Japon 2015: Tokyo – Nikko – Tokyo

(attention, long billet avec d’innombrables photos !)

Réveil matinal à 6h45 pour prendre le shinkansen de 8h34, de Ueno à Utsunomiya où je change pour emprunter le train local, la JR Nikko line. Le confort du premier contraste avec le second qui ressemble à ces trains de campagnes qu’on voit dans les films de Miyazaki. Heureusement que je me suis un peu dépêchée à la gare de correspondance: beaucoup de gens devront passer les cinquante minutes que dure le trajet debout. Ma voisine japonaise joue avec son appareil photo et avec son bonnet à gros pompon. La gare JR de Nikko, pleine de charme, est en bois et a été conçue par Frank Lloyd Wright.

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Je pars à pied pour les sites du Patrimoine Mondial de l’UNESCO (oui, je peux être un peu radine et pleine d’enthousiasme en même temps). La longue rue n’est pas très intéressante, monte et est assez longue: il me faut bien quarante minutes pour arriver à destination. N’empêche, les bus sont bloqués dans la circulation. Une fois la rivière traversée, je prends le chemin à droite, suivant quelques écoliers. Je découvre un temple et une pagode assez impressionnante à cause du cadre, cachés entre les pins qui embaument l’atmosphère.

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Je rejoins ensuite le chemin officiel pour aller au temple de Rinno-ji (ticket combiné avec le temple de Iemitsu Taiyuin à 900 Yens), fondé en 766 et qui a été pendant un moment le centre religieux principal de Nikko. Le hall principal, le Sambutsu-do est en rénovation: une sorte de grand hangar a été construit autour du temple mais j’ai l’occasion d’admirer quelques statues, bouddhas et autels, en suivant le parcours fléché à la suite d’autres touristes (locaux). Je paye pour avoir une prédiction et je reçois la suivante, liée à Ebisu: « Like a bird flying out of the cage you’ll find a way out of difficulties and become happy. That is your fortune. Do go for the world and be kind to others, and you’ll be happier and be admired. » Cela me correspond assez bien… Juste derrière se trouve le Gomado où un moine récite des prières en attisant un feu. Je ne reste pas longtemps, me sentant un peu mal à l’aise de m’imposer dans un rituel dont je ne connais pas les codes.

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Je poursuis ma route vers le temple principal du site, le Tosho-gu (1300 Yens), de style très baroque et chinois. Il y a foule et la file pour visiter l’intérieur du temple, de même que pour faire des photos de la représentation du si célèbre mais minuscule chat endormi  – le Nemuri Neko. De là part un long escalier qui mène au tombeau de Tokugawa Ieyasu. La montée est assez raide, entourée de grands arbres. Au sommet, j’achète un porte-bonheur, un genre de grelot qui tintera toute la journée dans mon sac.

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Arrêt suivant: le temple du dragon qui pleure ou Honji-do. C’est à nouveau la foule et je deviens un peu agoraphobe. Je fais comme si j’avais déjà entendu les explications du moine et rejoins le groupe précédent pour pouvoir sortir au plus vite. Je passe ensuite devant le Futarasan-jinja que je ne visite pas mais je suis impressionnée par les « arbres » à souhaits.

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Je me dirige vers le temple Iemitsu Taiyuin, beaucoup plus calme et cela fait du bien. Je le trouve d’ailleurs bien plus beau et agréable. Les nombreuses volées d’escaliers donnent une superbe vue sur les érables aux feuilles jaunissantes ou rougissantes. Je profite vraiment de ce moment. J’y croise aussi quelques touristes français dont la bêtise m’a fait beaucoup rire: « les lanternes, tu sais, c’est parce qu’ils n’avaient pas l’électricité ! ».

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Je commence à avoir faim mais il n’y a pas beaucoup de restaurants dans le coin. J’ai bien grignoté quelques biscuits mais à un moment, cela ne suffit plus. Est-ce que je dois retourner dans le centre de Nikko ? En descendant vers la rivière, je croise une toute petite échoppe qui vend des gâteaux fourrés en forme de poisson. Pas très téméraire, je choisis la version au chocolat. A part le goût de margarine qui est une constante dans la pâtisserie japonaise, c’est très bon et a l’avantage de me caler pour un bon moment.

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Je pars ensuite vers la droite pour rejoindre la rivière. Nikko est un petit village de campagne charmant, comme dans les films. Il n’y a pas grand monde en rue (ce qui change de la matinée) et les arbres ont pris de superbes couleurs.

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Un chemin me mène vers l’abysse (un bien grand mot) de Kanmanga fuchi, bordé de statues de Jizo aux bonnets et bavettes (à homard) rouges (ce sont des bodhisattva protecteurs des enfants). Certains sont recouverts de mousse, d’autres se sont écroulés; la succession des statues est impressionnante. Je profite pleinement de ce sentier qui longe la rivière Daiya et ses rapides, loin de la foule de la matinée.  En repartant, je remarque un groupe d’hommes rassemblés pour un pique-nique. Et je fais à nouveau des dizaines de photos, notamment celle de mes pieds qui sera la première d’une série pendant tout le voyage.

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Je croise ma voisine du train et son amie. Elles me reconnaissent et me prennent en photo. Je les revois un peu plus tard tout près du temple de Jyokoji où elles proposent à nouveau de prendre une photo. Elles ne parlent pas un mot d’anglais mais un contact amical et amusé de nos rencontres successives s’est établi.

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Je suis une grande anxieuse et j’ai peur de rater mon train (j’ai oublié de chronométrer mon trajet le matin – cela m’a juste semblé très long). Je me dépêche donc le long de la rivière assez tumultueuse et me fais interpeller par une fille en anglais. Elle se présente, Amber, de Californie. Elle termine un PhD en mathématiques. Nous faisons un bout de chemin ensemble en discutant. Le joli pont orange qui enjambe la rivière est maintenant en plein soleil, ça tombe bien pour les photos.

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Il me reste à rejoindre la gare. J’ai mal aux jambes mais je me dépêche quand même. Une fois sur place, je rate de justesse… le train précédent ! Les quarante minutes (j’avais vraiment de l’avance – j’ai déjà dit que j’étais anxieuse ?) passent assez vite finalement. Je m’installe au moment au soleil mais il est déjà fort bas puis visite l’ancienne salle d’attente pour les premières classes, avec superbe lustre en cristal. Sur le quai, je revois une fois de plus les deux amies japonaises et la plus jeune m’offre spontanément deux sablés souvenirs de Nikko.

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Le petit train se traîne – enfin c’est juste l’impression qu’il donne – s’arrêtant dans une dizaine de gares avant de rejoindre Utsunomiya. Sur le quai du shinkansen, je frissonne et remue pour tenter de me réchauffer. Sur le chemin, je vois le Mont Fuji au loin avec le soleil couchant. A Ueno, j’explore un peu plus la gare et trouve un restaurant de katsu-don. Il y a un menu en anglais et surtout des explications sur les différentes sauces qui se trouves sur la table. Je me régale de porc pané trempé dans une sauce au vin rouge, à la pomme et aux dattes et de chou à la sauce au yuzu, ainsi que d’une soupe miso. Ce repas me fait un bien fou après cette magnifique journée qui m’a montré un Japon plus rural et plus traditionnel ! Retour à l’hôtel pour me reposer et préparer ma journée du lendemain.

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6 réflexions sur “Japon 2015: Tokyo – Nikko – Tokyo

  1. La nourriture panée est un cadeau des colons portugais, je crois ^^

    Tu nous dis « attention » parce qu’on va s’en prendre plein les mirettes ? ^^

    Nikkô a l’air magnifique… Elle était dans mon ébauche d’itinéraire puis j’ai dû la retirer. Mais ton récit me confirme qu’il faut que je prévoie une étape là-bas la prochaine fois…
    La prédiction te va comme un gant 🙂
    C’est marrant, pour le Tosho-gu, je ne le trouve pas très chinois, mais je suis assez nulle pour identifier les styles donc je te fais confiance !
    Très belle journée en tout cas, et sacrée marche !

    • Oui, la prochaine fois, tu dois y aller et c’est tout à fait faisable en un jour.
      Je crois que c’est le mélange chinois-japonais qui fait ça, en tous cas c’est hyper chargé.

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