Birmanie: Lac Inle – Yangon – Kyaiktiyo

Après une nuit très moyenne, je me sens encore faible ce matin et je n’ai pas très faim. Je mange quelques biscuits, une banane et je bois du thé très sucré. Le car nous emmène vers l’aéroport de Heho où nous prenons un vol Yangon Airways pour Yangon. Là, le groupe se sépare: nous faisons nos adieus et nous prenons un minibus à cinq: Angelo et Margaret, Robyn, Olga et moi. Moe Moe nous accompagne pour le reste du voyage.

Evitant Yangon, nous nous dirigeons vers Kyaiktiyo et le Rocher d’Or. Comme l’heure de midi s’approche, nous nous arrêtons dans une teahouse au bord de la route. Il y fait très chaud sous le toit de tôle et je me force à manger quelque chose, juste du riz bouilli en fait, avec du thé. Moe Moe achète du pomelo fraîchement découpé et le partage avec nous. Je commence à me sentir un peu mieux, ayant eu l’occasion de dormir dans le minibus.

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Au camp de base de Kinponsakan, il faut changer de véhicule, la route est trop raide pour les voitures normales. On nous entasse dans la benne aménagée d’un camion. Plus de soixante personnes se pressent sur dix rangées de banquettes ne laissant aucune place pour bouger. Il fait très chaud mais le camion démarre enfin. Je me sens de moins en moins bien. Le camion s’arrête pour laisser passer les véhicules qui descendent. Je vois les nuages noirs de pluie au loin. Moe Moe nous distribue des imperméables en plastique rose. Je sens à nouveau le sang se vider de mon corps, je fais une chute de tension carabinée, exacerbée par la claustrophobie et l’idée de la montée vertigineuse. Je suis en sueur et je grelotte en même temps. Je me sens vraiment coincée: pas moyen de descendre du camion. De toutes façons, on est au milieu de nulle part. Olga qui est assise à côté de moi me ventile avec un journal, Moe Moe m’achète une boisson gazeuse isotonique qui me remet un tout petit peu d’aplomb. Le camion démarre enfin et je regarde un point fixe droit devant moi, je compte plusieurs fois jusqu’à cent juste pour me concentrer sur quelque chose. La montée est un enfer pour moi, quasi à la verticale (c’est l’impression que j’ai eue en tous cas).

Au sommet, c’est encore pire: c’est un des derniers camions de la journée et de nombreux pèlerins veulent redescendre. Ils prennent le camion d’assaut, ne laissant pas sortir les passagers mais les poussant de toutes parts. L’échelle qui permet de monter dans le camion est envahie. J’ai les jambes qui tremblent. J’arrive enfin à m’extraire sur la plate-forme de l’échelle mais dois me retenir avec mes deux mains pour ne pas tomber dans le vide. Quand finalement on me laisse descendre, après de nombreuses engueulades en birman autour de moi, de Moe Moe et d’autres passagers voulant sortir (et qui ont tout fait pour protéger le mieux possible les touristes), je fais une crise de nerfs et de larmes. Claustrophobie, agoraphobie, vertiges et une condition physique très précaire ont eu raison de moi. Mais au moins, j’évacue.

Moe Moe nous emmène au Mountain Top Hotel où nous pouvons déposer nos affaires. Il se met à pleuvoir et je ne me sens plus capable de marcher encore quinze minutes vers le Rocher d’Or. Moe Moe me le montre depuis la fenêtre de l’hôtel. J’attendrai là les autres membres du groupe qui seront partis pendant une heure. J’ai à nouveau mal au ventre, à cause de la boisson gazeuse sans doute. Les deux photos ont été prises par Robyn.

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Moe Moe nous en avait vaguement parlé: cet hôtel est complet (c’était celui prévu au programme pourtant) et il faudra marcher 45 minutes pour atteindre celui plus bas. Je fouille mon sac, y trouve des biscuits et retrouve les Dextro-Energy donnés par mon papa avant le départ. Je retrouve un peu d’énergie et rassemblant toutes mes forces, je me prépare à partir. Heureusement la pluie s’est arrêtée mais il fait déjà noir. Moe Moe connait un raccourci mais c’est un long escalier aux marches irrégulières et dans l’obscurité la plus complète. Je tiens la main de la guide, derrière moi, deux autres couples s’entraident également, chacun avec une lampe de poche. A un moment donné, nous rejoignons la route et marcher sur la pente est encore plus compliqué. J’ai toujours mes sandales et elles glissent sur les plaques de béton mouillé. Nous nous arrêtons quelques fois et j’en profite pour faire mes uniques photos du Rocher d’Or. Cette descente dans le noir était dangereuse et angoissante, et n’aurait jamais dû avoir lieu.

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Nous arrivons enfin à l’hôtel où un lobby éclairé aux néons nous accueille. Les chambres sont tout aussi déprimantes. Je n’ai même pas le courage de prendre un douche et nous allons manger: riz et légumes vapeur pour moi, sans aucun goût – heureusement qu’il y a du sel.

Je peux enfin dormir, mais c’est sans compter le bruit ambiant: nous sommes proches du générateur et des moines psalmodient toute la nuit. Dès l’aube, les camions recommencent la montée et la descente, klaxonnant bruyamment. En fait, c’était la fête de la pleine lune et un samedi, ce qui explique la foule présente. Je sais aussi que s’il n’y avait pas eu la montée en camion dans ces conditions, j’aurais pu me reposer et reprendre des forces tout à fait normalement. Les aléas du voyage…

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