Hambourg: où je navigue dans le port

Ce matin, la météo est à nouveau fort hésitante, voire carrément nuageuse. J’avais prévu de faire quelques courses et donc je pars à pied. Premier arrêt, le Teehandelskontor Wasserschloß où j’achète du thé – Hambourg est un centre important de distribution de thé et de torréfaction de café. Je vais ensuite en direction de la gare et trouve un peu plus loin le magasin Mutterland où je trouve thé, autres produits à manger et du rhum Meermaid que je souhaitais acheter depuis longtemps. Comme mon sac de courses est bien lourd, je retourne de suite à l’hôtel, en prenant le métro cette fois. Le supermarché d’en face me fournit à nouveau mon repas du midi.

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Rassasiée, je repas en métro et sors à la Reeperbahn qui est l’artère principale du quartier rouge de Hambourg. Je cherche en fait la statue des Beatles, que j’aperçois de loin mais elle est gardée  par des sans-abris et autres énergumènes peu engageants. Tout le quartier d’ailleurs me laisse une mauvaise impression, que le météo grise n’améliore pas. Bref, je ne m’avance pas plus loin par là – d’ailleurs, qu’aurais-je fais de sex-toys et sous-vêtements criards ?

Je me tourne donc vers l’Elbe et le quartier du port. Le bâtiment du marché aux poissons est superbe mais vide à cette heure et je longe le fleuve, croisant sur ma route le sous-marin transformé en musée (cela ne m’inspire pas, je suis claustrophobe).

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J’arrive au Landungsbrücke, un long embarcadère bordé d’échoppes et restaurants, ainsi que de vendeurs de tickets pour des croisières dans le port. Je le parcours entièrement, puis je reviens, puis je repars, croisant au passage un navire ancien, le Rickmer Rickmers que je décide de ne pas visiter. Je suis frappée d’une grande crise d’indécision et je suis frustrée par mes hésitations. Et les bateaux partent en même temps, ce qui fait que je rate tous ceux de 14h15. Le bon plan est normalement de prendre le ferry 62 qui coûte le prix d’un ticket de métro ou est gratuit avec la Hamburg Card, mais il est pris d’assaut et je n’ai pas envie de faire la sardine. De plus, la météo est vraiment menaçante: sur le pont, je risque de me faire mouiller; à l’intérieur, les photos seront moches à travers la vitre bleutée.

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Au final, je me laisse happer par un des revendeurs de billets qui crie plus fort que les autres et me retrouve dans un petit bateau à l’arrière de l’embarcadère. Pendant les trente minutes d’attente avant le départ, j’ai le temps de ressasser mes pensées, persuadée que j’ai pris une très mauvaise décision et que ce petit bateau ne fait pas de circuit dans le port. A part le fait que je suis assise juste à côté du haut-parleur (et je ne comprends pas grand chose aux commentaires en allemand), le tour est finalement très intéressant. Il passe par les docks du port industriel – le troisième plus grand d’Europe, même s’il est situé à 100 kilomètres de la mer – et j’ai tout le loisir d’admirer divers bateaux: un grand paquebot de croisière, un yacht nouvellement construit et pas encore livré à son très riche propriétaire, un bateau de l’armée et divers immenses cargos. Le circuit se poursuit ensuite via une écluse pour passer près de l’Elbphilharmonie et rejoindre Speicherstadt que je vois cette fois-ci depuis le niveau de l’eau.

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Une fois débarquée, je retourne à pied vers mon hôtel sous un ciel de plus en plus menaçant. Je traverse à nouveau Speicherstadt et via le jeu des passerelles, je me retrouve dans Hafencity, le quartier très moderne dont la construction a commencé dans les années 2000 sur des terrains abondonnés depuis longtemps. J’ai une passion pour l’architecture et je suis fascinée par la construction de toutes pièces d’un nouvel environnement urbain. Je ne suis pas entièrement sûre de la réussite du projet – il y a peu de monde en rue – mais ces longues allées bordées d’eau invitent à la promenade. C’est peut-être juste l’absence de soleil et l’heure (on est au milieu de l’après-midi) qui causent cette impression de vide.

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J’hésite un peu pour le repas du soir et je n’ai pas envie d’aller très loin. Je sélectionne donc le Heimat Küche de l’autre hôtel 25 Hours situé au bout de la rue. Le même décor fait de bric et broc et un peu industriel m’accueille. Le restaurant propose de la cuisine germanique et après avoir pas mal hésité, je prends un plat qui ne l’est pas plus que ça: du poisson pané. Mais du poisson pané maison qui est tout simplement délicieux, accompagné de purée et de salade de concombre, ainsi que d’un verre de Grüner Vertliner. La plupart des restaurants locaux proposent en effet souvent différentes variétés de vin au verre et non juste le vin du patron. Ce qui m’arrange bien, mangeant en solo.

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Je vois que le soleil décline et je me dis que les couleurs du crépuscule seront belles. Une nouvelle séance photos à Speicherstadt s’impose mais n’est pas si intéressante au final. Je reviens par contre avec une série de photos thématiques que je rassemblerai dans un billet spécifique.

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Autant profiter pleinement du bar de l’hôtel, le Boilerman Bar, mis en place par le même Jorg Meyer du bar Le Lion. Le concept est différent: tous les cocktails sont des long drinks, des highballs et les recettes classiques sont déclinées de cette manière. Je m’installe au bar et commande un classique, le Gin Basil Highball (gin Finsbury Platinum, citron, sucre, basilic, eau pétillante), frais, acidulé et aux arômes puissants de basilic. Le barman est moins sympathique, il semble plus intéressé par les bimbos assises plus loin. Je profite cependant de la vue et de l’action et commande un second cocktail, le Philadephia Fish House Punch qui est plus sucré et fruité (cognac, rhum jamaïcain, pêche, citron, sucre et ginger ale). Je n’ai pas vu le temps passer et il est quasiment 22 heures quand je monte dans ma chambre. Et je vois qu’un grand bateau de croisière a accosté au loin.

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Hambourg: où je prends un bateau et où je me promène dans les faubourgs

Quand je me lève, il fait tout gris et je ne sais pas trop comment m’habiller. Je choisis finalement un pantalon (oui, moi !) mais je mets des sandales. Je me remplis l’estomac avec un délicieux et copieux petit déjeuner et profite du choix de thés assez étendu. C’est en effet rare qu’il y ait une dizaines de variétés, en vrac, à infuser dans des théières individuelles.

Mettant mon imperméable, je pars à mon aise, à pied, vers le centre de la ville, déambulant dans les rues en suivant plus ou moins les points d’intérêt que j’avais noté sur ma google map. Je passe par une des extrémités de la Speicherstadt mais ne trouve pas le bon chemin pour aller à un magasin de thé – ce sera pour une autre fois – puis je revois au loin les Dreichtorhallen et des bâtiments modernes dont le plus spécial abrite la rédaction de Der Spiegel.

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Je m’arrête ensuite à la Chilehaus, un exemple d’architecture expressionniste en briques du début des années 1920 et censé représenter un bateau. Ce que je ne remarque pas. Ce que je comprend enfin en faisant des recherches sur le net: il fallait l’aborder de profil, pas de face comme moi. Cela ne m’empêche pas d’admirer la grandeur de ce bâtiment et la cour intérieure m’impressionne. Une jolie boutique m’invite sur un de ses côtés et je me promène dans les rayons, entre ustensiles de cuisine et savons, papeterie et alcools.

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En face se dresse le Sprinkenhof, un autre bâtiment commercial imposant. Plus loin, je visite la Hauptkirche Sankt Jacobi pendant qu’un organiste répète pour le concert du soir.

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Je rejoins le quartier commerçant, croisant une autre église, celle dédiée à Saint Pierre, puis arrive au Rathaus, l’imposant bâtiment qui tient lieu de maison communale. C’est le centre de la ville où se rejoignent les habitants et touristes pour flâner. Et c’est très agréable, c’est bordé par un canal avec colonnade sur le côté et juste plus loin se trouve un grand lac, l’Alster. Le soleil est sorti de derrière les nuages et j’ai enlevé plusieurs couches de vêtements.

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Sur un coup de tête, je décide faire une ballade sur le lac et m’installe dans un des bateaux pour touristes. Le paysage n’est pas des plus intéressants – une belle vue sur la ville, quelques voiliers – mais la promenade d’une heure est très agréable, permettant de me reposer les pieds pendant un moment tout en profitant pleinement de la ville.

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Je n’avais pas vraiment de programme fixe et vu l’arrivée du soleil, je décide de visiter Blankenese cet après-midi. Je retourne d’abord à l’hôtel mettre des vêtements plus estivaux et découvre par la même occasion un supermarché tout proche qui a un salad bar, le genre de chose qui manque totalement en Belgique. Je fais une sélections de légumes et sauce et je paie le tout à la caisse, au poids. J’en profite pour acheter deux bières locales.

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L’hôtel est donc près d’un chantier mais les vues sont belles.

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Je pars donc pour Blankenese, un faubourg chic de Hambourg, à l’ouest de la ville et au bord de l’Elbe. Un métro direct est censé m’y amener, après un changement au centre ville. Sauf que ne comprenant pas assez bien l’allemand, je ne comprend pas qu’il y a des travaux sur toutes les lignes au niveau de la gare d’Altona (je pensais que c’était uniquement sur l’autre ligne). Bref, je suis éjectée de mon métro à cette station, et après un moment d’hésitation, je me lance dans l’aventure, me disant que j’ai déjà fait une partie du chemin. Je trouve donc le bus navette qui met bien une demi heure à rejoindre la ligne de métro quatre stations plus loin. Au lieu d’un trajet de trente minutes, il m’aura fallu plus d’une heure. Il est donc déjà 15h30 quand j’arrive à Blankenese et la sortie de la gare ne me laisse rien présager de bon. Cela ressemble à un village de banlieue en plein été – c’est à dire que c’est très vide et mort.

Avec l’aide de ma google map, je marche dans la direction de l’Elbe et puis soudain, un chemin pavé s’ouvre à moi. Je l’emprunte et je découvre le charme de Blankenese: de jolies maisons souvent anciennes bordent des allées et de grands escaliers qui descendent vers le fleuve qui ne s’offre pas de suite au regard, caché par la végétation et les maisons. Me voilà tout en bas, tout près du Strandhotel qui me renvoie à la Belle Epoque et au tourisme balnéaire d’antan.

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Je me promène un peu le long du fleuve mais j’ai un souci pressant. Malgré les panneaux indiquant les wc, je ne les trouve pas. Une fois de plus, je me laisse distraire par mes besoins sans pouvoir me soulager. C’est assez ennuyeux… J’essaie de penser à autre chose, au paysage donc, et remonte finalement vers la gare par un autre escalier. Je me sens en effet un peu pressée par le temps (en plus du reste), me disant que le retour va sans doute à nouveau être assez long. J’aurais certainement pu profiter plus longtemps de ce joli village au bord du fleuve – et faire plus de photos.

Pour poursuivre l’histoire de ma recherche de toilettes: ma claustrophobie m’empêche d’utiliser la sanisette se trouvant en face de la gare et aucun café ne m’interpelle.  A la gare d’Altona, il faut mettre de l’argent dans un tourniquet avant de pouvoir entrer dans les toilettes et cela me repousse aussi. Bref, je me retiendrai jusqu’à l’hôtel mais cela aura occupé une partie de mes pensées pendant l’après-midi. Et je regrette les toilettes qui se trouvent partout au Japon.

Il me semblait que le Boilerman Bar de mon hôtel organisait une happy hour entre 17h et 18h et donc je m’installe dans un des canapés. Le serveur m’apporte la carte mais aussi de suite le cocktail gratuit du jour, un mojito à base de tequila. Je ne suis pas persuadée que menthe et tequila fonctionnent ensemble mais c’est rafraîchissant. J’en profite pour organiser ma soirée: je suis encore pleine d’énergie malgré les trajets un peu longs de l’après-midi et il fait toujours beau, ce qui invite à la promenade.

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Un mélange robe et tapis colorés

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Je reprends cependant le métro pour arriver au plus vite au restaurant que j’ai sélectionné, le Matusmi, un japonais populaire à Hambourg depuis les années 1970. Il reste de la place au comptoir, ce qui m’arrange bien parce que c’est toujours agréable de regarder cuisiner les chefs. Le décor est japonisant et vieillot, avec des murs peints en orange mais le service est attentionné. Je me régale de sushis, sashimis et makis préparés devant moi.

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Et puis, c’est un peu intimidée que je me rends au Lion – Bar de Paris, considéré comme l’un des meilleurs bars à cocktails dans le monde et créé par Jorg Meyer, connu pour son Gin Basil Smash. Intimidée, parce que la vitrine est occultée et la porte est noire. Il faut sonner en appuyant dans la gueule du lion et c’est un portier à la mine quelque peu patibulaire qui ouvre (grande moustache, tatouages, rides profondes et costume rétro). Il m’invite avec grande gentillesse à m’installer au bar, où je suis accueillie par le serveur et le barman. Ils me mettent tous deux à l’aise, me donnant une carte mais aussi demandant rapidement ce qui me ferait plaisir et ce que j’aime.

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Je suis attirée par un Ranglum, un sour à base de rhum et de falernum. Un cocktail de facture classique mais délicieux. Quand je pose des questions sur le falernum utilisé, le serveur me le fait goûter: il s’agit d’une marque berlinoise. Je pensais que je serais mal à l’aise seule dans un bar, mais le temps passe sans que je ne m’en rende compte. J’observe les gens autour de moi, le travail du barman et l’environnement. Le bar est assez sombre, très speakeasy, avec du joli papier peint et une immense statue en bronze d’un lion. Je m’occupe aussi en tentant de reconnaître les alcools rangés dans le bar. Et puis le serveur et le barman me font un peu la conversation quand ils ont une pause dans le service, d’une manière tout à fait informelle et agréable.

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Quand ils me proposent un second cocktail, j’accepte volontiers et je choisis le Inpeartween, à base d’eau-de-vie à la poire et de quinquina Cap Corse (que je goûte également séparément). Je demande des informations sur les recettes et les reçois, écrites sur des cartes de visite. Ce second cocktail est bien plus spécial et différent, combinant des alcools peu usités, mais il me plaît par son côté amer et sec.

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C’est un peu grise mais très heureuse de mon expérience que je quitte le bar au moment du crépuscule. Je décide prendre l’air et de rentrer à pied à l’hôtel. C’est l’occasion aussi de prendre quelques (beaucoup de) photos nocturnes et de tester certains réglages de mon appareil photo: je voulais absolument réussir à monter un « filé » de lumières mouvantes en jouant avec les temps de pause. Il n’y avait plus beaucoup de circulation mais je pense avoir réussi à obtenir ce que je cherchais.

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