Andalousie (2021): Bruxelles – Madrid

Dimanche 3 octobre 2021

Aéroport, un dimanche midi. Cela fait maintenant deux ans que les voyages étaient fortement déconseillés et que je n’étais plus sortie de Belgique (à part quelques heures au Luxembourg). Juste avant le début de la pandémie, j’avais envisagé d’aller en Andalousie, mais j’ai tardé à réserver pour diverses raisons. Fin février, je m’étais ensuite décidée pour un voyage organisé en mai en Géorgie, mais le jour où je m’étais dit que j’allais m’inscrire, un vendredi, j’ai préféré attendre jusqu’au lundi. Le lundi, je me suis dit qu’il serait plus sage de ne pas le faire. Trois semaines plus tard, les frontières du monde entier se fermaient.

L’été passé, j’aurais pu partir, c’était même vaguement prévu, et puis mon papa a eu un AVC en juillet et est décédé en août. En octobre, la pandémie reprenait de toutes ses forces. J’ai beaucoup pensé à mon papa, il me demandait toujours quelle était ma destination suivante, et j’aurais bien aimé pouvoir partir à l’automne passé. J’ai finalement encore attendu presque un an avant d’enfin me sentir assez à l’aise pour prendre l’avion. Les voyages étant limités à l’Europe, je me suis décidée pour l’Andalousie – la boucle était bouclée.

J’ai beaucoup hésité sur la forme qu’allait prendre mon circuit: il était clair que je voulais aller à Grenade et Cordoue. Malaga s’est imposé à cause des vols directs, et pour ne pas y aller deux fois, j’ai décidé de passer par Madrid à l’aller, puis de rejoindre Cordoue en train à grande vitesse. Ce n’était peut-être pas la meilleure idée, je n’avais pas pensé à certains détails pratiques liés aux grandes villes.

001-Andalusia-Brussels airport

Aéroport de Zaventem, donc. Je me sens très vite submergée d’émotions. Je suis heureuse d’enfin partir, même si j’ai des appréhensions, et surtout, je pense très fort à mon papa. Quelques larmes ont coulé pendant que je regardais les avions sur le tarmac, sous la pluie. La météo est en effet très sombre, une dépression domine toute l’Europe de l’Ouest et je ne verrai pas une seule fois la terre pendant le vol. Juste avant d’éteindre mon téléphone, je vois un mail en espagnol uniquement venant de Renfe, la compagnie des trains, annonçant une grève, mais aussi certaines heures. Je ne suis pas sûre de comprendre et je commence évidemment à m’inquiéter un peu. Près de Madrid, la couverture nuageuse commence à se démanteler mais les turbulences sont d’autant plus fortes pendant la descente. Me concentrer très fort sur ma respiration est la seule solution pour ne pas être malade.

Nous débarquons au Terminal 2 de l’aéroport de Madrid Barajas, un lieu qui aurait besoin d’être rafraîchi. Le contrôle du Passenger Locator Form local prend 5 secondes, le temps de scanner le code QR que j’avais reçu à l’avance. Google maps m’avait proposé trois manières de rejoindre le centre de la ville: le bus, option que j’ai balayée de suite parce que j’avais peur de la circulation et que je n’aime pas les bus (je le regretterai plus tard), une combinaison de métro et de train de banlieue, ou un train direct mais partant du terminal 4. J’ai d’abord tenté l’option 2 mais j’ai marché des centaines de mètres sans trouver où aller (j’ai probablement raté un panneau à un endroit précis). Comme je m’étais retrouvée au terminal 1 après ces 15-20 minutes de marche, j’ai tenté d’y prendre le bus pour le terminal 4. Il est parti devant mon nez, et le suivant tardait à arriver. J’ai donc demandé où était le métro, et j’ai dû retourner sur mes pas, marchant à nouveau une quinzaine de minutes. Cette fois-ci je n’ai pas raté les panneaux et ai trouvé la station. Et là, on m’a expliqué qu’il fallait deux tickets différents pour mon option métro/train, mais que si je changeais deux fois de métro, j’arriverais aussi à destination. Après réflexion, je crois que j’ai malgré tout acheté un ticket combiné vu son prix élevé mais les explications n’étaient pas très claires.

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Après 45 minutes de trajet (plus le temps perdu à l’aéroport), j’arrive enfin à la gare d’Atiocha, au centre de Madrid. Le soleil se couche déjà et il fait frais. Les bâtiments qui m’entourent sont imposants, mais c’est tout ce que je verrai de la ville. J’avais espéré arriver plus tôt pour me promener un peu. Mon hôtel n’est qu’à dix minutes à pied heureusement. J’ai choisi le Blu Radisson Madrid Prado pour sa situation et ses chambres qui avaient l’air très agréables. Et en effet, celle qui m’est attribuée est très stylée, avec ses murs bleu foncé et ses photos en noir et blanc aux murs. Je tente d’éclaircir la situation de la grève, et le réceptionniste m’aide autant qu’il le peut. Il m’annonce donc qu’il y a effectivement un mouvement syndical depuis quelques jours, et que ça va continuer encore une bonne semaine. Il n’arrive pas à joindre Renfe, mais tente d’acheter le même billet de train que moi, et il a l’air toujours disponible, tandis que d’autres trains sont clairement supprimés. Je commence à élaborer des plans B, mais ils prendraient bien plus de temps que le train et je me dis que je risque d’être bloquée à Madrid, sans hôtel, le plan C donc. Je tente malgré tout de me dire que le plan A est toujours possible vu que tous les trains n’ont pas l’air d’avoir été supprimés et que le système de grève n’est pas le même qu’en Belgique vu qu’un système de service minimum est obligatoire.

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J’essaie de me calmer, et décide d’aller manger. Je n’ai plus le courage d’aller plus loin que le restaurant de l’hôtel, je suis épuisée de ma trop longue marche à l’aéroport (ainsi que de ma frustration de ne pas trouver mon chemin rapidement). Un pineapple margarita, et ça va tout de suite mieux ! Je complète ce cocktail avec deux tapas, des toasts à l’avocat aux pimientos padron et des mini croquettes de crabe. C’est délicieux et juste assez pour moi et mon petit appétit.

Je m’installe ensuite avec délectation dans le très confortable lit mais le sommeil met du temps à venir à cause de mes soucis autour de cette grève.

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