui-même est imposant et sa taille me fait soupçonner que la visite nécessite quelques heures. Il fait trop beau pour s’enfermer et je fais demi-tour.

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Je rejoins la foule puis la quitte à nouveau près du petit temple de Komyozen-ji qui abrite un jardin sec. Le prix d’entrée me semble fort cher par rapport à la superficie de l’ensemble et à nouveau, je fais demi-tour, reprenant la rue commerçante vers la gare. Je ne rentre pas tout de suite à Fukuoka – j’ai en effet noté un autre lieu à visiter de l’autre côté du village et cela n’a pas l’air trop loin.

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Le chemin me mène d’abord au travers de l’immense parking d’où partent les meutes de touristes puis longe une rivière, m’éloignant progressivement de l’animation. Je me retrouve dans un quartier résidentiel; maisons et jardins potagers se partagent l’espace, avec aussi l’un ou l’autre autel shinto.

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Et puis, tout à fait par hasard, je tombe sur un immense champ de cosmos que je traverse pour rejoindre le temple de Kanzeon-ji et celui de Kaidan-in qui se trouve juste derrière. Il y a juste deux ou trois personnes esseulées, des locaux essentiellement. C’est extrêmement serein et agréable.

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J’avais pris mon pique-nique et m’installe sur la plate-forme en bois divisant le champ de cosmos. Je profite pleinement de cet instant, du calme, de la chaleur du soleil d’automne, de ma chance d’avoir trouvé ce champ tout rose par hasard, de mon bonheur d’être à nouveau au Japon, de la nostalgie de Yakushima… En reprenant ma route, je dis bonjour en japonais à un couple que je croise et la dame est toute étonnée que je parle japonais (j’ai juste compris nihon, j’en ai déduit que c’est ça qu’elle disait); je lui réponds par un geste, un tout petit peu donc. Je me rends compte, suite à d’autres échanges, que même ne connaître que cinq mots de japonais est déjà très bien vu.

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Je retourne à Fukuoka et descends à la gare de Tenjin. Je n’ai pas vraiment de plan défini mais je me dis que c’est dommage de ne pas avoir vu le centre commercial de Canal City alors que je suis passée à côté hier. Le bâtiment est coloré et de taille démesurée, avec un show de fontaines qui commencent juste au moment où j’arrive. C’est kitsch à mourir mais ça m’amuse.

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Je me promène un peu dans magasins, trouvant quelques cadeaux, un autre magasin Ghibli avec un Totoro géant et un Moomin Café. Je regarde la carte mais à vrai dire, je ne suis tentée par rien.

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Je visite ensuite le temple de Kushida-jinja, situé au cœur de la ville, puis je passe devant le Hakata Machiya Furusato-kan, des maisons traditionnelles où on peut apprendre certaines techniques d’artisanat mais je ne m’y attarde pas.

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Je termine ma journée par le temple de Tocho-ji et sa grande pagode orange. Fukuoka m’a donné une bien meilleure impression aujourd’hui mais il faut bien dire que j’étais de meilleure humeur à cause du beau temps.

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Je retourne à l’hôtel pour profiter de l’onsen où je barbote un moment dans l’eau chaude. Je sais que je les regrette déjà et il n’y en a pas dans les hôtels suivants de mon parcours, à part lors de ma dernière escale à Tokyo. Après cette pause bien méritée, je vais dans le centre commercial de la gare pour me trouver à manger. Beaucoup de restaurants sont bondés et je sélectionne finalement un endroit qui sert des chirashi. J’y commande un plateau de sashimis accompagné de riz et de petits plats, dont une délicieuse sauce piquante aux agrumes.

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De retour à l’hôtel, je prépare mes deux valises, la grande partira pour Tokyo demain tandis que la petite m’accompagnera pour les deux étapes suivantes.

Statistiques du jour: 20 642 pas – 15,4 km

D’autres photos de Daizafu – d’autres photos de Fukuoka.

Japon: Fukuoka

Vendredi 9 novembre 2018

Le petit déjeuner n’est pas aussi varié qu’à Yakushima, ce qui n’est pas très compliqué: il y a abondance de pain, pâtes, pommes de terre et riz, le tout accompagné de choses frites bien grasses. J’avoue que dès le second jour, je vais saturer. Ce n’est pas mauvais en soi mais j’ai envie de choses plus légères le matin.  Sans doute que si je déjeunais complètement à la japonaise, cela fonctionnerait mieux mais j’ai des envies de yaourt, de légumes, de fruits et de temps en temps un croissant.

Je quitte l’hôtel à mon aise vers 9h30, faisant confiance à la météo qui prévoit soleil et nuages et une température d’une vingtaine de degrés. Je ne prends donc pas de veste pour ne pas m’encombrer. J’ai noté sur une google map les choses à voir et établi un itinéraire. Je me dirige d’abord vers le sanctuaire de Sumiyoshi Jinja où se déroule une cérémonie, et donc je n’y reste pas trop longtemps.

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Près de là se trouve le petit jardin de Rakusuien. C’est charmant, joliment aménagé, avec de l’eau, une petite cascade, un pont et des érables qui commencent à prendre leurs couleurs d’automne et pourtant je n’arrive pas à apprécier l’endroit. Le soleil s’est caché derrière les nuages, il fait gris et mon cœur est resté à Yakushima.

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Je rejoins ensuite la rivière qui sépare Hakata de Fukuoka et je réussis à rater Canal City. C’est pourtant un bâtiment imposant mais je l’ai longé sans trop regarder en l’air et puis il était derrière moi. Je me rendrai compte de ça le lendemain.

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Je flâne un peu dans les petites rues puis trouve la galerie commerçante couverte de Kawabata qui me mène au musée d’art asiatique de la ville, situé au 7e étage d’un centre commercial. J’y visite l’exposition permanente qui comporte quelques œuvres intéressantes venant d’Asie, puis l’exposition temporaire dont le thème est le fait-main, du tissage à la découpe de papier. Il y a de jolies choses mais rien ne me parle vraiment et je suis vaguement déçue en sortant.

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Je traverse le fleuve, regrettant amèrement ma veste. Le vent est assez fort et me transperce de part en part. Cela va un peu mieux entre les grands bâtiments dont certains ont une architecture contemporaine assez étonnante. Je traverse le quartier de Tenjin, passant dans des rues commerçantes puis me retrouve sur une large avenue sans intérêt qui est plus longue que ce que j’imaginais (cette manie de vouloir tout faire à pied !).

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J’arrive enfin au sanctuaire de Gotoku Jinja, imposant par la taille de l’esplanade qui le précède. Je ne le visite pas, mes jambes sont déjà fatiguées, et je sens que je commence à déprimer un peu à cause du froid et de la faim. J’ai de quoi manger mais je ne trouve pas d’endroit où me poser – on ne mange pas en marchant, au Japon.

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La ville est survolée par des avions qui décollent ou atterrissent à l’aéroport tout proche. Comme en Belgique, mon regard est constamment attiré et j’essaie de reconnaître la compagnie aérienne.

Le but de ce long trajet était le parc Ohori et le jardin japonais qui s’y trouve. Il est de conception moderne mais dans le style ancien. Deux couples de mariés s’y font photographier, dérangés par un grand groupe de touristes asiatiques bruyants et plus intéressés par des selfies que par le décor (taïwanais ?, coréens ?). A nouveau, j’ai du mal à profiter de l’endroit qui est pourtant très joli.

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Je longe ensuite le lac du parc Ohori, hésitant à aller visiter les ruines du château, mais le cœur n’y est plus du tout. J’ai froid et je me sens encore plus nostalgique de ces si belles journées à Yakushima. Je prends le métro et retourne à la gare d’Hakata. J’y erre un peu sans but dans les galeries commerçantes.

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De retour à l’hôtel, je me dis qu’une séance de relaxation à l’onsen me réchauffera et me changera les idées. Très moderne, il est joliment aménagé, avec un grand bassin à l’intérieur et un petit bassin à l’extérieur mais bien protégé des regards. Je me sens bien mieux après ça .

Je repars vers 18h pour trouver un restaurant, et après une longue hésitation, je choisis Ippudo, une chaîne très connue pour ses ramens. Je choisis la version moderne avec sauce piquante et plein d’ail. C’est délicieux et totalement réconfortant. Et organisé pour les gens qui mangent seuls et qui n’ont pas beaucoup de temps. La musique va relativement fort et propose un répertoire jazz très agréable (genre John Coltrane ou Miles Davis). Ce qui conclut plutôt pas mal une journée un peu déprimante, plus à cause de mon humeur qu’à cause de la ville (j’en reparle dans le billet suivant).

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Statistiques du jour: 15,1 km – 20 190 pas

Plus de photos sur flickr (des trois jours passés à Fukuoka).

Japon: Okayama – Takamatsu – Okayama

Vendredi 2 novembre 2018

Comme je me suis rendue compte bien trop tard hier soir que je n’avais pas réservé le petit-déjeuner, je n’ai rien prévu de très consistant, à part quelques biscuits, accompagnés de thé. Cela fera l’affaire pour le moment.

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Une fois à la gare, je réserve un ticket pour le Marine Liner vers Takamatsu – les trains ont tous de jolis noms au Japon – Marine Liner est quand même plus joli que IC538. Ce n’était pas vraiment une bonne idée et pas nécessaire du tout: je me retrouve dans un wagon à deux étages, mais évidemment à celui d’en dessous, et ce n’est pas une place fenêtre. Et au Japon, on ne change pas de place !

C’est d’autant plus dommage que le paysage est magnifique. Le clou du spectacle est la traversée de la Mer Intérieure sur l’immense pont qui relie Honshu à Shikoku. Je me promets de trouver une bonne place au retour ! Un peu moins d’une heure plus tard, j’arrive à Takamatsu. En préparant mon voyage, cette ville m’a attirée par son jardin japonais, parmi les plus beaux du Japon. J’aurais également pu aller à Naoshima, l’île aux musées, ou commencer à explorer les 88 temples de Shikoku, ou encore visiter les environs d’Okayama. Ce sera pour une prochaine fois !

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De la gare, il faut marcher quelques minutes pour aller à l’arrêt du tram que je peux payer avec ma carte Suica de Tokyo. Le véhicule est tout mignon, tout kawaii, et je le prends pour trois arrêts. Je me retrouve dans un quartier très banal et la route vers le jardin, le Ritsurin-koen (420 yens) est fléchée (en gros, c’est tout droit et à une dizaine de minutes à pied).

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L’entrée est assez imposante, parsemée de pins taillés en nuages. Ce n’est pas trop mon style de jardin mais ce n’est que le début de mon parcours. En fait, la beauté de l’endroit se dévoile progressivement, certaines parties sont plus boisées, d’autres plus exotiques – ces cycas ! – la plus éloignée de l’entrée quant à elle fait penser aux jardins chinois, notamment ceux de Hangzhou. Un grand étang est traversé par un joli pont de pierre et des maisons de thé bordent ses rives. Je prends mon temps pour flâner, m’asseoir, intégrer toutes les sensations, profiter pleinement. Le temps est superbe, le ciel est un d’un bleu profond et les températures sont plus qu’agréables, en grand contraste avec la journée précédente.

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Une grande partie du côté nord du jardin est fermée: un sanglier rôde ! Ce n’est d’ailleurs pas la meilleure saison pour le visiter: les lotus sont fanés et les feuilles des nombreux cerisiers sont déjà presque toutes tombées. Par contre, c’est beaucoup plus calme que l’autre côté et j’y mange le pique-nique que j’avais prévu (ici commence une longue série de « egg sandwich », une spécialité japonaise paraît-il).

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Je commence ensuite à pied le trajet qui retourne vers la gare, d’abord le long d’une grande avenue sans intérêt, jusqu’à un petit parc où traînent quelques sans-abri et où trône une statue kawaii. Je prends un passage souterrain très bien aménagé et décoré d’œuvres d’art pour traverser la rue et trouve un peu plus loin une galerie marchande couverte, ce qui rend mon parcours bien plus agréable.

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Je m’arrête au Takamatsu Art Museum (200 yens), bien décidée à visiter l’exposition Starting points: Japanese art of the ’80s. Sauf qu’elle n’ouvre que le lendemain, à mon grand regret. Il y a cependant quelques œuvres intéressantes dans la collection permanente: Takashi Murakami, Yoshitomo Nara, Kenji Yanobe (l’homme aux scaphandres jaunes) mais les photos sont interdites (et des caméras de surveillance).

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En sortant des toilettes, la dame qui vend les tickets s’approche de moi et se baisse pour ajuster ma jupe qui avait fait un pli, tout en s’excusant et souriant. C’est à mon tour d’être un peu gênée et de lui sourire en retour, la remerciant. Elle me demande d’où je viens, et une fois de plus « Belgique » a un côté un peu exotique (et chocolaté) pour la Japonaise.

Je continue ma route, m’approchant de la côte et du château de la ville (200 yens). Je ne m’attends pas à grand chose et je suis du coup agréablement surprise par le superbe jardin et les fortifications rénovées qu’on peut escalader pour voir la mer d’un côté et la ville de l’autre.

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J’avais décidé que lors de ce voyage, j’irais voir la mer de près. Je me rends donc à l’embarcadère et m’installe là un moment, avant de vérifier l’horaire des trains. Si je ne veux pas attendre une demi-heure, je dois partir de suite, et surtout ne pas traîner ! J’arrive un peu essoufflée et en sueur à la gare et embarque dans le Marine Liner de 15h10 qui démarre quelques minutes plus tard. Je m’installe dans le premier wagon, à la fenêtre, ce qui me permettra d’admirer le paysage au retour. Et comme j’ai l’impression que les Japonais n’aiment pas s’asseoir à côté des gaijins (ils pourraient faire quelques chose de gênant), la place à côté de moi reste libre jusqu’à l’arrivée à Okayama.

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Je suis fourbue et me couche un moment pour une sieste. Je me réveille en sursaut: j’ai l’impression que tout tremble. Était-ce un tremblement de terre ? C’est bien possible, mais sans doute juste une légère secousse. Un peu reposée, je pars explorer la galerie marchande pour trouver un restaurant. Mon choix se porte sur le bar à sushis, avec juste un comptoir pour une quinzaine de personnes. Personne ne daigne me donner un menu en anglais (ils existent pourtant – je les verrai plus tard) et je choisis donc en regardant les photos. C’est là que mon voisin japonais, un salaryman, me propose de commander pour moi. Notre conversation est un peu limitée mais il me raconte qu’il mange en attendant le train pour Tokyo et qu’il voyage beaucoup: il a visité toutes les préfectures du Japon. Mais quand je lui décrit mon voyage, il me dit qu’il n’a jamais été à Yakushima. J’avais vu qu’il avait mangé des coquilles saint-jacques légèrement grillées et je lui demande s’il peut aussi me commander ça. Je me régale (3080 yens) et cette interaction en toute simplicité me fait du bien.

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Je passe ensuite au 7-11 pour retirer de l’argent (seuls ces distributeurs acceptent les cartes étrangères, avec ceux de la poste mais il n’y en a pas à chaque coin de rue) et au supermarché pour acheter mon petit déjeuner du lendemain, des croissants industriels au chocolat.

Demain, je reprends le shinkansen et je descend dans l’extrême sud.

Statistiques du jour: 19 820 pas – 15,2 km

Beaucoup plus de photos sur flickr, surtout du jardin.

Japon: Tokyo

Mercredi 31 octobre 2018

En ce troisième jour, je dors parfaitement bien et je me réveille même avant mon alarme, vers 8h. Mes mollets sont par contre très douloureux à causes des courbatures et les piqûres de moustiques d’hier ont gonflé, créant une belle allergie. Cette fois-ci je tartine donc mes jambes de répulsif, je visiterai la ville avec un léger parfum de géranium citronné.

Je range toutes mes affaires et divise mes vêtements entre mes deux valises. A la réception, je demande qu’on envoie la plus grande à Kagoshima, tout au sud du Japon (2450 yen – ou 19,40€). Il faut minimum deux jours pour la livrer mais peu importe puisque je n’y arriverai que dans quatre jours.

Au lieu de prendre la ligne Yamonote, gratuite avec mon Japan Rail Pass, je prends le métro pour m’éviter de la marche inutile. A Ueno, la station est décorées de pandas, rappelant ceux du zoo tout proche.

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Mon but est le MOMAT, le musée d’art moderne de Tokyo, situé au nord du jardin du palais impérial. Il s’y déroule une exposition temporaire qui m’intéresse, Awakenings: art in society in Asia 1960s-1990s  (1200 yens). Elle présente l’art contemporain de divers pays asiatiques, de l’Inde au Japon en passant par le sud-est du continent, datant de la seconde moitié du 20e siècle, présentant des œuvres souvent provocantes ou expérimentales produites pendant cette période marquée par des événements comme la guerre du Vietnam, la décolonisation et l’émergence de la société de consommation. L’exposition est intéressante mais je ne suis pas subjuguée. Le catalogue rejoint malgré tout ma collection de livres parce que le sujet me passionne.

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Comme j’avais mal compris les règles photographiques, je n’ai qu’une image à vous proposer (on pouvait prendre en photos deux œuvres, j’avais compris le contraire, qu’on pouvait tout prendre en photo sauf les deux en question, et quand je m’en suis rendue compte, je ne suis pas retournée pour photographier la première).

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Je visite ensuite la collection permanente, m’arrêtant peu pour l’art plus ancien mais retrouvant avec plaisir quelques œuvres plus contemporaines, comme celle de Yoshitomo Nara.

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Pour la suite de la journée, j’hésite: je pourrais suivre le circuit à pied que j’ai encodé dans mon smartphone mais j’ai envie d’épargner mes jambes. Je décide donc d’aller juste dans le jardin impérial, entouré d’immenses murs de défense. Et c’est là que je regrette mon manque d’organisation: je n’ai pas de pique-nique (et il n’y a pas d’échoppe dans le parc) et pas de livre (par la suite, il sera toujours dans mon sac). J’aurais adoré m’installer sur un banc et lire une heure ou deux. Du coup, je me promène dans les différentes parties du parc, des grands espaces dominés par les pelouses à une partie plus « japonaise ». Des groupes de personnes âgées s’occupent de l’entretien, pas une feuille ne traîne.

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Un peu déçue de mon début d’après-midi (et à ce point-là, affamée), je décide de renter à l’hôtel. Sauf que la gare de Tokyo se trouve sur mon chemin. C’est un très beau bâtiment ancien en briques rouges et l’intérieur regorge de ressources. Je trouve la « kitchen street » où je mange un petit bol de tonkatsu ramen, ce qui me fait le plus grand bien.

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Voyant qu’il n’y a pas top de monde aux guichets de vente des tickets, j’y réserve mes trajets suivants, et comme l’employée me comprend relativement bien, qu’elle est aimable et qu’il n’y a personne qui attend, je réserve tous mes billets. Je m’étais bien préparée: j’avais noté tous les trajets, avec heures préférées, noms et numéros de trains.

Je retrouve ensuite Character Street et traîne au magasin Ghibli, le premier d’une longue série. Et je trouve « Ramen Street », que je cherchais au départ. Il y a moyen d’y manger des soupes ramen de toutes les régions du pays.

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De retour à Ueno, le soleil est déjà bien bas à l’horizon et j’en profite pour faire quelques photos du parc et surtout des lotus, sachant que quand je reviendrai dans deux semaines, ils seront vraiment fanés.

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Pour ce voyage, je m’étais promis certaines choses: manger plus souvent au restaurant, et plus varié (tester les ramen notamment) et tenter les onsen. L’hôtel Coco Grand où je réside en possède un tout petit et la marche à suivre est bien expliquée. Je revêts donc le pyjama fourni dans la chambre, chausse les pantoufles, prends la carte électronique qui donne accès aux bains réservés aux femmes et je descends au second étage. L’endroit est tout petit, avec un bel espace pour se refaire une beauté après le bain, et de l’autre côté d’une porte vitrée, l’onsen en tant que tel. Je suis seule, donc pas moyen de copier sur d’autres personnes mais je m’en sors assez bien. J’affinerai ma technique par la suite, je me suis un peu embrouillée avec les serviettes la première fois, ne remarquant pas qu’il y a un tas de petits essuies. Ce sont derniers qu’il faut prendre avec soi dans l’onsen: ils permettent de se couvrir un strict minimum et d’essuyer le gros du mouillé en sortant.

J’embarque donc ma grande serviette et me récure sous la douche, assise sur le petit tabouret en plastique, avant de m’installer dans le bain qui est ici un grand jacuzzi. L’eau est bien chaude et cela détend mes jambes courbaturées par mes premières journées de marche. C’est extrêmement agréable et je suis directement conquise ! Après ça, je suis un peu molle mais comme j’ai faim, je ressors dans le quartier pour manger.

J’ai envie de tonkastu, de porc pané, et retourne donc au restaurant qui m’avait plu lors de mon premier voyage, dans la gare d’Ueno. Je commande un plat combinant porc et scampi, le tout posé sur du chou cru finement coupé, accompagné de riz et d’une délicieuse sauce. C’est un peu gras, et j’ai du mal à terminer, mais j’ai très bien mangé. Je rentre repue à mon hôtel.

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Statistiques du jour: 16 740 pas – 12,7 km

Plus de photos sur flickr, de nouveau avec un lien qui reprend toutes mes photos de Tokyo

 

Hambourg: où je passe d’un musée à un jardin botanique

La météo, entre soleil et nuages, est plus fraîche aujourd’hui, ce qui ne m’empêche pas de mettre une jolie robe. Ce qui me fera remarquer en rue. Les Allemand(e)s s’habillent pratique, avec veste de pluie et chaussures de marche. Je n’ai quasi pas vu de femmes en jupe et en talons.

Je prends le métro jusqu’à la gare pour visiter le Kunsthalle, le grand musée d’art ancien et moderne de la ville. Un cube blanc très contemporain a été annexé au bâtiment de style classique et on y accède via un tunnel. Comme je m’intéresse surtout à l’art contemporain, je visite la partie moderne où se tient une exposition sur le thème de l’alphabet. Les œuvres exposées ne me parlent pas trop. Il y a bien quelques installations intéressantes mais la plupart sont très (trop) minimalistes. J’ai aimé ce film dans lequel John Baldessari tente d’apprendre l’alphabet au plantes (sans résultat évidemment – extrait) ou cette récitation d’une ligne du clavier allemand par Blixa Bargeld qui s’exprime avec toutes les intonations possibles et imaginables  (je n’ai pas retrouvé le nom de l’artiste).

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Comme cette exposition ne m’a pas séduite plus que ça, ma visite a vraiment été rapide et donc, contre toute attente, je me promène parmi les galeries d’art ancien, admirant (de loin) tous ces tableaux anciens. J’ai été gavée de musées étant enfant et j’ai eu une overdose. Dès que j’ai été en mesure de m’y promener seule, j’ai évité toutes les sections de vieilleries. Mais comme cela faisait tellement longtemps que j’avais occulté l’art ancien, j’ai apprécié ma visite, même rapide. Mes intérêts ont en partie changé et les vêtements des personnages peints par les maîtres anciens me fascinent. Et comment rester de marbre devant du Caspar Friedrich ?

Les nuages sont menaçants mais la promenade jusqu’au Rathaus se fait au sec. Il est temps de manger mais les snacks ne m’inspirent pas. Jusqu’au moment où je me rappelle que le Café de Paris n’est pas loin. J’ai beaucoup de chance: j’arrive à obtenir une table sans réservation. Les plats qui me tentent le plus me semblent fort lourds et du coup, je choisis mal: des pâtes aux scampis, coriandre et pastèque, une association fort bizarre, mais le verre de vin blanc est bon. A part ça, ma décision d’aller dans cet endroit était excellente: le décor est magnifique et, à peine assise, c’est le déluge dehors.

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Il ne me reste que quelques heures avant mon vol et je pense manquer de temps pour visiter le jardin botanique. J’y vais en accélérant le pas mais sur place, je me rends compte que c’est fort petit. Les jardins sont beaux, oui, mais à cause de la pluie, tout est mouillé et il est impossible de s’installer quelque part pour profiter du moment (ou accessoirement de lire) et les serres sont vraiment minuscules. Intéressantes mais très limitées en comparaison de celles du Jardin des Plantes de Paris.

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Cette visite rapide me permet de renter à l’hôtel en flânant dans des rues que je n’ai pas encore parcourues, voyant au passage quelques traces du G20. Je rencontre de beaux bâtiments anciens et d’autres plus modernes, ainsi que l’église Saint-Nicolas dont il ne reste que la tour suite aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale. C’est un sentiment bizarre de se trouver dans la nef alors qu’il n’y a plus de toit. Plus loin, une autre église, Saint-Michel, puis à nouveau Speicherstadt pour quelques dernières photos.

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Je récupère ma valise à l’hôtel et je pars pour l’aéroport. Le check-in n’est pas automatique et il n’est pas encore ouvert. Je ne sais pas trop ce qui s’est passé mais il n’ouvre finalement qu’une bonne heure avant le départ de l’avion. Et clairement tout ne tourne pas rond à l’aéroport: au moment d’embarquer, il n’y a pas de bus pour nous mener à l’avion et nous prenons du retard. En patientant, je reçois un sms qui m’informe qu’un fou a tué au couteau des personnes dans un supermarché dans un faubourg de la ville. Je me rends compte plus tard que je suis passée très près de ce quartier avec le train, à peu près à l’heure où c’est arrivé.

Je rentre sans encombres à Bruxelles, contente de mon voyage et d’avoir vu une si jolie ville qui mélange architecture et commerce, avec une présence très marquée de l’eau. Il reste encore deux billets après celui-ci, un premier à propos de mon hôtel et un second avec des photos bonus.

 

Japon 2015: Tokyo

Je prends mon temps ce matin, déjeunant à mon aise mais je ne pars pas trop tard. Mon but de visite est le MOT, le Musée d’Art Contemporain situé dans un quartier à l’est d’Asakusa. Quand je sors de la station de métro, j’ai un moment de flottement (cela devient une habitude): la sortie B2 renseignée par le Lonely Planet n’existe pas (je remarquerai plus tard qu’elle est sur l’autre ligne et qu’il n’y a pas de correspondance souterraine entre les deux stations du même nom. Une fois sortie, je tente de trouver mon chemin sur le gps, sans remarquer le panneau du musée un peu plus loin. Après avoir marché une quinzaine de minutes, je repère le bâtiment moderne. Je ne le trouve pas impressionnant mais il est fonctionnel, offrant de beaux espaces à l’intérieur. Je choisis le ticket combiné pour toutes les expositions (1800 Yens).

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Je commence par celle qui me tente le moins mais qui a quand même éveillé ma curiosité: Yoko Ono: from my window. Je ne la connais que comme épouse de John Lennon et c’est l’occasion de découvrir son travail d’artiste. Il y a beaucoup de films montrant des performances et de nombreuses oeuvres dans un style que je trouve très froid et aride.

Je vais ensuite visiter l’exposition sur Tokyo. Le musée a demandé à divers artistes de donner leur vision de la ville telle qu’elle est aujourd’hui. C’est passionnant et présente de nombreuses oeuvres et installations de styles divers, certaines très angoissantes comme ce passage dans une pièce très sombre et enfumée, d’autres émouvantes comme ce film qui raconte la grossesse de la femme de l’artiste et la naissance de leur enfant eurasien.

L’exposition rassemblant des oeuvres de la collection permanente me déçoit à nouveau. Elle présente des installations du Belge Francis Alÿs (ça valait bien la peine de venir jusqu’à Tokyo !) et des artistes des années 1950 et 60 alors que j’aurais aimé voir du contemporain comme Yoshitomo Nara ou Takashi Murakami. Seule cette immense installation de tourne-disques créée par Otomo Yoshihide me fascine, surtout lorsqu’elle produit de la « musique ». Je termine par quelques achats dans la boutique du musée.

Après cette visite, je pars pour Asakusa. Je suis censée changer de métro mais quand je me rends compte qu’il faut rejoindre l’autre ligne par l’extérieur et en allant dans la direction opposée de mon but de visite, je pars finalement à pied et croise le bâtiment de Bandai avec de grandes figurines. Je fais des photos du Tokyo Sky Tree et du machin doré au sommet du bâtiment de la société Asahi.

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Je rejoins ensuite la foule qui se dirige vers le temple de Senso-ji que je visite ensuite. Je me promène un peu dans les environs, pensant trouver le quartier de Kappabashi pour acheter céramique, couteaux ou théières mais je ne le trouve pas. Et comme une idiote, je ne sors pas mon guide pour chercher parce qu’il commence à pleuvoir et que j’ai mal aux pieds et que je suis fatiguée (le genre de moment où j’aurais aimé avoir de la compagnie pour me pousser un peu). Avant de prendre le métro, mon regard est attiré par un magasin vendant des cd, mais c’est uniquement de l’enka, ces chansons romantiques appréciées par un public plus âgé.

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Dans ma recherche de rhum japonais, je rejoins le quartier de Nihonbashi et le grand magasin Takashimaya où je pourrais bien trouver une bouteille. En fait non, juste du whisky et du vin (j’aurais quand même dû acheter une bouteille de whisky japonais, bien moins cher qu’en Belgique). Je visite le reste du magasin mais je le trouve bien ringard.

Quand je sors de là, il pleut à verse et je me dirige vers la gare de Tokyo et le Daimaru dont les étages supérieurs abritent un Tokyu Hands. J’y reste un long moment, hésitant sur mes achats. Je repars finalement avec divers gadgets de cuisine, une jolie tasse Mont Fuji et deux bento (dont un d’une marque allemande !). Je redescends ensuite dans Character Street sous la gare et râle en voyant les nouveaux Totoro si moelleux et doux qui n’étaient pas vendus au début de mon voyage. Je résiste, en me disant que j’en ai un et que c’est très bien comme ça (et qu’il sera malheureux si un autre vient le rejoindre). Et je n’achète rien d’autre.

Je reprends la Yamanote Line jusqu’à Okachimachi et me retrouve dans une ambiance très Blade Runner: il fait noir, il y a plein de monde et il pleut. Après avoir déposé mes affaires à l’hôtel, je ressors pour manger, me dirigeant vers la gare d’Ueno. Après hésitation, je choisis un restaurant de shabu-shabu et sukiyaki. C’est tout simplement délicieux et je m’empiffre malgré mon petit appétit (et je ne fais aucune photo). Cela me fait juste bizarre de faire ça seule parce que c’est clairement le genre de repas qu’on partage. Après ça, je m’attaque à la valise… A part Totoro, tout rentre dedans et j’ai même encore quelques millimètres de place.